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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Croule Britannia !

Philostrate #Football
    Ok, Ok, la Premier League compte quatre représentants dans le dernier carré de la Ligue des Champions. Mais derrière ce tableau en trompe-l'œil, version engazonnée du "Rule Britannia !" de l'âge d'or de l'empire britannique, le constat est amère. Les amoureux du bon vieux foot anglais tendance fish and chips, stout, lager et tribunes populaires n'y trouvent plus leur compte. Les heures sombres du hooliganisme, les clubs cotés en bourse, les stades aux abonnements inabordables et la mondialisation leur ont depuis longtemps fait perdre leurs illusions.

    Prenez Arsenal et Chelsea par exemple. Qu'ont-il en commun avec leurs ancêtres d'avant les années 1990, si ce n'est un palmarès ? Rien ou presque. Ce ne sont plus que des franchises, au sens nord-américain du terme, auxquelles seul l'amour indéfectible du maillot qui anime le supporter anglais donne encore un semblant de légitimité. Regardez l'effectif de ces clubs londoniens, aussi riches que pédants. En tout et pour tout huit représentants britanniques chacun, sur un total d'une trentaine de joueurs, c'est maigre pour préserver une identité. Bien sûr, ce melting pot arrosé de devises a permis au foot anglais de sortir des frustes années du kick and rush, où seul se complait encore le championnat écossais. Mais quand on connaît la fibre prolétaire du ballon british, le pub devient l'ultime refuge où refaire le monde, un œil sur une pinte, l'autre sur l'écran géant où tapinent les mercenaires du soccer

    Concilier tradition et impératifs économiques à la sauce football business est pourtant possible, y compris en Angleterre. Dans ce nouvel Eldorado, c'est même le club réputé être le plus riche du monde qui montre la voie. D'accord, Manchester United est une gigantesque entreprise à gagner du blé. Certes, on y est désormais aussi loin des Busby Babes ou de Denis Law (ci-dessus) que ces foutraques d'Oasis de leurs ancêtres musicaux des Kinks ou de Cream. Mais sur un effectif de trente-huit joueurs cette saison, MU compte encore 22 représentants des îles britanniques. Tous ne sont pas titulaires et Sir Alex Ferguson ne fait pas dans le sentiment lorsqu'il s'agit de livrer sa composition d'équipe. N'empêche. Cela dénote tout de même un autre état d'esprit, dont on se demande s'il survivra au-delà du règne du génial maquignon écossais. Que les Red Devils poursuivent leur chemin jusqu'en finale de cette Ligue des Champions ne serait donc que justice. Et qu'ils y rencontrent Barcelone, où évoluent encore 21 Espagnols sur 34 joueurs, entretiendrait un peu l'illusion d'un football de club, pas tout à fait dissout dans la grande lessiveuse à pognon du marché sportif mondial.
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