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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Mauvais perdants

Philostrate #Olympisme
    "En une journée, Michel Platini aura montré qu'il était possible de s'imposer sans arrogance, de convaincre sans corrompre et d'être français sans échouer tout près du but." Pas mal l'envolée, non ? Extraite de l'éditorial de notre grand quotidien sportif national daté de samedi, cette citation nous ramenait d'un coup un siècle en arrière. À l'époque L'Auto et son directeur, Henri Desgrange, exaltaient à longueur de colonnes les "triomphes du muscle français". Plus près de nous, l'amertume qui point entre ces lignes un tantinet revanchardes nous renvoyait en juillet 2005, lors d'une réunion restée fameuse du Comité international olympique à Singapour.

    Rappelez-vous cette soirée de l'été 2005, où le CIO devait choisir la ville hôte des JO 2012. Paris, sûr de son coup et du bien-fondé d'avoir fait des politiques le fer de lance de sa candidature, s'en allait se coucher, son maire en tête, avec la satisfaction du devoir accompli. Fort surtout d'un dossier exemplaire et imparable, soi-disant taillé pour la victoire. C'était oublier un peu vite que, comme en politique, ce genre de succès, au CIO plus qu'ailleurs, ne s'obtient qu'en mettant jusqu'au coude les mains dans le cambouis. En prenant aussi parfois, qu'on le veuille ou non, des libertés avec le règlement…

    Le lendemain, patatras ! L'Anglois raflait la mise et le Gaulois ravalait sa superbe, n'admettant que de mauvaise grâce et du bout des lèvres la victoire de Londres, portée par un leader charismatique et crédible, l'ancien athlète Sebastian Coe. Entendre à ce moment le maire de Paris s'étonner du va et vient tardif de membres du CIO autour de la chambre du premier ministre britannique, venu en renfort, pendant que le porte-drapeau de la candidature parisienne allait lui piquer un roupillon, avait alors quelque chose de surréaliste. Qu'un homme politique, supposé rompu aux luttes d'influence, découvre soudain la réalité du lobbying avait de quoi surprendre. Venant d'un professionnel de la communication, dont l'agence naguère faisait aussi valoir ses talents de conseil auprès de groupes industriels passés maîtres dans cet art tenant plus de la Blitzkrieg que du fleuret moucheté, laissait même carrément pantois.

    Bref, ça sentait le mauvais perdant à plein nez. Depuis, la France et ses édiles - certains de ses plumitifs aussi selon le bon vieux principe du "journalisme participatif" toujours en vigueur quand "la patrie est en danger"…- rêvaient donc de revanche. Ils l'ont, avec l'élection de Michel Platini à la présidence de l'UEFA. D'ailleurs, samedi, histoire d'en remettre une couche, le même quotidien sportif, décidément en verve, stigmatisait quelques pages plus loin "L'Allemagne, mauvaise perdante" pour avoir exprimé sa déception après la défaite de Lennart Johansson. Il est vrai qu'en la matière, nous n'avons de leçons à prendre de personne. Nous jugeons donc en connaisseurs !

    PS : Au fait, que savons-nous des promesses conclues dans le secret des alcôves par notre cher Platoche pour emporter le morceau ? Les fédérations de l'Est ne se distinguent d'ordinaire ni par leur angélisme ni par leur désintéressement. Mais pour notre chevalier blanc national, ils auront sans doute fait une exception…
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