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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Broken Lance

Philostrate #Cyclisme
    Les inconditionnels de "La Dernière Séance" présentée par Eddy Mitchell s'en souviennent sans doute. Dans Broken Lance (La Lance brisée), western de 1954 d'Edward Dmytryk, quatre frères s'entretuent à la mort de leur père, vieux fermier incarné à l'écran par Spencer Tracy. Trop tôt pour dire si les héritiers d'Armstrong dans le peloton en feront de même cet été sur les routes du Tour de France, toujours est-il que Lance est bel et bien "broken". "Cassé", l'ogre de la Grande Boucle. L'épaule en vrac, laissant planer un gros point d'interrogation sur son come back.

    Armstrong, depuis son retour au cyclisme, avait déjà chuté dans le Tour de Californie. Lui, réputé du temps de sa splendeur, pour ne jamais perdre l'équilibre, avait une première fois tâté de l'asphalte. Rebelote, cette fois dans le Tour de Castille et Leon, avec les conséquences que l'on sait. Mais comment Lance, capable de traverser un champ au terme d'une descente de col sans broncher, a t-il pu ainsi s'amocher pour un simple frémissement dans le peloton ? La réponse ne doit rien à la fatalité. L'homme est le même, mais les circonstances ont changé.

    Armstrong n'est plus le patron que ses équipiers encadraient aux avant-postes pour affirmer son emprise sur la course. Depuis son retour à la compétition, l'homme aux sept Tours de France s'efforce de retrouver le rythme, calé la plupart du temps dans le peloton. Les risques de chuter y sont bien plus grands, surtout lorsque s'y ajoute la nervosité d'un retraité reprenant du service pour accomplir des merveilles. Les témoins de sa chute sous le ciel de Castille ont tous fait état de la grande tension du champion avant son fatal soleil. C'est une chose de retrouver une forme honorable. C'en est une autre de renouer avec ces automatismes, ces intuitions qui font sentir au coureur sur la route les mauvais coups comme le paysan la grêle ou le marin la tempête.

    Les cyclistes le savent. Ce petit centième de seconde, ce réflexe qui vous fait anticiper les crispations ou les écarts du peloton se perd très vite, dès lors que l'on décroche un temps soit peu de la compétition. Armstrong et son épaule rafistolée, n'a plus désormais d'autre choix que d'espérer avoir suffisamment de temps pour s'y remettre et retrouver ce sixième sens avant l'été. Sinon, ses rêves de grand huit risquent fort de partir en brioche…
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