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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Ethique et toc

Philostrate #Football
    La coupe du monde de football 2010 servira t-elle de référence dans le domaine social ? C'est en tout cas ce que souhaite la Confédération syndicale internationale (CSI). Cet organisme, qui vient de lancer une campagne intitulée "Un travail décent pour une vie décente", a décidé en effet de s'intéresser aux problèmes de sécurité et de législation du travail sur les chantiers de construction et de rénovation des stades de la prochaine coupe du monde en Afrique du Sud. La CSI, qui tente de sensibiliser les plus hautes autorités locales à cette question, aura fort affaire et pas seulement parce que, dans un pays où près de la moitié de la population est au chômage, on reste peu regardant sur les conditions d'embauche. En effet, les problèmes d'éthique, peu importe l'hémisphère, ne moblisent guère la "grande famille du football". Ou si peu… Lorsqu'il s'agit de faire lire d'un air contrit aux capitaines des équipes un texte contre le racisme avant les matches, la FIFA est là et bien là.

    C'est dans l'air du temps et ça ne mange pas de pain. En revanche, lorsqu'il convient de farfouiller dans les arrière-cours peu ragoûtantes des sponsors amis qui fournissent les équipements dûment labellisés, la vénérable institution fait plutôt profil bas. La photo d'un gamin pakistanais cousant pour une célèbre marque un ballon de football dans une rue de Lahore - d'où provient 80% de la production mondiale - plaidait pourtant pour l'introduction d'un peu plus de commerce équitable dans le marché sportif. La multinationale, qui ne manque pas de vanter les valeurs humaines du sport et son rôle dans l'épanouissement des individus, peut toujours arguer qu'il ne s'agit là que de sous-traitants et qu'il est impossible de tout contrôler. N'empêche, quand on capitalise sur le rêve pour tirer des poches des parents des enfants des pays développés jusqu'au dernier billet, il paraît difficile de botter en touche avec une telle désinvolture. FIFA et UEFA auraient dû depuis longtemps mettre les entreprises qui prospèrent grâce à leur discipline au pied du mur. En exigeant autre chose que des promesses dès lors qu'il s'agit de signer des contrats de license. En favorisant l'adoption d'un étiquettage spécifique "Commerce équitable" sur les maillots et ballons vendus ici à nos chers bambins et parfois cousus par d'autres, sous la coupe de patrons que l'on imagine être tout sauf des philantropes…

    Ce ne serait qu'un geste, les associations de consommateurs auraient au moins un argument concret à faire valoir en cas de contournement avéré du label. Mais voilà, il est plus simple de faire de belles campagnes de communication et de l'humanisme à coup de slogans que de se frotter aux dérives d'un business dont tout le monde profite. D'ailleurs, où est le problème ? "Je ne vois pas où l'argent pose un problème…", martelait encore ce matin l'un des deux candidats à la présidence de l'UEFA dans un entretien accordé à notre quotidien sportif national. Et c'était l'homme du changement, ancien tireur de coup francs de génie, que l'on a connu plus inspiré. C'est vous dire…
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