Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Paris, ville d'eau

Philostrate #Les lectures de Philostrate

Articles et textes sont les reflets de leur époque, mais résonnent encore parfois dans l'actualité des décennies plus tard. Exemple avec ce passage d'un article de 1932 consacré à la pratique de la natation à Paris, intéressant à l'heure où la candidature pour les JO de 2024 pourrait permettre à la capitale de se doter du stade nautique qui lui fait défaut depuis tant d'années…

 "Un récent accident, la disparition de notre brillant confrère Albert Londres, a dû faire réfléchir nombre de gens sur l'utilité de la natation. On peut en effet nommer sa disparition un accident, car il ne fut pas brûlé dans la catastrophe du Georges-Philippar et il tomba à l'eau non évanoui, non blessé. Il ne savait pas nager, et c'est probablement à cela seulement que nous devons de déplorer sa perte ! Dans la plupart des sinistres maritimes les personnes qui savent nager trouvent moyen de se cramponner à quelque objet léger et peuvent être sauvées.

Depuis longtemps, en France (…), la Fédération nationale de natation fait campagne pour développer ce sport dans notre peuple. Ses efforts auprès de la jeunesse ont été couronnés de succès, mais insuffisamment, et l'indifférence du public est bien coupable. Voyez ce qui se passe en Allemagne, pays cependant plus nettement continental que le nôtre et moins pourvu d'admirables rivages ! À la Wannsee, aux lacs formés par la Havel, la Sprée, autour de Berlin, dans nombre de belles pièces d'eau des foules de demi-nudistes se pressent.
Paris, ville d'eau
En France, ce n'est pas seulement chaque ville, mais chaque caserne qui devrait avoir une piscine. Or, que voyons-nous, par exemple, à Paris ? Pour près de trois millions d'habitants, une vingtaine de piscines. On n'a jamais calculé ce qu'elles pourraient contenir en y comprimant l'humanité comme dans un Métro à six heures du soir, mais on peut estimer qu'elles ne renfermeraient pas 20 000 personnes (…)

Tous ceux, de la clientèle de Molitor à celle des Tourelles ou de Blomet, qui nagent à Paris recevront nos encouragements parce qu'ils sortent de chez eux, boivent du soleil avec leur peau, respirent un autre air que celui des salles de cinéma. Ils retournent à notre milieu naturel. Qu'est-ce que l'homme à en croire les savants ? Une sorte de moule qui a réussi ! Encore beaucoup sont-ils restés des moules et n'ont-ils pas réussi…"

 

Texte de Hervé Lauwick, paru dans l'édition du 27 août 1932 de L'Illustration. On appréciera le ton très "hygiéniste" de l'auteur, sa référence au naufrage qui coûta la vie au grand reporter Albert Londres… et le fait que la piscine des Tourelles venait alors d'accueillir avec les championnats d'Europe 1931 la dernière grande compétition internationale de natation organisée à Paris !

Avec qui voulez-vous lutter ?

Jean-Claude Duce

Les lutteurs de cirque et de foire étaient très en vogue avant la Grande guerre. Des colosses qui s'affrontaient entre eux, mais le plus souvent invitaient les spectateurs les plus courageux (ou inconscients…) à les défier. Premier à lever la main, premier servi ! Ces portraits, tirés des archives de la BNF, sont ceux des lutteurs du Nouveau Cirque à Paris, immortalisés en 1913. Je ne sais pas vous, mais moi je n'aurais pas eu envie de m'y frotter. Des portraits tout indiqués pour fêter les 177 ans de la photographie…

Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr

Source : http://gallica.bnf.fr

Coubertin, quand le baron s'emmêlait la moustache…

Philostrate #Les lectures de Philostrate

Au congrès olympique de Budapest en 1911, Pierre de Coubertin, toujours soucieux de faire évoluer le programme de "ses" Jeux rénovés, propose aux membres du CIO d'y intégrer quelques nouvelles disciplines, parfois inattendues, qui ne connaîtront pour certaines qu'un succès mitigé. La parole au baron…

Pierre de Coubertin était comme vous, il faisait du sport dans son fauteuil… Et le lancer de nains, t'y a déjà pensé Pierrot au lancer de nains ? (Image Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530674809/f1.item.r=Coubertin,%20Pierre%20de)

Pierre de Coubertin était comme vous, il faisait du sport dans son fauteuil… Et le lancer de nains, t'y a déjà pensé Pierrot au lancer de nains ? (Image Gallica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530674809/f1.item.r=Coubertin,%20Pierre%20de)

  "Une autre nouveauté fut la création du "Pentathlon moderne". Je l'avais déjà présenté au CIO à deux reprises et l'accueil avait été incompréhensif, presque hostile. Je n'avais pas insisté. Cette fois, la grâce de l'Esprit-Saint sportif éclaira mes collègues et ils acceptèrent une épreuve à laquelle j'attachais une grande valeur. Véritable sacrement de l'athlète complet, le Pentathlon moderne devait comprendre : une course à pied, une course à cheval, une course de natation, un assaut d'épée et finalement une épreuve de tir à laquelle j'aurais préféré substituer une course à l'aviron, mais cela eût compliqué grandement l'organisation, déjà passablement difficile.

    (…) La troisième des réalisations dont je veux parler fut l'institution de prix de chasse et d'alpinisme destinés à récompenser la plus belle ascension et le plus bel exploit cynégétique accomplis depuis la célébration de la précédente Olympiade. L'idée avait été émise dès le congrès initial de 1894 et nous avait été transmise par cette assemblée sous forme d'un vœu favorable. Je la voyais complétée plus tard par un troisième prix olympique du même genre pour l'aviation.

    Tout cela était dans l'ordre : all games, all nations. C'était de plus d'une organisation facile, de frais insignifiants… Cependant, sur ce triple terrain, une indifférence apathique et parfois même un mauvais vouloir sans cause discernable se sont manifestés. Cela s'est fait, cela ne s'est plus fait; il n'y a eu là que caprice et manque de suite apparents. J'espère qu'on reviendra à la formule susdite. Elle est bonne…"
 
Extrait de Mémoires olympiques par Pierre de Coubertin, édité en 1931 par le Bureau international de pédagogie sportive du CIO à Lausanne.

Le faux cosmopolitisme du Stade

Philostrate #Les lectures de Philostrate
Articles et textes sont les reflets de leur époque, mais résonnent encore parfois dans l'actualité des décennies plus tard. Alors que le grand cirque des JO bat son plein à Rio, quelques considérations sur le sport et le nationalisme de l'écrivain Charles Maurras, envoyé en avril 1896 par La Gazette de France à Athènes pour témoigner dans ses colonnes de la renaissance des Jeux olympiques. Nous le retrouvons au milieu d'une compétition de lutte…

   
 

lutteurs-l--illustration-1890bdf.jpg    "On met ensuite aux prises un Allemand et un Anglais. En un clin d'œil  M. Schumann a fait mordre la poussière à M. Eliott; mais voici que, avec une ténacité toute britannique, celui-ci se démène comme s'il n'avait pas touché terre des deux épaules. Le Gros Germain est émerveillé de tant d'impudence, mais Athènes s'épanouit. Il faut que le diadoque et le prince Georges prennent sur eux de renvoyer M. Eliott à son club.

    À ce moment, les organisateurs ont la mauvaise idée d'engager un combat entre M. Christopoulos et un autre Grec… Tumulte magnifique. De tous les points sur le Stade, le peuple entier proteste. Non, non ! Oki, Oki, Oki ! On n'admet point le sacrilège, on ne veut pas  de lutte entre les hommes de même langue et de même sang. J'ai beaucoup admiré ce soulèvement hellénique. Il s'en produit ainsi, du même ordre, à tous les instants.

    On s'afflige si l'Héllène en sautant à la perche manque la barre ou exécute de travers le rétablissement aux anneaux. Si l'Anglais, l'Américain ou le Français ont plus d'adresse et de bonheur, c'est un froncement de sourcil. La justice n'en souffre pas. Chacun admire ce qu'il convient d'admirer, mais il le fait d'un cœur plus ou moins généreux suivant les honneurs engagés. Aussi, loin d'étouffer les passions nationales, tout ce faux cosmopolitisme du Stade les exaspère.

    (…) Non, les patries ne sont pas encore dissociées. La guerre non plus n'est pas morte. Jadis, les peuples se fréquentaient par ambassadeurs. C'étaient des intermédiaires qui atténuaient bien des chocs : les peuples déliés du poids de la terre, servis par la vapeur et l'électricité, vont se fréquenter sans procurations, s'injurier de bouche à bouche et s'accabler de cœur à cœur. L'ancien ludus pro patria (1) n'en sera que plus nécessaire."


(1) Devise de l'Association française de gymnastique faisant référence aux Jeux patriotiques antiques.

 

 

Extrait de la quatrième des Lettres des Jeux olympiques de Charles Maurras, parues entre le 15 et le 22 avril 1896 dans les colonnes de La Gazette de France.

 

 

Les cent ans du Bombardier marocain

Jean-Claude Duce

Marcel Cerdan aurait eu cent ans aujourd'hui. Petite galerie nostalgique en mémoire de celui qui reste aujourd'hui encore le champion le plus populaire de l'histoire de la boxe en France.

Grande Boucle et "Front Popu"

Jean-Claude Duce

C'était l'été 1936, celui du Front Populaire et des premiers congés payés. A l'occasion de deux jours de repos à Cannes le 20 juillet et Perpignan le 24, les coureurs du Tour de France goûtaient aux plaisirs de la plage à l'unisson de celles et ceux qui, pour certains, voyaient pour la première fois la Grande Bleue. Equipes belges et allemandes mélangées, Français hilares ou Luxembourgeois joueurs, c'est vrai qu'il flotte sur les géants de la route de cet été-là un petit air de "Front Popu" que restitue bien cette série de photos tirées de la grande malle aux trésors de Gallica

Images : gallica.bnf.f
Images : gallica.bnf.f
Images : gallica.bnf.f
Images : gallica.bnf.f
Images : gallica.bnf.f
Images : gallica.bnf.f
Images : gallica.bnf.f
Images : gallica.bnf.f
Images : gallica.bnf.f

Images : gallica.bnf.f

Il n'y a qu'une escrime, c'est le fleuret…

Philostrate #Les lectures de Philostrate

Quelle est la plus noble et la plus complète des disciplines de l'escrime ? L'auteur anonyme de cet article de la fin des années 1920 n'hésite pas à donner sa préférence. En mémoire de Christian d'Oriola, champion olympique en 1952 et 1956, "Mozart du fleuret" disparu lundi dernier à l'âge de 79 ans.

Images http://gallica.bnf.fr/
Images http://gallica.bnf.fr/

Images http://gallica.bnf.fr/


    "Tout tireur connaissant bien le fleuret sera toujours plus fort que celui qui ne sait que l'épée. Non, bien entendu, qu'il suffise d'être un remarquable fleurettiste pour n'avoir rien à craindre  en face d'une épée. Opposez sur le terrain à un fleurettiste un épéiste exclusif, celui-ci aura certainement l'avantage. Mais que le premier pratique seulement, pendant quelque temps, le maniement de l'épée, il se jouera sans peine de son adversaire.

    Un fait est resté présent à ma mémoire, qui m'en fournit la preuve. Au premier tournoi d'épée du Figaro, les tireurs de fleuret, attirés par la nouveauté de ce sport, et qui n'avaient aucune notion du tir à l'épée, firent piètre figure. Un an après, les tireurs à l'épée n'obtinrent que les plus modestes récompenses. Pourquoi ? Parce que l'escrime au fleuret est un sport plus complet que l'escrime à l'épée. Cette feinte, allongée, rapide, puissante, cette libre action des muscles, aidée par la volonté, cette mobilité continuelle de la lame, ce but si restreint, si difficile à atteindre, savez-vous ce qui en résulte ? La vigueur, la souplesse des membres, l'intelligence, le jugement, la vivacité de l'esprit.

    Dans l'escrime à l'épée, au contraire, que voyons-nous ? Les bras travailler un peu, les jambes pas du tout. Est-ce dans une fente que s'assouplissent les articulations ? Il n'y en a pas ou guère. Peut-on se livrer, même exceptionnellement, à un élan généreux ? Jamais ! On risquerait de s'embrocher sur la pointe de l'adversaire. Donc, exercice incomplet, où les muscles restent sans ressort, partant, sans vie. (…) Il n'y a donc qu'une escrime, c'est le fleuret. L'épée, très attrayante, je le reconnais, n'en est que le complément. La plus belle figure dont s'honore l'escrime française actuelle, j'ai nommé Lucien Gaudin, est une vivante démonstration de ce que j'avance…"
 
Extrait de Tout pour les sports, revue datée de décembre 1929, éditée dans le cadre du deuxième Salon international des sports. Auteur inconnu.

Belmondo, acteur et boxeur…

Jean-Claude Duce

Jean-Paul Belmondo, qui vient de fêter ses 83 ans, n'a jamais renié sa passion pour le noble art. Bien avant de devenir un spectateur fidèle des réunions de boxe parisiennes, notre Bébel national a été un pratiquant assidu, fréquentant notamment du temps de sa jeunesse l'antique salle de l'Avia Club d'Issy-les-Moulineaux. Devenu acteur, il aura l'occasion de mettre ses talents pugilistiques au service de Jean-Pierre Melville dans "L'Aîné des Ferchaux, comme le montre ce reportage de 1962, un "tournage du tournage" où Belmondo tombe les gants pour se livrer à chaud sur le ring…

 

Quand Paris retrouve son palet

Philostrate #Sports de glace
    Avant de partir à la conquête des Alpes, le hockey sur glace a longtemps été une affaire parisienne. Au début du XXe siècle, le Cercle des Patineurs de Paris popularise la discipline en France sur les lacs gelés du bois de Boulogne. À l'exception de Lyon en 1907, les premiers championnats nationaux sont tous remportés jusque dans les années vingt par des  équipes de la capitale, les clubs montagnards devant attendre le sacre de Chamonix en 1922 pour inscrire leur nom au palmarès de la compétition.

    Les décennies suivantes sont certes marquées par un rééquilibrage géographique en faveur des Alpes, mais  le  hockey continue à attirer les foules à Paris. Dans les années 1930, c'est au Vel d'Hiv que Jeff Dickson, audacieux organisateur d'événements sportifs, fait découvrir aux Parisiens l'art du dribbling et de la glisse des joueurs québecois, dont le fameux Laframboise… Dans ces années folles naît aussi la légende des Français Volants de Paris, qui remportent alors leurs premiers titres. Après guerre, une équipe banlieusarde prend le relais. Montée grâce à la générosité de Philippe Potin, héritier de la célèbre chaîne d'épiceries qui laissera sa chemise dans l'aventure, l'ACBB hisse Boulogne-Billancourt jusqu'aux sommets du hockey européen.

 

Images : http://gallica.bnf.fr (trois premières du diaporame) et collection personnelle
Images : http://gallica.bnf.fr (trois premières du diaporame) et collection personnelle
Images : http://gallica.bnf.fr (trois premières du diaporame) et collection personnelle
Images : http://gallica.bnf.fr (trois premières du diaporame) et collection personnelle
Images : http://gallica.bnf.fr (trois premières du diaporame) et collection personnelle
Images : http://gallica.bnf.fr (trois premières du diaporame) et collection personnelle

Images : http://gallica.bnf.fr (trois premières du diaporame) et collection personnelle

    Bon gré mal gré, la tradition perdure dans les patinoires de Paris et sa banlieue jusque dans les années 1980, où l'ouverture du Palais omnisports de Paris Bercy (POPB) et la renaissance des Français Volants raniment les passions. Pour voir les Parisiens affronter leurs rivaux du Mont-Blanc, de Briançon ou de Grenoble, l'assistance dépasse souvent les 10 000 spectateurs à Bercy. Mais cette flambée ne sera que de courte durée : pour avoir vu trop grand, le club parisien sombre peu de temps après son dernier titre, plombé comme nombre de ses homologues par des problèmes financiers récurrents et peu aidé, il est vrai, par une Fédération française des sports de glace où le hockey n'est alors qu'une discipline parmi d'autres, pas forcément la plus mise en valeur…

    Depuis, le hockey a pris son indépendance et s'est inventé un grand rendez-vous parisien annuel. Organisée pour la première fois en février 2007 au POPB, la finale de la coupe de France de hockey y a battu tous les records d'affluence, donnant du baume au cœur à la jeune fédération française de hockey à l'origine de ce pari risqué. Retour en grâce prometteur pour une discipline que l'on n'avait plus vu à pareille fête à Paris depuis bien longtemps. Après une mise entre parenthèses en raison des travaux de rénovation de Bercy, l'événement était de retour sur la glace de "l'Accor hotels Arena" - que ce nom est laid ! - le dimanche 3 janvier 2016. De quoi réjouir les amateurs de hockey, qui ont pu assister à un nouveau sacre des Dragons de Rouen sur la glace parisienne, en attendant le grand rendez-vous des championnats du monde 2017.

 

Un Ch'ti nommé Carpentier

Philostrate #Les lectures de Philostrate
Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr

Source : http://gallica.bnf.fr

Dans Mon match avec la vie, autobiographie sortie en 1954 chez Flammarion, le boxeur Georges Carpentier, grand champion et figure du Paris des années folles, raconte son ascension, de son enfance lensoise à son amitié avec Maurice Chevalier en passant par ses réceptions à la cour d'Angleterre. Il y a tout juste un siècle, le gamin de Lens, alors âgé de 15 ans, fait ses premières armes sur les rings parisiens. Souvenirs…

    "Je n'étais pas venu à Paris pour m'amuser. Sans rêver de conquérir Paris, j'étais décidé de réussir dans mon métier et aussi, comme je le formulais un peu naïvement, à "m'élever" (…) Au cours de ces années 1909 et 1910, je livrai trente-quatre combats, quinze en 1909, dix-neuf en 1910. Résultats : trois défaites, dont une par KO, une par abandon, une aux points, quatre matches nuls, vingt-sept victoires, dont treize par KO, une sur abandon et treize aux points (…)

    L'homme contre qui je perdis par KO, au début de mars 1909, peu après mon installation à Paris, était un nommé Gloria. Le combat avait lieu à l'Elysée-Montmartre. A la fin du septième round, Gloria me toucha d'une droite très dure à l'estomac et j'allai à terre. Je m'étais bien remis pendant la minute de repos mais, m'estimant fatigué, Descamps (son manager) m'empêcha de reprendre le combat. Je knockoutai Gloria à mon tour un an plus tard à Lille.

    C'est le 22 décembre de cette année 1909 que je remportai mon premier titre de champion de France, poids légers, à l'issue d'un combat pendant lequel le nez de mon adversaire, Paul Til, ne cessa d'être en contact avec mon poing gauche. Un mois auparavant, après un match acharné, j'avais remporté une victoire aux points en quinze rounds sur Charles Ledoux, futur champion d'Europe des légers, qui était déjà considéré comme une terreur grâce à une série de foudroyants succès par KO.

    Charles Ledoux, aujourd'hui M. le maire de Pougues-les-Eaux, devait par la suite faire partie de l'écurie Descamps et devenir pour moi un ami. Il était dans mon coin, à New-Jersey, lorsque je rencontrai Dempsey…"
 
Extrait de Mon match avec la vie de Georges Carpentier, Flammarion, 1954, 281 pages.
Champion du monde et champion d'Europe, Georges Carpentier fut par la suite l'un des athlètes les plus populaires de sa génération. Admiré en France et en Angleterre, où il remporta plusieurs de ses victoires et fut reçu à plusieurs reprises par le Prince de Galles, il mourut en 1975, à l'âge de 81 ans.


 

Afficher plus d'articles

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 > >>
Facebook Twitter RSS Contact