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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Faut bien vivre

Philostrate #Société et médias

  
    Les grands quotidiens regardent parfois d'un drôle d'œil leurs homologues de la presse gratuite. Logique. Qui dit gratuit, dit financement intégral par la publicité, donc position de force des annonceurs en droit d'attendre, dans le contenu même des articles, un juste retour sur investissement. Confirmation dans l'édition du 16 mars de l'hebdomadaire gratuit Sport. La rédaction y consacre une page entière en rubrique business à une multinationale du soda, fournisseur officiel des boissons de la prochaine coupe du monde de rugby.

    Sous forme d'interview complaisante du directeur commercial de la marque, l'article, qu'un minimum d'honnêteté intellectuelle aurait dû faire précéder de la mention "publi-reportage", évite évidemment de poser la seule question intéressant le lecteur : combien coûte et rapporte à une entreprise internationale un partenariat de ce type avec un événement mondialement couvert ? Dommage, mais un gratuit est un gratuit, admettons qu'il faille faire des concessions…

    L'histoire devient plus embêtante en revanche lorsque, sous couvert d'information, la presse payante se met au diapason. Prenez l'édition du 17 mars du supplément hebdomadaire de notre quotidien sportif national. En "Une" et sur six pages à l'intérieur du magazine, un article sur le nouveau maillot de l'équipe de France de rugby appelé à accompagner cet automne le XV de France dans sa marche triomphale vers les sommets. Le sujet vous semble un peu léger et la couverture disproportionnée au regard de  l'événement ? Si c'est la cas, bravo, vous avez encore un peu d'esprit critique !

    Car le dossier sent l'escroquerie marketing à plein nez, conçu à seule fin de brosser dans le sens du poil la marque ayant créé la "sainte tunique" de nos rugbymen. On essaie bien d'entretenir un semblant d'illusion en exhumant en bas de page les maillots historiques des équipes de France passées, mais les ficelles sont trop grosses. Détail qui tue : les images illustrant le dossier sont toutes tirées du "making of" de la séance de photos publicitaires organisée à Marcoussis par l'équipementier. On ne se donne même plus la peine de sauver les apparences… La régie publicitaire du journal se frotte les mains : un annonceur heureux est un  annonceur  fidèle ! Tout cela n'est pas bien grave direz-vous, l'argent dans la presse comme ailleurs est le nerf de la guerre. Certes. Mais alors, par pitié messieurs les responsables de rédactions, cessez de prendre les lecteurs pour des jambons, arrêtez de les bassiner avec votre pseudo indépendance, vos cartes de presse et vos envolées déontologiques ! Croisés de l'information ou pas, faut bien vivre, c'est comme ça…

 
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