Mardi 26 janvier 2010
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Depuis 1988, Issa Hayatou préside la Confédération africaine de football (CAF). Un chouette perchoir du haut duquel
ce Camerounais de 64 ans semble voir la vie en rose. La preuve, interrogé récemment sur la façon dont se déroule l'actuelle Coupe d'Afrique des Nations, ce grand mamamouchi du ballon façon
continent noir n'a pas hésité à délivrer un satisfecit au pays hôte, l'Angola. Vues des hautes sphères du football, sur le Kilimandjaro de sagesse où ce monarque éclairé va puiser son
inspiration, que représentent en effet les quelques aléas d'organisation observés en marge des vertes pelouses ?
Le bus des Togolais mitraillé à l'arme lourde dans l'enclave de Cabinda ? Un épiphénomène. Trois membres de la
délégation togolaise refroidis dans l'attaque ?
"C'est bien fait pour eux, z'avaient qu'à pas venir en autocar !", a d'abord réagi le roi Ubu de la CAF, qui de toute façon ne s'arrête
pas à ce genre de détails. Sinon, comment expliquer que l'Angola, organisateur de cette CAN 2010, ait pu obtenir sans soulever la moindre objection, de faire se tenir des rencontres dans un
territoire à la légitimité discutable, enclave angolaise enkystée sur le sol du Congo Brazzaville ? Un peu comme si l'UEFA, après avoir confié l'organisation du championnat d'Europe à la Turquie,
la laissait organiser des matches dans la partie de Chypre occupée au nez et à la barbe des Grecs… Une interprétation sportive de la géopolitique confinant à la provocation.
Mais le père Issa et ses laquais, tout ça, y s'en tamponnent. Prenez le match retour qualificatif pour la coupe du monde
de triste mémoire entre l'Egypte et l'Algérie à l'automne dernier. Bus algérien caillassé dès son arrivée au Caire, joueurs blessés et intimidés, climat nationaliste outrancier. Dans un contexte
pareil et pour éviter que de tels événements ne se reproduisent, le match, pas plus que la rencontre d'appui au Soudan, n'aurait jamais dû se jouer. Les Algériens auraient dû se voir qualifiés
sur tapis vert. Rien de tout cela et la CAN s'apprête à voir se disputer la même affiche en demi-finale dans une ambiance évidemment survoltée. Qu'importe à Papa Issa, bien au frais dans son
hôtel de luxe, les affaires sont les affaires,
the show must go on… Et si, qu'à Dieu ne plaise, tout devait finir dans un bain de sang avec quelques costards en sapin bien taillés sur le
terrain ou dans les tribunes, il pourrait toujours écraser de grosses larmes de crocodile en frémissant du museau. Les aléas de la vie mon bon monsieur, les aléas de la vie…
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Publié dans : Football
Par Philostrate
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Dimanche 17 janvier 2010
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Si vous avez un chasseur parmi vos proches, il vous a sans doute déjà fait le coup. La campagne, dans la brume du matin. Les perles de rosée sur les bottes, le chien qui gambade
et la nature qui s'éveille dans la fraîcheur du petit jour. Pour un peu, une larme d'émotion glisserait le long de la moustache de Tartarin pour s'écraser sur le treillis sous lequel bat le cœur
du poète agreste. Une scène à figer sur de la toile de Jouy. Evidemment, si comme moi vous avez un soupçon d'esprit de contradiction, vous ne manquez pas de faire remarquer à l'émule de Michel
Delpech, que ses élans contemplatifs seraient un chouîa plus convaincants s'il se décidait à laisser sa pétoire au ratelier. Déclenchant irrémédiablement les beuglemlents outrés du
viandard, vous invitant à aller débiter ailleurs vos fadaises écolo-bobo…
Eh bien les rallye-raids, c'est tout pareil ! La caravane des graisseux et les ersatz d'Albert Londres qui lui emboîtent le pas sur
les pistes poussiéreuses de Dakar, Santiago ou d'ailleurs, n'ont de cesse de vanter la beauté grandiose des paysages traversés par leur engeance pétaradante. Un motard en plan serré, ça reste un
motard. Un motard en plan large sur une dune ou dans la pampa, ça devient épique ! Alors on use et on abuse de ces beaux panoramas. Sur France Info, en 2009, on a pu même entendre au début
du show ASO aux Amériques, un tonton Cristobal carburant au gasoil regretter que les animaux du cru s'enfuient trop vite au passage de sa pétrolette pour les immortaliser sur son appareil
numérique !
Pas con le lama, s'il pouvait encore leur cracher à la gueule à ces encasqués, mais ils vont trop vite ! Jamais il ne vient à
l'esprit des ambassadeurs mécaniques de notre société énergivore, que ces écrins naturels où vomissent leurs pots d'échappement se portent bien mieux quand ils n'y sont pas ? Ne leur vient-il pas
à l'esprit à tous ces émules holtziens aux yeux écarquillés par la coke ou par trop de grimaces télévisuelles qu'ils sont dans ces austères confins autant à leur place qu'un trait d'humour dans
le discours d'un trotskyste ?
Prenez le désert d'Atacama, traversé cette année encore par cette grotesque pantomime que l'on n'ose même plus nommer "Dakar". L'un
des endroits les plus arides de la planète, où pas même une bactérie n'ose faire souche. Les astronomes, servis par la pureté d'un ciel où la nuit les étoiles vous enveloppent, y viennent
de l'autre bout de la planète pour vivre un instant de symbiose avec le cosmos. Pensez-vous vraiment qu'un endroit comme celui-ci se prête à ces citadines pestilences ? Contentons-nous de polluer
nos villes avec notre barnum mécanique et épargnons les derniers grands espaces de notre vieille Terre. Le panache qu'y gagneront nos simili aventuriers ne sera pas pour une fois que de
fumée.
Le combat d'ailleurs, est peut-être en passe d'être gagné. L'édition 2010 du rallye-raid errant, fleuron d'ASO, s'est déroulé, puis
terminé ce week-end, dans un anonymat quasi général. Y compris dans les colonnes de notre quotidien sportif national, où ce qui était naguère un événement couvert à grand renfort d'envoyés
spéciaux, n'a pas occupé cette année plus d'une demi-page par édition. Si en plus la disparition de cette anachronique fantasia finissait par faire économiser du papier, la boucle - vertueuse -
serait définitivement bouclée…
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Publié dans : Société et médias
Par Philostrate
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