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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Domenech à coups de Serbes

Philostrate #Football
    A quoi ça tient le football tout de même… Prenez les deux derniers matches de l'équipe de France. Pendant un peu moins de deux mi-temps, l'armée de zombies qu'étaient devenus nos petits hommes bleus au pathétique maillot code barre s'est soudain souvenue qu'elle pouvait jouer au ballon. Mais là où, en toute logique, le gang du fiancé de la mère Denis devrait avoir tondu Roumains et Serbes de six points, il n'a pu leur en soutirer que deux. Soit juste assez, ou peu s'en faut, pour s'assurer un passage par la case "barrages" sur la route de la coupe du monde en Afrique du Sud. Suffisamment surtout pour sauver la tête à Domenech, que le microcosme footballistique rêvait de voir tomber à coups de Serbes sur la pelouse grasse du stade Marakana.

     D'accord, Raymond est plutôt du genre loser. En Gengis Kahn de la compo fumeuse, il a consciencieusement coupé toutes les têtes des prétendants à la charnière centrale, qui depuis ne repoussent plus. Ses effets de manches - au pluriel les gars, au pluriel ! - ne font plus rire que lui en conférence de presse. Il a même raté sa médiatique demande en mariage, puisqu'entre l'élimination minable de l'Euro 2008 et aujourd'hui, Estelle sa dulcinée n'y a toujours pas favorablement répondu. Se serait-elle retranchée dans son donjon de M6, délesté de l'ogre Ménès parti foutre le souk chez les chevaliers bien peignés du Canal football club, par peur de convoler avec l'homme le plus impopulaire du royaume ?

     Car c'est vrai, bouhhhhhhh !, Domenenech n'a pas la quote. Rien de bien nouveau pour lui. Du temps où joueur, Ray la moustache n'avait pas encore la pilosité contrariée, sa sale réputation lui valait déjà des bordées de sifflets sur tous les stades de France. Bon, convenons-en, les résultats et le jeu miteux des Bleus depuis qu'il les a pris en main n'arrangent rien. Mais vous en connaissez beaucoup, vous, des sélectionneurs français populaires ? Depuis le gentil Michel Hidalgo, qui même lors d'une de ses rares colères, lors du Mundial 1982 en Espagne, n'avait pas lâché son baise en ville alors que, suprême ironie, il s'apprêtait à rentrer dans le lard d'un cheikh koweiti, c'est plutôt l'amour vache. Ne parlons pas d'Henri Michel, aussi charismatique qu'une flasque de whisky ébrèchée, ou de Gérard Houiller, qui dans la débâcle de la non-qualification pour la coupe du monde 1994 jeta Ginola en pâture aux chiens pour mieux masquer ses lacunes, il n'en valent pas la peine. Mais pensez-vous un seul moment qu'Aimé Jacquet, volontiers dépeint en crétin du Forez, aurait survécu sans la victoire de la France dans "sa" coupe du monde 1998 ? Et les "Rain Men" Roger Lemerre et Jacques Santini, autistes du banc de touche, vous pensez vraiment qu'ils étaient accueillis dans les stades avec des colliers de fleurs ? Non, dézinguer du sélectionneur est chez nous comme ailleurs un sport national. Et c'est tout à l'honneur de Domenech de se rendre si peu sympathique que tous les techniciens de comptoir puissent s'y adonner sans scrupules ni remords…



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