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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Yéti foot

Philostrate #Les lectures de Philostrate

En décembre 1938, Le Miroir des Sports emmenait ses lecteurs à la découverte du football… tibétain ! Une parenthèse exotique offerte par Du sport ou du cochon, qui a volontairement conservé "Thibet" dans  l'orthographe de l'époque.

    "Le secrétaire de la Mission britannique au Thibet, rentré à Londres depuis quelques jours, a donné des informations très intéressantes sur la modernisation de Lhassa, la ville sainte et interdite du Thibet, la cité des lamas et des pèlerinages, et l'une des localités les plus inaccessibles du monde aux étrangers.

    - À Lhassa, raconte le secrétaire, il y a un terrain de football, situé à 4000 mètres d'altitude et dominé par les cimes himalayesques aux neiges éternelles. Toutes les semaines, un match met aux prises l'équipe de football de Lhassa United et celle des membres des Missions. L'équipe de Lhassa United comprend : un soldat du royaume voisin du Népal, un tailleur chinois, trois hommes fortement barbus du Ladakh dans le Cachemire, un indigène de l'état de Sikkim et cinq fonctionnaires thibétains.

Bon, il se pointe quand le yéti ? Image : http://gallica.bnf.fr

Bon, il se pointe quand le yéti ? Image : http://gallica.bnf.fr

    L'équipe de la capitale du Thibet pratique un football très orthodoxe, et chacun de ses joueurs est équipé à l'européenne. Malgré l'altitude, il ne fait pas froid sur le terrain, où il règne une température de 20°C et plus.

    Va pour la température; car nous commençons à savoir en France comment on pactise avec des températures de - 10°C, mais on ne nous dira tout de même pas que la pression atmosphérique est la même qu'au niveau de la mer. Plus que la température, c'est la faible pression atmosphérique qui handicape les équipes européennes en tournée à Mexico (2777 m) ou à La Paz (3630 m). Les joueurs non acclimatés se sentent sans forces; leurs jambes sont molles et ils ont le souffle court. L'année où la coupe du monde aura lieu au Mexique, en Bolivie, ou sur le plateau du Thibet, il se produira bien des surprises…"
 
Article extrait du Miroir des Sports daté du mardi 27 décembre 1938. L'allusion aux températures de - 10°C, fait référence à un début d'hiver particulièrement rigoureux cette année-là en France.

L'affront fait à Walko

Jean-Claude Duce

    Roger Walkowiak était le doyen des vainqueurs du Tour de France. C'était un petit homme discret et humble que rien ne prédisposait à la gloire médiatique. Il y a une quinzaine d'années, on le croisait encore fréquemment au départ du Critérium cycliste de Levallois, épreuve automnale parrainée par d'anciennes gloires de la petite reine. Mais là où Poulidor et Géminiani aimantaient les spectateurs en quête d'autographes, Walko, pourtant vainqueur lui du Tour de France, restait toujours un peu en retrait…

    En 1956, certains commentateurs avaient présenté "son" Tour comme une Grande Boucle "au rabais" et ces réserves sur sa victoire, aussi légères soient-elles, lui avaient laissé au cœur une amertume jamais tout à fait digérée. A fleur de peau, Walko devenu l'un des derniers témoins de son temps, en avait les larmes aux yeux rien que d'en parler. En champion, il aurait pourtant dû savoir que seuls comptent les palmarès, mais c'était plus fort que lui. Comme un affront fait collectivement au petit peuple du vélo, dont il fut sacré roi le temps d'un été. Aujourd'hui qu'il est entré au paradis des coureurs avec son maillot jaune sur le dos, il siège entre Bobet et Anquetil, figures tutélaires d'un âge d'or du cyclisme français auquel lui aussi appartient à jamais.

Quand Gachassin marquait des essais aux Anglais…

Jean-Claude Duce

    Avant d'être président de la Fédération française de tennis, Jean Gachassin a été un fameux joueur de rugby. 32 fois sélectionné en équipe de France entre 1961 et 1969, il a notamment fait partie du XV tricolore auteur pour la première fois de son histoire du Grand Chelem en 1968. Ce reportage vidéo, revient sur le France/Angleterre du Tournoi des V Nations de cette année-là. On y voit fugacement le fougueux Jeannot planter un essai aux Roastbeefs. On y retrouve surtout, au fil d'un montage un peu baroque, l'ambiance particulière des grands matchs à Colombes, où se jouaient alors les rencontres de rugby internationales…

 

L'art de la savate selon Théophile Gautier

Jean-Claude Duce

   Dans "La peau de tigre" l'écrivain Théophile Gautier s'intéresse de très près à l'art de la savate. Longtemps apanage des petites gouapes des faubourgs ou des militaires, ce sport de combat est alors en train de se codifier, l'adjonction de coups portés avec les poings faisant évoluer peu à peu la pratique vers la boxe française telle que nous la connaissons aujourd'hui. Mais en 1811, on ne parle encore que de savate et voici comment le père du Capitaine Fracasse décrit cette discipline dans une nouvelle intitulée Le Maître de Chausson : "La savate comme on la pratique aujourd'hui est un art très compliqué, très savant, très raisonné, c'est l'escrime sans fleuret. Il y a la tierce, la quarte, l'octave et le demi-cercle; seulement, dans l'escrime, on n'a qu'un bras, et à la savate on en a quatre, car les jambes, dans l'état actuel de la science, sont de véritables bras, et les pieds deviennent des poings. Les maîtres placent un coup de pied dans les gencives ou dans l'œil avec beaucoup de facilité; plusieurs décoiffent même leurs adversaires avec le bout du chausson…" Démonstration en images avec ces clichés de "Carterès et son élève Tampier au Boxing Club de France", extrait d'un album photo de Jules Beau, daté de 1898 et conservé à la BNF.

Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr

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Foot américain ou bondage ?

Philostrate #Les lectures de Philostrate
Foot américain ou bondage ?Foot américain ou bondage ?Foot américain ou bondage ?
La saison de football américain touche à sa fin avec le Superbowl début février. Comment cette discipline toujours exotique de ce côté-ci de l'Atlantique, était-elle perçue par le sportsman français du début du XXe siècle ? La réponse en texte et en image (non le jeune homme ci-dessus ne sort pas d'une séance SM, mais arbore les protections de la Belle Epoque…), avec cet extrait du livre Le Football, paru peu de temps avant la Grande Guerre.

     "Parler du football tel qu'on le joue de l'autre côté de l'Atlantique est parler d'une chose, pour nous autres Français, inconnue, car ce n'est pas l'unique match joué l'hiver dernier entre deux teams de l'escadre américaine qui peut nous renseigner beucoup à ce sujet. Il est vrai, d'autre part, que durant toutes ces dernières années les journaux nous apprenaient de temps en temps que tel match entre Yale et Harward ou entre Cornell et Princeton s'était terminé par des morts d'hommes et pas mal de membres cassés, ou bien que la police était intervenue pour mettre un frein à l'ardeur des joueurs en interrompant la partie.

    Nous avons même lu, il n'y a pas si longtemps, qu'une vive campagne avait été menée contre les brutalités du dit football. Mais tout ceci ne nous a pas appris grand'chose au sujet du football aux Etats-Unis. La seule chose sur laquelle nous nous sommes bien fixés c'est que, pour le jouer, on se capitonne soigneusement des pieds à la tête et qu'on se garantit le chef par tout un ensemble de protège-oreilles et de protège-nez inusités en Europe (notre gravure).

    Si l'on se rapporte aux auteurs anglais, le football américain est de beaucoup le cadet de l'association et du rugby, ses doyens. Il ne date pas de plus d'une cinquantaine d'années ce qui, pour un sport qui se respecte, est la petite enfance. Il ne faudrait pas en conclure que le football que l'on joue actuellement à Yale ou à Harward ressemble en quoi que ce soit au jeu de ballon qui se pratiquait dans les fermes le jour de Thanksgiving, après un plantureux déjeuner où le dindon traditionnel avait amené la joie.

    Ce jour-là, en sortant de table, on se rendait entre hommes dans la cour et on s'amusait follement à donner de grands coups de pied dans une vessie de cochon gonflée d'air. Plus tard, cette distraction simple ne suffisant plus, les joueurs se réunirent en équipes et commencèrent à pratiquer un dérivé sauvage de l'association, qui ne ressemblait du reste en rien au jeu qu'on pratiquait à cette époque en Angleterre."
 
Extrait du livre Le Football, rugby, américain, association par Charles Gondouin, arbitre officiel de l'Union des Sociétés Françaises des Sports Athlétiques, et Jordan, ancien capitaine du Stade Français. Préface de Louis Dedet, Vice-Président du Stade Français. Collection Sports-Bibliothèque.
Editions Pierre Lafitte et Cie. Huitième édition. 1914.

Central Park on ice

Jean-Claude Duce

    Dès son ouverture au public dans la seconde moitié du XIXe siècle, Central Park est un lieu prisé des New Yorkais. C'est particulièrement vrai en hiver, où la neige et la glace offrent une occasion rêvée de s'adonner aux loisirs de plein air. Très en vogue à l'époque, le patinage y est pratiqué avec assiduité. L'imagerie populaire s'empare du phénomène, illustrateurs et pionniers de la photographie immortalisant la foule des patineurs venus glisser au grand air entre deux tempêtes hivernales. Petit aperçu de leur production, avec ce diaporama d'images extraites des collections de la Bibliothèque publique de New York (NYPL). 

Images : https://www.nypl.org/
Images : https://www.nypl.org/
Images : https://www.nypl.org/
Images : https://www.nypl.org/
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Images : https://www.nypl.org/

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Les visages de Paris 1924, Faure-Dujarric l’architecte ciel et blanc

Jean-Claude Duce

Un siècle avant les JO de 2024, à l’organisation desquels la capitale française est candidate, Paris organisait les derniers Jeux en date sur les bords de  Seine. Celles et ceux qui ont alors fait l’actualité ont tous marqué de leur empreinte l’histoire de l’olympisme. Cette galerie de portraits vous invite à les découvrir au moment même où Paris s’imagine un nouveau destin olympique…

Loulou et son bitos… Image : http://gallica.bnf.fr/

Loulou et son bitos… Image : http://gallica.bnf.fr/

     Sur la photo, Louis Faure-Dujarric a l’air aussi raide que les poils de sa moustache. A 47 ans, c’est une âme de « sportsman » qui vibre pourtant sous le costume de l’homme respectable. Pas bedonnant pour un rond le bourgeois, mais sec comme un coup de trique en adepte de l’exercice physique, que ce Racingman bon teint pratique depuis son plus jeune âge. A 18 ans, il est même finaliste avec son club du deuxième championnat de France de rugby de l’histoire à Bécon-les-Bruyères, défait 7 à 3 par cet embarrassant rival parisien qu’est déjà le Stade Français. Dès lors, même pendant ses études d’architecte, l’ancien capitaine des quinzistes ne reniera jamais son attachement ciel et blanc, au point d’occuper la vice-présidence du Racing, quand Paris s’apprête à accueillir les Jeux olympiques de 1924. Il sera même l’un de ceux qui permettront au comité d’organisation de sortir de l’impasse dans lequel les élus de la capitale l’avaient placé en se montrant incapables de faire aboutir le dossier du grand stade destiné, entre autres, à accueillir les épreuves d’athlétisme, de football et de rugby. Grâce au maire de Colombes et au Racing, c’est dans cette banlieue ouvrière, sur l’emplacement de l’ancien Stade du Matin, que va voir le jour l’enceinte appelée à rester pour de nombreuses années le temple du sport français.

Dans les tribunes du stade olympique, se cache Winston Churchill, saurez-vous le retrouver ? Image : http://gallica.bnf.fr/

Dans les tribunes du stade olympique, se cache Winston Churchill, saurez-vous le retrouver ? Image : http://gallica.bnf.fr/

     En plus d’être Racingman, Louis Faure-Dujarric, architecte disposant déjà d’une solide réputation, a l’expérience des édifices sportifs, pour avoir entre autres construit le court central de Roland-Garros. Il sera donc l’homme du stade olympique. En un an et demi seulement, il donne naissance à ce qui se fait de mieux à l’époque en matière d’architecture sportive : un géant de 60 000 places, dont 20 000 couvertes et assises réunies dans deux tribunes longeant les lignes droites de la piste d’athlétisme. Un stade fonctionnel, offrant aux spectateurs un large champ vision grâce à ses gradins au profil parabolique et à sa piste d’athlétisme relevée en mâchefer rosé, tranchant joliment avec le vert de la pelouse centrale. Ses charpentes légères de fer et de bois, ses assises en ciment lui donnent, comme l’écrit Dans L’Illustration Jean de Pierrefeu, nostalgique des stades antiques, « l’élégance d’une épure géométrique, (…) la froide beauté des formules algébriques et la grâce squelettique du calcul. » Les spectateurs, qui entrent et sortent facilement de cet ovale posé au pied des cheminées d’usines, apprécient, eux… Et lorsque le 5 juillet 1924 Géo André prononce le serment olympique, il salue aussi un peu le grand œuvre de Faure-Dujarric, l’architecte ciel et blanc.

Au suivant !

Jean-Claude Duce

    Ce fameux gaillard, sorti des collections de Gallica, c'est Noël, un lutteur moelleux comme on les aimait au début du XXe siècle. Un nom prédestiné pour entrer "en douceur" dans la période de l'Avent. Sa spécialité à lui, ce ne sont pas les chocolats, mais plutôt les clés, les pralines voire les marrons. Gare à vous si vous le défiez, ou ça risque de sentir le sapin bien avant le 24 décembre ! Faute de gloire sur la sciure de la piste, vous pouvez toujours essayer d'engourdir la montre gousset du bourgeois en costard qui regarde à côté. Peut-être pas une bonne idée non plus… Dure la vie d'Apache !

Images : @GallicaBnF
Images : @GallicaBnF

Images : @GallicaBnF

La nuit des Six-Jours

Philostrate #Les lectures de Philostrate

Paru en 1922, Ouvert la nuit est un recueil de nouvelles de Paul Morand. Dans l'un d'elles, La  nuit des Six-Jours, l'écrivain entraîne le lecteur dans les entrailles du Vel d'hiv, temple parisien du cyclisme sur piste, où le narrateur en mal d'aventure suit la compagne d'un des champions en lice…


    "À mi-chemin, ce fut un tonnerre sur nos têtes. Les lattes gémirent. Puis, apparurent le cirque de bois et son couvercle de verre unis par un brouillard divisé en lumineuses sections coniques. Sous les ombrelles émaillées, les lampes voltaïques suivaient la piste; Léa se dressa sur la pointe des pieds, impériale.
- Vous voyez : jaune et noir… Les Guêpes… l'équipe des as. C'est Van den Hoven qui est en course. On va réveiller Petitmathieu pour les primes de deux heures.


    Des sifflets effilés coupèrent le ciel. Puis il y eut quatre mille clameurs, de ces clameurs parisiennes, du fond de la gorge. L'Australien tentait un lâchage. Les sprints commençaient. Plus haut que les placards de publicité, je vis les traits tirés, les yeux ardents des populaires.  Un orchestre éclata. Latriche chantait. On reprit en chœur "Hardi coco !" ce qui anima le train. Les seize coureurs repassaient, sans un écart, toutes les vingt secondes, se surveillaient, en peloton compact.


    Le pesage occupait le fond du vélodrome. À chaque extrémité les virages debout comme des murs, que les coureurs dans leur élan escaladaient jusqu'aux mots La plus homogène des essences. Le tableau de pointage s'anima. Des chiffres descendirent. D'autres montèrent.
- Quatrième nuit. 85e heure. 2300 km 650 (…)


    Le quartier des coureurs avait poussé au bout de la piste, au petit virage. Chaque homme disposait d'une niche en planches avec un lit de camp fermé de rideaux. On lisait en lettres au pochoir : Stand Velox. Équipe Petitmathieu Van den Hoven. Un projecteur éclairait jusqu'au fond des cabines, permettant à la foule de ne perdre aucun des gestes de ses favoris, même au repos. Les soigneurs allaient et venaient en blouse blanche d'hôpital, avec des bruits d'assiettes, parmi les taches de pétrole et de graisse, composant des embrocations sur des chaises de jardin, avec des œufs et du camphre. Roulements démontés, cadres, rondelles de caoutchouc, ouates noires noyées dans des cuvettes (…) Les mécaniciens souillés, avec une barbe de cinq jours, en chemise kaki, bandaient les guidons au fil poissé, mettaient en faisceaux les roues à vérifier, serraient un écrou."

 

Extrait d'Ouvert la nuit de Paul Morand. Edition Gallimard 1922, renouvelé en 1950.
La nuit des Six-Jours
La nuit des Six-JoursLa nuit des Six-Jours

Les héros des JO de Paris 1924, Géo André ou la course folle du "Bison"…

Jean-Claude Duce

Un siècle avant les JO de 2024, à l’organisation desquels la capitale française est aujourd'hui candidate, Paris accueillait les derniers Jeux en date sur les bords de  Seine. Celles et ceux qui ont alors fait l’actualité ont marqué de leur empreinte l’histoire de l’olympisme. Cette galerie de portraits vous invite à les découvrir au moment où Paris se rêve à nouveau au sommet de l'Olympe…

Image : http://gallica.bnf.fr/

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    De profil, avec son nez en forme de bec et ses longs segments, Géo André ressemble à un échassier. En plus véloce. Alors que Paris s’apprête à accueillir en 1924 les Jeux de la VIIIe Olympiade, «l’athlète complet» comme le surnomme la presse sportive de l’époque, affiche en effet un palmarès tout aussi éclectique qu’impressionnant. Hurdler, mais aussi adepte du saut en hauteur avec ou sans élan (si, si, ça existait !), le sociétaire du Racing club de France est déjà détenteur en 1922 de vingt titres de champion de France toutes disciplines confondues, d’une médaille d’argent aux Jeux olympiques de Londres en 1908 et d’une de bronze à ceux d’Anvers en 1920, ainsi que de sept sélections en équipe de France de rugby à XV, qu’il pratique aussi sous le maillot ciel et blanc (deux fois finaliste du championnat en 1912 et 1920, excusez du peu) ! Sans compter ses faits d’armes dans l’aviation pendant la Grande Guerre : blessé, fait prisonnier, il échoue dans cinq tentatives d’évasion avant de fausser compagnie à ses geôliers à la sixième, puis de s’illustrer dans l’escadrille des Cigognes au point de se voir décerner la médaille militaire. Bref, c’est un sacré client !

Images : http://gallica.bnf.fr/
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Images : http://gallica.bnf.fr/

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    Quand Paris accueille les Jeux en 1924, il a beau avoir 35 ans et une cheville d’ancien combattant (fracassée par une balle teutonne pendant la Der des Ders…), le Bison – son surnom au Racing – court toujours. C’est donc sans surprise que le Comité olympique français décide d’en faire le porte drapeau de sa délégation. Lors de la cérémonie d’ouverture le 5 juillet au centre du stade de Colombes imaginé par Louis-Faure Dujarric, Géo André prononce le serment olympique devant un parterre de choix. Le prince de Galles y côtoie le ras Taffari, prince régent d’Ethiopie, le baron Pierre de Coubertin, les têtes couronnées de Roumanie ou de Suède : les « people » de l’époque quoi… Perché sur un podium frappé des anneaux olympiques, le tarin bravant le zéphyr et le bras tendu dans la solennité du serment, « l’athlète complet » est immortalisé par les photographes des agences de presse et les dessinateurs des gazettes. Une consécration en somme. Sur la piste,  le vétéran échoue au pied du podium, quatrième du 400m haies comme à Anvers quatre ans plus tôt. Ses plus belles années sportives sont désormais derrière lui.

Gravure de l'Illustration (1924)

Mais sa popularité, elle, ne faiblit pas. Le Bison a toujours la gnaque. Si bien que quand éclate la seconde guerre mondiale quinze ans plus tard, malgré ses cinquante piges, le Racingman est décidé à en découdre ! En juin 1940, le voilà qui traverse en loucedé la Méditerranée dans un avion piloté par son fils Jacques, futur as de l’escadrille Normandie-Niemen et héros de l'Union soviétique. En Afrique du Nord, devant le refus des autorités militaires de lui laisser reprendre du service dans l’aviation, le quinqua s’engage dans les corps francs. C’est là qu’il tombe, les armes à la main, le 4 mai 1943, trois jours avant la prise de Tunis par les alliés. De la cendrée de Colombes au sable des pistes africaines, Géo André n’aura décidément jamais rien lâché…

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