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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

J'vous fais le maillot ?

Philostrate #Société et médias
undefined    Depuis la semaine dernière, on sait que cette question, bien connue des esthéticiennes, vaut désormais 42 millions d'euros. Soit la somme déboursée par une célèbre marque à virgule pour arracher au fournisseur historique à trois bandes de l'équipe de France de football le droit de concevoir ses prochaines tenues. Toujours en retard d'une guerre et jamais à une petite louche de démagogie près, notre quotidien sportif national interrogeait dès le lendemain ses lecteurs sur le mode : "42 millions est-ce vraiment le prix que vaut le maillot de l'équipe de France ?" Ce qui revient à demander au clampin moyen, dont je suis, s'il est bien raisonnable de débourser la même somme pour s'acheter un Airbus A320 ou s'attacher les services de Fernando Alonso le temps d'une saison de Formule 1. Le prix du marché, c'est le prix du marché. Si l'équipementier américain qui vient de rafler la mise a décidé d'empiler les liasses sur la table, c'est justement parce qu'il juge que la tunique bleue le vaut bien…


    La question qu'il conviendrait plutôt de se poser est "Pourquoi le maillot du onze tricolore était-il jusqu'alors sous évalué" ? Car comment expliquer que l'équipe de France, l'une des plus performantes de la dernière décennie (championne du monde 1998 et championne d'Europe 2000, finaliste de la dernière coupe du monde en 2006) ait été jusqu'à présent moins bien lotie que ses voisines dans ce domaine ? Dix millions d'euros pour la France, là où l'Angleterre reçoit presque le double de son équipementier en vivant toujours sur son sacre mondial de 1966, faudrait tout de même voir à pas prendre le coq tricolore pour une dinde ! La marque aux trois bandes vivait sur les acquis d'une gestion à la papa, bien à l'aise dans les pantoufles chaudes que lui tendait la Fédération française de football à chaque renouvellement de contrat. Fini tout ça, le sport business carbure maintenant à l'appel d'offres et la FFF, en l'occurrence, aurait eu tort de se priver de cette manne.

    Du coup, le maillot des vainqueurs de la coupe du monde 1998 frappé de l'étoile d'or devient doublement collector. Rangez-le à double tour dans un coffre et surtout ne le portez sous aucun prétexte lors de vos séances de sudation dominicales balle au pied. Vous risqueriez d'en tirer une maille, ce qui ferait à tous les coups baisser son prix à Drouot au siècle prochain. La seule chose qui me turlupine dans cette histoire, c'est la façon dont les amerloques conquérants vont à l'avenir attifer nos glorieux footeux. On connaît le goût des yankees pour le marketing autour des tenues sportives. Une maillot pour les matches à domicile, un autre pour les matches à l'extérieur et un troisième jeu pour le "fun", ou plutôt pour inciter l'amateur de casaques flashy à craquer soixante-dix euros et des poussières pour être le plus beau pour aller au stade. Les Bleus auront-ils droit eux aussi à cette fameuse "Replica Third", troisième jeu de maillot qui fait fureur dans les grands clubs internationaux ? Un coq "bodybuildé" stylisé, un béret et une baguette profilée ou le tout réuni sous une Tour Eiffel relookée, on attend la surprise avec impatience. A moins que les Américains n'optent, en guise de Marianne, pour le frais minois de Marion Cotillard, devenue avec son Oscar pour "La Môme" la Française la plus populaire du moment outre-Atlantique. Ce serait mignon tout plein, non ?
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