Vendredi 18 mai 2007
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Le Laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) de
Châtenay-Malabry fait désormais partie d'Amaury Sport Organisation, le saviez-vous ? C'est en tout cas ce que pourrait laisser croire la lecture régulière de notre quotidien
sportif national depuis que des fuite savamment organisées dans l'affaire Armstrong ont permis à l'un des fins limiers de sa rédaction de s'offrir "le scoop du siècle". Depuis, juste retour
d'ascenseur, ce Rouletabille de l'éprouvette s'est autoproclamé défenseur de la vénérable institution, au point d'en devenir l'attaché de presse officieux dans les colonnes du journal.
Prenons pour exemple l'interprétation d'une information récente mettant au prise le LNDD et la Fédération Internationale de Tennis
(ITF). Dans son édition du Jeudi 17 mai,
Le Monde annonçait la décision de l'ITF de confier l'analyse des échantillons prélevés lors des Internationaux de France de
Roland-Garros non plus à Châtenay, comme c'était le cas jusqu'à présent, mais au laboratoire de dépistage du dopage de Montréal. Le journaliste du
Monde après avoir exposé les raisons
économiques de ce changement de procédure - tarifs plus compétitifs pour les Canadiens - et s'être interrogé sur les conséquences du transport sur la qualité des prélèvements, se contentait de
rappeler que par le passé les travaux du LNDD avaient permis de confondre deux récents vainqueurs du Tour de France et quatre champions de tennis lors des éditions 2004 et 2005 de
Roland-Garros.
Même information relatèe cette fois dans les colonnes de notre quotidien sportif national dans son édition du Jeudi 17 mai. Là
aussi, l'analyse des raisons économiques ayant motivé ce changement est très claire - 260 dollars US le contrôle effectué à Châtenay contre 190 à Montréal, transport inclus ! Mais, derrière le
journaliste maître de son sujet pointe le chevalier blanc du LNDD (notre photo). Précision au lecteur :
"Certes, l'information (…) tombe assez mal, à l'heure où la compétence du Laboratoire
de Châtenay est mise sur le grill lors du procès Landis",
"Mais en aucun cas le choix de Montréal n'est un camouflet pour Châtenay-Malabry…"
Ouf, on a eu peur ! Mais est-il écrit dans le contrat de travail de l'auteur de ces quelques lignes ou au dos de sa carte de presse qu'il doive en
toute circonstance défendre son cher labo ? Une analyse brute des faits suffisait amplement au lecteur pour comprendre les motifs de cette décision, ce n'était pas la peine d'en
rajouter sous prétexte de défendre la probité du LNDD, que rien dans cette affaire ne mettait en cause. Ou alors dans un éditorial, selon la règle journalistique qui veut que l'on sépare
information et commentaire. Mais notre croisé du dopage semble s'être donné pour mission de défendre contre vents et marées la maison Châtenay, même lorsqu'elle n'est pas attaquée.
Même lorsque sa traque des dopés amène le laboratoire à faire de navrantes erreurs de procédures que les avocats madrés de nos
champions utilisent pour sortir leurs clients de la béchamel. Même lorsque des confusions dans le report de numéros d'échantillons dignes de laborantins amateurs viennent semer le doute. Même
lorsque les dirigeants de ce laboratoire s'asseoient sur les principes élémentaires du secret médical et du droit pour analyser rétroactivement des échantillons d'urine soi-disant anonymes
conservés à des fins expérimentales et en divulguer ensuite les résultats. Loin de moi l'idée de remettre en cause le principe de la lutte antidopage. Mais, chercheur ou journaliste, il y des
limites déontologiques à ne pas dépasser sous peine de discréditer jusqu'au plus noble des combats…
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Publié dans : Société et médias
Par Philostrate
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