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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Très chers JO

Philostrate #Olympisme
   
    La venue cette semaine à Londres d'une délégation du CIO a fait l'objet dans les médias français d'une couverture relativement discrète, mais néanmoins révélatrice de la difficulté d'avaler la pilule olympique de ce côté-ci de la Manche. Loin d'être de routine, cette visite officielle traduirait en effet l'inquiétude des plus hautes instances sportives devant la multiplication par trois ou quatre, selon les sources, du budget initialement présenté par la capitale britannique pour l'organisation des Jeux de 2012. Le dossier londonien ayant eu raison de son  homologue parisien au terme d'un vote de sinistre mémoire pour le joyeux trio Delanoë-Lamour-Lagardère - rappelez-vous l'ébouriffant clip de la candidature de Paris, beau comme un bonbon anglais, avec ces mains palpitantes sur des cœurs gonflés du désir olympique… j'en frémis encore ! -, on en voyait déjà certains rire sous cape.

    Il y a en effet de quoi se réjouir. Surtout pour le contribuable français amateur de sport, qui en un coup d'Eurostar pourra aller humer en 2012 l'air de l'Olympe, sans avoir pour autant à payer la note de cette grande foire planétaire. J'imagine les big boss du business, les cadors du CAC 40 tordre le nez en pensant : "Ce pauvre Philostrate ne connaît décidément rien à l'économie. Les JO de 2012 à Paris auraient eu des retombées qui auraient boosté l'activité dans la France entière ! " Peut-être. N'empêche que les derniers JO organisés n'ont que rarement été bénéficiaires et que, dans ce cas précis, c'est toujours le cochon de payeur contribuable qui est appelé à la rescousse…

    Alors oui, vive les Jeux de Londres 2012 ! Nous, Français, pourrons goûter à la "grande fête" du sport sans y laisser notre chemise et sans supporter de longs mois à l'avance les spots de publicité sirupeux et bien-pensants des lessiviers et autres marques de sportswear, émus jusqu'aux larmes par la douce odeur du cash. D'ailleurs, les JO sont devenus une telle usine à gaz qu'à l'avenir, pour pouvoir se les payer, il conviendra de tout sponsoriser jusque dans les moindres recoins. Le prix à payer pour que chacun puisse avoir sa part de rêve et d'éternité et malheur aux salauds de pauvres !

    À moins, bien sûr, de redonner une dimension plus humaine à l'événement, comme le conseillait dès 1924 Jean de Pierrefeu. Témoin des derniers JO organisés à Paris, le reporter de L'Illustration écrivait dans l'édition du 26 juillet de son journal : "Comme l'hydre de la fable, l'olympisme moderne étend sur toutes choses ses bras tentaculaires, mais pour vouloir trop embrasser ne risque t-il pas de périr ? (…) Il faut bien constater que l'olympisme, transformé en une foire universelle des jeux sportifs, perd ce caractère de culture humaine qu'on voulait lui donner (…) Je suis persuadé qu'il faudra procéder tôt ou tard à une reconcentration pour épurer l'idée olympique et redonner aux Jeux une ligne harmonieuse, simple et belle." Dans mes bras mon vieux Jeannot, que j'te claque la bise !
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