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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

He's got the "Jacked"

Philostrate #Natation
    "Si je jette la combinaison dans l'eau, elle ne va pas avancer toute seule !" Le nageur, Frédérick Bousquet, qui a récupéré mercredi matin lors des championnats de France à Montpellier son record national du 50m, a le sens de la répartie. Interrogé sur l'importance prise par sa combinaison "miracle" dans cette performance, la torpille d'Auburn a cloué le bec d'une pirouette aux journalistes, légitimement intrigués par cette seconde peau de polyuréthane qui semble donner des nageoires à ceux qui l'adoptent. Drôle, sa saillie aquatique l'est sans aucun doute. Mais sa réflexion va au-delà de la gaudriole.

    "Même en lui mettant des piqûres dans le cul, vous ne ferez jamais d'un âne un cheval de course !" , a t-on coutume de dire dans les pelotons cyclistes à propos du dopage. C'est vrai… Enfilez des pilules dans le cornet du premier venu, juchez-le sur un vélo et demandez-lui de grimper l'Alpe d'Huez en moins de quarante minutes et vous aurez toutes les chances de le voir finir, au mieux, dans le fossé, au pire, dans un costume en sapin. Aussi vrai que l'habit ne fait pas le moine, la "Jaked", nom de ce nouvel équipement aux vertus flottantes avérées, ne fera jamais un dauphin d'un fer à repasser ou d'une "tringle", pour reprendre la terminologie de Philippe Lucas version Guignols de l'Info

    Sauf qu'en l'espèce, on parle de champions, pas de pékins moyens flottants comme des canards laqués. Si, dans une compétition tout ce qu'il y a d'officielle, certains bénéficient d'un équipement tenant du prototype dont l'ensemble des engagés ne peut disposer, il y a inéquité. C'est une forme de dopage, technologique certes, mais du dopage tout de même. Ce sont les hésitations de la FINA qui ont mené à cet état de fait. Faut-il homologuer ou pas, à partir de quel gain en terme de flottabilité, etc ? Des tests sont en cours à l'Ecole polytechnique de Genève. La sagesse aurait voulu que, du moins jusqu'à ce que les experts se prononcent, le port des "combinaisons perlimpinpin" soit interdit dans les championnats et meetings nationaux et internationaux.

    Mais sur ce coup-là, les huiles de la natation mondiale, non solubles dans l'eau chlorée, ce sont laissées déborder. Ou peut-être ont-elles préféré, pour cristalliser l'attention des médias, voir les records valser à grand renfort de polymère, au risque de devoir ensuite réviser leurs bilans annuels ? Le résultat s'apparente à un joyeux foutoir où, finalement, les équipementiers et donc les intérêts économiques mènent la danse. Alors réjouis-toi Fred, "You've got the Jacked", pourrait-on dire pour paraphraser Bon Scott (High Voltage, Vers. 2, Chap.2, les fans d'AC/DC comprendront…) Mais méfie-toi tout de même. Dans un tel marigot, si elle ne nage pas toute seule, ta combinaison pourrait bien se mettre  un jour ou l'autre à marcher sur l'eau !

Le Canadien, légende à vendre

Philostrate #Sports de glace
    Le monde du sport business est décidément impitoyable. L'année même de son centenaire, le plus grand club de hockey sur glace au monde est à vendre. Le Canadien de Montréal, recordman incontesté de victoires en coupe Stanley (24), le Saint Graal de la rondelle, se retrouve sur le marché, comme un vulgaire paquet de linge sale. Joe Malone et Maurice Richard doivent s'en retourner d'horreur dans leur tombe glacée…

    Il faut dire que la légende tricolore a déjà pris pas mal de coups de canifs durant ces dernières décennies. Ne revenons pas à l'époque où seuls les "Canadiens français" se devaient de porter la "Sainte flanelle", surnom emprunt de dévotion donné au maillot bleu, blanc, rouge de Montréal. Ce serait remonter trop loin dans les brumes du temps. Tenons-nous en à 1996, année funeste où la franchise la plus populaire du Québec quittait le Forum, sa patinoire historique, pour le "Centre Molson", devenu depuis "Centre Bell", changement de sponsor oblige.

    Les businessmen voyaient alors en cette nouvelle "arena", comme on dit là-bas, l'entrée avant l'heure du Canadien dans le XXIe siècle. Les nostalgiques juraient que les fantômes du Forum,  l'impalpable présence des "Glorieux" passés censée sublimer l'équipe dans les moments cruciaux, ne suivraient pas le mouvement. Ils avaient raison. Ce n'est peut-être que l'effet du hasard, mais dans sa nouvelle patinoire, où le public a tout sous la main pour se cholestéroliser les artères à l'américaine, le Canadien ne s'est plus jamais approché de la coupe Stanley, remportée pour la dernière fois de son histoire en 1993…

    Vint ensuite en 2001 l'épisode George Gillett, du nom de l'actuel propriétaire du club. Homme d'affaires américain, ce milliardaire est plus connu en Europe pour avoir acheté en 2007 le club de football de Liverpool, au grand dam des Scousers purs et durs, qui ont été jusqu'à brûler son effigie sur les bords de la Mersey. La famille Gilett a fait fortune dans la viande et ses dérivés. Le petit George s'est fait les dents en investissant dans le sport, secteur juteux s'il en est. Qu'il songe aujourd'hui à vendre, à soixante-dix ans bien sonnés, la légende du hockey comme un morceau de barbaque relève donc de l'atavisme familial. Prix estimé pour un retour sur investissement raisonnable : 400 millions de dollars canadiens. Une paille, mais tout de même une bonne affaire à en croire les experts. Certains acheteurs québecois potentiels, craignants de voir ce pilier de l'identité provinciale mis à l'encan, se sont déjà manifestés. Parmi eux, René Angelil, époux méritant de Céline Dion. Et là évidemment, on craint le pire. Vous imaginez le tableau ? René proprio, madame se fera un point d'honneur à venir sur la glace brailler les hymnes avant chaque rencontre de championnat, habitude pénible mais typiquement nord-américaine. À moins de mettre des boules Quies pour échapper aux envolées de l'hurlante engeance, les fantômes du Forum ne sont pas près de revenir. À ce compte-là, même qualifié cette saison pour le premier tour des séries finales face à Boston, le Canadien risque de glisser longtemps encore à la poursuite de son passé doré…

Vertige de La Paz

Philostrate #Football
    Pobre Diego Parti tel un Napoléon de la pampa à la conquête des Andes, Santa Maradona, désormais sélectionneur de l'équipe d'Argentine, est redescendu de La Paz à dos de mule et avec des sacoches sacrément lestées. En prenant six buts en Bolivie la semaine dernière dans les éliminatoires de la coupe du monde de football 2010, le Lazare de Buenos Aires a vu se refermer le premier chapitre de sa nouvelle vie footballistique sur le banc de touche. Fini l'état de grâce à la tête de la sélection albiceleste

    Comme nos actes se rappellent toujours à nos souvenirs à point nommé, Dieguito a dû mesurer l'ironie de cette volée reçue à près de 3000m d'altitude. Quand on se prévaut de "la main de Dieu", se faire botter les fesses dans ces confins séraphiques tient presque du désaveu. D'autant que, grand amoureux de Castro et du Che, le sélectionneur argentin était venu en personne soutenir, en short et balle au pied s'il vous plaît, les pauvres Boliviens contre les idées réformistes de la FIFA. Devant le souhait des instances du football international d'interdire aux nations de l'Altiplano et de la cordillière des Andes d'organiser des matches internationaux dans l'aire des condors, Diego avait endossé sa tunique de guerillero. No pasaran et que viva la revolucion !

    Maradona a toujours fait en sorte d'être du côté du faible et du pauvre, fidèle à ces élans populistes qui sont à la vie politique argentine ce que la graisse est au mexicain dans les westerns américains. Alors, même quand ses engagements lui retombent sur le nez, le filou le plus génial de l'histoire du football redresse la tête et bombe le torse. L'asphyxie d'une sélection, composée de joueurs usés jusqu'à la corde par les championnats européens, semble presque une évidence sur ces pelouses des cimes. Après le match, devant une presse fébrile, Maradona n'a pourtant pas daigné agiter cet argument - aussi recevable soit-il…- pour justifier l'effondrement de son équipe.  Pas parce que ses prises de position passées l'en empêchaient. Maradona n'a jamais été à une contradiction près. Mais simplement parce que, même tombé de haut, Diego a conservé intact l'orgueil des petite frappes de bidonville, qui même blessées au plus profond d'elles-mêmes refusent toujours de verser une larme sur leur sort.

Broken Lance

Philostrate #Cyclisme
    Les inconditionnels de "La Dernière Séance" présentée par Eddy Mitchell s'en souviennent sans doute. Dans Broken Lance (La Lance brisée), western de 1954 d'Edward Dmytryk, quatre frères s'entretuent à la mort de leur père, vieux fermier incarné à l'écran par Spencer Tracy. Trop tôt pour dire si les héritiers d'Armstrong dans le peloton en feront de même cet été sur les routes du Tour de France, toujours est-il que Lance est bel et bien "broken". "Cassé", l'ogre de la Grande Boucle. L'épaule en vrac, laissant planer un gros point d'interrogation sur son come back.

    Armstrong, depuis son retour au cyclisme, avait déjà chuté dans le Tour de Californie. Lui, réputé du temps de sa splendeur, pour ne jamais perdre l'équilibre, avait une première fois tâté de l'asphalte. Rebelote, cette fois dans le Tour de Castille et Leon, avec les conséquences que l'on sait. Mais comment Lance, capable de traverser un champ au terme d'une descente de col sans broncher, a t-il pu ainsi s'amocher pour un simple frémissement dans le peloton ? La réponse ne doit rien à la fatalité. L'homme est le même, mais les circonstances ont changé.

    Armstrong n'est plus le patron que ses équipiers encadraient aux avant-postes pour affirmer son emprise sur la course. Depuis son retour à la compétition, l'homme aux sept Tours de France s'efforce de retrouver le rythme, calé la plupart du temps dans le peloton. Les risques de chuter y sont bien plus grands, surtout lorsque s'y ajoute la nervosité d'un retraité reprenant du service pour accomplir des merveilles. Les témoins de sa chute sous le ciel de Castille ont tous fait état de la grande tension du champion avant son fatal soleil. C'est une chose de retrouver une forme honorable. C'en est une autre de renouer avec ces automatismes, ces intuitions qui font sentir au coureur sur la route les mauvais coups comme le paysan la grêle ou le marin la tempête.

    Les cyclistes le savent. Ce petit centième de seconde, ce réflexe qui vous fait anticiper les crispations ou les écarts du peloton se perd très vite, dès lors que l'on décroche un temps soit peu de la compétition. Armstrong et son épaule rafistolée, n'a plus désormais d'autre choix que d'espérer avoir suffisamment de temps pour s'y remettre et retrouver ce sixième sens avant l'été. Sinon, ses rêves de grand huit risquent fort de partir en brioche…

DHEA… on r'met ça ?

Philostrate #Dopage
    Nos sportifs feront de beaux vieux. Je sais, je n'ai pas toujours dit ça… Mais depuis les révélations cette semaine de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), je suis rassuré. Chez les footballeurs de Ligue 1, les rugbymen du Top 14 et les athlètes, la DHEA, hormone mère anti-vieillissement interdite par l'Agence mondiale antidopage, fait des adeptes. A en croire les résultats de ces analyses, effectuées sur 138 échantillons capillaires, les footeux, au nombre de sept parmi les vilains petits canards repérés par la patrouille des coupeurs de cheveux en quatre, seraient les plus accros à ce stéroïde miracle.

    "Une piqûre de rappel pour tous les acteurs du football français…", rappelait pour l'occasion, dans un trait d'humour involontaire, Jacques Lienard, ex-médecin de la FFF. Une nouvelle sacrément embarrassante surtout pour notre quotidien sportif national, étonnamment discret sur le sujet. Premier article riquiqui, mercredi 18 mars. Le peloton est sur ce coup loin d'être dans le groupe d'échappés, mais le papier en question est tout de même placé à côté de la rubrique cyclisme. C'est tellement commode. L'équation "dopage = vélo" est si bien intégrée, pourquoi s'en priver ?

    Second article, d'à peine un quart de page, le lendemain, jeudi 19 mars. Cette fois, le titre, "De la DHEA en Ligue 1", ne brouille pas les pistes. Mais que l'on est loin tout de même du temps où l'hystérie dopante était devenue la marque de fabrique de la rédaction ! La moindre seringue égarée par un diabétique négligent valait alors un appel de "Une". La chasse aux sorcières, dans un cyclisme professionnel apathique et sans réaction, allait bon train et L'Equipe, entraînée par quelques Saint Just de la plume, ne ratait pas une occasion de taper au mateau-pilon sur le peloton.

    Mais le football n'est pas le cyclisme, la bête est bien plus redoutable. Surtout, la consigne est venue d'en haut. De maman Amaury elle-même, qui a dit à ses ouailles qu'à force de scier la branche sur laquelle ils sont grassement perchés, ils allaient un jour ou l'autre en tomber. La chasse au dopage, OK, mais point trop n'en faut. Alors, là où Aujourd'hui en France, moins en vue dans le monde sportif, consacre deux pleines pages aux ballons ronds gonflés à la DHEA, notre quotidien sportif national, pourtant lui aussi de l'écurie Amaury, fait dans le suivi discret du dossier. Attention, ne croyez pas que je m'en plaigne, au contraire ! Je regrette simplement que par le passé le cyclisme n'ait pas bénéficié du même traitement. Mais, au risque de me répéter, le football n'est pas le vélo…

Le théorème des 3x8

Philostrate #Football
    Trois éliminations de suite en huitièmes de finale. Une série de revers à la chaîne façon 3x8. C'est la belle passe de trois que vient de réussir Lyon au terme de ses dernières campagnes de Ligue des Champions. Cette fois, c'est Barcelone qui a scalpé la crinière du vieux Lyon. Sans guère se faire peur au demeurant. Naïf, je pensais que ce nouvel échec clouerait le bec à l'omniprésent président de l'Olympique lyonnais, Jean-Michel "Hélas". C'était oublier que le satrape de Fourvière a autant la défaite amère que la mémoire courte…

    Fallait l'entendre, ce matin, faire peser une partie de son élimination sur l'organisation du football français, qui a les épaules larges, faute d'avoir le mollet conquérant. Son aller simple au terminus des prétentieux, il avait envie de le faire partager le Jean Mi-Mi, beaucoup plus en tous cas que ses victoires, qu'il estime d'ordinaire ne devoir qu'à lui-même. Pourtant, si Lyon est certes tombé sur une impressionnante équipe de Barcelone - dont plusieurs adversaires en Espagne sont pourtant venus à bout ces dernières semaines…-, lui et son staff sont bel et bien responsables de cette débâcle.

    Par un mercato hivernal inexistant d'abord, qui n'a pas su ou voulu pallier les blessures et faiblesses de l'effectif. Ce problème de gestion des hommes est récurrent à Lyon. Le cas Fred, véritable planche pourrie sur le pont du fringant vaisseau lyonnais, en est symptômatique. Voilà un type qui, entraîné par son frère souteneur croqueur de billets, menace à chaque marché des transferts d'aller voir ailleurs si les liasses sont plus vertes et surtout plus épaisses. Eh bien lorsqu'il part enfin cet hiver, c'est dans la confusion la plus totale, sans que le visionnaire de Gerland ait le moins du monde préparé une solution de remplacement. Ce n'est pas faute d'avoir été prévenu pourtant !

    Ensuite, par une incapacité chronique à inscrire ces grands chocs européens dans le parcours normal d'un club qui se veut pourtant ambitieux. A chaque sommet printanier - ou presque, puisque les Lyonnais ne sont plus depuis trois saisons en Ligue des Champions quand arrive la date officielle du 21 mars…-, c'est la même rengaine. Aulas et sa clique dramatisent la rencontre à outrance : "match le plus important de la saison", face à "l'un des meilleurs voire le meilleur club du monde"… Résultat, au moindre revers de fortune, les fauves deviennent des lionceaux, les gentlemen rhodaniens perdent leurs nerfs comme des rosières. Les Lyonnais sont grands dans la victoire, mais petits et vicieux dans la défaite, comme Fred ou Cris il y a deux saisons contre la Roma, ou Juninho, lamentablement expulsé hier face au Barça. Manque de force morale, mauvaise préparation mentale… : dans la cour des grands, ça ne pardonne pas.

    Alors Lyon peut bien demeurer favori pour enfiler une nouvelle perle sur son collier de champion de France, il semble plus que jamais condamné à ne récolter que des poussières d'étoiles européennes. Le président de l'OL pourra toujours claironner qu'il s'agit là d'une preuve de stabilité et de réussite. Au regard des sommes investies, du budget d'un club bien mieux doté que les Chypriotes d'Anorthosis Famagouste, mais tout juste capable de gravir une marche de plus sur l'échelle européenne, ce nouveau revers relève d'un déficit de gestion, évident tant sportif qu'humain. Une remise en cause en profondeur s'impose. Mais Aulas tout-puissant, toujours persuadé d'avoir raison, si ce n'est contre le monde entier du moins contre ses pairs sur le pré étriqué du football français, est-il prêt à se livrer à ce douloureux exercice ?

Dur à "ovaler"

Philostrate #Rugby
    Comment peut-on plaider un jour pour la suppression de l'oreillette dans les pelotons au nom de l'éternel vélo et piétiner le lendemain l'une des traditions les plus sacrées de l'Ovalie ? Ce qui est bon pour le cyclisme, le respect des valeurs et de l'héritage sportif, ne le serait-il pas pour le rugby ? La question mérite d'être posée à "Gros Bill", shérif du corral sportif sur le PAF public. En poussant à la roue pour que le match France-Galles se dispute vendredi soir dernier sur France Télévision, Daniel Bilalian a en effet commis un sacrilège.

    Le Tournoi des Cinq Nations, même devenu Six avec l'adjonction récente d'un quinze italien al dente dans ce vieux plat mijoté en quintette depuis des décennies, ça se déguste l'après-midi, un point c'est tout. Et le samedi, de préférence. Ce n'est pas une histoire de vieille tambouille à papa. Juste le respect d'un public sans qui l'ovale perd toute sa saveur. Ce sont eux que la télévision, en imposant là aussi son diktat, méprise au risque de couper le rugby de ses racines. Ceux qui quittent leur Sud-Ouest natal le vendredi soir ou dans le premier train du samedi matin et saucissonnent en dégustant à l'avance leur escapade parisienne du week-end. Eux sans qui le rugby finira lui aussi par se dissoudre dans le "United colors of sport business" qui donne un goût de soda frelaté aux débats athlétiques sur gazon.

    Les Anglais, qui savent parfois se montrer intraitables, avaient refusé l'an dernier ce petit arrangement avec l'audimat. "No game on friday evening !", avaient-ils répondu lorsque la France avait proposé, déjà, de disputer sa rencontre à domicile contre Albion le vendredi soir. Les Gallois eux, qu'ils en rougissent de honte, ont cédé. Au grand désespoir de quelques-uns de leurs anciens internationaux et d'une partie de leur public, privé de traversée du Channel et d'escapade sur le continent. Pas de quoi être fiers. C'est une nouvelle brèche que la télévision vient d'ouvrir dans la tradition d'un sport, dont on croyait la cuirrasse bien plus épaisse.

    Peut-être un jour décrètera t-elle qu'un match à quinze doit se jouer en quart-temps, pour laisser plus de place au fast food publicitaire ? Peut-être verra t-on les grandes joutes du rugby international se transformer en pâles copies des "Folies Ziegfeld", disputées par de gros bébés aux maillots rose bonbon, avec pom-pom girls et  karaoké de variétoche à vomir en famille… La formule marche déjà dans notre championnat, pourquoi ne pas l'appliquer au Tournoi. Et tant pis si les provinciaux, pour cause de calendrier bouleversé, ne montent plus à Paris pour célébrer l'Ovalie le temps d'un week-end. Ça fera plus de place pour les bobos, les simili-parigots et les têtes de veaux…

God save sir Charlton !

Philostrate #Société et médias
    De passage à London en signe d'allégeance à Albion, Philostrate est parti fureter du côté de Covent Garden. Sur l'étal d'un vendeur de vieux papiers, ce numéro de Goal - autoproclamé "The world's greatest soccer weekly", toujous le sens de la mesure de nos frères ennemis anglois…- attendait de trouver preneur.

    Entre autres pépites, cette édition du 1er mai 1971 contenait un article, signé sir Bobby Charlton, sur le débat qui faisait alors rage outre-Manche autour de la professionnalisation des arbitres. Oubliez le contexte et vous constaterez, qu'il s'agisse de statut ou d'arbitrage vidéo, combien la condition des hommes en noir suscite toujours les mêmes interrogations et lignes de fracture dans le milieu du football. Extrait…

    "Je ne suis pas sûr, pour ma part, que des arbitres professionnels apporteront une réponse (aux récentes erreurs d'arbitrages constatées dans le championnat, NDP). Quel que soit leur statut, les arbitres resteront des êtres humains et seront par ce seul fait, toujours susceptibles de commettre des erreurs (…) Ceci dit, il n'y a pas à mon sens un si grave problème d'arbitrage dans ce pays. Il arrive aux arbitres de se tromper, mais aux joueurs aussi…

    Je crois que, dans un futur pas si lointain, les arbitres gagneront beaucoup d'argent en dirigeant des matches - peut-être autant que la majorité des joueurs. Mais je ne vois pas pourquoi aujourd'hui on devrait les suspecter de prendre des décisions qui pourraient favoriser la montée ou précipiter la descente de telle ou telle équipe…" On admire le sens de la mesure de sir Bobby. Un respect du sale boulot dévolu aux hommes en noir, que nous ferions bien de prendre à notre compte, alors même que les ralentis dont nous gavent les réalisateurs de football, ceux-là même sur lesquels les décisions d'arbitrage sont passées au crible, ne suffisent pas toujours à se faire un avis sur la réalité d'une faute, d'un but ou d'un pénalty !

    Bobby rappelle, en quelques lignes, que l'erreur est humaine et que, sauf à le confier à des Judge Dredd des surfaces, l'arbitrage n'échappe pas à cette règle. On peut bien professionnaliser, multiplier les assesseurs, les caméras ou même adopter l'arbitrage vidéo, l'humanité laissera toujours des maillons faibles dans la chaîne de décision. Il en va de même des joueurs et des dirigeants. Et c'est tant mieux.

    Car ne nous trompons pas de cible mes amis. Ce monde sans erreur dont les pseudo protecteurs de l'équité sportive rêvent aujourd'hui, conduit sur les terrains comme ailleurs au "1984" de George Orwell. Un univers où, à force de gommer les aspérités, de vouloir à tout prix réduire les risques (d'erreur ou de dopage, n'en déplaise au Big Brother de l'AMA…), le meilleur des mondes se construit sur l'autel de la déshumanisation. Les sportifs n'ont pas à enfiler le costume de modèles, taillés par les théoriciens de l'hydre olympique ou les publicitaires.

    Leur seule exemplarité réside dans leur humanité, qui les rend, comme nous tous, vulnérables, capables des plus grands exploits comme des pires bassesses, d'erreurs fatales ou de petits arrangements avec la morale. En guise de conclusion et pour rester dans l'ambiance swinging'London pattes d'eph' et rouflaquettes, Philostrate offre à tous les amoureux de sport anarchique cette photo du divin George Best. Seigneur et vagabond. Buteur et buveur. Génial et exaspérant. Prodigieux et inconséquent. Humain, assurément…

Marco, lâche pas le morceau !

Philostrate #Football
    Jean-Michel Aulas aurait-il enfin trouvé son maître ? Le shériff lyonnais, qui rêve de faire régner l'ordre gone dans les réunions de la Ligue nationale de football, les couloirs de la Fédération ou les commissions d'arbitrage, va peut-être enfin s'avouer vaincu. Le président de l'OL, qui fait passer ses homologues de Ligue 1 pour de petits caniches aux jappements inaudibles et rêve d'une presse aux ordres risque en effet de devoir baisser pavillon devant ce que, à Lyon, Paris ou Marseille, les citadins le nez pincé appellent communément un "bouseux".

    Marc est agriculteur à Decines, dans cette banlieue lyonnaise où JML rêve d'implanter son OL Land. Problème : une partie des terres qu'il cultive se trouve sur le périmètre où devrait s'élever le futur grand stade de Lyon, qui est un peu au Rhône ce que le monstre est au Loch Ness. Qu'à cela ne tienne, à 30 euros du mètre carré, les promoteurs du projet espèraient bien pouvoir soustraire à vil prix ses trois hectares de terrain à l'embarrassant petzouille. C'était oublier un peu vite combien madrés sont nos pécores…

    Depuis Fernand Raynaud c'est bien connu, l'agriculture "Ça eût payé, mais ça paie plus…" Le football, en revanche, ça vous fait des tas de billets aussi replets qu'une botte de paille. Alors le Marco l'a dit : "Banco!" "Mon terrain j'vous l'refourgue, moyennant 300 euros du mètre carré, soit dix fois plus que ce que vous vouliez m'en donner mes beaux messieurs… Si vous allongez l'oseille, vous pourrez bien y faire pousser du gazon, y élever un éléphant blanc, construire un parking géant, j'm'en fous comme de ma première gerbe (de blé…) Balancez les faffiots, topez là mes agneaux ou allez donc vous faire tondre ailleurs !"

    Le père Aulas, plus prompt à endosser le rôle de loup que de brebis, n'en est toujours pas revenu. Même si d'autres que lui, en l'occurence la mairie, gèrent cet épineux dossier, le satrape de Fourvière doit salement marronner devant ce nouvel obstacle à ses rêves de grandeur. Pour un peu, on l'imagine se déplaçant en personne, une valise de biftons dans sa Merco, pour un raid désespéré à l'ancienne, façon Tapie des années fastes. Mais fais tout de même gaffe Jean-MiMi, rappelle-toi de l'Auberge Rouge et de Dominici. Les culs-terreux, c'est souvent retors, tu pourrais finir dans un puits ou en pâté pour les porcs. Comme les alcôves et terrains du football international, où se goinfrent tes semblables et leurs protégés, ressemblent désormais à s'y méprendre à des enclos à pourceaux, ce ne serait finalement que l'épilogue logique de ton glorieux destin…

   

Veni, Viagra, Vici

Philostrate #Dopage
     Nul ne sait si, comme le père Dupanloup, Jacques Anquetil dans son cercueil bandait encore comme un chevreuil. Mais, connu pour ses éclats de forme turgescents dans les pelotons, "Maître Jacques" aurait sans doute apprécié la dernière topette en vogue chez les sportifs. Le Viagra. Ahhh, j'entends déjà des râles lubriques dignes des vestiaires du Stade Français, peuplés on le sait désormais d'éphèbes dénudés aux poses suggestives ! Pourtant, Viagra ne rime pas forcément avec effeuillage et parties de guiboles lascives dans la luzerne…

    Les alpinistes furent les premiers à tirer bénéfice de la petite pilule aux vertus priapiques. Non qu'ils se révèlent mous du piolet ou que la proximité des nuages les incitent à vouloir monter plus souvent que de raison au septième ciel. Mais simplement parce que, en favorisant une meilleure irrigation des tissus en oxygène et en faisant baisser la pression artérielle en altitude, le divin cacheton les aidait à passer outre les coups de bambou redoutés des rois des cimes. Jamais en retard d'une innovation toxicologique, les cyclistes, dont renifler l'air raréfié des sommets fait partie du bagage, n'ont pas tardé non plus à saisir cette nouvelle perche tendue vers eux par la médecine.

    Le Viagra a donc fait son entrée dans la pharmacie des petits Faust du peloton, en témoignent quelques saisies récentes effectuées par les pandores. Certains esprits malicieux souligneront que les grimpeurs égarés sur ces chemins de perdition faute d'être Charly Gaul l'auront au moins… la gaule ! On aurait tort de sourire. Le recours au vigoureux remède, s'il se généralise, risque en effet de poser de graves problèmes dans les mois à venir. Surtout pour les équipementiers sportifs. Comment en effet concilier des tenues toujours plus près du corps avec ce nouveau traitement favorisant les durcissements intempestifs ?

    Imaginez le résultat sous une combinaison de natation, de ski ou un cuissard. Pour l'intimité et la discrétion on repassera, autant essayer de dissimuler un gigot dans le collant d'un danseur d'opéra ! La généralisation du Viagra comme produit dopant devrait donc faire radicalement changer la panoplie de nos champions. Avec un retour en force des shorts flottants, des pantalons bouffants et tenues de bains à l'ancienne, seuls à même de dissimuler dès lors leurs coupables raideurs…

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