Du sport ou du cochon

Du sport ou du cochon

Le sport entre les lignes et sans langue de bois

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Avec l'émir express, c'est Noël tous les jours !

Philostrate — Société et médias
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    L'émir est impatient. Il ne sait plus comment dépenser ses pétrodollars. Marre des limousines. Marre des Airbus A380 tout équipés. Marre du marbre et des soieries de son palais. Alors le cheikh actionne sa parabole motorisée et tombe sur un match de football anglais. Maillots colorés sur fond vert. Chants du public et stade remplis, l'émir s'emballe. Il fait appeler son conseiller, Jaffar l'obséquieux. "Jaffar, y aurait-il par hasard du business à faire dans ce secteur ? Ça semble amusant ce passe-temps occidental…", s'enthousiasme t-il. "Certainement Majesté, les plus grandes fortunes du monde investissent dans le football, achètent une équipe, la font quoter en bourse…"

     "Par les sept piliers de la sagesse et les babouches du grand Lawrence ! Il m'en faut une et la meilleure ! Tiens Jaffar, achète-moi l'équipe d'Angleterre !" Un sourire poli se dessine sur le visage olivâtre de l'éminence grise. "Ô Maître, il est impossible d'acheter les équipes nationales, mais les clubs des villes, ça oui !". L'émir se gratte la barbe. "Alors je veux le plus grand club de Londres, la capitale !" Ams, tram, gram, bour et bour et bour sadam… Le cheikh hésite : Arsenal ? Pas à vendre. Chelsea, peut-être ? Déjà pris…

    "Mais Jaffar, seul le club d'un grande capitale serait digne de nous !" s'exclame avec impatience le seigneur du désert. "Il n'y a pas de club à vendre à Londres, mais à Paris, oui. Le championnat de France n'est pas la Premier League, mais quelle formidable coup de pub à l'échelle mondiale !" avance Jaffar. "Bien, je prends tout : le stade, les supporters, les joueurs, la tour Eiffel, tout ! Allez, quarante millions d'euros et on n'en parle plus", décide le cheik (de but) en blanc. "Attention, prévient Jaffar, un club, c'est comme une limousine, pour qu'elle avance, il faut lui mettre de l'essence dans le moteur et cette essence, ce sont les joueurs, il en faut tout le temps des nouveaux…"
    "Soit… voilà une petite centaine de millions d'euros pour les faux-frais, mais je ne veux que les meilleurs !" Jaffar s'incline : "Il sera fait selon votre volonté, Ô sage entre tous les sages". Jaffar s'apprête à se retirer, son maître le rappelle. "Une dernière chose, quand tu auras bouclé cette affaire à Paris, ramène-moi une de ces drôles de chemises brillantes que les joueurs portent sur le terrain…" Jaffar hoche la tête : "Un maillot, seigneur… Cela s'appelle un maillot et je pense même que le club vous en offrira un avec votre nom dans le dos…" Le cheikh bat des mains : "Allez Jaffar, vole mon fidèle conseiller, va acheter ce club parisien. Et ne traîne pas en route, j'ai hâte d'avoir mon beau maillot !" L'émir sourit. L'émir est heureux. Le Paris Saint-Germain appartient désormais au Qatar. Ainsi va la vie dans le monde merveilleux du football en 2011…

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