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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Soutien unanime

Philostrate #Tennis
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    La Fédération française de tennis, qui ne regarde pas à la dépense, s'est payée cette semaine une pleine page de pub dans nos quotidiens. Objectif : soutenir la marote du président Bîmes, à savoir l'extension du stade de Roland-Garros sans laquelle, à l'en croire, l'avenir du tournoi, pour ne pas dire de la patrie, serait menacé. Sans doute à court d'arguments pour défendre un projet contesté, la FFT a cette fois sorti la grosse artillerie, paraphant son encart de soutien des signatures de quelques uns des meilleurs joueurs de France et du monde, Federer et Nadal en tête. Ces derniers, assure ce serment du jeu de paume version 2007, se prononcent "en faveur de l'extension du stade Roland-Garros et espèrent le soutien des autorités publiques françaises", afin que le tournoi "soit organisé sur de nouvelles installations étendues Porte d'Auteuil"

    Difficile de ne pas être admiratif devant la spontanéité de ce soutien unanime. C'est vrai quoi, ce n'était pas gagné ! La perspective d'un nouveau stade, plus grand, plus moderne, mieux adapté pour pomper jusqu'au dernier centime dans les poches des passionnés de tennis, aurait pu faire hésiter plus d'un champion. Le risque pour la FFT de se voir opposer une fin de non-recevoir par nos ténors de la raquette était presque aussi grand que de voir les cheminots rejeter comme un seul homme un projet de "prime à la grève" doublant leur rémunération les jours de chaos ferroviaire, c'est dire !

    Le plus comique est sans doute de voir ces icônes du libéralisme sportif, hommes-sandwichs pour marques de luxe, en appeler aux autorités publiques françaises pour qu'elles consentent à faire pleuvoir les deniers de l'Etat sur cette opération, qu'il s'en est fallu d'un rien de voir qualifiée de cause nationale. Hé oui, nos amis millionnaires des courts, dont l'argent dort dans de cossues banques suisses ou sur d'exotiques comptes offshore, ont besoin de vos impôts à vous, qui avez la chance d'en payer et n'êtes pas contraints par les exigences de votre profession au rude exil monégasque ! Si vous voulez les voir jouer dans de bonnes conditions en payant à prix d'or vos billets non-remboursables même en cas de mousson, faudrait voir à y mettre un peu du vôtre…

    Si les champions ont signé ma brave dame, c'est que le projet doit tenir la route. Ils n'auraient pas fait ça à la légère, sans penser aux conséquences pour un bois de Boulogne qui, en dehors de la quinzaine de Roland-Garros, n'est guère plus qu'un grand jardin public où les Parisiens viennent s'ennuyer en famille. Ils n'auraient pas oublié de réfléchir aux conséquences de voir toujours plus de spectateurs se marcher toujours plus sur les pieds car, les sardines et les habitués des transports parisiens le savent, on agrandit toujours la boîte pour mieux tasser le chaland, pas pour lui permettre de prendre ses aises… Non, ils ont bien pensé à tout ça nos bûcherons des courts, ils connaissent bien le quartier, ils le traversent quinze jours par an pour aller de leurs palaces au Central. D'ailleurs, aux dernières nouvelles, ils auraient même conçu un plan très habile afin d'aider à financer les travaux d'extension :  proposer au président de la FFT de parier en ligne sur une victoire de Sébastien Grosjean aux prochains Internationaux de France en s'engageant dès maintenant par écrit à le laisser gagner toutes ses rencontres. Mais pas de blague hein, en abandonnant sur blessure, il faut que ce soit crédible tout de même !

P.S : Pour ceux qui auraient raté un épisode, le coût de l'extension de Roland-Garros est estimé à 120 millions d'euros. La FFT mettrait, certes, 80 millions de sa poche, mais attend de l'Etat et de la Ville de Paris qu'ils crachent aussi chacun 20 millions au bassinet. Une paille, surtout pour créer un grand boulevard piétonnier en plein milieu des serres d'Auteuil !

Le pouce à Titi

Philostrate #Football
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   Thierry Henry a beau avoir changé de club, de femme et troqué la grisaille londonienne pour les Ramblas de Barcelone, il n'en a pas pour autant perdu ses habitudes en chemin. Certains esprits chagrins catalans diront qu'il a peut-être égaré son instinct de buteur dans la traversée de la Manche, laissons-les médire… Attachons-nous plutôt à disséquer un geste technique devenu l'une de ses marques de fabrique : le lever de pouce compulsif, tic qu'il partage désormais avec l'un de ses illustres coéquipiers barcelonais, Ronaldinho.

    Dans la gestuelle henryesque, le pouce levé revêt plusieurs significations. Un coup de tatane rageur d'un coéquipier dans les tribunes, un pouce levé l'encourage sur le registre "C'est pas grave bonhomme, tu feras mieux la prochaine fois !" Une passe millimètrée d'un partenaire vendangée, un lever de pouce de l'attaquant le plus prolifique de l'équipe de France fait office de plates excuses et de remerciement pour ce caviar bien mal exploité. Un tifo héroïque descendu des tribunes d'Highbury ou du Camp Nou, l'empereur Henry lève son pouce pour saluer ces encouragements si bien troussés…

    Bref, Titi sans son pouce, c'est un peu comme Caliméro sans sa coquille, un rugbyman du Stade Français habillé ou une officine de paris en ligne sans tennisman professionnel. A tel point qu'il est légitime de s'inquiéter du devenir de l'attaquant blaugrana si, qu'à Dieu ne plaise, il devait un jour s'abimer ce précieux appendice. Qu'adviendrait-il de lui en cas d'entorse, pis, de fracture du pouce ? Comment pourrait-il communiquer avec ses fans ou ses coéquipiers ? Comment faire comprendre au photographe chargé de mettre en boîte l'un de ses multiples contrats publicitaires que, décidément, cette prise de vue est vraiment trop cool ? Comment pourrait-il remercier son conseiller financier d'avoir vendu à temps ses action EADS ? Ronaldinho, le pouce en purée, pourrait toujours découvrir son sourire équin pour exprimer son contentement; Titi, lui, sans son doigt favori, serait fort démuni.

    Mais n'allons pas porter la scoumoune à notre sympathique buteur. Si, avec autant de probabilités que de voir Ben Laden et le mollah Omar foudroyés le même jour par deux météorites, le divin Titi condescendait à lire ces quelques lignes, je me permettrais juste de lui donner un conseil. Le jour où, à l'automne de ta vie de joueur, d'autres sirènes méditerranéennes t'attirent, que l'envie de voir le soleil se coucher sur le Pirée te conduit dans un club grec, je t'en prie Titi, laisse ton pouce au pays ! Sur les bords de la mer Égée, ton geste favori, exécuté de façon par trop vigoureuse, équivaut chez nous à un majeur tendu bien haut. Pas classe et sans doute pas la meilleure façon de finir une carrière en beauté…

Glace trash

Philostrate #Sports de glace
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    Derrière les sourires convenus, les tenues en strass et les pirouettes, la fédération des sports de glace reste, et de loin, l'un des pires paniers de crabes de la Création. Des années que ça dure. Les vilains croche-pattes entre compétiteurs, les entourloupes financières, les clans qui se déchirent… Dernier épisode en date : la motion de défiance qui a valu samedi au président en fonction d'être éjecté par son conseil fédéral. Comme d'habitude, les raisons de cette fronde restent assez nébuleuses, mais le résultat est là. Cette saison encore, la fédération française des sports de glace (FFSG) confirme son statut de planche pourrie de l'olympisme.

    Et si ce n'était finalement que le reflet d'un milieu ayant fait depuis toujours des  haines recuites et des querelles de clochers son fond de commerce ? Entretenues par des parents possessifs et omniprésents, les rivalités entre les virtuoses de la glace dépassent souvent le cadre strictement sportif. Dans les "Kiss and Cry", les vieilles toupies qui cachent la déliquescence de leurs chaires molles dans des peaux de bêtes mortes ont souvent des regards de tueuses. Quand ce n'est pas la maman qui tire les ficelles dans l'ombre pour tordre le cou à l'entraîneur de son cher petit, c'est la chorégraphe qui joue les divas et caquète dans les micros…

    Curieusement, la télévision, qui adore d'ordinaire glisser son gros œil dans les coulisses du sport, montre rarement cette autre face du miroir glacé. Par crainte de dégoûter la ménagère de plus cinquante ans, friande de tenues flashy de petits culs moulés et de musique d'ascenseur ? Les arrangements entre juges, les coups de vice entre familles rivales, les caprices de ballerines, la sueur et les larmes à l'entraînement, tout cela ferait pourtant un fameux sujet pour une émission de télé réalité trash. De quoi ébouriffer les dernières boucles de Nelson Montfort et lui faire avaler de travers la patate chaude qu'il s'entête à garder dans la bouche lorsqu'il parle. Bienheureux hockey sur glace, qui a quitté cette famille Adams dominée par des matrones trop fardées pour être honnêtes ! Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume du patin que seuls arrivent encore à camoufler les résultats d'un Brian Joubert. À quand la chute de la Maison Usher ?

Nostalgie facile

Philostrate #Cyclisme

100-ans-tour-de-france-timb.jpg    Décidément, au rayon "croqueurs de l'actualité sportive" je préfère et de loin Lefred-Thouron à Chenez.  Tous deux ont beau jouer du crayon dans les colonnes de notre quotidien sportif national, l'un est un observateur caustique là où l'autre n'est qu'un gentil amuseur, ne s'éloignant jamais trop de la ligne éditoriale maison. D'un côté ça décape et ça prend de sérieuses libertés avec le "sportivement correct" de rigueur, de l'autre ça sent son Faizant viellissant, du genre qui ne tire que sur les ambulances désignées au préalable par une rédaction aux indignations sélectives.

    Prenez le dessin d'hier matin, jour de présentation officielle du Tour de France 2008, où Chenez mettait en scène deux cyclistes passant devant un panneau de chantier. Inscrit en grosses lettres sur la palissade : "2008. Sur cet emplacement ASO reconstruit le Tour de votre enfance". La belle affaire ! En un coup de crayon le caricaturiste réussissait le tour de force de cirer les pompes à la maison mère, ce qui ne fait jamais de mal, et de prendre les lecteurs pour des demeurés en leur faisant l'air de rien le coup de la nostalgie facile.

    C'est sûr, à côté des champions cyclistes livrés à la vindicte populaire par des journalistes sportifs ayant trouvé dans le dopage un moyen de se valoriser dans les rédactions, les anciennes gloires du peloton avaient la vie plus facile ! On se contentait de les admirer, sans trop leur chercher de poux dans la tête. On préférait en prendre plein les mirettes, en lisant leurs exploits magnifiés par des cadors de la plume, plutôt que de s'occuper du revers sombre de la médaille. Là où Chenez nous prend pour ce que j'espère il n'est pas, c'est donc sur le fond. Les "épées" des années 1950 à 1980, qu'elles s'appellent Anquetil, Thévenet, Merckx ou Fignon, avaient plus d'auréoles sous les bras que les coureurs d'aujourd'hui, nature des maillots oblige, mais n'en portaient pas pour autant au-dessus de la tête.

100-ans-tdf-timbres.jpg    La "boîte à biscuits" ils tapaient dedans aussi, mais on ne cherchait pas compulsivement à les prendre en flagrant délit de topette. Aujourd'hui, la traque est devenue tellement fébrile qu'avant même d'avoir fini d'analyser leurs échantillons d'urine, les gribouilles du labo de Châtenay-Malabry ont déjà le téléphone en main pour partager leurs secrets médicaux éventés. Pas facile de respecter le protocole dans ces conditions, comme l'ont montré récemment l'affaire Landis, qui grâce aux approximations de Châtenay aurait très bien pu conserver son maillot jaune, ou le vrai-faux contrôle positif d'Ivan Mayo, condamné par le LNPD et "blanchi" par le laboratoire de Gand…

    Alors, mon brave Chenez, ne vous laissez pas abuser par la patine du temps. Conjuguez au présent les articles inspirés d'un Pierre Chany ou d'un Antoine Blondin, et vous obtiendrez les même épopées, un Rasmussen chevauchant tel Odin sous l'orage et la grêle, un Lance Armstrong cannibale dévorant tout sur son passage, un Landis miraculé, phénix du Tour 2006 ! La réalité est toujours la même, seuls les verres déformants à travers lesquels nous la voyons donnent aux géants du passé la beauté de l'Antique. Il faut tout vomir en bloc, brûler jusqu'aux plus vénérées des idoles, ou accepter sans en rajouter que les héros d'aujourd'hui puissent commettre les mêmes erreurs que ceux du passé.

Rififi chez les Belges

Philostrate #Société et médias
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    Que tous ceux qui prennent encore "le" Quiévrain pour une rivière séparant la France de la Belgique passent leur tour !  Cette petite commune du Hainaut n'a en effet rien d'une ville thermale. Il n'empêche. "Outre Quiévrain", comme aiment  à le répéter les journalistes sportifs, le vaisseau belge  fait eau des toutes parts. Ne voyez là aucune carabistouille, ni allusion à la crise politique que traverse le pays. Plus de 120 jours sans gouvernement, des drapeaux flamands "sécessionnistes" qui fleurissent aux fenêtres comme aux plus beaux jours du Ronde van Vlaanderen et auxquels répondent les bannières noir-jaune-rouge des belges légitimistes, un roi qui fait de l'équilibre sur un trône fendu en deux, ce n'est rien au pays de Thil l'Espiègle !

    Non, l'affaire qui nous intéresse est bien plus grave que cela. Figurez-vous que samedi dernier en Wallonie, la retransmission de la demi-finale de coupe du monde de rugby entre la France et l'Angleterre sur TF1 a attiré plus de téléspectateurs que la diffusion du match de qualification entre la Belgique et la Finlande comptant pour les éliminatoires du championnat d'Europe de football 2008… Sur les terres du Standard de Liège, du RSC Anderlecht, d'Enzo Scifo, de Raymond Goethals et des Belgas l'information tient de l'hérésie ! Une vraie poussée de fièvre ovale, dans un pays dont les habitants s'inquiètent d'ordinaire à peu près autant des choses du rugby que des problèmes de vessie du Manneken Pis

    Le rugby en Belgique est un sport exotique. Une équipe nationale tout juste émergeante, une discipline peinant à se hisser parmi les dix sports les plus pratiqués, bref un encéphalogramme aussi plat que le relief local. Le camouflet en est d'autant plus rude pour le football, discipline reine avec le cyclisme, dont l'équipe nationale des Diables rouges, autrefois redoutée, n'est plus qu'un ectoplasme. À vrai dire, le seul écarlate que puisse encore revendiquer la sélection est celui qui monte aux joues de ses joueurs lorsque sonne l'heure de faire le bilan de leurs derniers coups d'éclat internationaux. Rayée de la carte footballistique la Belgique, pulvérisée aux quatre coins de l'Europe façon puzzle ! Les irréductibles flamands verront même dans cette infidélité rugbystique faite au ballon rond la preuve que, décidement, rien de bon ne peut venir des wallons.

    On a vu des pays se ressouder autour de leur équipe de football. On voit aujourd'hui la Belgique partir en brioche aussi sûrement que son équipe nationale glisse lentement vers les profondeurs du classement FIFA. Est-ce un signe ? Espérons que non, ce serait bien triste. Manquerait plus que le Canada Dry supplante chez nos voisins ménapiens Gueuses et Trappistes, que le bortsch remplace le waterzooi et qu'Arno se mette à l'eau plate ! Décidément, tout fout l'camp, y compris dans ce plat pays qui n'est pas le mien…

Confusion des genres

Paul Gibersztajn #L'invité de Philostrate
Régulièrement, Philostrate donne la parole à des personnalités portant un regard décalé sur le monde du sport, désireuses de faire partager leurs coups de cœur, leurs témoignages ou leurs désillusions. Aujourd'hui, Paul Gibersztajn, journaliste, ancien rédacteur en chef adjoint du site Rugby365.fr et ancien rédacteur en chef de la rubrique rugby de Sporever.com, nous livre son point de vue sur la défaite du XV de France face à l'Angleterre en demi-finale de la coupe du monde.

Football-Rugby-Illustration.jpg     "La seule leçon de l’histoire que l’on puisse tirer, c’est que les hommes ne tirent jamais les leçons de l’Histoire…". 1987, première coupe du monde de rugby, au cours d’une héroïque demi-finale ponctuée d’un essai miraculeux de Serge Blanco, la France élimine l’Australie sur ses terres. Une semaine plus tard, le même XV est reconduit et n’existe pas face aux All Blacks dans l’en-but desquels des mouettes viennent paisiblement passer l’après midi sans être dérangées…

    1999, après un retournement de situation inoubliable, la France se venge des Néo-Z en les éliminant d’une autre demi-finale et en réussissant, ce qui ne fut pas le plus mince exploit du jour, à se mettre le public de Twickenham dans la poche. Une semaine plus tard le même XV est reconduit et existe à peine devant une Australie pourtant pas supérieure aux Blacks. Dans les deux cas, les joueurs, au sortir de la défaite - pardonnée à l’avance - par un pays qui adule les Poulidor bien mieux que les Anquetil, firent des déclarations semblables à base de "pas descendus de notre nuage" et de "pas récupérés la fatigue du match précédent". Aussi, lorsque Jean-Baptiste Elissalde – demi de mêlée aussi doué que lent – a été interviewé quelques secondes après la défaite  face aux Anglais, il évoqua tout naturellement… la fatigue !

    Pourtant cette fois-ci les raisons d’insuffler un peu de fraîcheur étaient encore plus nombreuses que lors des précédents naufrages : défaillance individuelle - le premier essai Black pour David Marty -, besoin de Poitrenaud à l’arrière si Traille avait remplacé Marty au centre, conviction affichée que le titre se gagne "à 30", date de l’exploit face aux Blacks qui a eu lieu plus tôt dans la compétition. Mais le "on ne change pas une équipe qui gagne" a triomphé de cette logique. Pire ! Le secteur de la touche, catastrophique à Cardiff, malgré la présence de quatre sauteurs patentés dans les rangs bleus, n’a pas été amélioré (corrigé ?) durant la semaine. Et ces munitions ont fait gravement défaut car si "messieurs les anglais tirent les premiers", ils viennent aussi récupérer les douilles !

    Comme Raymond Domenech à Berlin, Bernard Laporte, en avance de quelques jours sur son agenda personnel, s’est senti obligé de "faire de la politique". Une confusion des genres souvent fatale… Se priver de Lionel Nallet en deuxième ligne au profit d’un Fabien Pelous généreux, mais inférieur, ne semble pas répondre à une logique sportive à toute épreuve. Il est acceptable qu’un "vieux" guerrier soit sur le pré, y compris avec un niveau de jeu inférieur à celui qui fut le sien ou encore à celui de son remplaçant À CONDITION que ses qualités mentales transcendent le groupe et lui permettent, le cas échéant, de remettre son rugby à l’endroit. Or, Fabien Pelous, n’a jamais su, durant sa carrière internationale, remettre à l’endroit un match mal tricoté ! Bernard Laporte a su lui ôter le capitanat, mais n’a pas osé le remplacer par un Nallet en pleine bourre…

    Cela rappelle la finale de la Coupe du Monde de foot. La France ultra dominatrice depuis la 30ème minute avait besoin d’un buteur de petit périmètre. L’un des meilleurs spécialistes au monde s’appelle David Trezeguet. Il patientera jusqu’à la 105ème minute avant de rentrer et toucher trois malheureux ballons, car Raymond Domenech n’a pas osé sortir Thierry Henry ou Zinedine Zidane. Cela s’appelle de la politique (avec un petit "p") et cela n’a jamais permis de gagner une Coupe du Monde, que le ballon soit rond ou ovale…

Bon anniversaire Monsieur Cosson…

Philostrate #Cyclisme
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    Cette semaine,  en plus de la centième chronique publiée sur  "Du sport ou du cochon", un autre événement méritait de sabler le champagne.  "Totor"  Cosson, le 11 octobre, a fêté ses 92 ans.  Pas sûr que même ceux qui s'intéressent de près à l'histoire du vélo se souviennent de lui. Un certain "Paulo la science", qui pour le coup eut  ce jour-là une belle absence, alla même jusqu'à l'expédier sans autre forme de procès au boulevard des allongés en prétendant qu'il ne restait plus de grand champion survivant du peloton des années 30 !

    Et pourtant, Victor Cosson, toujours fringant, continue à grimper tous les jours les quatre étages de l'appartement qu'il  habite à Boulogne depuis plus de soixante ans. Tous les jours, le "môme Cosson", comme on l'appelait du temps de sa splendeur, va faire son petit tiercé au bistrot du coin, dans ce quartier de Billancourt qu'il n'a jamais quitté depuis l'enfance. "Totor", troisième du Tour de France 1938 (ci-contre, à gauche) derrière l'Italien Gino Bartali et le Belge Félicien Vervaecke, voltigeur de vingt piges révélé dans une  Grande Boucle où tous les cadors de l'équipe de France avaient failli à leur réputation. Cosson, connaît alors  une gloire soudaine et illumine les colonnes des journaux sportifs de sa bonne bouille de titi de banlieue.

    Victor, comme tant d'autres habitués des pelotons d'alors, ne profitera pourtant pas longtemps de sa notoriété. Le guerre l'oblige à prendre des chemins de traverse. Il continue à courir, mais les temps sont durs. Il remporte en 1942 les Quatre jours de la Route, ancêtres du Dauphiné Libéré, connaît de brillants succès en cyclo-cross, mais son temps est passé. Dans les années 50, il se reconvertit en motard de presse pour rester auprès de ses potes coureurs, fidèle jusqu'au bout au Tour de France et à son ami Gino Bartali.

    L'année prochaine, un livre sortira sur lui, pour fêter les soixante-dix ans de sa troisième place dans le Tour de France. "Totor" vient aussi d'être élevé au rang de chevalier de l'Ordre du mérite. Un juste retour des choses et un clin d'œil appuyé à ceux, malhabiles ou mal informés, qui l'ont peut-être un peu trop vite oublié. Pour ses amis, jeunes ou vieux, qui le connaissent, Victor est un fameux compagnon, un bonhomme comme on n'en fait plus, qui ne passe  jamais son tour lorsqu'il s'agit de rigoler ou de faire bombance. Alors bon anniversaire Monsieur Cosson et continuez longtemps votre belle échappée sur les routes de l'éternelle jeunesse !

Sus à l'Anglois !

Philostrate #Rugby
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    Les Anglais ont mis les wallabies dans leur poche. Les Français ont tondu les moutons noirs de Nouvelle-Zélande. Les choses sérieuses peuvent enfin commencer. Il flotte sur la  demi-finale de coupe du monde de rugby un doux parfum de Tournoi des Cinq Nations - pardon à nos amis Italiens… L'occasion pour certains d'entonner le couplet de l'ennemi héréditaire, de se replonger dans l'histoire de la Guerre de Cent ans et d'inviter sa Grâcieuse Majesté à se servir du traité d'Entente cordiale pour emballer ses puddings avariés. Là, je dis : "Halte !" N'oublions pas les bienfaits d'Albion. L'Anglois nous a souvent sauvé la mise. Quelques exemples, plus ou moins lointains, tirés des relations transmanche…

    En retenant prisonnier à Londres le roi Jean Le Bon en 1356, l'Angleterre a inspiré au dit souverain, libéré après remise d'une rançon, la création du franc, monnaie symbole de notre pays. Bon, elle a depuis été remplacée par l'euro, mais comment pourrions-nous, sans y faire constamment référence, grogner contre l'inflation et les trous de mite que la monnaie de Bruxelles est censée faire dans nos bas de laine ? Pas fou, le Roastbeef, lui, a préféré garder sa livre, mais pour combien de temps ? Mettons ça dans la balance et considérons qu'en cas de victoire tricolore samedi les Brits s'y mettent, cela évitera des ampoules aux technocrates européens commis d'office pour jongler avec cette patate chaude.

    En mettant un terme à l'épopée napoléonienne, Wellington, Nelson et consorts ont évité au flamboyant Bonaparte de disparaître complètement derrière l'ogre obèse bouffi d'orgueil qu'il serait sans doute devenu s'il était revenu au pouvoir. L'histoire aurait fini par une nouvelle Révolution, la famille avide de l'empereur traînée par la foule hors de Fontainebleau, Saint-Cloud ou la Malmaison. Le mythe en aurait pris un coup dans le bicorne et il y aurait sans doute aujourd'hui moins de bonapartistes nostalgiques. D'accord, ils auraient pu lui éviter Sainte-Hélène. Mais, By Jove, comment imaginer que le nouvel Alexandre craignait l'humidité et ne supportait pas le porridge à l'arsenic ?

    En coiffant Paris sur le poteau pour l'organisation des Jeux de 2012, Londres et la Grande-Bretagne ont évité au contribuable français de financer ad lib la grande kermesse olympique. Ils lui ont aussi épargné la bastonnade des vagues d'assaut publicitaires vantant l'idéal olympique avec la même subtilité qu'un gargotier malouin attendrissant l'ormeau au marteau. Ok, ils n'auraient pas dû ridiculiser Bertrand Delanoë et Jean-François Lamour. Quoique…

    Enfin, bénis soient nos voisins amateurs d'eau chaude pour avoir vendu à Canal+ les droits de leur Premier League, un championnat de football où les équipes entrent sur le terrain pour marquer des buts sans avoir peur d'en prendre. Pour le reste, samedi à Saint-Denis, à deux pas de la Basilique royale, que flotte l'étendard français et que le lys étouffe la rose ! Clouez leurs bouches pleines de dents, frictionnez leurs oreilles éléphantesques et faites leur passer le goût de la mauvaise bière et du gigot à la menthe ! Il sera toujours temps de reparler de l'amitié franco-anglaise après les débats. Montjoie ! Saint Denis ! Que trépasse si je faiblis !

   

Le Parc des couards

Philostrate #Football
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    Il
ne faudrait pas que  mon propos tourne à l'ethnocentrisme, mais, après la disparition de Francis Borelli, revenons  en quelques lignes  sur le Paris-Saint-Germain.
Après la navrante prestation livrée samedi face à Rennes (1-3), pour ce qui devait être une soirée d'hommage au défunt président, je me pose une seule question. Cette équipe a t-elle encore une raison d'être en Ligue 1 ou n'aurait-il pas mieux valu qu'elle s'étouffe avec sa médiocrité et crève une fois pour toutes en descendant en Ligue 2 la saison dernière ?

    Les habitués du football  parisien le savent : une descente est le plus souvent synonyme de chant du cygne dans la capitale. À  Paname, le public ne suit pas très longtemps ses idoles d'hier, lorsqu'elles se frottent à l'anonymat des championnats de division inférieure. C'est regrettable, mais ne serait-il pas préférable de voir disparaître le PSG et devenir un souvenir romantique, comme le vieux Racing des années 1930 à 1950, plutôt que de laisser une bande de couards en salir le maillot et le palmarès de saison en saison ?

    Ce groupe a épuisé les entraîneurs, les présidents et ses supporters, gavés de matches insipides, de lâches résignations et d'un chapelet d'occasions manquées, que même la plus pieuse des madones n'arriverait pas à égrenner. Ces footballeurs d'opérette avaient peur de leur ombre, désormais, les "pôvrettes" ont des bouffées d'angoisse à l'idée de jouer sur leur propre terrain, ce Parc des Princes où d'autres, longtemps moins bien lotis et ne bénéficiant que d'un médiocre soutien populaire, ont écrit les premières lignes du palmarès du club.

    Lorsqu'il s'agit de parler pognon ou composition d'équipe en revanche, ces messieurs ont encore des prétentions. "Moi j'ai ma place, je ne suis pas venu pour faire banquette et patati et patata…" Un exemple. Pour moi, Pauleta, qui fut un grand buteur du temps de ses années bordelaises, est mort un jour de la saison dernière, où l'essoré des Açores s'était fâché car le club ne contribuait plus assez à son goût au paiement de son nouveau loyer. Avec sa feuille de salaire, son rendement ces dernières saisons et le prix que coûtent les abonnements et les places au Parc, avouez que ça colle tout de même un peu les abeilles ! Alors, Basta ! Raus ! Laissez au vestiaire ce maillot que d'autres portaient avec fierté et allez soigner vos angoisses, vos névroses et vos états d'âme chez un spécialiste. Ce club, depuis 1998 et son démembrement par Charles Biétry, n'existe plus, ou si peu. Si vos faibles moyens vous interdisent de lui redonner du souffle, laissez-le donc s'éteindre en paix en nous épargnant, si ce n'est sa disparition, du moins l'humiliation de le voir se consumer à petit feu comme un pantin grotesque.

Le mystère du "chimoute"

Philostrate #Football
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    La pelouse du parc des Princes est orpheline. Jamais plus personne ne l'embrassera comme son fougueux prétendant à la crinière blanche. Francis Borelli, enterré aujourd'hui à Toulon,  est passé à la postérité ce jour du  printemps 1982 où, tout à la joie de voir le PSG, "son" PSG, remporter la coupe de France, il avait devant les caméras posé ses lèvres sur le vert gazon.

    Borelli restera le président des premières pour le Paris-Saint-Germain. Premières victoires en coupe de France, en 1982 contre Saint-Etienne et en 1983 contre Nantes. Premier match de coupe d'Europe pour une soirée héroïque (5-1) contre le Lokomotiv Sofia à l'automne 1983, avec un but venu de l'hyper espace signé Toko. Premier titre de champion de France en 1986 avec Gérard Houiller aux commandes…

    Francis Borelli, c'était surtout "une gueule" et un bagou riches en expressions dorées au soleil de Tunisie. L'homme aimait la beauté, la vista, les artistes du ballon aux coups de patte dévastateurs. Au point, parfois, de s'emballer un peu vite devant un geste de classe. Je me rappelle d'une réunion de supporters, dans le ventre du Parc des Princes, comme il s'en tenait alors tous les ans. Interpellé par un groupe de supporters perplexes devant le recrutement du "buteur" autrichien Richard Niederbacher, Francis s'enflamme. Voilà qu'il nous décrit le fantomatique attaquant en héros de saga, dribblant d'un coup de rein, crinière au vent, un Gérard Janvion déjà vieillissant lors d'un match amical. Borelli avait eu pour ce joueur, bien vite oublié, l'un de ces célèbres emballements, qui valurent au PSG de belles réussites - dois-je vous reparler de Safet ? - mais aussi quelques flops incontestables.

    Francis Borelli, c'était aussi une petite sacoche, qu'il gardait toujours à la main, y compris lorsqu'il "en claquait une" à la pelouse du Parc des Princes. Interrogé sur son contenu par un journaliste un soir de victoire , ce roi de la pirouette lui avait mystérieusement confié qu'elle préservait des regards indiscrets son "chimoute", un porte-bonheur, qui ne devait jamais être dévoilé faute de perdre à jamais son efficacité. Il n'en dit pas plus. Amulette ou patte de lapin, le "chimoute" reste un mystère. Après son départ du club, dont Canal+ l'évince sans ménagement au début des années 1990, le pouvoir de cet étrange grigri semble toutefois diminuer. Un bref passage à Cannes et Borelli sort du paysage du foot français, un déchirement pour cet éphémère international tunisien né avec un ballon dans le cœur. Pas étonnant qu'ensuite la maladie le rattrape. Il a aujourd'hui rejoint au paradis des footeux Michel N'Gom, l'un de ses chouchous, prometteur attaquant parisien mort au volant de sa voiture en 1984 après son transfert à Auxerre. Plutôt que de l'homme diminué de ses dernières années, souvenons-nous de la silhouette flamboyante du beau Francis, croquée ci-dessus en 1983 par Dero rasant l'entraîneur nantais Jean-Claude Suaudeau le jour de la finale de la coupe de France. Borelli, "LE" président du PSG pour l'éternité…

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