Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Les trois coups à Levallois

Philostrate #Boxe
  


    Une réunion de boxe réussie n'a rien à envier à une pièce de théâtre. Unité de lieu, unité de temps et d'action, intrigues, rebondissements, spectateurs tenus en haleine jusqu'au dénouement final… Samedi 17 mars à Levallois, le championnat du monde entre le Français Jean-Marc Mormeck et le Jamaïquain O'Neil Bell a permis aux amateurs de boxe français de renouer avec cette belle dramaturgie. Il y a bien longtemps en effet qu'une réunion n'avait suscité chez nous un tel enthousiasme. Entre les derniers rendez-vous plutôt légers des Acaries Brothers et les promesses bien difficiles à tenir du petit Brahim, les aficionados du noble art n'avaient pas eu grand chose d'excitant à se mettre sous la dent ces derniers mois.

    À Levallois samedi dernier, c'était l'ambiance des grands soirs. Devant l'entrée du bien nommé palais des sports Marcel-Cerdan, les places s'échangeaient au marché noir jusqu'à plus de 700 euros. Autour du ring, les journalistes se pressaient comme des citrons et grognaient pour les moins bien lotis, contraints de passer la soirée leur ordinateur portable sur les genoux. Dans les tribunes, la foule grondait comme aux plus beaux jours, chauffée par un championat d'Europe d'enfer, chahutant le ténor de banlieue venu massacrer les hymnes nationaux et sifflant  l'escadron de ring girls de premier choix recrutées pour l'occasion.

    Jouant volontiers les bateleurs, rôle qu'il endosse sans forcer sa nature, le maire de Levallois pouvait jubiler devant un parterre de personnalités digne d'une cérémonie des Césars. Jean-Paul Belmondo, Gérard Darmon, Bruno Putzulu, Charles Gérard, Thierry Frémont avaient tous leur place de ring réservée. Sans doute venu sur Paris pour assister à l'agonie d'un PSG qu'il a en son temps bien contribué à plomber, même Charles Biétry, désormais intermittent du journalisme, était là…

    Le déroulement de la pièce n'a pas déçu l'assistance, loin de là. Mormeck, au prix d'un combat courageux et intelligent, a su récupérer ses deux ceintures mondiales, perdues par inadvertance fin 2005 face au roublard O'Neill Bell. Mais à la remise des Molières récompensant chaque année les meilleurs acteurs de théâtre, le  Français aurait sans doute une nouvelle fois dû s'incliner face au Jamaïquain, comédien comme pas un. Mimant l'accès de faiblesse pour faire baisser la garde de son adversaire, se roulant sur le ring pour un anodin coup sous la ceinture, lui le spécialiste des coups bas, imitant la démarche parfois hésitante de son challenger, il mériterait largement de voir ses gants de boxe immortalisés  sur le trottoir d'Hollywood boulevard. Dans le rôle du sale type que l'on aime détester, sa prestation fut sans égale. Lui non plus n'est pas étranger à la réussite d'une soirée que le boss des sports de Canal, un sourire jusqu'aux oreilles, appréciait à sa juste valeur, dans la peau du producteur comblé et sûr de son fait. Les Acaries ont décidément du souci à se faire…
Facebook Twitter RSS Contact