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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

L'annonce faite à "Maké"

Philostrate #Coup de coeur de Philostrate
    L'histoire veut que le Tout-puissant se soit adressé à Jeanne d'Arc dans un champ de sa Lorraine natale. C'est sur la pelouse du Parc des Princes ou les terrains d'entraînement du camp des Loges que Claude Makélélé, lui, a dû entendre des voix célestes. Là où la Pucelle d'Orléans s'était vu confier la mission de bouter les Anglais hors de France, le vieux "Maké" se sent désormais investi d'une mission quasi-divine, celle de remettre à lui seul le Paris Saint-Germain dans le droit chemin.

    Vaste programme. Drôle d'idée surtout, car de quelle légitimité peut se revendiquer l'ancien international pour jouer les redresseurs de torts au PSG ? Maké a un palmarès, certes. Il a joué les tauliers cette saison dans le vestiaire et le milieu de terrain parisiens, d'accord. Mais au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. S'il a plutôt bien tenu la distance dans une équipe jouant au train de sénateur du championnat de France, à la vitesse de croisière Ligue des Champions il aurait sans doute tiré la langue plus que de raison. Surtout, arrivé l'été dernier, que représente Makélélé dans l'histoire du club de la capitale pour s'imaginer ainsi l'incarner aujourd'hui ?

    Rien ou presque. A moins que nous n'ayons raté un épisode. Peut-être, vu son grand âge, Makélélé faisait-il déjà partie, alors fringant trentenaire, de l'équipe qui permit à Paris d'écrire les premières lignes de son palmarès au tout début des années 1980 ? Si c'est le cas, cela nous a échappé, ainsi qu'aux glorieux anciens ayant porté la coupe de France à bout de bras en 1982 et 1983… Par contre, nous sommes quelques uns à nous rappeler très clairement cette finale de coupe en 1993 au Parc des Princes où, venu chercher fortune avec ses virevoltants équipiers Nantais, Maké en était reparti cul nu et fessé de trois buts par des Parisiens où jouaient alors les Kombouaré, Roche, Le Guen et consorts…

    Sauf à confondre Sébastien Bazin avec Dieu le Père, on ne voit pas de quel buisson ardent peut se prévaloir Maké pour se croire ainsi prophète dans un pays qu'il devra conquérir avant d'être le sien. Bouffi d'orgueil, notre bistrotier haut de gamme, dont le café chic est l'unique brevet de parisiannité, risque plutôt de s'attirer de sérieuses inimitiés dans les virages en jouant ainsi les matamors.

    Qu'il range ses habits de Zorro improbable dans l'armoire et se contente simplement de faire la promotion de sa biographie. Faute de nettoyer les prétendues "saletés" qui handicapent selon lui le PSG, son bouquin, comme celui de Rothen avant lui, pourra toujours servir à caler un ou deux meubles bancals du centre d'entraînement parisien…

Gasquet/Nadal, la guerre des poudres

Philostrate #Société et médias
    Depuis sa création, ou presque, le tennis se joue en rouge et blanc. Rouge, comme l'ocre de la terre battue, cette brique pilée que les Français ont vite adoptée pour échapper au gazon anglais. Blanc, comme la tenue réglementaire des élégants sportsmen pratiquant le tennis au temps de nos glorieux Mousquetaires. Ce week-end, ces deux couleurs ont fait un retour en force dans l'univers de la petite balle jaune, par le jeu des déclarations et frasques supposées de deux de ses champions.

    Le rouge s'est trouvé un ardent défenseur en la personne de Rafaël Nadal. Le rude Ibère, aussi discret en dehors des courts qu'impitoyable raquette en main, a poussé un coup de gueule retentissant contre les organisateurs trafiquants de poudre, prêts à sacrifier la couleur traditionnelle de la terre battue pour je ne sais quelle fantaisie chromatique. Le N°1 mondial s'est fait le défenseur de la tradition et c'est tant mieux, pour l'esprit du jeu comme pour les spectateurs. Il n'est qu'à se souvenir de quelques expériences ratées en Fed Cup ou à l'Open Gaz de France pour s'en convaincre. Jouer avec la couleur du court, qu'il s'agisse de revêtement synthétique ou de composés plus volatiles, peut en effet nuire gravement à la lecture des trajectoires de balles. Ceux qui ont encore la faiblesse - le courage ? - de s'intéresser, devant leur petit écran ou dans les gradins, aux joutes à deux millions de dollars des gladiateurs de l'ATP te remercient, Rafa !

    Poudre toujours, mais blanche cette fois, pour l'infortuné Richard Gasquet et son contrôle positif à la cocaïne. L'ex-rival de Nadal, chez les juniors s'entend, suit là sans le vouloir - la qualité de Français lui vaut dans la presse d'avoir au moins le bénéfice du doute…- la ligne sinueuse tracée par bien des tennismen depuis la fin des années 1970. Une forme de tradition là aussi : Mats Wilander, Martina Hingis et avant eux Vitas Gerulaitis, ont en leur temps payé leur tribut à la fée blanche des nuits friquées, où le ghota de la raquette fraie avec la Jet set. Notre Calimero biterrois n'a pas l'envergure des oiseaux nocturnes, façon "Ace, drug and rock'n roll" habitués à piquer du nez dans la schnouff. Ça au moins, personne n'en doute. Quoique, dans un moment d'égarement, l'éternel jeune espoir, las de se contenter de mauvais vin et d'ambiances de fin de féria, a pu vouloir accéder à une autre forme d'extase…

    Quoiqu'il en soit, rouge de honte ou blanc de rage, seul l'avenir nous dira comment le protégé du Team Lagardère sortira de ce pétrin. Sa mésaventure aura eu au moins un mérite : prouver qu'en dépit de sa propension à singer de plus en plus ouvertement la presse "pipole" dans sa nouvelle formule de magazine de fin de semaine, notre quotidien sportif national a encore des progrès à faire en la matière. En confondant le chanteur Sinclair et le DJ Bob Sinclar, dont Gasquet est allé apprécier la performance le soir de son erreur fatale à Miami, le maître-étalon de la sportitude a étalé sa méconnaissance de l'univers du nightclubbing. Un handicap pour un journal qui semble désireux de marcher sur les traces visqueuses de Voici, Closer et autres tabloïds charognards. Il n'aurait plus manqué que l'icono mette à côté de l'article une photo de  Roger Moore, alias Lord Brett Sinclair dans la série "Amicalement vôtre", pour que le bide soit complet…

Monsieur 100 000 Bolt

Philostrate #Athlétisme
  Usain Bolt l'a échappé belle. Je ne fais ici aucune allusion à la vague de contrôles antidopage positifs qui a valu à plusieurs héros des derniers JO de se retrouver aussi dépourvus qu'une bande de lapins sous le feu d'un chasseur en rase campagne. Je fais seulement référence au spectaculaire accident de voiture, qui a conduit le champion olympique dans un fossé jamaïcain comme un vulgaire rasta fumeur de ganja tombé de sa mobylette.

    Le héros s'en est sorti avec quelques égratignures. Son bolide lui, offert par un équipementier avisé, a fini aussi froissé que le teint de Régine après un after dans les bois de Meudon. Vraiment pas beau à voir. Mais on n'ose imaginer ce qu'il serait advenu du Beep Beep de Trelawny si, au lieu d'une voiture de sport, son généreux mécène lui avait offert un avion ! Après tout, quitte à rester dans la symbolique de la vitesse, un jet collait mieux avec la silhouette d'échassier tout en pattes du père Usain. C'était à peu près aussi fin que de faire accompagner un boxeur sur un ring par un kangourou, ou une lanceuse de poids sur un stade par une vache charolaise. Tout dans la métaphore classieuse…

    La faute de goût n'a rien d'étonnant, venant des fils de pub et autres souteneurs siglés qui fraient dans le sillage des grands requins du sport professionnel. Ces équipementiers, qui donnent des salaires de misère aux petites mains du Tiers monde pour produire des accessoires vendus à prix d'or sur le marché, ne reculent devant rien pour faire étalage de leur munificence. Du concentré de bling-bling, tempéré par quelques publicités politiquement correctes à l'universalisme bon teint. Donc, à grand champion, gros contrat et gros cadeau. Usain Bolt n'est pas Romain Mesnil, contraint de sillonner Paris la perche à la main en tenue d'Adam pour séduire de nouveaux sponsors. Tout auréolé de sa gloire olympique, le Monsieur 100 000 Bolt du sprint ne conduisait, lui, que les orteils à l'air, comme en témoignent ses ripatons meurtris par le piquante flore jamaïcaine après sa sortie de route. Mais s'il avait dû bêtement sur ce coup-là passer de vie à trépas, c'est à coup sûr son équipementier qui aurait eu une sacrée épine dans le pied…

Croule Britannia !

Philostrate #Football
    Ok, Ok, la Premier League compte quatre représentants dans le dernier carré de la Ligue des Champions. Mais derrière ce tableau en trompe-l'œil, version engazonnée du "Rule Britannia !" de l'âge d'or de l'empire britannique, le constat est amère. Les amoureux du bon vieux foot anglais tendance fish and chips, stout, lager et tribunes populaires n'y trouvent plus leur compte. Les heures sombres du hooliganisme, les clubs cotés en bourse, les stades aux abonnements inabordables et la mondialisation leur ont depuis longtemps fait perdre leurs illusions.

    Prenez Arsenal et Chelsea par exemple. Qu'ont-il en commun avec leurs ancêtres d'avant les années 1990, si ce n'est un palmarès ? Rien ou presque. Ce ne sont plus que des franchises, au sens nord-américain du terme, auxquelles seul l'amour indéfectible du maillot qui anime le supporter anglais donne encore un semblant de légitimité. Regardez l'effectif de ces clubs londoniens, aussi riches que pédants. En tout et pour tout huit représentants britanniques chacun, sur un total d'une trentaine de joueurs, c'est maigre pour préserver une identité. Bien sûr, ce melting pot arrosé de devises a permis au foot anglais de sortir des frustes années du kick and rush, où seul se complait encore le championnat écossais. Mais quand on connaît la fibre prolétaire du ballon british, le pub devient l'ultime refuge où refaire le monde, un œil sur une pinte, l'autre sur l'écran géant où tapinent les mercenaires du soccer

    Concilier tradition et impératifs économiques à la sauce football business est pourtant possible, y compris en Angleterre. Dans ce nouvel Eldorado, c'est même le club réputé être le plus riche du monde qui montre la voie. D'accord, Manchester United est une gigantesque entreprise à gagner du blé. Certes, on y est désormais aussi loin des Busby Babes ou de Denis Law (ci-dessus) que ces foutraques d'Oasis de leurs ancêtres musicaux des Kinks ou de Cream. Mais sur un effectif de trente-huit joueurs cette saison, MU compte encore 22 représentants des îles britanniques. Tous ne sont pas titulaires et Sir Alex Ferguson ne fait pas dans le sentiment lorsqu'il s'agit de livrer sa composition d'équipe. N'empêche. Cela dénote tout de même un autre état d'esprit, dont on se demande s'il survivra au-delà du règne du génial maquignon écossais. Que les Red Devils poursuivent leur chemin jusqu'en finale de cette Ligue des Champions ne serait donc que justice. Et qu'ils y rencontrent Barcelone, où évoluent encore 21 Espagnols sur 34 joueurs, entretiendrait un peu l'illusion d'un football de club, pas tout à fait dissout dans la grande lessiveuse à pognon du marché sportif mondial.

Triple ban - de sardines… - pour Alain Bernard !

Philostrate #Natation

Philostrate tient à féliciter Alain Bernard pour son record du monde du 100m (46"94), établi jeudi 23 avril lors des championnats de France 2009 à Montpellier. Malgré le port de la combinaison prototype de son équipementier, on le reconnaît parfaitement, tout à sa joie, sur cette photo prise quelques secondes après son exploit.

Enthousiaste, le champion a effectué plusieurs cabrioles et remercié Flipper, son compagnon d'entraînement. "Du Sport ou du cochon" peut d'ailleurs vous révéler aujourd'hui en exclusivité la signature d'un nouveau contrat de partenariat entre le médaillé d'or olympique et une célèbre marque de sardines à l'huile.

Impressionné par sa seconde peau en polyuréthane, le directeur du Marineland d'Antibes lui aurait même déjà proposé un poste de meneuse de revue une fois sa carrière sportive terminée. Allez, triple ban - de sardines ou de maquereaux c'est selon… - pour la FINA, Alain et son équipementier malin !

He's got the "Jacked"

Philostrate #Natation
    "Si je jette la combinaison dans l'eau, elle ne va pas avancer toute seule !" Le nageur, Frédérick Bousquet, qui a récupéré mercredi matin lors des championnats de France à Montpellier son record national du 50m, a le sens de la répartie. Interrogé sur l'importance prise par sa combinaison "miracle" dans cette performance, la torpille d'Auburn a cloué le bec d'une pirouette aux journalistes, légitimement intrigués par cette seconde peau de polyuréthane qui semble donner des nageoires à ceux qui l'adoptent. Drôle, sa saillie aquatique l'est sans aucun doute. Mais sa réflexion va au-delà de la gaudriole.

    "Même en lui mettant des piqûres dans le cul, vous ne ferez jamais d'un âne un cheval de course !" , a t-on coutume de dire dans les pelotons cyclistes à propos du dopage. C'est vrai… Enfilez des pilules dans le cornet du premier venu, juchez-le sur un vélo et demandez-lui de grimper l'Alpe d'Huez en moins de quarante minutes et vous aurez toutes les chances de le voir finir, au mieux, dans le fossé, au pire, dans un costume en sapin. Aussi vrai que l'habit ne fait pas le moine, la "Jaked", nom de ce nouvel équipement aux vertus flottantes avérées, ne fera jamais un dauphin d'un fer à repasser ou d'une "tringle", pour reprendre la terminologie de Philippe Lucas version Guignols de l'Info

    Sauf qu'en l'espèce, on parle de champions, pas de pékins moyens flottants comme des canards laqués. Si, dans une compétition tout ce qu'il y a d'officielle, certains bénéficient d'un équipement tenant du prototype dont l'ensemble des engagés ne peut disposer, il y a inéquité. C'est une forme de dopage, technologique certes, mais du dopage tout de même. Ce sont les hésitations de la FINA qui ont mené à cet état de fait. Faut-il homologuer ou pas, à partir de quel gain en terme de flottabilité, etc ? Des tests sont en cours à l'Ecole polytechnique de Genève. La sagesse aurait voulu que, du moins jusqu'à ce que les experts se prononcent, le port des "combinaisons perlimpinpin" soit interdit dans les championnats et meetings nationaux et internationaux.

    Mais sur ce coup-là, les huiles de la natation mondiale, non solubles dans l'eau chlorée, ce sont laissées déborder. Ou peut-être ont-elles préféré, pour cristalliser l'attention des médias, voir les records valser à grand renfort de polymère, au risque de devoir ensuite réviser leurs bilans annuels ? Le résultat s'apparente à un joyeux foutoir où, finalement, les équipementiers et donc les intérêts économiques mènent la danse. Alors réjouis-toi Fred, "You've got the Jacked", pourrait-on dire pour paraphraser Bon Scott (High Voltage, Vers. 2, Chap.2, les fans d'AC/DC comprendront…) Mais méfie-toi tout de même. Dans un tel marigot, si elle ne nage pas toute seule, ta combinaison pourrait bien se mettre  un jour ou l'autre à marcher sur l'eau !

Le Canadien, légende à vendre

Philostrate #Sports de glace
    Le monde du sport business est décidément impitoyable. L'année même de son centenaire, le plus grand club de hockey sur glace au monde est à vendre. Le Canadien de Montréal, recordman incontesté de victoires en coupe Stanley (24), le Saint Graal de la rondelle, se retrouve sur le marché, comme un vulgaire paquet de linge sale. Joe Malone et Maurice Richard doivent s'en retourner d'horreur dans leur tombe glacée…

    Il faut dire que la légende tricolore a déjà pris pas mal de coups de canifs durant ces dernières décennies. Ne revenons pas à l'époque où seuls les "Canadiens français" se devaient de porter la "Sainte flanelle", surnom emprunt de dévotion donné au maillot bleu, blanc, rouge de Montréal. Ce serait remonter trop loin dans les brumes du temps. Tenons-nous en à 1996, année funeste où la franchise la plus populaire du Québec quittait le Forum, sa patinoire historique, pour le "Centre Molson", devenu depuis "Centre Bell", changement de sponsor oblige.

    Les businessmen voyaient alors en cette nouvelle "arena", comme on dit là-bas, l'entrée avant l'heure du Canadien dans le XXIe siècle. Les nostalgiques juraient que les fantômes du Forum,  l'impalpable présence des "Glorieux" passés censée sublimer l'équipe dans les moments cruciaux, ne suivraient pas le mouvement. Ils avaient raison. Ce n'est peut-être que l'effet du hasard, mais dans sa nouvelle patinoire, où le public a tout sous la main pour se cholestéroliser les artères à l'américaine, le Canadien ne s'est plus jamais approché de la coupe Stanley, remportée pour la dernière fois de son histoire en 1993…

    Vint ensuite en 2001 l'épisode George Gillett, du nom de l'actuel propriétaire du club. Homme d'affaires américain, ce milliardaire est plus connu en Europe pour avoir acheté en 2007 le club de football de Liverpool, au grand dam des Scousers purs et durs, qui ont été jusqu'à brûler son effigie sur les bords de la Mersey. La famille Gilett a fait fortune dans la viande et ses dérivés. Le petit George s'est fait les dents en investissant dans le sport, secteur juteux s'il en est. Qu'il songe aujourd'hui à vendre, à soixante-dix ans bien sonnés, la légende du hockey comme un morceau de barbaque relève donc de l'atavisme familial. Prix estimé pour un retour sur investissement raisonnable : 400 millions de dollars canadiens. Une paille, mais tout de même une bonne affaire à en croire les experts. Certains acheteurs québecois potentiels, craignants de voir ce pilier de l'identité provinciale mis à l'encan, se sont déjà manifestés. Parmi eux, René Angelil, époux méritant de Céline Dion. Et là évidemment, on craint le pire. Vous imaginez le tableau ? René proprio, madame se fera un point d'honneur à venir sur la glace brailler les hymnes avant chaque rencontre de championnat, habitude pénible mais typiquement nord-américaine. À moins de mettre des boules Quies pour échapper aux envolées de l'hurlante engeance, les fantômes du Forum ne sont pas près de revenir. À ce compte-là, même qualifié cette saison pour le premier tour des séries finales face à Boston, le Canadien risque de glisser longtemps encore à la poursuite de son passé doré…

Vertige de La Paz

Philostrate #Football
    Pobre Diego Parti tel un Napoléon de la pampa à la conquête des Andes, Santa Maradona, désormais sélectionneur de l'équipe d'Argentine, est redescendu de La Paz à dos de mule et avec des sacoches sacrément lestées. En prenant six buts en Bolivie la semaine dernière dans les éliminatoires de la coupe du monde de football 2010, le Lazare de Buenos Aires a vu se refermer le premier chapitre de sa nouvelle vie footballistique sur le banc de touche. Fini l'état de grâce à la tête de la sélection albiceleste

    Comme nos actes se rappellent toujours à nos souvenirs à point nommé, Dieguito a dû mesurer l'ironie de cette volée reçue à près de 3000m d'altitude. Quand on se prévaut de "la main de Dieu", se faire botter les fesses dans ces confins séraphiques tient presque du désaveu. D'autant que, grand amoureux de Castro et du Che, le sélectionneur argentin était venu en personne soutenir, en short et balle au pied s'il vous plaît, les pauvres Boliviens contre les idées réformistes de la FIFA. Devant le souhait des instances du football international d'interdire aux nations de l'Altiplano et de la cordillière des Andes d'organiser des matches internationaux dans l'aire des condors, Diego avait endossé sa tunique de guerillero. No pasaran et que viva la revolucion !

    Maradona a toujours fait en sorte d'être du côté du faible et du pauvre, fidèle à ces élans populistes qui sont à la vie politique argentine ce que la graisse est au mexicain dans les westerns américains. Alors, même quand ses engagements lui retombent sur le nez, le filou le plus génial de l'histoire du football redresse la tête et bombe le torse. L'asphyxie d'une sélection, composée de joueurs usés jusqu'à la corde par les championnats européens, semble presque une évidence sur ces pelouses des cimes. Après le match, devant une presse fébrile, Maradona n'a pourtant pas daigné agiter cet argument - aussi recevable soit-il…- pour justifier l'effondrement de son équipe.  Pas parce que ses prises de position passées l'en empêchaient. Maradona n'a jamais été à une contradiction près. Mais simplement parce que, même tombé de haut, Diego a conservé intact l'orgueil des petite frappes de bidonville, qui même blessées au plus profond d'elles-mêmes refusent toujours de verser une larme sur leur sort.

Broken Lance

Philostrate #Cyclisme
    Les inconditionnels de "La Dernière Séance" présentée par Eddy Mitchell s'en souviennent sans doute. Dans Broken Lance (La Lance brisée), western de 1954 d'Edward Dmytryk, quatre frères s'entretuent à la mort de leur père, vieux fermier incarné à l'écran par Spencer Tracy. Trop tôt pour dire si les héritiers d'Armstrong dans le peloton en feront de même cet été sur les routes du Tour de France, toujours est-il que Lance est bel et bien "broken". "Cassé", l'ogre de la Grande Boucle. L'épaule en vrac, laissant planer un gros point d'interrogation sur son come back.

    Armstrong, depuis son retour au cyclisme, avait déjà chuté dans le Tour de Californie. Lui, réputé du temps de sa splendeur, pour ne jamais perdre l'équilibre, avait une première fois tâté de l'asphalte. Rebelote, cette fois dans le Tour de Castille et Leon, avec les conséquences que l'on sait. Mais comment Lance, capable de traverser un champ au terme d'une descente de col sans broncher, a t-il pu ainsi s'amocher pour un simple frémissement dans le peloton ? La réponse ne doit rien à la fatalité. L'homme est le même, mais les circonstances ont changé.

    Armstrong n'est plus le patron que ses équipiers encadraient aux avant-postes pour affirmer son emprise sur la course. Depuis son retour à la compétition, l'homme aux sept Tours de France s'efforce de retrouver le rythme, calé la plupart du temps dans le peloton. Les risques de chuter y sont bien plus grands, surtout lorsque s'y ajoute la nervosité d'un retraité reprenant du service pour accomplir des merveilles. Les témoins de sa chute sous le ciel de Castille ont tous fait état de la grande tension du champion avant son fatal soleil. C'est une chose de retrouver une forme honorable. C'en est une autre de renouer avec ces automatismes, ces intuitions qui font sentir au coureur sur la route les mauvais coups comme le paysan la grêle ou le marin la tempête.

    Les cyclistes le savent. Ce petit centième de seconde, ce réflexe qui vous fait anticiper les crispations ou les écarts du peloton se perd très vite, dès lors que l'on décroche un temps soit peu de la compétition. Armstrong et son épaule rafistolée, n'a plus désormais d'autre choix que d'espérer avoir suffisamment de temps pour s'y remettre et retrouver ce sixième sens avant l'été. Sinon, ses rêves de grand huit risquent fort de partir en brioche…

DHEA… on r'met ça ?

Philostrate #Dopage
    Nos sportifs feront de beaux vieux. Je sais, je n'ai pas toujours dit ça… Mais depuis les révélations cette semaine de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), je suis rassuré. Chez les footballeurs de Ligue 1, les rugbymen du Top 14 et les athlètes, la DHEA, hormone mère anti-vieillissement interdite par l'Agence mondiale antidopage, fait des adeptes. A en croire les résultats de ces analyses, effectuées sur 138 échantillons capillaires, les footeux, au nombre de sept parmi les vilains petits canards repérés par la patrouille des coupeurs de cheveux en quatre, seraient les plus accros à ce stéroïde miracle.

    "Une piqûre de rappel pour tous les acteurs du football français…", rappelait pour l'occasion, dans un trait d'humour involontaire, Jacques Lienard, ex-médecin de la FFF. Une nouvelle sacrément embarrassante surtout pour notre quotidien sportif national, étonnamment discret sur le sujet. Premier article riquiqui, mercredi 18 mars. Le peloton est sur ce coup loin d'être dans le groupe d'échappés, mais le papier en question est tout de même placé à côté de la rubrique cyclisme. C'est tellement commode. L'équation "dopage = vélo" est si bien intégrée, pourquoi s'en priver ?

    Second article, d'à peine un quart de page, le lendemain, jeudi 19 mars. Cette fois, le titre, "De la DHEA en Ligue 1", ne brouille pas les pistes. Mais que l'on est loin tout de même du temps où l'hystérie dopante était devenue la marque de fabrique de la rédaction ! La moindre seringue égarée par un diabétique négligent valait alors un appel de "Une". La chasse aux sorcières, dans un cyclisme professionnel apathique et sans réaction, allait bon train et L'Equipe, entraînée par quelques Saint Just de la plume, ne ratait pas une occasion de taper au mateau-pilon sur le peloton.

    Mais le football n'est pas le cyclisme, la bête est bien plus redoutable. Surtout, la consigne est venue d'en haut. De maman Amaury elle-même, qui a dit à ses ouailles qu'à force de scier la branche sur laquelle ils sont grassement perchés, ils allaient un jour ou l'autre en tomber. La chasse au dopage, OK, mais point trop n'en faut. Alors, là où Aujourd'hui en France, moins en vue dans le monde sportif, consacre deux pleines pages aux ballons ronds gonflés à la DHEA, notre quotidien sportif national, pourtant lui aussi de l'écurie Amaury, fait dans le suivi discret du dossier. Attention, ne croyez pas que je m'en plaigne, au contraire ! Je regrette simplement que par le passé le cyclisme n'ait pas bénéficié du même traitement. Mais, au risque de me répéter, le football n'est pas le vélo…

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