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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Paris-Nice dans la tourmente

Philostrate #Cyclisme
    Une présentation de course cycliste est un spectacle d'ordinaire bien réglé. D'abord, un retour en images sur l'édition précédente, avec force ralentis et musique pompeuse. Ensuite, le détail du parcours avec coups de brosse à reluire appuyés aux élus des villes ou des départements traversés. Un ultime clin d'œil au patrimoine culinaire et viticole régional, gage de convivialité de l'événement - Ah le vélo ! Ses descentes de police, ses journalistes fouillant dans les poubelles… - et le tour est joué !

    Parfois pourtant, derrière l'apparente bonhomie du protocole, les organisateurs n'hésitent pas à enfiler la défroque de commissaires du peuple. C'était le cas mardi 13 février à Nanterre, à l'occasion de la présentation de l'édition 2007 de Paris-Nice. Première subtilité, digne des caviardages de textes et des bricolages de photos naguère chers aux démocraties populaires : la quasi-disparition du vainqueur 2006 du film résumant l'édition précédente. Ceux qui suivent le vélo n'ignorent pas qu'il s'agit de l'Américain Floyd Landis, positif à la testostérone sur le Tour de France. Vainqueur déchu de la Grande Boucle 2006, il n'a pourtant fait l'objet d'aucun contrôle antidopage positif sur Paris-Nice l'an dernier. Sa victoire dans cette épreuve n'étant entachée d'aucune irrégularité, elle n'a donc pas de raison d'être contestée, sauf à remettre en cause sur l'air du soupçon tous les palmarès des courses "mythiques" sur lesquels ASO asseoit sa légitimité. N'empêche, Floyd fait désormais tache dans le paysage, alors faute de réécrire l'histoire, on l'élimine au montage…

    Moins anecdotique, l'attitude des représentants de la société organisatrice dans le conflit, semble t-il sans fin, qui l'oppose à l'Union cycliste internationale à propos du Pro Tour. ASO contestant toujours le fondement même de cette ligue professionnelle copiée sur le modèle des sports américains par l'UCI, cette dernière brandit en représaille la menace d'une annulation pure et simple de Paris-Nice, promettant les pires maux aux équipes présentes le 11 mars sur la ligne de départ. Les coureurs, eux, coincés entre deux feux, comptent les coups et s'inquiètent. Et ce n'est pas la mise au point musclée faite ce jour-là par Patrice Clerc qui risque de les rassurer.

    Le regard noir, marquant à la culotte Christian Prudhomme, directeur de Paris-Nice et du Tour de France, pour s'assurer que la "grande maison du cyclisme" parle bien d'une seule voix, le président d'ASO affirmait aux journalistes : "Je vous assure qu'en dépit du différent qui nous oppose à l'UCI, toutes les équipes engagées seront bien au départ de la course. Si l'une d'entre elles devait changer d'avis, il faudrait qu'elle ait une raison valable à faire valoir, sinon nous serions amenés à considérer qu'elle n'a pas de parole. Et il est impossible de travailler avec des gens qui n'ont pas de parole…" En clair, les équipes qui se défileraient sur Paris-Nice en cédant aux pressions de l'UCI auraient du souci à se faire pour leur engagement sur le Tour de France. Après tout, c'est de bonne guerre. Mais quand, comme ASO, on fait soi-disant de l'éthique et de la justice sportives son cheval de bataille, ce type de chantage aux accents dictatoriaux fait tout de même un peu désordre, non ?

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