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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

L'âge d'or des vélodromes

Jean-Claude Duce

A la fin du XIXème siècle, popularité du sport cycliste aidant, trois vélodromes voient le jour dans le seul Ouest parisien. Disparues aujourd'hui, ces pistes ont pourtant écrit quelques unes des premières pages de l'histoire du vélo en France.
 

 L'âge d'or des vélodromes

    Bien sûr, il existait déjà de l'autre côté du pont de Suresnes la "piste" de Neuilly Saint-James, petit kilomètre de route incertaine fréquenté par les coureurs de la Société d'encouragement… Mais lorsqu'à l'aube des années 1890 porté par le succès des premiers Paris-Brest et Bordeaux-Paris le sport cycliste prend son envol en France, les vélodromes dignes de ce nom sont encore rares. En région parisienne, il faut attendre 1891 pour qu'une piste vienne répondre à la demande des amateurs de plus en plus nombreux de courses de fond ou de vitesse, et c'est à Courbevoie, route de Bezons en bordure de la ligne de chemin de fer Saint-Lazare - Champ de Mars via Issy-les-Moulineaux, que ce premier vélodrome voit le jour. Sa piste de ciment de cinq cents mètres n'aura guère le temps de s'user. Située trop loin du centre de la capitale, cette arène de cinq mille places cesse d'être exploitée un an seulement après son ouverture pour finalement disparaître quelques années plus tard. La concurrence était trop rude : en 1892 le directeur des Folies-Bergères, Clovis Clerc, s'était en effet décidé à financer à Neuilly la construction d'un autre vélodrome appelé lui à un bel avenir. Installée à proximité de la Porte-maillot, sur les terrains où Buffalo Bill et son "Ouest sauvage" avaient conquis le cœur des Parisiens, cette piste de 333 m conçue en partie par Henri Desgrange - qui y établira le premier record du monde de l'heure sans entraîneur (35,325 km) - fera les beaux jours du sport cycliste jusqu'en 1899.

     L'âge d'or des vélodromes

        Le 27 août 1893, quelques semaines seulement après l'inauguration de Buffalo, un troisième vélodrome ouvre ses portes à Levallois. Située à deux pas du fleuve, au bout de la rue de Courcelles, la piste de 500 m du vélodrome de la Seine, faite à l'origine de pavés de bois, s'usera assez vite et finira par céder la place à un anneau de ciment aux virages relevés surnommés par les coureurs les "falaises de la Seine". Exploitée pendant plusieurs années, la piste de Levallois accueillera quelques morceaux de bravoure du sport cycliste et aura l'honneur notamment de voir triompher le sprinter américain Zimmermann, déjà champion d'Amérique et d'Angleterre, à l'occasion d'un handicap resté dans les annales comme la dernière course disputée en France par ce "crack de la pédale". Ce jour là, opposé à seize concurrents sur un mille (1609,32 m), le grand "Zim", déjà vainqueur à Buffalo du premier Bol d'or cycliste, bat le record français de la distance en deux minutes et neuf secondes. Bien que plus longue que celle de Courbevoie, l'heure de gloire de la piste de la Seine sera pourtant elle aussi de courte durée. Fermé au bout de quelques années, le vélodrome restera un moment inutilisé puis sera démoli pour permettre la construction d'usines de plus en plus nombreuses à l'approche de la première guerre mondiale. Buffalo, à Neuilly puis Montrouge, n'aura alors plus pour seul rival dans l'ouest parisien que le parc des Princes dont l'âge d'or s'étendra bien au-delà de ces folles années de la course sur piste....

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