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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

God save the Cup

Philostrate #Football


    Voir un match de Cup me ramène toujours en 1982. Premier séjour linguistique en Angleterre et premier choc culturel footballistique. Cette année-là, Aston Villa remporte à la surprise générale la coupe d'Europe des clubs champions face au Bayern, mais c'est moins la performance de l'équipe de Birmingham que l'engouement autour de la coupe d'Angleterre qui marque alors le jeune froggie que je suis. Le jour de la finale, prise d'antenne de la BBC dès l'aube pour tâter l'ambiance auprès des supporters des deux camps. Une matinée entière à entretenir le suspense jusqu'au choc programmé l'après-midi entre les Queens Park Rangers et Tottenham. Bref, une vraie fête et en même temps beaucoup de respect pour la tradition de ce prestigieux trophée, que tout Anglais digne d'Albion vous dira être le plus beau du monde…

    De la finale elle-même, terminée sur le score d'un but partout - match rejoué remporté de justesse par les Spurs 1-0…-, j'avoue n'avoir pas retenu grand chose. Si ce n'est la ferveur et l'électricité dans l'air qui, pour moi, firent de ce jour de 1982 un moment particulier. À une époque où les matches étrangers étaient encore rares sur les chaînes de télévision françaises, je me mis dès lors à guetter fébrilement chaque printemps une retransmission, même en différé et tardive, de cette fascinante finale de la Cup. Je prenais partie - Manchester United pour l'Angleterre, mais West Ham pour Londres, je n'ai pas changé d'avis depuis…- et je passais un temps fou à tenter de déchiffrer les chants descendus des tribunes. Quelqu'un à part moi se rappelle t-il, de ce côté-ci de la Manche, du "One Gary Bailey, there's only one Gary Bailey !", improvisé sur l'air de Gantanamera par les supporters de United en l'honneur de leur fantasque gardien de but ?

    Depuis, les finales et les années ont défilé, le foot anglais a connu les sombres heures du hooliganisme avant de se convertir à la mondialisation et à l'ère du sport business. Certains disent qu'il y a perdu son âme. Mais bien qu'il ait attiré à coups de millions de livres les meilleurs joueurs du monde, bien qu'il ait policé ses tribunes et tourné parfois le dos à ses origines populaires, son cœur continue à battre toujours un peu plus fort lorsque sonne l'heure de la Cup. L'honneur du maillot ne se brade pas quand Wembley est au bout du voyage, même pour les mercenaires du ballon rond venus de toute la planète pour briller sur les pelouses du Royaume-Uni et remplir leur comptes en banque. Ce week-end, les quarts de finale entre Middlesborough et Manchester United samedi, puis Chelsea et Tottenham dimanche l'ont encore prouvé. 2-2 d'un côté, 3-3 de l'autre - matches à rejouer - avec la passion du public de Boro venu voir tomber le grand MU et l'incroyable retour de Chelsea face à ses rivaux londoniens. La Cup rend décidément le foot anglais intouchable. Il n'est peut-être pas le meilleur d'Europe, mais reste sans conteste le plus généreux et le plus spectaculaire…

BB86 15/03/2007 11:05

West Ham et PSG en D2 la saison prochaine, quel malheur !

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