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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Au pays des hommes-oiseaux

Philostrate #Coup de coeur de Philostrate
  
    C'est l'une des images les plus rafraîchissantes du week-end sportif. Le visage rayonnant du Polonais Adam Malysz, champion du monde de saut à ski sur le petit tremplin de Sapporo au Japon, porté en triomphe par ses dauphins, le Suisse Simon Amman et l'Autrichien Thomas Morgenstern. Ce spectacle d'une joie toute simple partagée avec le public bon enfant du saut à ski était comme un bol d'air pur contrastant avec l'air vicié charrié cette semaine encore par le football et ses tribunes suintant la haine.

    Sport national en Allemagne et en Autriche, où la Tournée des Quatre Tremplins attire chaque année des milliers de spectateurs pendant les fêtes de fin d'année, le saut à ski est l'un de ses rares îlots où, sur l'océan du sport, l'humain a encore sa place. Complicité entre les concurrents, basée sur un respect mutuel et une même fragilité face aux lois de la pesanteur et aux conditions météo, défiées à chaque épreuve. Proximité des champions avec leur public, à dominante familiale, où tout le monde se mêle dans un joyeux foutoir entretenu par la consommation de vin chaud, quand la température se fait trop rigoureuse… Bref, des compétitions qu'il fait bon suivre, même en tant que téléspectateur grâce à Eurosport et à un duo de commentateurs, qui a le mérite de bien faire son boulot sans en rajouter (1).

    D'ailleurs, la discipline ne se prête guère à la surenchère. Au pays des hommes-oiseaux, les erreurs se paient comptant, ce qui évite aux concurrents d'en remettre une couche dans le registre guerrier qu'affectionnent désormais les athlètes. Chacun sait effectivement qu'il faut "en avoir" pour monter sur un tremplin de saut à ski et surmonter la peur du vide. La chute récente du Tchèque Jan Mazoch, resté plusieurs jours dans le coma a une nouvelle fois montré la fragilité de ces hommes, flirtant quotidiennement avec les limites. Evidemment, tous n'ont pas l'équilibre du Polonais Adam Malysz, sacré une nouvelle fois ce week-end et déjà vainqueur de trois Coupes du monde (2001, 2002, 2003).

    Certains, au mental plus fragile - l'Allemand Sven Hannawald victime de la célébrité que lui valut son grand chelem dans la Tournée des Quatre Tremplins 2002 - ou sur la lame du rasoir -  voir les frasques du Finlandais Matty Nikkanen, star de la spécialité dans les années 80… -, ont parfois fait parler d'eux ailleurs que dans les colonnes des journaux sportifs. Le saut a aussi ses zones d'ombre, la course à la légèreté incitant parfois les concurrents à traquer les kilos jusqu'à flirter avec l'anorexie. Mais ce ne sont là que de modestes débordements au regard de ceux d'autres disciplines bien plus médiatisées, qui font parfois se demander à l'amateur de sport pourquoi il s'obstine à se rendre sur les stades ou à appuyer sur le bouton de sa télécommande…

(1) Je suis suffisamment souvent critique à l'égard des commentateurs sportifs pour, parfois, leur lancer des fleurs. Bravo donc à tous ceux qui chaque hiver œuvrent sur Eurosport et son Winterpark ! Pourvu que la chaîne conserve longtemps les droits des disciplines hivernales, délaissées depuis belle lurette par les grands réseaux…
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