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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Tous dopés !

Philostrate #Dopage

    La mésaventure récemment survenue au nageur tunisien Oussama Mellouli a le mérite de remettre en perspective le débat sur le dopage. Contrôlé positif aux amphétamines en novembre 2006, le double médaillé aux championnats du monde de Melbourne a en effet immédiatement reconnu avoir eu recours à une "pilule miracle", non pas pour améliorer ses performances dans l'eau, mais pour rester éveillé afin de boucler en une nuit un projet universitaire. Mellouli est étudiant sur le campus de UCLA en Californie. La précision n'est pas anodine. Il y a belle lurette en effet que les stimulants circulent librement parmi les potaches américains, soumis à la pression constante des examens dans une société où seuls comptent la réussite et le rendement.

    Mais de même que l'on aurait tort de réduire le problème du dopage au seul monde sportif, penser que le phénomène serait une exclusivité made in USA n'aurait pas de sens. Le culte de la rentabilité, la recherche du succès à tout prix l'emportant désormais sur toute notion d'épanouissement personnel, ont depuis longtemps contaminé l'ensemble de nos sociétés. Avec une conséquence : chacun d'entre nous a, qu'il le veuille ou non, recours au dopage. Les lycéens et les étudiants, bien sûr, que leurs parents eux-mêmes incitent souvent à se gaver de substances en tous genres censées améliorer leurs performances à l'approche des examens. Les cadres, dont nombre carburent aux anxyolitiques, qui pour aller discuter revalorisation de salaire avec le patron, qui pour aborder sereinement une présentation. Il n'est d'ailleurs pas de profession épargnée, puisqu'une étude récente, reprise dans Le Figaro du 22 février dernier, montrait que pour tenir la cadence dans l'exercice de leur métier à haut risque, même les marins pêcheurs ont désormais recours aux drogues et aux psychostimulants…

    Le dopage se niche jusque dans les recoins les plus intimes de nos vies, à en juger par les profits engrangés par les laboratoires commercialisant les fameuses "pilules du plaisir", destinées à venir en aide aux mâles à la libido en berne, mais détournées de leur usage pour faire du simple mortel un étalon divin. Il faut être le meilleur partout, jusque dans son lit… Et ensuite il faudrait détourner le regard et vouer aux gémonies ces champions qui, soumis aux pressions et aux cadences du sport spectacle, franchissent eux aussi la ligne jaune. Le dopage est un problème de société et ne le traiter qu'au niveau sportif n'a pas de sens, sauf à vouloir faire des athlètes des boucs émissaires destinés à nous donner bonne conscience et à exorciser nos propres angoisses. Que ceux qui n'ont jamais péché leur jettent la première fiole !   
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