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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

(Indi)gestion de crise

Philostrate #Football
    "La crise économique, c'est fantastique, la décadence, c'est la bonne ambiance !" Les plus anciens se souviendront sans doute de ce titre des Civils, groupe français météorique, tube de l'année 1981. Les autres se diront que ce refrain, qui change un peu de celui uniformément catastrophiste des vendeurs d'info - vous préférez quoi vous, la corde ou le révolver ? -, colle plutôt bien à l'actualité. Et pas seulement financière. Enlevez l'adjectif "économique" après le mot crise, et vous voilà en pleine actu footballistique.

    S'il y a bien une chose que même ses plus farouches détracteurs peuvent reconnaître au Paris Saint-Germain, c'est d'avoir inventé le concept de crise permanente. C'est bien simple : quand à Paris tout va bien, c'est que quelque chose ne tourne pas rond. À se demander si le bazar, le souk, le marasme et la dépression ne font pas office dans la capitale de mode de gestion. Sinon, comment interprétrer la soudaine poussée de fièvre du bouillonnant Charles Villeneuve, qui sera bientôt à l'histoire du club parisien ce que "Les Civils" susmentionnés sont à la saga du rock français ? L'ambiance était trop calme sans doute, le PSG commençait même à enchaîner les résultats probants, malgré un gros trou d'air bordelais.

     Alors le Charly, v'la ti pas qu'il a pris sa plus belle plume pour envoyer une lettre recommandée au vitriol. Ses destinataires : le conseil d'administration et l'actionnaire principal du club dont il est, certes, le président, mais aussi le salarié. Et que j'te reproche de ne pas m'donner assez de pouvoir, de m'empêcher de faire entrer l'émir dans la bergerie et surtout d'être un peu près de tes sous, à l'heure où Paris se doit de renouer avec un effectif digne de son statut. Bref, t'es qu'un loser pauv'cave doublé d'un menteur, prends ça dans ta musette bonjour chez toi Lisette… Evidemment, tous ces gens très importants l'ont mal pris, surtout après avoir vu la dite missive complaisamment livrée à la presse. Réunion de crise, comme il se doit. Haro sur Charly, rien de plus normal. Fin de la présidence Villeneuve scellée par sa démission et la nomination de son successeur en assemblée générale le 3 février prochain…

    N'ayant guère le profil suicidaire, reste à savoir pourquoi le soldat Villeneuve s'est ainsi décidé à dégoupiller en pleine trêve, quitte à faire voler en éclat le calme apparent. Là, on touche au cœur du problème : l'instrumentalisation du club parisien par ceux qui le dirigent. Villeneuve a peut-être soudain découvert que Colony Capital ne lui donnerait jamais les moyens de ses ambitions. Mais il a surtout voulu se couvrir et mettre les turbulentes associations de supporters des virages Boulogne et Auteuil de son côté. Pour mieux ensuite tenter d'imposer son nouvel actionnaire quatari, koweiti ou emirati. Un jeu de poker, menteur ou pas, qui tombe tout de même bien mal, au moment où l'équipe première retrouvait tout juste un peu de sérénité. La manœuvre a beau avoir fait "pschitt", le mal est fait. Frère Le Guen, pardonnez-les, ils ne savent pas ce qu'ils font…
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