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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Georges Carpentier, le boxeur aviateur

Jean-Claude Duce

On connaît le Georges Carpentier terreur des rings, premier Français champion du monde des mi-lourds en 1920, entre autres ceintures. On connaît moins le Georges Carpentier soldat. Lorsque la Grande Guerre éclate, alors déjà champion d'Europe toutes catégories depuis 1913, le boxeur de Liévin, âgé de vingt ans, s'engage dans l'aviation dès le 8 août 1914.    

    C'est après son affectation à la 31e section du camp d'Avord dans le Cher en mars 1915 qu'il fait véritablement ses gammes de pilote, sur avion Farman à double commande. Il obtient son brevet le 24 mai 1915 et fait preuve de la même bravoure dans les airs que sur le ring, menant notamment à bien plusieurs missions de reconnaissance au-dessus de la plaine champenoise. Nommé sergent dès le mois de juillet 1915, ses états de service lui valent cette année-là la Croix de guerre avec palmes. Mais le plus dur reste à venir. En mai 1916, son escadrille, la F.8, se retrouve au cœur de la bataille de Verdun. "Ce coup-ci, c'est une autre histoire, raconte-t-il dans ses mémoires (1). Ça barde terriblement. Il y a, de part et d'autre, beaucoup plus d'avions, surtout de chasse, et les combats aériens sont bien plus meurtriers qu'ils ne l'ont jamais été."

Georges Carpentier, le boxeur aviateur
Georges Carpentier, le boxeur aviateur
Georges Carpentier, le boxeur aviateur
Georges Carpentier, le boxeur aviateur

    Aux commandes d'un "avion d'infanterie", destiné à transmettre des messages aux combattants au sol, il participe à la reprise définitive du fort de Douaumont en octobre 1916. Contraint de voler à basse altitude pour assurer sa mission, il assiste à ce qui reste l'un des engagements les plus sanglants de la bataille de Verdun. "Je ne devais jamais oublier ce jour-là, confie t-il quarante ans plus tard (1). De mon poste de pilotage, je voyais distinctement les corps des défenseurs du fort déchiquetés par les obus, tandis que nos poilus escaladaient ce qui subsistait des remparts. Rentré au camp, je m'étendis sur mon lit et restai sans bouger pendant trois bonnes heures. K.O moralement et physiquement."

 

    Quelques jours après la prise de Douaumont, Georges Carpentier se voit remettre la médaille militaire par le président de la République, Raymond Poincaré, en présence du général Nivelle. Pour lui, la guerre touche à sa fin. Victime d'une mauvaise grippe, il est envoyé en convalescence dans une maison de repos pour aviateurs puis à l'Ecole de Joinville. Là, il se voit confier un poste de moniteur d'éducation physique qu'il occupe jusqu'à l'armistice, puis sa démobilisation en août 1919. Il reprend alors le cours de sa vie de boxeur pour devenir un an plus tard, le 12 octobre 1920, champion du monde des mi-lourds à Jersey City face à l'Américain Battling Levinsky.

(1) "Mon match avec la vie" de Georges Carpentier, Flammarion, 1954

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