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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

La guêpe de Le Mével

Philostrate #Cyclisme
    Il y en a qui gobent les mouches. D'autres qui bayent aux corneilles. Christophe Le Mével, lui, avale les guêpes. Ou plutôt croit les avaler. La mésaventure remonte à l'étape Pontarlier-Verbier. Le coureur de La Française des Jeux confie à l'arrivée aux journalistes avoir été perturbé pendant la course en pensant avoir gobé l'un de ces irascibles hyménoptères. Avec cette question lancinante "Que m'arrivera t-il si la guêpe me pique de l'intérieur ?" Une préoccupation qui, à force de bourdonner aux oreilles du champion pédalant, lui aurait, selon ses dires, fait perdre une partie de ses moyens…

    Je vous devine souriant, pensant "Ces coureurs français, il ne faut décidément pas grand chose pour les perturber !" Eh bien, sachez que je ne vous suis pas sur ce terrain. Certes, sur nos chaînes de télé ou nos stations de radio, nous avons régulièrement droit à la litanie "made in France" des "Si seulement je n'avais pas eu…" au choix : une crise de croissance, un coup de soleil, une dent de lait qui bouge, des dessous qui grattent, de la friture dans mon oreillette, etc. Mais je vous rassure, tendez-un micro après trois cents kilomètres à jouer des guiboles sous le cagnard à n'importe quel coursier étranger et vous aurez, peu ou prou, le même genre de réponse.

Le Flamand vous dira : "Ah, si seulement j'avais eu plus de pot (belge)". L'Espagnol pleurnichera : "Cette étape, si au moins y'E Povait l'Oublier !" L'Italien dira : "Cé CERA mieux demain, yé roulerai comme oune Ferrari (docteur Michele)…" Bref, chacun ira de son petit couplet, pour justifier son coup d'éclat ou sa contre-performance, c'est au choix. Mais je tiens à rassurer Christophe Le Mevel : il a moins de risque d'avaler une guêpe juché sur son vélo que les téléspectateurs assoupis sur leurs canapés, la mâchoire tombante devant le spectacle lénifiant que leur offre ce Tour de France 2009. Faites le test : le doux ronron de l'hélicoptère, la voix de Jean-Paul Ollivier lisant avec application son livre de route et le long défilé des leaders épiciers lançant de pseudo-attaques pour entretenir un semblant de suspens, après un bon déjeuner, il n'y a rien de tel pour faire une bonne sieste !

Gignac, buteur sous influence

Philostrate #Football
    Avez-vous remarqué combien, en période de transferts, "l'entourage" des joueurs de football professionnel prend soudain de l'importance ? Derrière ce vocable, décliné à longueur d'articles, une nébuleuse, où gravitent agents, famille et autres conseillers toujours bien intentionnés, cela va de soi… De braves gens en somme, prêts à faire le bonheur de nos bipèdes prodiges, parfois même malgré eux ! Prenez le brave André-Pierre Gignac, garçon plein de finesse, meilleur buteur du championnat de France 2009-2010 sous les couleurs du Toulouse football club. Un modèle de droiture, révélé à Lorient, puis transféré en 2007 au Téfécé, non sans avoir auparavant signé un pré-contrat avec Lille, sur lequel son "entourage", justement, l'avait alors invité à s'asseoir pour poser ses valises sur les bords de la Garonne plutôt que dans le Nord.

    C'était avant le succès de "Bienvenue chez les Ch'tis", on peut l'excuser… Son cas se complique cependant lorsque, après une première saison ratée dans le Sud-ouest, l'attaquant réussit enfin à faire parler la poudre en marquant 24 buts au cours du championnat 2009-2010. Son contrat prolongé jusqu'en 2012 et dûment revalorisé, le lascar ne tarit  alors plus d'éloges sur la douceur de vivre à Toulouse, la ferveur de ses supporters, la joie que lui procure la perspective de disputer l'Europa League avec l'équipe de la Ville Rose, etc. Seulement voilà… Quand le parrain lyonnais, Jean-Michel Aulas, déclare publiquement son intérêt pour un bestiau, pourtant loin d'être sur le marché, le ton change.

    Quand l'ogre de Fourvière entre dans la danse et qu'il se voit opposer une fin de non-recevoir par le président du Téfécé, le bison toulousain la joue d'abord cool. Il se déclare flatté de l'intérêt que lui porte le club lyonnais, souligne combien serait profitable à sa carrière d'évoluer dans le plus prestigieux des clubs français - les joueurs de Barcelone, Manchester United, l'AS Rome et du PSV Eindhoven en pissent dans leurs shorts…-, mais certifie qu'il continuera à brouter paisiblement l'herbe du Stadium, si Toulouse refuse de céder aux sirènes rhodaniennes. C'est là que son "entourage" souffle sur les braises et s'applique à lui mettre méthodiquement la tête à l'envers. Feignant d'ignorer le contrat en cours, ses conseillers charognards, rendus frénétiques par la perspective de gratter quelques liasses de biftons dans l'opération, font jouer les grandes orgues. "Comment ça mon garçon, en refusant de négocier Toulouse te manque de respect !", "C'est une chance unique pour toi de te faire éliminer en huitième de finale de la Ligue des Champion !", on en passe et des meilleurs. Résultat : le bonhomme sèche un entraînement du Téfécé et son "entourage" déclare son "jeune joueur très perturbé par ce qui lui arrive". Ben voyons, le coup du pompier pyromane, on n'y aurait pas pensé ! Bref, Gignac, en bon mercenaire du ballon rond pas trop finaud, est prêt à déclarer sa flamme immortelle à un quatrième club en deux ans, son "entourage" se pourlèche les babines à l'idée de récupérer un pourcentage du transfert et les contrats se révèlent une nouvelle fois tout juste bon à se torcher et faire monter les enchères. C'est ça, la magie du football professionnel !

Monshipour entre deux rings

Philostrate #Boxe
    Tout juste sorti du ring, voilà Mayar Monshipour lancé dans un nouveau combat. Le courageux boxeur poitevin, à peine digérées sa défaite face au Panaméen Anselmo Moreno et l'annonce de l'arrêt définitif de sa carrière sportive, doit cette fois jouer des poings au centre de l'arène politique. Son adversaire du jour : la succube du Poitou, Ségolène "Je m'voyais déjà…" Royal en personne ! Il en faut de la "bravitude" pour se coltiner la présidente de région sur ses terres, mais pour 75 000 euros, le petit pugiliste de Bam n'hésite pas à menacer des tribunaux la créatrice du concept de campagne présidentielle permanente…

    Objet du litige : une subvention, que la Région aurait promise au boxeur-promoteur pour son dernier combat, sous forme d'un contrat de partenariat. Problème : si le logo du conseil régional de Poitou-Charente figurait bien sur le short de Monshipour lors de sa dernière sortie entre les cordes, ni lui ni son assistant ne peuvent produire le document signé de cet engagement. D'un côté, le boxeur argue de sa bonne foi et se dit prêt à fournir les courriels échangés avec la collectivité pour faire valoir ses droits. De l'autre, l'instance régionale avance qu'une subvention de 50 000 euros a été votée par son assemblée en décembre dernier pour les quatre combats de Monshipour, mais qu'il n'a jamais été question d'une rallonge de 75 000 euros pour la réunion du 4 juillet dernier. Sur ce, le secrétaire départemental de l'UMP de la Vienne se fend d'un post sur son blog où, bien qu'avouant qu'il "… n'est pas en mesure de savoir qui dit vrai dans cette histoire", il en profite pour pourfendre "la dame aux caméras (…) capable de promettre tout et n'importe quoi"…

    Bref, tous les ingrédients d'un Chantemerle sur Vienne… Espérons que pour Monshipour, qui après le chapitre boxeur, puis boxeur-promoteur, s'apprête à écrire une nouvelle page de son existence, cette aventure servira de leçon. S'ils disent vrai, le champion du monde 2003 et son entourage ont fait preuve d'une naïveté et d'un amateurisme confondants. Engager des fonds sans document écrit et sur la seule foi de la parole donnée c'était bon du temps d'Audiard. Le milieu de la politique et le monde en général n'est pas peuplé que de bandits d'honneur, loin de là… Mais Monshipour et son staff ont peut-être aussi mal interprété un soutien renouvelé oralement, sans qu'aucune somme ne soit arrêtée formellement. Ce sont des choses qui arrivent, les paroles s'envolent, les écrits restent. Cela relève du malentendu, de plus ou moins bonne foi, au juge d'en décider, si juge il y a !

PS : Les plus observateurs auront reconnu sur cette caricature un autre boxeur au grand cœur, Marcel Cerdan, croqué par Pellos avant son combat revanche face à La Motta, que la tragédie aérienne des Açores lui interdit, hélas, de disputer. 

"Boonen" nouvelle pour le peloton

Philostrate #Cyclisme
    La chasse au dopage ne saurait passer par des lois scélérates ou des tribunaux d'exception. La décision de la Chambre arbitrale du sport autorisant Tom Boonen à s'aligner au départ du Tour de France 2009 le rappelle avec à propos. Sous couvert de défendre "l'image" de la course et au nom de la prétendue exemplarité des sportifs professionnels, ASO entendait en effet refuser au champion belge de courir la Grande Boucle. Les organisateurs de l'épreuve, désireux de laver plus blanc que la cocaïne dont les contrôles positifs laissent supposer que le triple vainqueur de Paris-Roubaix se poudre le nez, avaient simplement oublié un "détail." Effectué hors compétition, ce contrôle ne pouvait être passible de sanctions sportives…

    Alors, on peut toujours gloser sur l'image de sa discipline que Boonen renvoie au public. Les excès du Flamand, convaincu d'avoir franchi la ligne blanche au moins deux fois en un an, relèvent de la sphère privée, tant qu'il ne sont pas avérés dans l'exercice de son métier. C'est ce que vient de réaffirmer la justice sportive : il y a le droit et il y a la morale. Les pères la vertu prompts à enfourcher le cheval du dopage et à rouler du tambour dans les médias pour se donner bonne conscience devraient méditer cette leçon.

    Même pour défendre une noble cause, les chasses aux sorcières appartiennent à une époque révolue. D'autant que même en se plaçant d'un point de vue moral, ce genre d'oukaze est indéfendable. Boonen a certes choisi d'être un champion, connu et reconnu. Mais où est-il écrit, hormis dans les discours ampoulés des barbons de l'olympisme, qu'un gamin d'une vingtaine d'années, confronté à tous les excès de la popularité, devrait dans notre société assurer la fonction de mètre étalon de l'exemplarité ? Ces champions, professionnels du sport glorifiés à longueur d'ondes et de colonnes, nous contribuons tous les jours à les créer, à accentuer les travers de leur spersonnalités, à creuser les failles des plus fragiles d'entre eux. Le sportif de haut niveau est le reflet de notre société, ambigü, soumis au principe du "tout, tout de suite". Nous le façonnons à notre image et devons l'accepter comme tel. Le brûler en place publique pour ses écarts privés revient à nous affranchir de toute responsabilité dans le processus de création de ces monstres médiatiques que sont devenus nos champions. C'est indigne, surtout lorsque ceux les ayant un jour hâtivement bannis, se retrouvent le lendemain pour verser des larmes de crocodiles sur leurs cercueils…

K.O kiwi pour Bastareaud

Philostrate #Rugby
    On se doutait bien qu'il y avait une grosse anguille sous la roche de Wellington. Censé avoir été bastonné en pleine rue par des Kiwis irascibles, Mathieu Bastareaud, centre du XV de France, s'en était rentré au pays la pommette enflée en se gardant toutefois de porter plainte. Pour un gars contraint de quitter la Nouvelle-Zélande, ses coéquipiers et l'équipe nationale sur une agression supposée gratuite, cette volonté de ne pas faire de vagues laissait perplexe. Et pour cause. Tout penaud, le gros nounours du Stade Français n'a pas tardé à lâcher le morceau avouant, en fait d'embuscade, avoir flirté d'un peu trop près avec une table de nuit après une troisième mi-temps arrosée…

    Il convient de laisser aux paragons de vertu le choix de la peine à infliger au rugbyman menteur. Au nom de la sacro-sainte "exemplarité" du sportif de haut niveau, ils ne manque jamais dans ces cas-là de Saint-Just ou de Fouquier-Tinville pour demander que la bête meure et roulent les têtes. Dommage qu'il n'y ait plus de Kommandanturs, car leurs boîtes à lettres déborderaient de courriers tous plus imagés les uns que les autres sur les châtiments à réserver aux anges déchus du sport spectacle… Mais le vrai problème est ailleurs. Si "Caliméro" Bastareaud a menti une fois, que vaut aujourd'hui le nouveau récit qu'il nous sert pour expliquer son infortune ?

    Le doute plane, la rumeur enfle, c'est humain… Certains éditorialistes, sans doute bien informés, insinuaient ce matin que son visage tuméfié pourrait être le résultat d'un échange musclé avec l'un de ses coéquipiers de retour de bordée. Des bourrades un peu trop appuyées entre compagnons d'Ovalie, pour savoir laquelle des donzelles ramenées à l'aube finirait dans leur lit. Il n'y a pas là matière à fouetter même un footballeur anglais… Non, pour que Bastareaud ait préféré le mensonge à la vérité, sa mésaventure doit mêler le grotesque à l'inavouable. Voilà ma version, corroborée par divers témoignage dignes de foi, dont celui du beau-frère de l'oncle de la gardienne de l'ambassade du Monomotapa à Wellington. Le rugbyman imbibé ramène à l'hôtel une conquête néo-zélandaise, elle aussi passablement éméchée.

   Après avoir ouvert le lit, bien plié son maillot bleu de l'équipe de France et s'être lavé les dents trois minutes - consignes de la FFR, un international se doit d'avoir une hygiène buccale parfaite…-, le gaillard s'apprête à rejoindre sa belle d'un soir et enfile le maillot rose du Stade Français qui lui sert de pyjama. C'est là que tout part en brioche. Pensant avoir affaire à un pervers, ulcérée de voir son mâle compagnon transformé ainsi en grande Zoa, la diablesse le sèche d'un furieux coup de tatane en pleine tête. Rideau. Réveil honteux et passage par la case mensonge. Morale de l'histoire : la néo-zélandaise est soupe au lait et tient bien l'alcool. Sortis du stade Jean-Bouin, les maillots de Max Guazzini prêtent vraiment à confusion. Tout compte fait Mathieu, t'as eu raison de mentir…

Victor Cosson, échappé pour l'éternité…

Philostrate #Cyclisme
     Il s'appelait Victor Cosson. Mais pour ses amis - et ils étaient nombreux…-, c'était "Totor" de Billancourt. Un vrai titi des faubourgs, auréolé de gloire le temps d'un été et d'une troisième place sur le Tour de France cycliste 1938. À 93 ans, ce joyeux témoin d'une période faste des pelotons, ces années trente riches en champions tricolores, s'est éteint chez lui, dans la nuit du 18 juin 2009, à Boulogne-Billancourt. "Ce sont des choses qui arrivent à cet âge-là !", nous aurait-il lancé en clignant de l'œil. N'empêche cher Totor, ta famille, tes potes et tous ceux qui t'aimaient en ont gros sur la patate…

    Tes histoires de courses d'avant-guerre, tu les racontais comme pas un. Sans chichis, ni grandiloquence. Tu aimais les partager autour d'une bonne table, fourchette en l'air et verre à la main. Si ton appartement, rempli de souvenirs, semblait être resté dans son jus depuis tes folles années, tu ne vivais pas pour autant dans le passé. Tes copains, tu les choisissais sans distinction d'âge, anciens coéquipiers, journalistes ou rivaux chenus, comme "jeunots" ayant à peine entamé la quarantaine. Des histoires d'amitié toute simple, scellées dans la complicité d'anecdotes partagées autour de ta table de salle à manger ou de ton petit studio photo, où les clichés sépia de ta jeunesse n'arrêtaient pas de faire des petits.

    Jusque récemment, tu descendais toujours à pied tes quatre étages, tu allais faire ton tiercé au PMU du coin, casser la graine au restaurant, saluer au passage ceux, nombreux, qui te connaissaient dans  le quartier. Autonome comme beaucoup de nonagénaires rêvent de l'être, par la grâce de ces "gènes de dinosaure", dont tu imaginais ta famille dotée, tant elle produisait de quasi-centenaires.… Hélas, même les dinosaures s'éteignent un jour. Ton enthousiasme aurait pu rendre jaloux bien des gamins, mais ta mécanique, elle, était usée par la vie. C'est comme ça. Mais tu laisses un sacré vide, de ceux que même les plus valeureux coursiers n'arrivent pas à combler. T'as passé la flamme rouge et la ligne d'arrivée en solitaire. T'auras sûrement une anecdote ou un bon mot pour Saint Pierre. D'anciennes photos à dédicacer pour tes supporters, qui au Ciel t'attendent depuis un bail. Et nous autres, peloton d'orphelins, on suivra tôt ou tard, on le sait. On n'est pas pressés non plus… Mais quand on te retrouvera, cochon qui s'en dédit, on fera une bringue à déplumer les anges du paradis !



Vidéo produite et réalisée par le Conseil général des Hauts-de-Seine en juillet 2007.
www.hauts-de-seine.net

Victor Cosson sera enterré jeudi 25 juin 2009 à 14h30 au cimetière nouveau de Boulogne-Billancourt
(rue Pierre-Grenier, à deux pas du métro porte de Saint-Cloud).

Teheran 2020

Philostrate #Olympisme
    Au train où vont les choses, le CIO n'aura pas trop à se creuser la tête pour trouver la ville hôte des Jeux de 2020. Que les milliers d'Iraniens qui manifestent  à Téhéran prennent leur mal en patience, dans onze ans, ils auront droit à leur quart d'heure olympique, faute d'avoir un scrutin démocratique. Vous ne me suivez pas ? La démonstration est simple. En 1989, le pouvoir dictatorial de Pékin écrasait à coup de chenilles la révolte étudiante sur la place Tien an men. Deux décennies plus tard, le sang ayant eu le temps de sécher sur les pavés, la même place accueillait la caravane olympique sans que le régime de Beijing ait d'aucune façon changé de nature…

    Aujourd'hui, on défile contre Ahmadinejad à Téhéran, des manifestants tombent pour verser quelques gouttes de démocratie dans le régime peu soluble des mollahs. Mais que les Iraniens se rassurent. L'intransigeance des barbus et les martyrs de la place Haft-é Tir ne feraient pas reculer le CIO longtemps, si d'aventure en 2020 l'Iran se mettait sur les rangs. D'abord, parce qu'en matière géopolitique, les hiérarques aux anneaux s'alignent le plus souvent sans rechigner sur les despotes. Un exemple : ces derniers jours, les seuls à reconnaître sans broncher la supposée victoire électorale d'"Atomic Mahmoud" sont les gouvernements autoritaires chinois et russes.

    Le premier, a accueilli les Jeux d'été 2008 en dépit d'un profond malaise international, le second accueillera les Jeux d'hiver à Sotchi en 2014, sur fond d'expropriations massives et de saccage des richesses naturelles d'une région qui, foi de Poutine, fera risette à l'olympisme coûte que coûte… Dans ce contexte, l'hypothèse Téhéran n'a rien d'extravagant. Selon la jolie fable, encore fort répandue du côté de Lausanne, qui voudrait même que les vertus thaumaturges de l'olympisme aident les régimes les plus fermés à s'intégrer dans le concert des nations, l'idée pourrait faire son chemin.

    Amis Iraniens, serrez les dents ! Si le train de la démocratie vous passe une nouvelle fois sous le nez, faites contre mauvaise fortune bon cœur. Vous aurez peut-être droit à ce second tour olympique qui fait s'ouvrir jusqu'aux plus profonds océans d'incompréhension comme la mer Rouge devant Moïse. Avec les JO, tout devient plus simple, les dictatures se teintent de bleu, rouge, jaune, noir et vert, les couleurs des anneaux convoités. Une fois les Jeux terminés et les déficits creusés tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Demandez aux Tibétains ou aux dissidents chinois, la vie est beaucoup plus douce pour eux aujourd'hui. Les larmes des paysans du Caucase, spoliés de leurs terres par la loi d'expropriation olympique prise par le gouvernement russe sont de joie, ne vous y trompez pas ! Alors, très cher peuple iranien, ne désespère pas. Avec ou sans démocratie, l'olympisme tôt ou tard sera aussi  là pour toi…

Un "hooligan" nommé Nelson Montfort

Philostrate #Société et médias
    Nom : Monfort. Prénom : Nelson. Faute d'être amiral dans la flotte de sa très gracieuse Majesté, le présentateur vedette de Roland-Garros sur France Télévision s'est mué récemment en forban des courts. Brûlant d'interviewer Rafaël Nadal, aussi rincé après sa défaite face à Söderling que les Espagnols de l'Invincible Armada, notre Tintin frisotté s'est imposé à l'écran un peu trop tôt pour le protocole. Colère de l'organisation du tournoi, rappel à l'ordre de Daniel Bilalian, le "Gros Bill" patron des sports sur le service public, recadrage de l'intéressé, mais sans débordement…

    Pas de quoi en faire tout un plat, quand bien même serait-il de gigot d'agneau à la menthe… D'autant que sur le stade de la porte d'Auteuil, Mister Nelson, c'est quelqu'un ! Souvent plus populaire que les joueurs, hélé par ses admirateurs du haut des tribunes au point de devoir parfois se cacher pour faire ses interviews sans perturber les matches en cours, le corsaire Monfort récolte tous les jours les fruits d'une gloire médiatique méritée. Une machine de guerre le bonhomme, l'archétype même du journaliste communiquant multicartes, aussi à l'aise sur un plateau de télévision que dans ces improbables rassemblements de vedettes dont le microcosme du PAF a le secret.

   Après des débuts à l'antenne, rendus possibles par sa parfaite maîtrise de l'anglais, qualité hélas fort peu répandue chez ses confrères, Nelson Monfort est même devenu une sorte de méridien de Greenwich du journalisme sportif, façon service public à l'ancienne. Un maître ès brosse à reluire, obséquieux en diable auprès des grands de ce monde et des champions qui trônent au sommet, au point de ridiculiser les plus gagas des groupies. Nelson, c'est la classe et l'accent so british garanti duffle coat et patate chaude dans la bouche. Même ses fautes de goût sont faites avec style : par exemple lorsqu'il fait une interview de Mickey en direct à Roland-Garros et que l'exaspérante souris en profite, comme il se doit, pour faire la promotion du parc attracte-cons de Marne-la-Vallée. Émus, les dangereux gauchistes du Syndicat national des journalistes ont beau en profiter pour l'éreinter, "Sir" Montfort - il ne l'est pas, mais au train où va la monarchie anglaise…- reste de marbre. Avant que l'un de ces excités de la déontologie ne soit capable de dire "Disneyland Resort" avec ce détachement tout britannique qui sied au gentleman, la terre battue du court central aura viré au vert pomme. C'est un combat perdu les gars, ou bien changez de média : on a les stars que l'on mérite !

L'annonce faite à "Maké"

Philostrate #Coup de coeur de Philostrate
    L'histoire veut que le Tout-puissant se soit adressé à Jeanne d'Arc dans un champ de sa Lorraine natale. C'est sur la pelouse du Parc des Princes ou les terrains d'entraînement du camp des Loges que Claude Makélélé, lui, a dû entendre des voix célestes. Là où la Pucelle d'Orléans s'était vu confier la mission de bouter les Anglais hors de France, le vieux "Maké" se sent désormais investi d'une mission quasi-divine, celle de remettre à lui seul le Paris Saint-Germain dans le droit chemin.

    Vaste programme. Drôle d'idée surtout, car de quelle légitimité peut se revendiquer l'ancien international pour jouer les redresseurs de torts au PSG ? Maké a un palmarès, certes. Il a joué les tauliers cette saison dans le vestiaire et le milieu de terrain parisiens, d'accord. Mais au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. S'il a plutôt bien tenu la distance dans une équipe jouant au train de sénateur du championnat de France, à la vitesse de croisière Ligue des Champions il aurait sans doute tiré la langue plus que de raison. Surtout, arrivé l'été dernier, que représente Makélélé dans l'histoire du club de la capitale pour s'imaginer ainsi l'incarner aujourd'hui ?

    Rien ou presque. A moins que nous n'ayons raté un épisode. Peut-être, vu son grand âge, Makélélé faisait-il déjà partie, alors fringant trentenaire, de l'équipe qui permit à Paris d'écrire les premières lignes de son palmarès au tout début des années 1980 ? Si c'est le cas, cela nous a échappé, ainsi qu'aux glorieux anciens ayant porté la coupe de France à bout de bras en 1982 et 1983… Par contre, nous sommes quelques uns à nous rappeler très clairement cette finale de coupe en 1993 au Parc des Princes où, venu chercher fortune avec ses virevoltants équipiers Nantais, Maké en était reparti cul nu et fessé de trois buts par des Parisiens où jouaient alors les Kombouaré, Roche, Le Guen et consorts…

    Sauf à confondre Sébastien Bazin avec Dieu le Père, on ne voit pas de quel buisson ardent peut se prévaloir Maké pour se croire ainsi prophète dans un pays qu'il devra conquérir avant d'être le sien. Bouffi d'orgueil, notre bistrotier haut de gamme, dont le café chic est l'unique brevet de parisiannité, risque plutôt de s'attirer de sérieuses inimitiés dans les virages en jouant ainsi les matamors.

    Qu'il range ses habits de Zorro improbable dans l'armoire et se contente simplement de faire la promotion de sa biographie. Faute de nettoyer les prétendues "saletés" qui handicapent selon lui le PSG, son bouquin, comme celui de Rothen avant lui, pourra toujours servir à caler un ou deux meubles bancals du centre d'entraînement parisien…

Gasquet/Nadal, la guerre des poudres

Philostrate #Société et médias
    Depuis sa création, ou presque, le tennis se joue en rouge et blanc. Rouge, comme l'ocre de la terre battue, cette brique pilée que les Français ont vite adoptée pour échapper au gazon anglais. Blanc, comme la tenue réglementaire des élégants sportsmen pratiquant le tennis au temps de nos glorieux Mousquetaires. Ce week-end, ces deux couleurs ont fait un retour en force dans l'univers de la petite balle jaune, par le jeu des déclarations et frasques supposées de deux de ses champions.

    Le rouge s'est trouvé un ardent défenseur en la personne de Rafaël Nadal. Le rude Ibère, aussi discret en dehors des courts qu'impitoyable raquette en main, a poussé un coup de gueule retentissant contre les organisateurs trafiquants de poudre, prêts à sacrifier la couleur traditionnelle de la terre battue pour je ne sais quelle fantaisie chromatique. Le N°1 mondial s'est fait le défenseur de la tradition et c'est tant mieux, pour l'esprit du jeu comme pour les spectateurs. Il n'est qu'à se souvenir de quelques expériences ratées en Fed Cup ou à l'Open Gaz de France pour s'en convaincre. Jouer avec la couleur du court, qu'il s'agisse de revêtement synthétique ou de composés plus volatiles, peut en effet nuire gravement à la lecture des trajectoires de balles. Ceux qui ont encore la faiblesse - le courage ? - de s'intéresser, devant leur petit écran ou dans les gradins, aux joutes à deux millions de dollars des gladiateurs de l'ATP te remercient, Rafa !

    Poudre toujours, mais blanche cette fois, pour l'infortuné Richard Gasquet et son contrôle positif à la cocaïne. L'ex-rival de Nadal, chez les juniors s'entend, suit là sans le vouloir - la qualité de Français lui vaut dans la presse d'avoir au moins le bénéfice du doute…- la ligne sinueuse tracée par bien des tennismen depuis la fin des années 1970. Une forme de tradition là aussi : Mats Wilander, Martina Hingis et avant eux Vitas Gerulaitis, ont en leur temps payé leur tribut à la fée blanche des nuits friquées, où le ghota de la raquette fraie avec la Jet set. Notre Calimero biterrois n'a pas l'envergure des oiseaux nocturnes, façon "Ace, drug and rock'n roll" habitués à piquer du nez dans la schnouff. Ça au moins, personne n'en doute. Quoique, dans un moment d'égarement, l'éternel jeune espoir, las de se contenter de mauvais vin et d'ambiances de fin de féria, a pu vouloir accéder à une autre forme d'extase…

    Quoiqu'il en soit, rouge de honte ou blanc de rage, seul l'avenir nous dira comment le protégé du Team Lagardère sortira de ce pétrin. Sa mésaventure aura eu au moins un mérite : prouver qu'en dépit de sa propension à singer de plus en plus ouvertement la presse "pipole" dans sa nouvelle formule de magazine de fin de semaine, notre quotidien sportif national a encore des progrès à faire en la matière. En confondant le chanteur Sinclair et le DJ Bob Sinclar, dont Gasquet est allé apprécier la performance le soir de son erreur fatale à Miami, le maître-étalon de la sportitude a étalé sa méconnaissance de l'univers du nightclubbing. Un handicap pour un journal qui semble désireux de marcher sur les traces visqueuses de Voici, Closer et autres tabloïds charognards. Il n'aurait plus manqué que l'icono mette à côté de l'article une photo de  Roger Moore, alias Lord Brett Sinclair dans la série "Amicalement vôtre", pour que le bide soit complet…

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