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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Dévaluation

Philostrate #Football
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    Au train où vont les choses, les droits télévisés du championnat de Ligue 1 pourront bientôt être acquités en bons de la Semeuse, emprunts russes ou tickets restaurant. Qu'il semble loin le temps où Canal+ et TPS se déchiraient sous la moustache frémissante de Frédéric Thiriez ! Trop heureux de voir 600 millions d'euros tomber dans l'escarcelle du foot français, le président de la LFP se jetait alors dans les bras de la chaîne cryptée, signant au passage l'arrêt de mort de TPS et rendant du coup inévitable sa fusion avec Canal quelques mois plus tard.

    Depuis, le paysage audiovisuel de la planète foot s'est considérablement assombri. Sur le terrain, le grand show vanté à longueur de spots publicitaires par Canal incite plus souvent à aller repeupler la France sous la couette qu'à sourire d'aise devant son écran. Il faudrait faire des études sociologiques poussées, mais une hausse de la natalité dans les foyers de footeux est à prévoir ! Entre les grands clubs malades de la peste, dont les trophées oxydés n'arrivent même plus à faire oublier qu'ils ne vivent que sur les cendres du passé, et les prétendants dont les belles promesses ne dépassent guère un premier tour de coupe d'Europe, le championnat de France n'a vraiment pas de quoi bouleverser les foules. L'inquiétante domination lyonnaise sur la scène nationale ne peut se mesurer qu'au regard des performances continentales d'une équipe rhodanienne, dont ces dernières saisons les ambitions n'ont fait que reculer d'année en année…

    Jean-Michel Aulas, qui comme d'autres tremble à l'idée de voir la manne télévisuelle jouer les peaux de chagrin, peut toujours bomber le torse. Tenter d'enfumer les habitants de Décines en leur faisant croire que le déferlement des milliers de spectateurs du futur grand stade lyonnais n'aura pas d'incidence sur la tranquillité de leur quartier est une chose. Faire prendre aux passionnés de foot des vessies, fussent-elles de ballons, pour des lanternes en est une autre. En matière de spectacle, le championnat de France marche trop souvent derrière ses voisins européens pour justifier d'être grassement entretenu par ses diffuseurs, qui se demandent aujourd'hui fort justement, comme l'Harpagon de Molière, où est passée leur cassette, ces 600 millions d'euros sensés transformer la Ligue 1 en piste aux étoiles.

    Dans les négociations, tous les coups sont permis. Les récentes déclarations des dirigeants de Canal+ laissant supposer qu'ils pourraient très bien se passer à l'avenir du championnat national entrent évidemment dans ce jeu de chat et de souris. Mais sont-ils vraiment loin du compte ? Après tout, les championnats d'Angleterre, d'Italie, d'Espagne et d'Allemagne ont suffisamment d'attraits pour remplir les grilles de programme et caler les joues des footophages. Ça se discute. Mais ça semble en tout cas moins aberrant que de penser pouvoir vendre au même prix un produit dévalué. Peut-être y aura t-il des rabais de dernière minute ? Il suffirait de pendre Frédéric Thiriez par les pieds au-dessus du grand manège des droits télé et d'inviter les candidats diffuseurs à tenter de tirer sa moustache à chaque tour, comme les enfants le font avec la queue du Mickey. Les plus habiles obtiendraient une ristourne et pendant ce temps, le pantin pathétique de la LFP la bouclerait, ce serait déjà ça de gagné !
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