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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Petit-Breton pour mémoire

Philostrate #Cyclisme
   
    Rares sont ceux qui ce week-end ont eu l'idée de se tourner vers le passé. L'actualité sportive est ainsi faite qu'un résultat chasse l'autre et que la mémoire de ceux qui l'écrive se fait au fil des décennies de plus en plus immédiate. Mais alors qu'Oscar Freire triomphait sur la via Roma, c'est bien son centenaire que fêtait Milan-San Remo et, à quelques jours près, le coureur espagnol  succédait au palmarès au premier vainqueur de l'épreuve, l'un de ces glorieux anciens que la Grande Guerre allait plonger dans l'ombre.

    C'était le 14 avril 1907, sous un ciel gris laissant échapper des averses de pluie. Lucien Mazan, dit Petit-Breton, apportait au "muscle français" comme on le disait à l'époque, sa première victoire dans l'édition inaugurale de Milan-San Remo devant un autre compatriote, Gustave Garrigou. Petit-Breton. Un nom qui claque au vent comme une voile et résume l'existence d'un gamin né à Plessé dans la Loire, mais grandi en Argentine, où son père émigre et s'installe à Buenos Aires.

    C'est là-bas que le petit Mazan découvre le sport cycliste. Là-bas qu'il gagne le surnom d'El Breton. Mais c'est en France, où il retourne à vingt ans pour faire son service militaire qu'il va connaître la gloire. Pour tous, il sera désormais Lucien Petit-Breton, dont le palmarès s'ouvre en 1904 par une victoire dans le Bol d'Or cycliste et se referme en 1914 sur une 9e place dans le Tour de France. Entretemps, le sociétaire du Vélo club de Levallois sera devenu le premier homme à remporter deux fois de suite la Grande-Boucle en 1907 et 1908.  Et donc le premier  à remporter  Milan-San Remo…

    Il serait injuste pourtant d'en faire un coureur oublié. L'histoire du sport est un miroir dans lequel l'actualité gagne toujours à se regarder, il ne tient qu'à nous d'en apprécier la justesse des reflets. Simplement, Petit-Breton fait partie d'une génération perdue dans les brumes des temps héroïques et décimée par la faucheuse alors que se déchaînait le fracas des armes. Pour Lucien Mazan, le dernier acte se joua sur une route, près de Troyes, le 20 décembre 1917, alors que son devoir l'avait comme beaucoup d'autres amené sur le front des Ardennes. Quelques mois plus tôt, c'était Octave Lapize, vainqueur du Tour 1910 qui était tombé aux commandes de son avion de chasse près de Toul. Avant lui, même le grand Faber, "le géant de Colombes", victorieux dans la Grande Boucle 1909, avait dû rendre les armes, fauché au sortir de la tranchée lors de l'offensive des Ouvrage Blancs du 9 mai 1915 dans l'Artois. Des palmarès et des noms, comme ceux couvrant les monuments aux morts jusque dans les plus petits de nos villages. Des visages jeunes et souriants aussi qu'au-delà des vicissitudes de l'actualité sportive nous avons le devoir de ne pas oublier.

Tour de France des miniatures cyclistes 17/05/2007 09:47

L'histoire du cyclisme par un tour de France des cyslistes miniatures (pas dopés) :http://www.tour-de-france-miniature.com/

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