Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

L'affront fait à Walko

Jean-Claude Duce

    Roger Walkowiak était le doyen des vainqueurs du Tour de France. C'était un petit homme discret et humble que rien ne prédisposait à la gloire médiatique. Il y a une quinzaine d'années, on le croisait encore fréquemment au départ du Critérium cycliste de Levallois, épreuve automnale parrainée par d'anciennes gloires de la petite reine. Mais là où Poulidor et Géminiani aimantaient les spectateurs en quête d'autographes, Walko, pourtant vainqueur lui du Tour de France, restait toujours un peu en retrait…

    En 1956, certains commentateurs avaient présenté "son" Tour comme une Grande Boucle "au rabais" et ces réserves sur sa victoire, aussi légères soient-elles, lui avaient laissé au cœur une amertume jamais tout à fait digérée. A fleur de peau, Walko devenu l'un des derniers témoins de son temps, en avait les larmes aux yeux rien que d'en parler. En champion, il aurait pourtant dû savoir que seuls comptent les palmarès, mais c'était plus fort que lui. Comme un affront fait collectivement au petit peuple du vélo, dont il fut sacré roi le temps d'un été. Aujourd'hui qu'il est entré au paradis des coureurs avec son maillot jaune sur le dos, il siège entre Bobet et Anquetil, figures tutélaires d'un âge d'or du cyclisme français auquel lui aussi appartient à jamais.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Facebook Twitter RSS Contact