Dimanche 30 mars 2008
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Il y a quelque chose de navrant à voir la flamme olympique traverser l'Europe sous escorte
policière. Ravalé au rang de vulgaire allume-gaz, le flambeau, censé symboliser les idéaux ranimés par Coubertin en 1894, perd singulièrement de sa superbe. Survolé par un
hélicoptère jusque sur l'Acropole à Athènes, encadré par les pandores en uniformes ou en civil, il montre combien le CIO et son président Jacques Rogge se sont fourvoyés en pensant refaire le
coup de Berlin 1936 sans que personne ne bronche.
C'est d'ailleurs dans l'Allemagne d'Adolf Hitler, arrivé au pouvoir trois ans plus tôt, qu'est né le cérémonial de la
flamme. Il faut dire que depuis Nüremberg, les nazis s'y connaissaient en matière de retraites aux flambeaux. L'idée en revient au professeur Karl Diem. Il ne fait que
remettre au goût du jour l'allumage de la flamme sacrée à Olympie dans la Grèce antique en la prolongeant d'un relais de plus de 3000 athlètes, qui en 1936 l'emmènent jusqu'à Berlin. Moyennant
quoi, c'est le champion de demi-fond Erik Schilgen (photo ci-dessus,
L'Illustration de mai 1938) qui a alors l'honneur d'allumer la vasque du
Reichsportstadion devant le
chancelier Hitler.
Drôle d'acte de naissance, mais après tout pourquoi pas. L'olympisme moderne a toujours cherché dans le décorum à
revendiquer sa filiation avec son modèle antique. Les dictateurs s'y connaissant comme pas un pour détourner les symboles à leur profit, les JO ne sauraient en être tenus pour responsables. Ceux
qui le sont en revanche, ce sont les dirigeants sportifs qui leur font ce divin cadeau. Jacques Rogge et ceux qui ont donné les Jeux de 2008 à la dictature chinoise sont d'autant moins excusables
que le précédent berlinois aurait dû leur donner matière à réfléchir. Un exemple : cet extrait d'une circulaire secrète de 1936, reproduite dans le très complet
100 ans de Jeux
olympiques écrit en 1996 par Henri Charpentier et Euloge Boissonnade. Transmise à tous les services de police du régime nazi, elle évalue la réussite des Jeux et les moyens de l'assurer en
des termes que ne renieraient pas aujourd'hui les dirigeants de Pékin…
"Un déroulement grandiose et sans incident des Jeux olympiques de 1936 à Berlin est de la plus haute importance pour l'image de la
nouvelle Allemagne aux yeux de tous les hôtes étrangers. Les Jeux olympiques doivent être un témoignage unanime de la volonté de paix et de l'hospitalité allemande, et
ils doivent montrer aux visiteurs étrangers l'ordre et la discipline de l'Etat national-socialiste. (…) Les rafles doivent être évitées dès à présent, ainsi que les grands convois publics de
prisonniers avant et pendant l'Olympiade. En outre, il ne faut en aucun cas éveiller chez les hôtes étrangers l'impression d'une surveillance policière."
En résumé, rien de bien neuf sous le soleil d'Olympie…
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Publié dans : Olympisme
Par Philostrate
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Jeudi 27 mars 2008
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Exclusivité "Du sport ou du cochon" !
Après enquête minutieuse menée dans les couloirs du CIO à Lausanne, Philostrate est en mesure de vous révéler les initiatives à l'étude pour faire taire ceux qui reprochent aujourd'hui à
l'institution olympique sa trop grande bienveillance à l'égard de Pékin. Si, conformément à ses déclarations, Jacques Rogge n'envisage pas un boycottage pur et simple des prochains Jeux d'été, le
président du CIO réfléchit bel et bien à des mesures symboliques pour marquer sa désapprobation devant la politique inflexible de l'Empire du Milieu. Puisque les dirigeants chinois se foutent des
droits de l'homme comme de leur dernier coolie, ils vont voir ce qu'ils vont voir…
Du 8 août, date de la cérémonie d'ouverture des JO, au 17 septembre, qui marquera la fin des Jeux paralympiques, le personnel du CIO
devrait ainsi être invité à boycotter les restaurants chinois. Ce geste fort, bannisant nems et rouleaux de printemps, s'appliquera aussi à la vente à emporter. Les restaurants
asiatiques étant souvent tenus par des ressortissants d'Annam et de Cochinchine, il est toutefois recommandé aux intéressés de bien se renseigner avant de passer à l'action. Pour les enseignes
japonaises en revanche, pas de sushis…
Durant toute la durée des Jeux olympiques et paralympiques, le CIO devrait aussi mettre les ménagères à contribution. Un
effort particulier leur sera demandé pour prendre part à ce vigoureux mouvement de protestation. En cuisine, elles devront remiser leurs chinois au fond du placard pour leur préférer des
passoires ou tout autre ustensile laissant passer l'eau, mais pas les aliments. Soucieux de la paix des ménages malgré l'extrême contrariété que lui cause la question chinoise, le CIO demande
toutefois aux femmes au foyer d'obtenir l'aval de leurs maris avant de se lancer dans cette action susceptible de modifier pendant un mois et demi leurs habitudes culinaires.
Jacques Rogge envisage aussi d'investir le terrain du textile. Le CIO va ainsi proposer aux consommateurs de couper toutes
les étiquettes de leurs vêtements "
made in China" et de les envoyer sous enveloppes au siège de l'organisation à Lausanne. Une fois collectés, ces petits morceaux de tissu seront
recyclés fibre après fibre et réutilisés pour fabriquer des mouchoirs, avec lesquels les défenseurs des droits de l'homme pourront sécher leurs larmes. En partenariat avec une célèbre marque de
soda américaine, à qui il a depuis bien longtemps vendu ses anneaux, le CIO offrira en outre toutes les dix étiquettes collectées une canette d'un rafraîchissant breuvage aux associations de
jeunesse reconnues par les autorités de la province du Tibet. L'été risque en effet d'être long et sec sur le toit du monde. Précision utile : les canettes de soda seront toutes décaféinées pour
éviter, si elles venaient à tomber entre de mauvaises mains, d'attiser l'agressivité légendaire des moines bouddhistes et autres zélateurs du Dalaï Lama.
Enfin, Jacques Rogge, qui ne recule décidément devant aucun sacrifice, s'est dit plus que jamais déterminé cet été à arriver à pied par la
Chine. Je sais, elle est facile… Tout comme l'est l'attitude du CIO qui, après avoir donné sciemment l'événement sportif le plus médiatisé de la planète à une dictature, s'étonne
aujourd'hui qu'il reste

encore quelques
personnes pour lui en faire le reproche.
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Publié dans : Olympisme
Par Philostrate
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