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Avec qui voulez-vous lutter ?

Publié le par Jean-Claude Duce

Les lutteurs de cirque et de foire étaient très en vogue avant la Grande guerre. Des colosses qui s'affrontaient entre eux, mais le plus souvent invitaient les spectateurs les plus courageux (ou inconscients…) à les défier. Premier à lever la main, premier servi ! Ces portraits, tirés des archives de la BNF, sont ceux des lutteurs du Nouveau Cirque à Paris, immortalisés en 1913. Je ne sais pas vous, mais moi je n'aurais pas eu envie de m'y frotter. Des portraits tout indiqués pour fêter les 177 ans de la photographie…

Source : http://gallica.bnf.fr
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Coubertin, quand le baron s'emmêlait la moustache…

Publié le par Philostrate

Au congrès olympique de Budapest en 1911, Pierre de Coubertin, toujours soucieux de faire évoluer le programme de "ses" Jeux rénovés, propose aux membres du CIO d'y intégrer quelques nouvelles disciplines, parfois inattendues, qui ne connaîtront pour certaines qu'un succès mitigé. La parole au baron…

Pierre de Coubertin était comme vous, il faisait du sport dans son fauteuil… Et le lancer de nains, t'y a déjà pensé Pierrot au lancer de nains ? (Image Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530674809/f1.item.r=Coubertin,%20Pierre%20de)

Pierre de Coubertin était comme vous, il faisait du sport dans son fauteuil… Et le lancer de nains, t'y a déjà pensé Pierrot au lancer de nains ? (Image Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530674809/f1.item.r=Coubertin,%20Pierre%20de)

  "Une autre nouveauté fut la création du "Pentathlon moderne". Je l'avais déjà présenté au CIO à deux reprises et l'accueil avait été incompréhensif, presque hostile. Je n'avais pas insisté. Cette fois, la grâce de l'Esprit-Saint sportif éclaira mes collègues et ils acceptèrent une épreuve à laquelle j'attachais une grande valeur. Véritable sacrement de l'athlète complet, le Pentathlon moderne devait comprendre : une course à pied, une course à cheval, une course de natation, un assaut d'épée et finalement une épreuve de tir à laquelle j'aurais préféré substituer une course à l'aviron, mais cela eût compliqué grandement l'organisation, déjà passablement difficile.

    (…) La troisième des réalisations dont je veux parler fut l'institution de prix de chasse et d'alpinisme destinés à récompenser la plus belle ascension et le plus bel exploit cynégétique accomplis depuis la célébration de la précédente Olympiade. L'idée avait été émise dès le congrès initial de 1894 et nous avait été transmise par cette assemblée sous forme d'un vœu favorable. Je la voyais complétée plus tard par un troisième prix olympique du même genre pour l'aviation.

    Tout cela était dans l'ordre : all games, all nations. C'était de plus d'une organisation facile, de frais insignifiants… Cependant, sur ce triple terrain, une indifférence apathique et parfois même un mauvais vouloir sans cause discernable se sont manifestés. Cela s'est fait, cela ne s'est plus fait; il n'y a eu là que caprice et manque de suite apparents. J'espère qu'on reviendra à la formule susdite. Elle est bonne…"
 
Extrait de Mémoires olympiques par Pierre de Coubertin, édité en 1931 par le Bureau international de pédagogie sportive du CIO à Lausanne.

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Les visages de Paris 1924, Faure-Dujarric l’architecte ciel et blanc

Publié le par Jean-Claude Duce

Un siècle avant les JO de 2024, à l’organisation desquels la capitale française est candidate, Paris organisait les derniers Jeux en date sur les bords de  Seine. Celles et ceux qui ont alors fait l’actualité ont tous marqué de leur empreinte l’histoire de l’olympisme. Cette galerie de portraits vous invite à les découvrir au moment même où Paris s’imagine un nouveau destin olympique…

Loulou et son bitos… Image : http://gallica.bnf.fr/

Loulou et son bitos… Image : http://gallica.bnf.fr/

     Sur la photo, Louis Faure-Dujarric a l’air aussi raide que les poils de sa moustache. A 47 ans, c’est une âme de « sportsman » qui vibre pourtant sous le costume de l’homme respectable. Pas bedonnant pour un rond le bourgeois, mais sec comme un coup de trique en adepte de l’exercice physique, que ce Racingman bon teint pratique depuis son plus jeune âge. A 18 ans, il est même finaliste avec son club du deuxième championnat de France de rugby de l’histoire à Bécon-les-Bruyères, défait 7 à 3 par cet embarrassant rival parisien qu’est déjà le Stade Français. Dès lors, même pendant ses études d’architecte, l’ancien capitaine des quinzistes ne reniera jamais son attachement ciel et blanc, au point d’occuper la vice-présidence du Racing, quand Paris s’apprête à accueillir les Jeux olympiques de 1924. Il sera même l’un de ceux qui permettront au comité d’organisation de sortir de l’impasse dans lequel les élus de la capitale l’avaient placé en se montrant incapables de faire aboutir le dossier du grand stade destiné, entre autres, à accueillir les épreuves d’athlétisme, de football et de rugby. Grâce au maire de Colombes et au Racing, c’est dans cette banlieue ouvrière, sur l’emplacement de l’ancien Stade du Matin, que va voir le jour l’enceinte appelée à rester pour de nombreuses années le temple du sport français.

Dans les tribunes du stade olympique, se cache Winston Churchill, saurez-vous le retrouver ? Image : http://gallica.bnf.fr/

Dans les tribunes du stade olympique, se cache Winston Churchill, saurez-vous le retrouver ? Image : http://gallica.bnf.fr/

     En plus d’être Racingman, Louis Faure-Dujarric, architecte disposant déjà d’une solide réputation, a l’expérience des édifices sportifs, pour avoir entre autres construit le court central de Roland-Garros. Il sera donc l’homme du stade olympique. En un an et demi seulement, il donne naissance à ce qui se fait de mieux à l’époque en matière d’architecture sportive : un géant de 60 000 places, dont 20 000 couvertes et assises réunies dans deux tribunes longeant les lignes droites de la piste d’athlétisme. Un stade fonctionnel, offrant aux spectateurs un large champ vision grâce à ses gradins au profil parabolique et à sa piste d’athlétisme relevée en mâchefer rosé, tranchant joliment avec le vert de la pelouse centrale. Ses charpentes légères de fer et de bois, ses assises en ciment lui donnent, comme l’écrit Dans L’Illustration Jean de Pierrefeu, nostalgique des stades antiques, « l’élégance d’une épure géométrique, (…) la froide beauté des formules algébriques et la grâce squelettique du calcul. » Les spectateurs, qui entrent et sortent facilement de cet ovale posé au pied des cheminées d’usines, apprécient, eux… Et lorsque le 5 juillet 1924 Géo André prononce le serment olympique, il salue aussi un peu le grand œuvre de Faure-Dujarric, l’architecte ciel et blanc.

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Le faux cosmopolitisme du Stade

Publié le par Philostrate

Articles et textes sont les reflets de leur époque, mais résonnent encore parfois dans l'actualité des décennies plus tard. Alors que le grand cirque des JO bat son plein à Rio, quelques considérations sur le sport et le nationalisme de l'écrivain Charles Maurras, envoyé en avril 1896 par La Gazette de France à Athènes pour témoigner dans ses colonnes de la renaissance des Jeux olympiques. Nous le retrouvons au milieu d'une compétition de lutte…

   
 

lutteurs-l--illustration-1890bdf.jpg    "On met ensuite aux prises un Allemand et un Anglais. En un clin d'œil  M. Schumann a fait mordre la poussière à M. Eliott; mais voici que, avec une ténacité toute britannique, celui-ci se démène comme s'il n'avait pas touché terre des deux épaules. Le Gros Germain est émerveillé de tant d'impudence, mais Athènes s'épanouit. Il faut que le diadoque et le prince Georges prennent sur eux de renvoyer M. Eliott à son club.

    À ce moment, les organisateurs ont la mauvaise idée d'engager un combat entre M. Christopoulos et un autre Grec… Tumulte magnifique. De tous les points sur le Stade, le peuple entier proteste. Non, non ! Oki, Oki, Oki ! On n'admet point le sacrilège, on ne veut pas  de lutte entre les hommes de même langue et de même sang. J'ai beaucoup admiré ce soulèvement hellénique. Il s'en produit ainsi, du même ordre, à tous les instants.

    On s'afflige si l'Héllène en sautant à la perche manque la barre ou exécute de travers le rétablissement aux anneaux. Si l'Anglais, l'Américain ou le Français ont plus d'adresse et de bonheur, c'est un froncement de sourcil. La justice n'en souffre pas. Chacun admire ce qu'il convient d'admirer, mais il le fait d'un cœur plus ou moins généreux suivant les honneurs engagés. Aussi, loin d'étouffer les passions nationales, tout ce faux cosmopolitisme du Stade les exaspère.

    (…) Non, les patries ne sont pas encore dissociées. La guerre non plus n'est pas morte. Jadis, les peuples se fréquentaient par ambassadeurs. C'étaient des intermédiaires qui atténuaient bien des chocs : les peuples déliés du poids de la terre, servis par la vapeur et l'électricité, vont se fréquenter sans procurations, s'injurier de bouche à bouche et s'accabler de cœur à cœur. L'ancien ludus pro patria (1) n'en sera que plus nécessaire."


(1) Devise de l'Association française de gymnastique faisant référence aux Jeux patriotiques antiques.

 

 

Extrait de la quatrième des Lettres des Jeux olympiques de Charles Maurras, parues entre le 15 et le 22 avril 1896 dans les colonnes de La Gazette de France.

 

 

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Les visages de Paris 1924, Johnny Weissmuller l’apatride des Tourelles

Publié le par Jean-Claude Duce

     Un siècle avant les JO de 2024, à l’organisation desquels la capitale française est candidate, Paris organisait les derniers Jeux en date sur les bords de  Seine. Celles et ceux qui ont alors fait l’actualité ont tous marqué de leur empreinte l’histoire de l’olympisme. Cette galerie de portraits vous invite à les découvrir au moment même où Paris s’imagine un nouveau destin olympique…

Les visages de Paris 1924, Johnny Weissmuller l’apatride des Tourelles

    Le regard charbonneux dans une pose presque martiale mettant en valeur son imposante carrure : sur le bord de la piscine des Tourelles à Paris, Johnny Weissmuller semble plein d’assurance, prêt à assumer lors de ces Jeux olympiques de 1924 son statut de meilleur nageur du monde. Pourtant, l’athlète conquérant cache un lourd secret. Pour faire partie de la délégation américaine, le gaillard a dû en effet trafiquer ses papiers et jouer avec son identité. Car Johann Peter Weissmuller, né en 1904 à Freidorf dans l’empire d’Autriche-Hongrie puis émigré sept mois plus tard aux Etats-Unis avec ses parents n’est pas citoyen américain quand arrive sa sélection olympique. La disparition de l’empire de Sissi et ses amis où il avait vu le jour a fait de lui un apatride. Avec la complicité de son père, Johnny endosse alors l’identité de son frère cadet Peter Jr, né lui sur le sol américain, pour se faire établir un passeport en bonne et due forme. Un tour de passe-passe qui lui permet de débarquer en France avec la délégation américaine et l’étiquette de favori des épreuves de nage libre.

    Sa spécialité : le crawl, dans une technique jugée aujourd’hui peu académique, puisqu’il nage la tête hors de l’eau. Comme un nageur de water-polo. Mais surtout comme un requin furieux. Weissmuller, après une coulée qui lui donne déjà un avantage certain sur ses concurrents, glisse sur l’eau avec une frénésie animale. Digne de Tarzan, le roi de la jungle, célèbre apatride comme lui, qu’il incarnera sur grand écran à partir de 1932 au point de devenir l’une des vedettes d’Hollywood.

Image http://gallica.bnf.fr

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    Quand il s’impose sur 100 m dans la piscine des Tourelles, le grand Johnny ne se tape pas la poitrine en poussant le célèbre cri de « l’homme singe » qui deviendra quelques années plus tard sa signature. Mais ses adversaires, eux, ont plusieurs lianes de retard. Après avoir été le premier nageur au-dessous de la minute sur 100 m nage libre, il devient à Paris champion olympique de la spécialité, titre qu’il conservera quatre ans plus tard à Amsterdam. Pour faire bonne mesure, il remporte deux autres médailles d’or sur 400 m nage libre et relais 4x200 m nage libre. Pas mal pour quelqu’un qui avait commencé la natation pour soigner les séquelles d’une poliomyélite ! Une vraie « success story », qui lui vaudra ensuite de ne plus jamais avoir à tricher sur son identité en étant dans la foulée de ses exploits olympiques reconnu citoyen américain à part entière.

Autres figures des JO de 1924 à découvrir : Géo André et Louis Faure-Dujarric

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Épurer l'idée olympique

Publié le par Philostrate

Alors que le le CIO se réjouit aujourd'hui de voir le rugby à VII et le golf au programme du grand cirque olympique, certains s'inquiétaient dès les années 1920 de la voracité de l'ogre enfanté par Coubertin. C'est le cas de l'éditorialiste Jean de Pierrefeu, perplexe, déjà, devant le gigantisme des Jeux de 1924 organisés à Paris.

    "Aimez-vous les Jeux olympiques ? On en a mis partout. Du bassin d'Argenteuil à la piscine des Tourelles en passant par le Vel d'Hiv', tout marche à la fois le matin et l'après-midi. Mon ticket d'entrée aux Tourelles portait, le 20 juillet, ce chiffre effarant : 259e réunion ! Et ce n'est pas tout, au vélodrome de Vincennes on verra fleurir la 272e et au fronton basque de Billancourt la 281e…

    Comme l'hydre de la fable, l'Olympisme moderne étend sur toutes choses ses bras tentaculaires, mais pour vouloir trop embrasser, ne risque t-il pas de périr ? Il n'y a pas de raison pour que, dans quatre ans, le tir à l'arc, en honneur dans l'Ile-de-France, la Picardie et dans tant de charmants "patelins" de l'Afrique centrale, ou que le boomerang, spécialité de l'Australie, ne soient également de la fête; ils le méritent autant que le tir de chasse sur pigeons d'argile, qui possède son champion olympique.

Épurer l'idée olympique
    Je me garderai bien de blâmer l'énorme complexité de ces Jeux qui ont coûté tant d'efforts aux organisateurs, mais il faut bien constater que l'Olympisme, transformé en une Foire universelle des Jeux sportifs, perd ce caractère de culture humaine qu'on voulait lui donner. Soit par désir de ne laisser à l'écart rien de tout ce qui constitue l'activité de jeu de l'homme d'aujourd'hui, soit par nécessité d'accueillir les groupements qui se prétendent tous aussi indispensables les uns que les autres, le Comité international élargit démesurément les limites de l'Olympisme, lequel, par définition, est une sportivité choisie et stylisée. Je suis persuadé qu'il faudra procéder tôt ou tard à une reconcentration pour épurer l'idée olympique et redonner aux Jeux une ligne harmonieuse, simple et belle."
 
Texte de Jean de Pierrefeu, paru dans l'édition du 26 juillet 1924 de L'Illustration, à l'occasion des Jeux olympiques de 1924 à Paris.

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