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Victor Cosson (1915-2009)

Les lectures de Philostrate

Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /2010 01:25
Dans Mon match avec la vie, autobiographie sortie en 1954 chez Flammarion, le boxeur Georges Carpentier, grand champion et figure du Paris des années folles, raconte son ascension, de son enfance lensoise à son amitié avec Maurice Chevalier en passant par ses réceptions à la cour d'Angleterre. Il y a tout juste un siècle, le gamin de Lens, alors âgé de 15 ans, fait ses premières armes sur les rings parisiens. Souvenirs…

CrapentierBio1.jpg     "Je n'étais pas venu à Paris pour m'amuser. Sans rêver de conquérir Paris, j'étais décidé de réussir dans mon métier et aussi, comme je le formulais un peu naïvement, à "m'élever" (…) Au cours de ces années 1909 et 1910, je livrai trente-quatre combats, quinze en 1909, dix-neuf en 1910. Résultats : trois défaites, dont une par KO, une par abandon, une aux points, quatre matches nuls, vingt-sept victoires, dont treize par KO, une sur abandon et treize aux points (…)

    L'homme contre qui je perdis par KO, au début de mars 1909, peu après mon installation à Paris, était un nommé Gloria. Le combat avait lieu à l'Elysée-Montmartre. A la fin du septième round, Gloria me toucha d'une droite très dure à l'estomac et j'allai à terre. Je m'étais bien remis pendant la minute de repos mais, m'estimant fatigué, Descamps (NDPh : son manager) m'empêcha de reprendre le combat. Je knockoutai Gloria à mon tour un an plus tard à Lille.

    C'est le 22 décembre de cette année 1909 que je remportai mon premier titre de champion de France, poids légers, à l'issue d'un combat pendant lequel le nez de mon adversaire, Paul Til, ne cessa d'être en contact avec mon poing gauche. Un mois auparavant, après un match acharné, j'avais remporté une victoire aux points en quinze rounds sur Charles Ledoux, futur champion d'Europe des légers, qui était déjà considéré comme une terreur grâce à une série de foudroyants succès par KO.

    Charles Ledoux, aujourd'hui M. le maire de Pougues-les-Eaux, devait par la suite faire partie de l'écurie Descamps et devenir pour moi un ami. Il était dans mon coin, à New-Jersey, lorsque je rencontrai Dempsey…"

Extrait de Mon match avec la vie de Georges Carpentier, Flammarion, 1954, 281 pages.
Champion du monde et champion d'Europe, Georges Carpentier fut par la suite l'un des athlètes les plus populaires de sa génération. Admiré en France et en Angleterre, où il remporta plusieurs de ses victoires et fut reçu à plusieurs reprises par le Prince de Galles, il mourut en 1975, à l'âge de 81 ans.



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Mardi 13 octobre 2009 2 13 /10 /2009 21:02
Alors que le le CIO se réjouit aujourd'hui de voir entrer le rugby à VII et le golf dans le grand cirque olympique, certains s'inquiétaient dès les années 1920 de la voracité de l'ogre enfanté par Coubertin. C'est le cas de l'éditorialiste Jean de Pierrefeu, perplexe, déjà, devant le gigantisme des Jeux de 1924 organisés à Paris.

   
    "Aimez-vous les Jeux olympiques ? On en a mis partout. Du bassin d'Argenteuil à la piscine des Tourelles en passant par le Vel d'Hiv', tout marche à la fois le matin et l'après-midi. Mon ticket d'entrée aux Tourelles portait, le 20 juillet, ce chiffre effarant : 259e réunion ! Et ce n'est pas tout, au vélodrome de Vincennes on verra fleurir la 272e et au fronton basque de Billancourt la 281e…

    Comme l'hydre de la fable, l'Olympisme moderne étend sur toutes choses ses bras tentaculaires, mais pour vouloir trop embrasser, ne risque t-il pas de périr ? Il n'y a pas de raison pour que, dans quatre ans, le tir à l'arc, en honneur dans l'Ile-de-France, la Picardie et dans tant de charmants "patelins" de l'Afrique centrale, ou que le boomerang, spécialité de l'Australie, ne soient également de la fête; ils le méritent autant que le tir de chasse sur pigeons d'argile, qui possède son champion olympique.

    Je me garderai bien de blâmer l'énorme complexité de ces Jeux qui ont coûté tant d'efforts aux organisateurs, mais il faut bien constater que l'Olympisme, transformé en une Foire universelle des Jeux sportifs, perd ce caractère de culture humaine qu'on voulait lui donner. Soit par désir de ne laisser à l'écart rien de tout ce qui constitue l'activité de jeu de l'homme d'aujourd'hui, soit par nécessité d'accueillir les groupements qui se prétendent tous aussi indispensables les uns que les autres, le Comité international élargit démesurément les limites de l'Olympisme, lequel, par définition, est une sportivité choisie et stylisée. Je suis persuadé qu'il faudra procéder tôt ou tard à une reconcentration pour épurer l'idée olympique et redonner aux Jeux une ligne harmonieuse, simple et belle."

Texte de Jean de Pierrefeu, paru dans l'édition du 26 juillet 1924 de L'Illustration, à l'occasion des Jeux olympiques de 1924 à Paris.
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