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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Cours de maintien

Philostrate #Société et médias
    Imaginez un peu la scène. Un commercial vient de réaliser une année calamiteuse. 60% en dessous de ses objectifs. Son directeur le convoque pour lui demander des explications. Mais au lieu de voir débarquer son cravaté de service costumé Celio dans ses petits souliers, c'est un lascar remonté comme un coucou qui déboule et réclame…une prime ! Une prime pour, si ce n'est l'inciter à faire mieux, du moins l'empêcher de faire pire…

    Surréaliste ? Non, ça se passe comme ça dans le monde merveilleux du foot business ! Dans les équipes en lutte pour la relégation, la pratique d'une prime au maintien ne semble pas saugrenue. Passe encore pour Strasbourg ou Metz, dont l'objectif de début de saison pouvait effectivement être d'échapper en fin d'exercice à l'aller simple pour la Ligue 2. Mais pour des clubs comme Lens ou Paris, est-ce bien raisonnable ? Dans le cas des Ch'tis, rien ne prouve que l'idée de cette prime de la honte ait été soulevée. Et puis, de toute façon, pas question en ce moment d'éreinter les gens du Nord, sous peine d'excommunication. À Paris en revanche, où tout est imprimé avant même d'être dit, les représentants des joueurs n'ont, semble t-il, eu aucun scrupule à soulever la question.

    Pauvres Rothen et Armand, contraints de venir réclamer quelques milliers d'euros de plus pour motiver leurs petits camarades ! Nos piètres émissaires ont beau avoir démenti, justifiant un peu piteusement que leur démarche ne visait qu'à avertir leurs dirigeants de l'existence de telles primes dans d'autres équipes en course pour la descente, le mal était fait. L'image du footballeur moyen, guère brillante surtout à Paris, aurait dû les dissuader d'oser. Mais c'est vrai que, comme disait Audiard, "les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît". Je suis un peu dur, je sais. Mais quand on réussit à couler le troisième plus gros bateau de Ligue 1 et qu'ensuite on prétend encore au grade d'amiral, admettez tout de même qu'il y a de quoi se poser des questions. Fluctuat et mergitur… Notez que même avec de l'eau jusqu'au cou, le footeux moderne arrive encore à percevoir le doux crissement des billets. Une forme de sophrologie mercantile, sur laquelle les employés du club touchés par le plan social qui ne manquera pas d'intervenir si Paris descend en Ligue 2 auront tout le loisir de méditer…

P.S : Philostrate s'accorde quelques jours de vacances. Il ne reprendra ses chroniques qu'à condition qu'un énorme élan de sympathie pousse ses lecteurs fidèles à réunir une prime. Au minimum un chiffre avec six zéros derrière…
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