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Jeudi 15 mai 2008
    De nos jours, le champion se doit décidément d'être parfait. Performant et médiatique. Humain mais beau comme un demi-dieu. Diplômé ès science mais sans jamais céder à la tentation de la fléchette. Propre cela va de soi, mais avec des caractéristiques physiques de mutant sorti des pages de Marvel comics.

    Ce souci de la perfection va se nicher jusque dans la vessie de nos héros des temps modernes. Car il n'y a pas que les prix de l'essence à la pompe ou des matières premières qui flambent. Au début des contrôles antidopage, 35ml de son auguste miction suffisaient à conforter ou confondre l'Appolon.

    Nous sommes aujourd'hui rendus à 75ml et, sur proposition de l'Agence mondiale antidopage (AMA), l'échantillon prélevé au terme de chaque compétition devrait passer à 90 ml en 2009. Raison invoquée : le nombre grandissant de substances suspectes à détecter, qui multiplie les analyses en laboratoire. Sans parler des contre-expertises qui, lorsque l'affaire tourne au vinaigre, assèchent aussi sûrement les éprouvettes que l'irrigation intensive des champs de coton la mer d'Aral…

    Problème : comment nos sportifs, vaillants sur tous les fronts, vont-ils pouvoir faire face à cette inflation annoncée dans les "pipi rooms" ? En faisant encore une fois appel aux compétences des génies de la médecine. Se faire greffer une vessie d'éléphant, rien de tel pour éviter d'être à sec lorsque sonne l'acte 2 des épreuves, celle qui désormais valide les performances réalisées sur le terrain. Au début du XXe siècle, quand la pratique du vélo était encore balbutiante, les concours de lenteur (notre gravure) suscitaient la curiosité du public. Un siècle plus tard, la traque à la dope tous azimuts et le sport médicalisé nous réservent d'autres réjouissances. A quand la médaille pour celui qui pisse le plus longtemps, si ce n'est le plus loin ?

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Lundi 12 mai 2008
    L'équipe de France a remporté deux matches pour se maintenir dans le groupe A du championnat du monde de hockey sur glace. On ne va pas en faire un fromage, mais tout de même… D'abord, les Bleus ne s'étaient plus maintenus parmi l'élite mondiale depuis huit ans. Ça mérite d'être souligné. Ensuite, ils l'ont fait face aux Italiens, en remportant deux rencontres sur une équipe qui sur la glace leur a toujours donné du fil à retordre.

    Depuis la finale de la coupe du monde de football 2006, on sait ce qu'il en est des duels transalpins. Le coup de boule de Zizou sur le sympathique Materrazzi, a tendu les relations sportives franco-italiennes comme un fil de fromage sur une part de pizza. Côté ballon rond, pimentée par un Raymond Domenech aux sorties pas toujours subtiles et un tirage au sort qui s'acharne à faire se rencontrer les deux frères ennemis à chaque compétition, la querelle n'est toujours pas vidée. Au point de se croire parfois dans Affreux, sales et méchants d'Ettore Scola, comédie grotesque qui reste à ce jour l'un des bides les plus fameux du cinéma italien…

    Sur la glace, la rivalité est nettement plus saine. La France a souvent buté sur l'armada italienne, composée en majorité de "ritals" grandis de l'autre côté de l'Atlantique, mais comme elle-même avait bâti ses premiers succès à la fin des années 1980 autour d'une robuste phalange de joueurs franco-québecois, elle ne trouvait pas grand chose à y redire. Des duels virils mais corrects, souvent sur fond de matches couperets pour ne pas sombrer dans les oubliettes du hockey mondiale. Là réside d'ailleurs l'importance de la victoire française dans ces championnats du monde disputés au Québec, où il y a, c'est bien connu, une patinoire à chaque coin de rue.

    Si au Canada le hockey est roi, dans nos pays latins il doit se battre pour survivre. La dynamique dont bénéficie actuellement la discipline en France, les premiers succès remportés par la toute jeune fédération de hockey, enfin sortie du panier de crabes de la FFSG, auraient sans doute pâti d'une relégation de l'équipe de France dans le groupe B mondial. Le succès des dernières finales de coupe de France organisées à Bercy, prouve que la "rondelle" est enfin sur la bonne voie mais, tout comme en Italie, elle ne peut compter chez nous sur la qualité de son seul championnat pour exister, sportivement et médiatiquement. Il lui fallait donc rester parmi l'élite mondiale. Par la grâce de son gardien, Cristobal Huet, qui a su faire basculer ces matches de barrage de son côté, la France y est parvenue. Une bonne chose de faite en attendant de croiser à nouveau la crosse avec l'Italie, puisque tel semble être le destin de nos deux pays…  
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