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Victor Cosson (1915-2009)

Jeudi 18 janvier 2007 4 18 /01 /Jan /2007 17:06
    Se promener au bord d'un bassin olympique, parmi des nageurs de haut niveau, est un réel plaisir. Difficile de trouver athlètes plus disponibles et ouverts, faisant honneur tant à leur statut de champion qu'à leur discipline. Même "Laurette" Manaudou, drainant dans son sillage des bancs de journalistes-rémoras, reste étonnament abordable au regard d'autres "stars" du "sport business". Par nature, le nageur est le plus souvent poli et discret.

    Trop peut-être… Car dans l'arène médiatique, il faut savoir jouer de la grosse caisse pour se faire entendre. L'émoi tout relatif suscité par la programmation matinale des finales olympiques de natation à Pékin en 2008 en est le parfait exemple. D'ordinaire, les nageurs disputent les séries le matin et les finales le soir. Problème : à cause du décalage horaire entre la Chine et les Etats-Unis, ce planning ne convenait pas à NBC, diffuseur des JO outre-Atlantique et principal bailleur de fonds, grâce aux droits télé, du Comité international olympique. Connu pour son pragmatisme dès lors qu'il s'agit de gros sous, le CIO n'a donc pas hésité à s'asseoir sur la tradition pour programmer les finales dès le matin, balayant les réserves polies de la Fédération internationale de natation et des quelques champions émus par la nouvelle. Les Américains pourront donc suivre en direct, bien calés dans leurs canapés, les aventures aquatiques de leurs beaux bébés élevés à la viande aux hormones et tout va pour le mieux sous le ciel olympique !

    À l'heure du sport spectacle, la politesse est, si ce n'est un vilain défaut, du moins une faiblesse qui peut coûter cher. Pas besoin d'aller jusqu'à la grande muraille d'ailleurs pour le constater. J'étais récemment sur le bord de la piscine Georges-Vallerey à Paris, seul stade nautique de la capitale dont la vétusté fait honneur au sport français. Ce jour-là, s'y déroulaient les championnats de France interclubs, naguère grande fête de la natation française, aujourd'hui saucissonnée en rencontres régionales mal ficelées privant de confrontations directes les ténors de la spécialité. Les épreuves du comité d'Ile-de-France, dominées à Paris par Clichy, venaient de se terminer. Mais le club banlieusard en était à attendre la fin des courses à Marseille, prévues une heure et demie plus tard, pour savoir si, oui ou non, après un ultime décompte de points, il pouvait arracher le titre national à son rival du Canet-en-Roussillon ! Outre l'équité sportive discutable de finales régionales "simultanées" organisées avec décalage horaire (sic), les amateurs présents ne pouvaient que regretter l'unité de temps et d'espace de l'ancienne formule, qui réunissait les meilleurs clubs de France chaque année dans une ville différente pour un week-end. La fédération nationale voudrait tordre le cou à cette épreuve qu'elle ne s'y prendrait pas autrement…

    Déçus, certains présidents de club, principaux cocus de l'histoire car contribuant à faire vivre au quotidien une bonne partie des nageurs de l'élite, juraient en ce dimanche de décembre qu'ils allaient protester officiellement auprès de leur fédération pour obtenir un retour en arrière. Mais leurs timides éclats de voix étaient comme une vaguelette à la surface d'un bassin olympique. Trop polis eux aussi ? Sans doute.
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