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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

L'énigme Asloum

Philostrate #Boxe
    Dans le coin de Brahim Asloum samedi soir, Louis Acaries a d'abord commencé par : "Vas-y t'es un champion !". Au bout de deux rounds, le ton de l'entraîneur avait déjà changé : "Mais enfin, fais comme à la salle… Je veux voir l'œil du tigre !". Puis le combat s'est terminé sur ce constat du coach, un brin fataliste : "T'es encore trop tendre…" Et Omar Narvaez, l'adversaire du jour de Brahim Asloum, est reparti le plus tranquillement du monde en Argentine avec sa ceinture de champion WBO des mouche à la taille…

    Ce championnat du monde perdu est à l'image de la carrière du médaillé d'or olympique de Sydney depuis son passage chez les professionnels. Beaucoup de promesses avec la plupart du temps, au sortir du ring, une déception à la hauteur des attentes suscitées par un boxeur trop tôt médiatisé. Le plus agaçant pour qui suit ses combats, c'est que Brahim Asloum semble toujours en garder sous le pied, comme s'il s'efforçait constamment de gérer son effort plutôt que d'essayer de "bouffer son adversaire", tant physiquement que mentalement. Un champion du monde en titre peut s'offrir ce genre de luxe pour défendre une ceinture. Un challenger, aussi talentueux soit-il, ne peut pas espérer grand chose en adoptant ce genre d'attitude.

    Avant d'obtenir une troisième chance de partir à la conquête d'une couronne mondiale, Brahim Asloum doit donc se livrer à un sérieux examen de conscience. Son problème est-il d'ordre physique, ses qualités indéniables handicapées par un cruel manque de punch et de puissance ? A t-il été trop longtemps préservé par son entourage, au point à 28 ans de susciter des commentaires réservés d'ordinaire aux débutants et d'attendre six rounds pour "lâcher les chevaux", comme ce fut le cas samedi sur le ring du Cannet. Ou bien est-il inhibé mentalement au point de ne pouvoir exprimer pleinement son talent le jour J, ce qui est tout de même rédhibitoire pour un athlète aspirant, comme lui, à une destinée interntionale ? Il y a un monde entre les boxes amateur et professionnelle, Brahim Asloum n'est pas le premier à en faire l'expérience. "Brahim devrait boxer un peu plus pour lui et un peu moins pour les autres…", lâchait en guise de conseil l'Argentin Narvaez après le combat de samedi. En faire, en somme, un peu moins pour la galerie, pour aller chercher au plus profond de lui-même cette rage et ce sens du sacrifice, préalables pour espérer entrer un jour dans la légende d'une discipline, qui ne s'accommode guère des demi-mesures et des effets d'annonce…     
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