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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Saucissons lyonnais

Philostrate #Football


    Le printemps est décidément bien précoce cette année. D'ordinaire, il faut attendre avril et les quarts de finale de la Ligue des Champions pour voir Lyon mordre la poussière. Cette saison, l'AS Rome a transformé dès le mois de mars le grand fauve rhodanien en descente de lit. Sur le fond,  il n'y a  pas de quoi sonner le tocsin. Beaucoup de clubs français - dont certains se battent actuellement pour préserver leur place en Ligue 1… - aimeraient aujourd'hui faire preuve de la même régularité sur la scène européenne que l'Olympique lyonnais. Sur la forme en revanche, l'échec essuyé face à la bande à Totti devrait au moins avoir le mérite de remettre les choses au clair.

    Première des priorités : cesser de s'extasier en septembre devant la puissance de feu d'une équipe lyonnaise promise à tous les honneurs continentaux. L'expérience prouve que briller pendant "l'été des Indiens" comme  on dit en Amérique du Nord ne garantit pas, loin de là, de connaître au printemps son Little Big Horn en mettant en déroute les tuniques bleus. On entend encore les "Elle est impRRRRRRRessionnante cette équipe de Lyon !", lancés à tout bout de champ de sa voix de bateleur par Thierry Gilardi, entre deux annonces pour la prochaine coupe du monde de rugby "sur TF1 !", une émission à ne surtout pas rater en deuxième partie de soirée "sur TF1 !", ou une interview exclusive le week-end suivant dans Téléfoot "sur TF1 !". Et bien pour Lyon en mai "sur TF1 !", il va falloir encore attendre, qu'on se le dise…

    Seconde résolution : arrêter de tendre constamment les micros sous le nez de Jean-Michel Aulas, l'envahissant président de l'OL. Sa réussite, incontestable, a en effet tendance à lui faire perdre le sens de la mesure. Si la déconvenue de son équipe pouvait au moins l'inciter à ravaler un peu de sa superbe, ce serait déjà une victoire. Son navrant numéro de duettiste avec son homologue stéphanois avant le derby Lyon-Saint Etienne, ses pleurnicheries sur le calendrier, la supposée rudesse des adversaires ou l'injuste traitement infligé par les arbitres aux clubs français lors des joutes européennes, ses manœuvres sur le marché des transferts, qu'il continue à les faire, mais en sourdine… Il n'en savourera que plus sereinement son sixième titre de champion de France, chèrement conquis à en juger par le "niveau relevé" de notre championnat.

    Enfin, qu'il soit admis une fois pour toutes que les joueurs de Lyon n'ont pas plus de fair-play ou de classe que leurs pairs. Être grand et magnanime dans la victoire est chose somme toute assez facile. L'être  toujours dans l'adversité ou la défaite en est une autre. Hier soir, les joueurs de l'Olympique lyonnais ont montré qu'ils n'étaient dans ce domaine pas meilleurs que les autres. Après avoir joué sur le registre geignard lors d'un match aller jugé trop engagé, les divas du Rhône ont hier perdu leur sang-froid. On n'ose imaginer les réactions si, lors du match à Rome, un joueur comme Fred, explosant allègrement le nez de son adversaire et accumulant les fautes et les actes d'anti-jeu, avait fini la partie sans être expulsé. Mais Cris n'a pas été mieux, jouant des coudes et tirant les maillots d'une manière qui aurait sans doute valu à Mario Yepes une suspension à vie ! Bref, Lyon n'a eu que ce qu'il mérite. Mais, à en juger par la vivacité et la qualité technique de la Roma hier soir, d'autres fauves risquent d'ici le mois de mai de laisser des poils sur la pelouse du stade olympique…
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