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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Insubmersible Laure

Philostrate #Natation
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    Laure Manaudou serait-elle en passe de devenir  l'Angélique du XXIe siècle ? Comme la célèbre Marquise des Anges incarnée par  Michèle Mercier au cinéma dans la fresque romanesque des années 1960, son jeune destin est déjà émaillé d'épisodes hauts en couleurs. Il y eut d'abord Laurette et le Rescator, avec dans le rôle du corsaire des bassins Philippe Lucas, baroudeur chloré amateur de joncaille au caractère tempétueux.

    Laure et l'Olympe, sorti en 2004,  consacrait leur collaboration sur fond de Parthénon et de mer Égée bleutée. L'or olympique à Athènes, la célébrité et la fin des années d'insouciance pour une gamine de 18 ans devenue d'un coup une star du sport mondial et l'une des personnalités favorites des Français. Trois ans et une flopée de records et de médailles plus tard, la rupture avec son intraitable mentor ouvrait un nouvel épisode de la saga : Laurette et le prince de Vérone. Dans le rôle du séducteur, Luca Marin. Dans celui du ténébreux cardinal essayant de tirer honteusement profit de l'idylle, Paolo Penso, pour quelques semaines d'entraînement rocambolesques en Italie, avant une évasion médiatique et le retour de la belle dans le giron familial.

    Nouveau coup de théâtre ce week-end. En battant à Berlin son propre record d'Europe du 200m (1'53"48), la championne d'Ambérieu signait un tonitruant come back. Vous avez aimé Indomptable Angélique en 1967 ? Vous aimerez Insubmersible Laure en 2007, dont l'héroïne, avec son air habituel de ne pas y toucher, cloue mine de rien le bec à tous ceux la croyant égarée quelque part au milieu de "ses amis, ses amours, ses emmerdes", comme l'aurait chanté Aznavour. Aux dernières nouvelles, un autre épisode de la saga serait déjà en pré-production, tournage prévu à l'été 2008. Laurette et la Cité interdite devrait emmener notre aventurière à Pékin en quête d'un nouveau butin, que tenteront de lui ravir de perfides naïades aux yeux bridés ou de menaçantes torpilles américaines. Succès en salle assuré…

Puerto si, Purto no

Philostrate #Dopage
Pub-Savage.jpg    On glissera sur la dernière passe d'armes entre Dick Pound, bientôt ex-président de l'Agence mondiale antidopage, et Jeff "Loser" Lamour, qui poussé à bout par le lobby "libéral anglo-saxon" a préféré se coucher dans la course à sa succession. La page de notre quotidien sportif national qui leur était consacrée ce jeudi ne valait en réalité que par une phrase. Celle où cette sympathique crapule de Dick, avocat en 1988 du sprinter supersonique "Benoïde" Johnson, assénait : "Ne me dites pas qu'il n'y a que des cyclistes dans l'affaire Puerto, comme le suggère le secrétaire d'État espagnol aux sports ! Cette affaire doit continuer. Les Espagnols doivent présenter toutes les informations en leur possession, et pas seulement celles qui concernent le cyclisme."

    La phrase ne contient en soi aucune révélation, mais a le mérite de refaire tinter la clochette, qui à force mettra bien la puce à l'oreille à la foule grégaire des seuls contempteurs du vélo. Rappelez-vous comment, aux premières heures de la nouvelle "plus grande affaire de dopage de l'histoire du cyclisme", des infos susceptibles d'impliquer des sportifs d'autres discilpines avaient agité les rédactions d'Espagne et de France. Il avait alors suffi que les plus prestigieux clubs de football de la Liga espagnole fassent les gros yeux pour que les journalistes s'en tiennent à une sage prudence, qu'ils n'ont plus depuis belle lurette lorsqu'il s'agit d'essuyer leurs gros sabots sur le vélo.

    Après, les autorités espagnoles ont fait le reste. Ou plutôt n'ont pas fait grand chose, rien surtout qui ne risque de faire sortir l'affaire Puerto du lazaret, fleurant bon la pharmacie, où les pestiférés du cyclisme expient les fautes de tous les sportifs dopés de la planète. Les tennismen et les footballeurs chargés, un fantasme, une rumeur ? Souhaitons-le pour tous ces sympathiques athlètes qui, on appréciera le privilège dans le peloton, peuvent encore faire circuler une vidéo gag sur de "vraies-fausses piquouzes" sans être inquiétés plus que cela, n'est-ce pas Monsieur Cannavaro ? Il est vrai qu'il y a des choses avec lesquelles on peut encore plaisanter dans le football - Zizou n'a pas de sang-froid, mais sait faire du sang frais, parole de Suisse ! -, qui peuvent valoir sans délai au plus discret des coursiers les foudres des inquisiteurs de la topette et une descente en règle des vampires dans son chalet alpin.

    Souhaitons donc que les exhortations et les effets de manche du baveux Richard Pound portent leurs fruits. Pour une divine surprise, ce serait une divine surprise, quand bien même le calendrier nous rapproche chaque jour un peu plus du temps béni où tout le monde croit au père Noël. À propos, une devinette en passant : qu'apportera le bonhomme en rouge à Jean-François Lamour, qui n'a pas attendu les fêtes pour que ses rêves sentent le sapin ? Un paquet de Kleenex, un ballon de baudruche et un coffret de Meccano, pour peaufiner au coin du feu son nouveau projet d'usine à gaz antidopage européenne. Non Jeff, t'es pas tout seul…

Lindros en compote

Philostrate #Sports de glace
VAGA-couleur1908High.jpg     Pour voir l'avenir du sport professionnel, il suffit souvent de glisser un regard par-dessus l'océan atlantique. Le sport business made in USA dans sa démesure et sa propension à griller les talents comme le cow-boy Marlboro les paquets de clopes reste encore et de loin la référence ultime. Prenez l'exemple d'Eric Lindros, 34 ans, ex-futur star de la Ligue Nationale de Hockey, qui vient d'annoncer sa retraite définitive des patinoires dans l'indifférence quasi générale.

    Voilà un gars, taillé comme un séquoïa - 1m93 pour 108 kg - qui semblait tout avoir pour collectionner les bagues offertes chaque saison aux vainqueurs de la Coupe Stanley, graal du hockey aux Etats-Unis et au Canada. Un gabarit hors du commun, qui doublé d'une habileté certaine à manier le palet semblait lui garantir une place au Hall of Fame avant même ses premiers coups de patin chez les pros. Un caractère de cochon, qui après le repêchage de 1991 lui avait fait refuser de jouer pour les Nordiques de Québec, trop "joual" à son goût d'Ontarien anglophone. L'anecdote lui valait de belles bordées de sifflets à chaque passage dans la Belle Province, mais le gaillard n'en était guère indisposé. Il avait son histoire, ne laissait personne indifférent, ce qui conjugué au talent garanti de nos jours à coup sûr la reconnaissance médiatique…

    Seulement voilà, notre colosse avait des pieds d'argile. Quand on arrive en roulant des épaules, aussi larges soient-elles, mieux vaut être bien protégé. Les requins-marteaux qui sillonnent l'océan impitoyable de la NHL pour réduire en bouilli les joueurs vedettes des équipes adverses ont eu tôt fait de prendre pour cible le gros bébé des Flyers de Philadelphie. D'ordinaire, un top player, ça se protège. Wayne Gretzky, génie de la rondelle au talent inversement proportionnel à la taille - 1m83 pour 84 kg, autant dire un nain de jardin…-, a su trouver tout au long de sa carrière de solides chiens de garde pour assurer ses arrières. Jari Kurri du temps des Oilers d'Edmonton. Le redouté Marti Mac Sorley chez les Kings de Los Angeles. Eric Lindros, fort de sa carrure imposante, n'a pas eu cette chance. En treize saisons de NHL, il a accumulé les commotions cérébrales et a raté plus de 300 matches au total, les méninges en compote ou les articulations en capilotade.

    En Amérique, dans la société comme dans le sport, seuls les plus forts survivent. Le gâchis de la carrière de Lindros, qui hormis une médaille d'or olympique avec l'équipe du Canada en 2002, présente un palmarès vierge de tout trophée en club, en témoigne. La Ligue nationale de hockey devrait en tirer des leçons pour mieux assurer à l'avenir la sécurité de ses joueurs sur la glace dans un sport de contact allant parfois bien au-delà du raisonnable. Le sport professionnel aussi, car quand tous les coups sont permis, quand intégrités physique et morale se sont évanouies, le spectacle n'est plus garanti. Et sans spectacle, pas de profits…

Soutien unanime

Philostrate #Tennis
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    La Fédération française de tennis, qui ne regarde pas à la dépense, s'est payée cette semaine une pleine page de pub dans nos quotidiens. Objectif : soutenir la marote du président Bîmes, à savoir l'extension du stade de Roland-Garros sans laquelle, à l'en croire, l'avenir du tournoi, pour ne pas dire de la patrie, serait menacé. Sans doute à court d'arguments pour défendre un projet contesté, la FFT a cette fois sorti la grosse artillerie, paraphant son encart de soutien des signatures de quelques uns des meilleurs joueurs de France et du monde, Federer et Nadal en tête. Ces derniers, assure ce serment du jeu de paume version 2007, se prononcent "en faveur de l'extension du stade Roland-Garros et espèrent le soutien des autorités publiques françaises", afin que le tournoi "soit organisé sur de nouvelles installations étendues Porte d'Auteuil"

    Difficile de ne pas être admiratif devant la spontanéité de ce soutien unanime. C'est vrai quoi, ce n'était pas gagné ! La perspective d'un nouveau stade, plus grand, plus moderne, mieux adapté pour pomper jusqu'au dernier centime dans les poches des passionnés de tennis, aurait pu faire hésiter plus d'un champion. Le risque pour la FFT de se voir opposer une fin de non-recevoir par nos ténors de la raquette était presque aussi grand que de voir les cheminots rejeter comme un seul homme un projet de "prime à la grève" doublant leur rémunération les jours de chaos ferroviaire, c'est dire !

    Le plus comique est sans doute de voir ces icônes du libéralisme sportif, hommes-sandwichs pour marques de luxe, en appeler aux autorités publiques françaises pour qu'elles consentent à faire pleuvoir les deniers de l'Etat sur cette opération, qu'il s'en est fallu d'un rien de voir qualifiée de cause nationale. Hé oui, nos amis millionnaires des courts, dont l'argent dort dans de cossues banques suisses ou sur d'exotiques comptes offshore, ont besoin de vos impôts à vous, qui avez la chance d'en payer et n'êtes pas contraints par les exigences de votre profession au rude exil monégasque ! Si vous voulez les voir jouer dans de bonnes conditions en payant à prix d'or vos billets non-remboursables même en cas de mousson, faudrait voir à y mettre un peu du vôtre…

    Si les champions ont signé ma brave dame, c'est que le projet doit tenir la route. Ils n'auraient pas fait ça à la légère, sans penser aux conséquences pour un bois de Boulogne qui, en dehors de la quinzaine de Roland-Garros, n'est guère plus qu'un grand jardin public où les Parisiens viennent s'ennuyer en famille. Ils n'auraient pas oublié de réfléchir aux conséquences de voir toujours plus de spectateurs se marcher toujours plus sur les pieds car, les sardines et les habitués des transports parisiens le savent, on agrandit toujours la boîte pour mieux tasser le chaland, pas pour lui permettre de prendre ses aises… Non, ils ont bien pensé à tout ça nos bûcherons des courts, ils connaissent bien le quartier, ils le traversent quinze jours par an pour aller de leurs palaces au Central. D'ailleurs, aux dernières nouvelles, ils auraient même conçu un plan très habile afin d'aider à financer les travaux d'extension :  proposer au président de la FFT de parier en ligne sur une victoire de Sébastien Grosjean aux prochains Internationaux de France en s'engageant dès maintenant par écrit à le laisser gagner toutes ses rencontres. Mais pas de blague hein, en abandonnant sur blessure, il faut que ce soit crédible tout de même !

P.S : Pour ceux qui auraient raté un épisode, le coût de l'extension de Roland-Garros est estimé à 120 millions d'euros. La FFT mettrait, certes, 80 millions de sa poche, mais attend de l'Etat et de la Ville de Paris qu'ils crachent aussi chacun 20 millions au bassinet. Une paille, surtout pour créer un grand boulevard piétonnier en plein milieu des serres d'Auteuil !

Pollution olympique

Philostrate #Olympisme
   
Squelette-Illustration.jpg    Quand Pékin souffre, les JO toussent. "Soufre" devrait-on plutôt écrire, en référence au SO2, ou dioxyde de soufre, recraché entre autres cochonneries dans l'atmosphère de la capitale chinoise par les  industries de la région. Si le régime communiste au pouvoir dans l'Empire du Milieu a bien assimilé la notion de développement, il ne conçoit en effet comme durable que sa mainmise sur les rouages d'un pays mené à la trique. L'environnement, il s'en fout comme d'une guigne, pourvu que la machine à produire des yuans tourne rond.

    D'ordinaire le citoyen de Beijing, la tête dans le smog, crache, se racle la gorge, les yeux des enfants rougissent, leurs poumons se flétrissent comme des éponges mitées sans que personne ne trouve rien à redire. Mais là, à quelques mois de voir le cirque olympique planter ses tentes sous le ciel laiteux de la Cité interdite, le CIO s'émeut. Que faire pour éviter que l'air pollué de la métropole chinoise ne vienne gripper les belles mécaniques de nos athlètes à la complexion si délicate  ? Comment se débrouiller pour que les records soient à la hauteur des attentes et que la fête soit réussie ?

    Pragmatiques et désireuses de plaire en tous points à leurs honorables visiteurs étrangers, les autorités chinoises envisagent, de concert avec le Comité international olympique, toutes sortes de solutions. Décentraliser en province certaines épreuves, notamment de fond, pour épargner aux marathoniens, marcheurs ou cyclistes souffle court, picotements de gorge et autres désagréments engendrés par l'air vicié respiré à longueur d'année par les Pékinois. Jamais à court d'idées radicales, le régime communiste envisage même d'arrêter purement et simplement l'activité de certains sites industriels pendant les semaines précédant les Jeux et les compétitions elles-mêmes. En d'autres termes, mettre sans autre forme de procès des pans entiers de la population au chômage technique, pour que la kermesse olympique batte son plein et que la fine fleur du sport mondial s'ébatte insouciante dans une atmosphère providentiellement épurée.

    C'est le principe de la double peine appliqué au petit peuple de Pékin. Les ouvriers peuvent bien le reste du temps s'empoisonner en paix pourvu qu'ils fassent l'impasse sur quelques semaines de salaire pour garantir au pays de ne pas perdre la face et aux gentils champions de ne pas tousser. C'est une conception comme une autre de la trêve olympique, qui voyait dans la Grèce antique les belligérants mettre l'arme au pied le temps des Jeux. Là, c'est aux travailleurs que l'on demande de se serrer la ceinture et d'oublier un peu l'outil de production, qui se trouve aussi hélas être leur gagne-pain. Ils n'auront que plus de temps pour regarder les épreuves à la télévision… Rangez les cadavres dans les placards, cachez la poussière sous les tapis, c'est le rêve olympique qui passe !
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Le pouce à Titi

Philostrate #Football
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   Thierry Henry a beau avoir changé de club, de femme et troqué la grisaille londonienne pour les Ramblas de Barcelone, il n'en a pas pour autant perdu ses habitudes en chemin. Certains esprits chagrins catalans diront qu'il a peut-être égaré son instinct de buteur dans la traversée de la Manche, laissons-les médire… Attachons-nous plutôt à disséquer un geste technique devenu l'une de ses marques de fabrique : le lever de pouce compulsif, tic qu'il partage désormais avec l'un de ses illustres coéquipiers barcelonais, Ronaldinho.

    Dans la gestuelle henryesque, le pouce levé revêt plusieurs significations. Un coup de tatane rageur d'un coéquipier dans les tribunes, un pouce levé l'encourage sur le registre "C'est pas grave bonhomme, tu feras mieux la prochaine fois !" Une passe millimètrée d'un partenaire vendangée, un lever de pouce de l'attaquant le plus prolifique de l'équipe de France fait office de plates excuses et de remerciement pour ce caviar bien mal exploité. Un tifo héroïque descendu des tribunes d'Highbury ou du Camp Nou, l'empereur Henry lève son pouce pour saluer ces encouragements si bien troussés…

    Bref, Titi sans son pouce, c'est un peu comme Caliméro sans sa coquille, un rugbyman du Stade Français habillé ou une officine de paris en ligne sans tennisman professionnel. A tel point qu'il est légitime de s'inquiéter du devenir de l'attaquant blaugrana si, qu'à Dieu ne plaise, il devait un jour s'abimer ce précieux appendice. Qu'adviendrait-il de lui en cas d'entorse, pis, de fracture du pouce ? Comment pourrait-il communiquer avec ses fans ou ses coéquipiers ? Comment faire comprendre au photographe chargé de mettre en boîte l'un de ses multiples contrats publicitaires que, décidément, cette prise de vue est vraiment trop cool ? Comment pourrait-il remercier son conseiller financier d'avoir vendu à temps ses action EADS ? Ronaldinho, le pouce en purée, pourrait toujours découvrir son sourire équin pour exprimer son contentement; Titi, lui, sans son doigt favori, serait fort démuni.

    Mais n'allons pas porter la scoumoune à notre sympathique buteur. Si, avec autant de probabilités que de voir Ben Laden et le mollah Omar foudroyés le même jour par deux météorites, le divin Titi condescendait à lire ces quelques lignes, je me permettrais juste de lui donner un conseil. Le jour où, à l'automne de ta vie de joueur, d'autres sirènes méditerranéennes t'attirent, que l'envie de voir le soleil se coucher sur le Pirée te conduit dans un club grec, je t'en prie Titi, laisse ton pouce au pays ! Sur les bords de la mer Égée, ton geste favori, exécuté de façon par trop vigoureuse, équivaut chez nous à un majeur tendu bien haut. Pas classe et sans doute pas la meilleure façon de finir une carrière en beauté…

Glace trash

Philostrate #Sports de glace
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    Derrière les sourires convenus, les tenues en strass et les pirouettes, la fédération des sports de glace reste, et de loin, l'un des pires paniers de crabes de la Création. Des années que ça dure. Les vilains croche-pattes entre compétiteurs, les entourloupes financières, les clans qui se déchirent… Dernier épisode en date : la motion de défiance qui a valu samedi au président en fonction d'être éjecté par son conseil fédéral. Comme d'habitude, les raisons de cette fronde restent assez nébuleuses, mais le résultat est là. Cette saison encore, la fédération française des sports de glace (FFSG) confirme son statut de planche pourrie de l'olympisme.

    Et si ce n'était finalement que le reflet d'un milieu ayant fait depuis toujours des  haines recuites et des querelles de clochers son fond de commerce ? Entretenues par des parents possessifs et omniprésents, les rivalités entre les virtuoses de la glace dépassent souvent le cadre strictement sportif. Dans les "Kiss and Cry", les vieilles toupies qui cachent la déliquescence de leurs chaires molles dans des peaux de bêtes mortes ont souvent des regards de tueuses. Quand ce n'est pas la maman qui tire les ficelles dans l'ombre pour tordre le cou à l'entraîneur de son cher petit, c'est la chorégraphe qui joue les divas et caquète dans les micros…

    Curieusement, la télévision, qui adore d'ordinaire glisser son gros œil dans les coulisses du sport, montre rarement cette autre face du miroir glacé. Par crainte de dégoûter la ménagère de plus cinquante ans, friande de tenues flashy de petits culs moulés et de musique d'ascenseur ? Les arrangements entre juges, les coups de vice entre familles rivales, les caprices de ballerines, la sueur et les larmes à l'entraînement, tout cela ferait pourtant un fameux sujet pour une émission de télé réalité trash. De quoi ébouriffer les dernières boucles de Nelson Montfort et lui faire avaler de travers la patate chaude qu'il s'entête à garder dans la bouche lorsqu'il parle. Bienheureux hockey sur glace, qui a quitté cette famille Adams dominée par des matrones trop fardées pour être honnêtes ! Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume du patin que seuls arrivent encore à camoufler les résultats d'un Brian Joubert. À quand la chute de la Maison Usher ?

Nostalgie facile

Philostrate #Cyclisme

100-ans-tour-de-france-timb.jpg    Décidément, au rayon "croqueurs de l'actualité sportive" je préfère et de loin Lefred-Thouron à Chenez.  Tous deux ont beau jouer du crayon dans les colonnes de notre quotidien sportif national, l'un est un observateur caustique là où l'autre n'est qu'un gentil amuseur, ne s'éloignant jamais trop de la ligne éditoriale maison. D'un côté ça décape et ça prend de sérieuses libertés avec le "sportivement correct" de rigueur, de l'autre ça sent son Faizant viellissant, du genre qui ne tire que sur les ambulances désignées au préalable par une rédaction aux indignations sélectives.

    Prenez le dessin d'hier matin, jour de présentation officielle du Tour de France 2008, où Chenez mettait en scène deux cyclistes passant devant un panneau de chantier. Inscrit en grosses lettres sur la palissade : "2008. Sur cet emplacement ASO reconstruit le Tour de votre enfance". La belle affaire ! En un coup de crayon le caricaturiste réussissait le tour de force de cirer les pompes à la maison mère, ce qui ne fait jamais de mal, et de prendre les lecteurs pour des demeurés en leur faisant l'air de rien le coup de la nostalgie facile.

    C'est sûr, à côté des champions cyclistes livrés à la vindicte populaire par des journalistes sportifs ayant trouvé dans le dopage un moyen de se valoriser dans les rédactions, les anciennes gloires du peloton avaient la vie plus facile ! On se contentait de les admirer, sans trop leur chercher de poux dans la tête. On préférait en prendre plein les mirettes, en lisant leurs exploits magnifiés par des cadors de la plume, plutôt que de s'occuper du revers sombre de la médaille. Là où Chenez nous prend pour ce que j'espère il n'est pas, c'est donc sur le fond. Les "épées" des années 1950 à 1980, qu'elles s'appellent Anquetil, Thévenet, Merckx ou Fignon, avaient plus d'auréoles sous les bras que les coureurs d'aujourd'hui, nature des maillots oblige, mais n'en portaient pas pour autant au-dessus de la tête.

100-ans-tdf-timbres.jpg    La "boîte à biscuits" ils tapaient dedans aussi, mais on ne cherchait pas compulsivement à les prendre en flagrant délit de topette. Aujourd'hui, la traque est devenue tellement fébrile qu'avant même d'avoir fini d'analyser leurs échantillons d'urine, les gribouilles du labo de Châtenay-Malabry ont déjà le téléphone en main pour partager leurs secrets médicaux éventés. Pas facile de respecter le protocole dans ces conditions, comme l'ont montré récemment l'affaire Landis, qui grâce aux approximations de Châtenay aurait très bien pu conserver son maillot jaune, ou le vrai-faux contrôle positif d'Ivan Mayo, condamné par le LNPD et "blanchi" par le laboratoire de Gand…

    Alors, mon brave Chenez, ne vous laissez pas abuser par la patine du temps. Conjuguez au présent les articles inspirés d'un Pierre Chany ou d'un Antoine Blondin, et vous obtiendrez les même épopées, un Rasmussen chevauchant tel Odin sous l'orage et la grêle, un Lance Armstrong cannibale dévorant tout sur son passage, un Landis miraculé, phénix du Tour 2006 ! La réalité est toujours la même, seuls les verres déformants à travers lesquels nous la voyons donnent aux géants du passé la beauté de l'Antique. Il faut tout vomir en bloc, brûler jusqu'aux plus vénérées des idoles, ou accepter sans en rajouter que les héros d'aujourd'hui puissent commettre les mêmes erreurs que ceux du passé.

Flamme tibétaine

Philostrate #Olympisme
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    Pas contents les Chinois ! Fâchés tout rouge les cocos bridés !
Normal, contrairement  à l'autoproclamé "Pays des droits de l'Homme" - Vu à la télé - les Etats-Unis ont daigné la semaine dernière recevoir comme il se doit le Dalaï Lama.
Le président Georges Bush et le Congrès américain ont offert une tribune et rendu un hommage au leader tibétain, dont le Parlement français et les locataires successifs de l'Elysée, dans leur grande pusillanimité, n'ont jamais cru bon de le gratifier. Il faut bien que parfois une bonne nouvelle nous arrive de la Maison Blanche. Du coup, les Chinois, irrités, ont convoqué illico presto l'ambassadeur des Etats-Unis pour lui faire part de leur courroux…

    Quel rapport avec le sport  me direz-vous ? Un seul, mais de taille. Bien que les publicitaires, dans les brumes de la coupe du monde de rugby, n'aient pas encore entamé le lavage de cerveau de circonstance, les Jeux olympiques d'été de 2008 se tiendront bien à Pékin dans quelques mois. Derrière la belle façade olympique, les stades sentant bon la peinture et les rues, où il sera exceptionnellement demandé au pékin moyen - désolé…- de ne pas cracher, tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Comme lors du Mondial de football 1978 en Argentine, où des geôles les tortionnaires pouvaient œuvrer en paix encouragés par les clameurs du stade voisin, un voile pudique sera jeté le temps des compétitions sur un régime outrageusement nationaliste et dévoreur d'hommes.

    Remarquez, entre demi-mondaines on se comprend. La fée olympique, qui a pris l'habitude depuis des décennies de se coucher contre une poignée de dollars, ne peut qu'être tolérante avec l'ancienne maison Mao, dictature communiste rompue aux règles du capitalisme, dès lors qu'elles permettent à sa nomenklatura de s'enrichir et à un impérialisme économique, dont pâtiront tôt ou tard les marchés internationaux, de tisser méthodiquement sa toile. Alors que la fête batte son plein ! Que l'on fasse sauter et danser les petits enfants pendant la cérémonie d'ouverture, dopés dès le biberon à l'idéal national ! Ceux-là au moins n'auront pas à trimer dans de sordides ateliers pour des fournisseurs collaborant sans scrupule avec les plus grandes marques locales ou occidentales. Le sort du Tibet, dont les Chinois ont tout de même repris l'un des symboles sur leurs produits dérivés, histoire de prouver à l'Occident qu'il n'y avait pour ce pays occupé aucun retour en arrière possible, n'entre guère dans le programme des festivités. À moins que le CIO n'en décide autrement. En permettant par exemple à Tenzin Gyatso, quatorzième Dalaï Lama et chef spirituel du bouddhisme tibétain, de porter sur quelques mètres la flamme olympique. Messager de la paix et de la non-violence, il a sans doute plus sa place au panthéon des JO que les dictateurs aux petits pieds de l'Empire du Milieu.
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Rififi chez les Belges

Philostrate #Société et médias
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    Que tous ceux qui prennent encore "le" Quiévrain pour une rivière séparant la France de la Belgique passent leur tour !  Cette petite commune du Hainaut n'a en effet rien d'une ville thermale. Il n'empêche. "Outre Quiévrain", comme aiment  à le répéter les journalistes sportifs, le vaisseau belge  fait eau des toutes parts. Ne voyez là aucune carabistouille, ni allusion à la crise politique que traverse le pays. Plus de 120 jours sans gouvernement, des drapeaux flamands "sécessionnistes" qui fleurissent aux fenêtres comme aux plus beaux jours du Ronde van Vlaanderen et auxquels répondent les bannières noir-jaune-rouge des belges légitimistes, un roi qui fait de l'équilibre sur un trône fendu en deux, ce n'est rien au pays de Thil l'Espiègle !

    Non, l'affaire qui nous intéresse est bien plus grave que cela. Figurez-vous que samedi dernier en Wallonie, la retransmission de la demi-finale de coupe du monde de rugby entre la France et l'Angleterre sur TF1 a attiré plus de téléspectateurs que la diffusion du match de qualification entre la Belgique et la Finlande comptant pour les éliminatoires du championnat d'Europe de football 2008… Sur les terres du Standard de Liège, du RSC Anderlecht, d'Enzo Scifo, de Raymond Goethals et des Belgas l'information tient de l'hérésie ! Une vraie poussée de fièvre ovale, dans un pays dont les habitants s'inquiètent d'ordinaire à peu près autant des choses du rugby que des problèmes de vessie du Manneken Pis

    Le rugby en Belgique est un sport exotique. Une équipe nationale tout juste émergeante, une discipline peinant à se hisser parmi les dix sports les plus pratiqués, bref un encéphalogramme aussi plat que le relief local. Le camouflet en est d'autant plus rude pour le football, discipline reine avec le cyclisme, dont l'équipe nationale des Diables rouges, autrefois redoutée, n'est plus qu'un ectoplasme. À vrai dire, le seul écarlate que puisse encore revendiquer la sélection est celui qui monte aux joues de ses joueurs lorsque sonne l'heure de faire le bilan de leurs derniers coups d'éclat internationaux. Rayée de la carte footballistique la Belgique, pulvérisée aux quatre coins de l'Europe façon puzzle ! Les irréductibles flamands verront même dans cette infidélité rugbystique faite au ballon rond la preuve que, décidement, rien de bon ne peut venir des wallons.

    On a vu des pays se ressouder autour de leur équipe de football. On voit aujourd'hui la Belgique partir en brioche aussi sûrement que son équipe nationale glisse lentement vers les profondeurs du classement FIFA. Est-ce un signe ? Espérons que non, ce serait bien triste. Manquerait plus que le Canada Dry supplante chez nos voisins ménapiens Gueuses et Trappistes, que le bortsch remplace le waterzooi et qu'Arno se mette à l'eau plate ! Décidément, tout fout l'camp, y compris dans ce plat pays qui n'est pas le mien…

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