Le patinage et la danse artistique et sportive ont beaucoup en commun. Seule la surface diffère : miroir de glace pour les uns, parquets cirés
pour les autres. Sinon, patineurs et danseurs sont comme les deux faces d'une seule pièce. Même goût pour les costumes pailletés au genre très sûr. Même répertoire musical plus ou moins heureux.
Même juges conservateurs aux notes souvent contestées. Même public tranquille aussi, amateur de coussins brodés et de peluches aux couleurs acidulées. Il y a donc une profonde injustice à voir
les uns figurer au programme des Jeux olympiques d'hiver et célébrés dans les gazettes et les autres, la boule à tango en berne, oubliés de la grande kermesse olympique.
Ne vous y trompez pas, briller sous les projecteurs demande autant d'abnégation et d'engagement dans les deux disciplines ! Les
danseurs, adeptes du tango, du paso-doble ou de la salsa, fournissent un effort physique aussi considérable dans leurs grands championnats internationaux que les patineurs, quelle que soit leur
spécialité. Il y a aussi de la sueur et des larmes. Alors pourquoi, dans un cas, la dimension "artistique" de la discipline constituerait-elle un frein, alors que dans l'autre on s'accommode,
certes en protestant mais cela fait partie du folklore, du caractère plus que subjectif des notes rendues par des juges pas toujours intègres ? Je vous vois froncer les sourcils.
"Mais dans ce cas, mon bon Philostrate, on ne s'en sortirait pas !", direz-vous.
"Comment, par exemple, justifier ensuite que le
curling soit au programme des Jeux d'hiver sans que la pétanque ne figure à celui des Jeux d'été, ou que le taekwando soit olympique aux dépens du karaté ?"
Eh bien justement, on ne s'en sort pas ! Les Jeux olympiques sont devenus une telle usine à gaz, où chacun souhaite se glisser, que
leur organisation a vocation à rester pour l'éternité une affaire de pays riches ou de dictatures prêtes à y engloutir tout leur budget, pourvu que leurs athlètes y brillent à coup sûr. Alors
oui, n'en déplaise à notre récent double champion d'Europe de patinage, Brian Joubert, à nos médaillés de ski artistique et acrobatique ou aux tennismen venus y vivre des émotions d'amateur, oui,
il faut élaguer le programme des JO. Au revoir, les grands sports professionnels ayant d'autres Graal à conquérir, au revoir les disciplines locales que l'on tire ensuite comme des boulets des
olympiades durant. Revenons à une dimension un peu plus humaine de l'événement. Faute de quoi et pour que tout le monde soit sûr d'être invité au banquet, lançons une vaste campagne olympique en
faveur de la danse artistitique et sportive, du parachutisme, des fléchettes, de la pétanque, du surf, du billard, de la boxe française, du polo, du squash, etc, etc.
Commentaires