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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Sifflet et goupillon

Philostrate #Société et médias
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    La compétition peut sembler au premier abord un peu exotique, mais la Clericus Cup, dont s'est entre autres fait l'écho le 28 mai Le Figaro, n'est finalement pas si insolite. Certes, il est rare de voir des séminaristes en découdre crampons aux pieds et en tenue, qui plus est  avec l'aval du Vatican et à l'ombre de la Basilique Saint-Pierre. Mais ce championnat de football des collèges pontificaux, remporté par l'Institut Redemptoris Mater opposé en finale à l'Université du Latran, rappelle que, jusque dans ses plus hautes sphères, l'Eglise s'est assez vite intéressée au phénomène sportif.

    Dès 1891, le Pape  Léon XIII, dans son encyclique Rerum Novarum, reconnaît l'utilité de la pratique sportive  dans le mouvement de reconquête de la jeunesse, entamé sur le terrain depuis plusieurs décennies déjà par les patronages. Des hommes d'église "musclés", conscients des vertus tant morales que physiques de la pratique régulière d'un sport, jouent les pionniers. Le père Didon à Arcueil inspire au baron Pierre de Coubertin la devise olympique "Citius, Altius, Fortius". Monseigneur Péchenard encourage la création en 1898 du premier concours général d'exercices physiques ouvert aux patronages de Paris et du département de la Seine. C'est un prêtre encore, l'abbé Champonnière, qui inspire le docteur Michaux, père de la Fédération de gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF)…

    Les "patros" sont aussi à l'origine du développement de plusieurs disciplines, qui sans eux auraient eu bien du mal à conquérir des adeptes jusque dans les plus petits villages de province. Au Québec (photo ci-dessus dans les années 1950), c'est le hockey sur glace. En France, ce sont le football et le basket qui bénéficient de l'engagement de curés, prêts à installer des paniers ou des cages à l'ombre des clochers de leurs églises pour canaliser la jeunesse et la mettre "dans le droit chemin". Certains sont passés à la postérité, comme l'abbé Ernest Deschamps, créateur de l'Association de la Jeunesse Auxerroise en 1905, qui a donné son nom au stade de l'AJA où évolue désormais l'équipe de football professionnelle bourguignone. D'autres ont été oubliés, mais les noms des clubs qu'ils ont inspirés témoignent de leur influence, notamment en basket, comme la Jeanne d'Arc de Vichy, qui retrouvera la saison prochaine en même temps que le championnat de Pro A son homonyme de Dijon. Bref, sifflet et goupillon ont longtemps fait bon ménage et si tous les bienfaiteurs en soutane de la cause sportive devaient être canonisés, cela ferait une sacrée équipe au Paradis !
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