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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Publicité mensongère

Philostrate #Société et médias
  
 "Le sport a le pouvoir de faire tomber les barrières, de vaincre les préjugés et la discrimination".
Ce slogan, vantant les mérites d'une marque de sportswear, fleurt bon l'escroquerie intellectuelle. Diffusé hier, juste après la retransmission de la finale de la coupe de la Ligue de football anglaise, il incarnait à lui seul l'ineptie des vertus d'exemplarité dont les publicitaires se plaisent à parer sport et champions à longueur de spots.

    Quelques secondes avant ce sermon jouant sur les bons sentiments pour vendre des vêtements "trop d'jeun's", les équipes de Chelsea et d'Arsenal venaient en effet de se livrer à un début de bataille rangée, contraignant l'arbitre à jouer du carton rouge à tout va. La scène était d'autant plus pathétique que, quelques minutes avant ces incidents, John Terry, capitaine de Chelsea, était sorti du terrain inconscient, victime d'un contact en cours de jeu, la nuque immobilisée par une minerve et un masque à oxygène sur le visage. Sur le coup, cet épisode avait semblé unir dans une même inquiétude les joueurs des deux camps, devant un homme à terre, dont on ignorait alors la gravité de la blessure. Après un tel moment d'émotion, voir les vingt-deux acteurs en venir aux mains pour une simple friction entre deux d'entre eux n'en était que plus pitoyable.

    Pas question ici d'accabler les sportifs, contraints par d'autres à porter des habits bien trop larges pour eux. Les publicitaires, comme les politiques d'ailleurs, devraient en revanche y réfléchir à deux fois avant de reconnaître au sport plus de vertus qu'il n'en a et de faire de la figure tutélaire du champion le modèle par excellence de la réussite humaine et sociale. La pratique sportive peut être un bienfait physique, un facteur d'équilibre et de santé incontestable. Sa traduction à haut niveau, soumise aux impératifs du spectacle, de la performance et de la rentabilité coûte que coûte se prête quant à elle à toutes les dérives. Je ne condamne pas, je suis aussi un consommateur de sport spectacle, mais je persiste à croire que c'est une grave erreur de faire de l'athlète la référence ultime, un être humain accompli, que sa maîtrise d'une discipline suffit à sanctifier. C'est un bien mauvais cadeau à lui faire, surtout pour lui reprocher ensuite à la moindre incartade ses imperfections et ses erreurs à longueur de colonnes.

    Alors, messieurs les publicitaires et les élus, lâchez-nous et oubliez les champions lorsqu'il s'agit de vendre votre soupe ou votre politique de la ville ! Le sport, pratiqué à haut niveau, n'est que le reflet des malaises de notre société, pourrie par l'argent et les idéaux dévoyés. Le sport avance au mieux au même rythme qu'elle, mais jamais il ne la précède. Et l'exemplarité du champion - si exemplarité il y a…- tient plus dans sa vie d'homme que dans son palmarès. Ce qui pour le coup ne le différencie guère du "commun des mortels"…

Titi 27/02/2007 10:11

Tout ça n'est qu'hypocrisie. Il a bon dos le consommateur de toutes ces marques qui se donnent bonne conscience en assénant des messages de valeurs morales au nom du sport qui n'est même plus capable de s'autodiscipliner sur les terrains ou ailleurs ! Ils seraient bien surpris tous ces annonceurs si un jour; on peut toujours rêver, les bons petits consommateurs que nous sommes, arrêtions tout net d'acheter leur "part de rêve" via un tee-shirt ou une paire de basket. Non ?

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