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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Chorizo périmé ?

Philostrate #Tennis
Tilden-Miroir-1938.jpg    Pobré Rafa… Yé loui avait pourtant dit qu'à courir comme oune  cabrito sour la terre battou, il allait finir par sé touer la santé. Il a l'air fin mainténant notre taurillon fougueux avec ses sabots en compote. Pobrécito. C'est oune comble : à peine l'âge où lé toro fait lé beau dans l'arène, qu'il est déyà plou bon qu'à régarder passer lé trains en prénant son mal et sa dolor en patience.

    C'est ça lé sport modérn. Tout  va plou vite. Tou a encore dou lait dé ta mère sour lé bout dou nez et des cojones pas plou grosses qué dé noyaux dé cérises, que tou passes déyà des heures sour les courts dé tennis. Tou a à peine dou poil au mentone, qué tou soulèves dé la fonte comme ouné campeon dé force basque. Après, tou a oune bras comme Houlke lé titane verte, tou peux jouer plousse dé tournois qué dé yours dans l'année et tou té fais des cojones en platine - yé sais, encore lé cojones, jé soui oune macho…

    Évidemment, tou lé monde a dé l'admiraçion por toi. Lé poublic, qué comme dans l'arène y veut plousse dé spéctacle et sé fout dou reste. Lé yournalistes, qué disent qué té oune estraterrestre, qué té oune physico hors dou commun, qué té oune force dé la natoure. Les mêmes y diront qué té ouna mierda si, pour être encore plousse extraordinaire, tou va voir oune docteur qué lé pas conventionné et qui té donne oune pétite traitément médical qué té fé cracher lé fuego. Lé your où tou fait péter la fiole dou controle antidopage, là té plou oune campeon dou tou et tou a beau avoir donné à tou lé mundo cé qui voulait, té tou sol quand la guardia civil elle encercle l'hacienda.

    Pobre Rafa. Yé vé pas té péter lé moral, tou a déya assez dé mal avec té pieds ramollis comme dou chorizo avarié. Yespère qué tou va té réfaire oune santé sous lé soleil des Baléares et qué Toni, ton tonton, va té trouver oune bonne médécin et des zapateras sour coussin d'air pour qué, même bien cassé, tou pouisses jouer encore oun an ou deux. Yousqu'à vingt-cinq ans, si tou a dé la chance, por féter tes vingt ans dé tennis professionnel. Après, c'est les oreilles et la queue aux aficionados, en attendant qué tou soit remplacé par oune autre prodige au gros bras. Cé la doure loi dou sport…

P.S : Le grand champion Bill Tilden, immortalisé sur cette image en 1938, disputait encore le tournoi de Roland-Garros à 46 ans. À cet âge-là, Rafael Nadal fera des cures thermales à la Bourboule pour soigner ses douleurs et s'endormira, un plaid sur les épaules, en regardant deux "prodiges" de quinze ans jouer la finale des Internationaux de France 2032 sur un court central de 80 000 places. C'est beau l'avenir…

Le sous-marin Luis

Philostrate #Société et médias
Pub-Luss.jpg    Pourra t-on un jour parler du PSG sans que le nom de Luis Fernandez y soit automatiquement associé ? Sans qu'en période de crise l'ancien joueur et entraîneur parisien ne clame la main sur le cœur son attachement au club de la capitale, en tout bien tout honneur évidemment ? Non, du moins à en croire les médias, où l'ancien milieu de terrain de l'équipe de France bénéficie d'indéniables relais depuis sa fin de carrière et sa récente reconversion en chroniqueur façon café du commerce.

    Luis, c'est un bon client. Vous lui mettez un micro sous le nez, vous en avez pour vos deniers. À l'en croire, il aurait presque inventé le PSG. Rappelons tout de même quelques vérités que cet éternel chevalier blanc, roi de la faute d'accord et de la liaison "mal t'à propos", a un peu tendance à oublier. Certes, il est un enfant de l'ère Borelli, l'époque héroïque des premiers titres. Il y a longtemps incarné le joueur du PSG par excellence, adulé dans le Kop Boulogne, honni et craint en province pour son jeu rugueux et sa"caisse" phénoménale. Mais lorsque l'appel des biftons venu du Matra Racing se fit entendre, il n'eut aucun mal à troquer le maillot rouge et bleu pour la défroque ciel et blanche. À trahir en somme, pour aller bouffer dans la main de Lagardère père, comme le font aujourd'hui avec la docilité d'un troupeau de Charolais nos athlètes dans celle du fils…

    Attaché à Paris Luis ? Oui, mais à un Paris au sens large. Quand a ressurgi il y a quelques années le serpent de mer de l'autre grand club parisien que l'on attend toujours, Luis n'a t-il pas été l'un des premiers à grenouiller autour de ce fumeux projet, mort-né comme tous ceux qui l'ont précédé ? Passons au chapitre entraîneur, puisque coach Fernandez, Don Quichotte des causes perdues, aime bien se prévaloir de son bilan sur le banc parisien. Nous ne ferons pas l'injure de lui parler de son retour manqué en 2000. Comme Artur Jorge et tant d'autres avant lui, il avait simplement oublié que, Porte d'Auteuil plus qu'ailleurs, un technicien ne peut pas être et avoir été. Mais dans sa période glorieuse, celle qui culmine en mai 1996 avec la victoire en Coupe d'Europe des vainqueurs de coupes, Luis est loin d'avoir un bilan élogieux. Le championnat 1996 perdu on ne sait comment face à Auxerre après avoir enchaîné les victoires et compté un confortable matelas de points d'avance témoigne de l'incapacité de "coach Luis" de gérer un effectif autrement que dans l'urgence. L'arrivée de Noah  "l'ambianceur"  pour détendre l'atmosphère et remobiliser les troupes avant la finale de coupe d'Europe prouve aussi, en dépit des pressions extérieures, que tout n'était pas si rose entre lui et ses joueurs.

    Alors oui, Luis bénéficie toujours de vrais soutiens dans les tribunes du Parc des Princes. Mais à trop en user, même s'il s'en défend, il finira bien un jour par lasser. Qu'il se contente pour l'instant de jouer les grandes gueules, ce qu'il fait de mieux, sur les ondes de RMC, et qu'il arrête d'endosser le costume d'homme de l'ombre, encore plus large pour lui que ceux à la coupe douteuse qu'il adopta un temps pour s'imaginer en entraîneur à l'italienne. Il ne risquera pas ainsi de dilapider définitivement le capital de sympathie engrangé à l'époque où sa silhouette voûtée caractéristique faisait la loi sur les terrains.

Pas de pitié pour les gardiens

Philostrate #Football
Pub-DAIGNEY.jpg   
    Il ne fait pas bon être gardien de but international en ce moment. Samedi dernier, c'est Mickael Landreau, titulaire dans les cages de l'équipe de France contre le Maroc, qui commet une boulette. Mercredi, son remplaçant, Sébastien Frey, pourtant considéré comme l'un des meilleurs à son poste en championnat d'Italie, joue à son tour les passoires face à l'Ukraine, déboussolé par la lumière d'un projecteur comme un vulgaire papillon de nuit. Plus grave, lors du match décisif comptant pour la qualification au prochain Euro, le gardien anglais, Scott Carson, confond le ballon avec une savonnette, précipitant la piteuse élimination de son équipe nationale. Croule Britannia…

    Bon ou mauvais, verni ou malchanceux, le gardien de but est au foot moderne ce que le gladiateur est aux arènes antiques. Qu'il fasse un arrêt décisif, le public lève le pouce et le porte en triomphe, mais que dans la minute suivante il se troue irrémédiablement, il ne sera plus qu'un homme à terre, condamné quelle que soit la portée de ses exploits passés. En dépit de sa position sur le terrain, le gardien évolue sans filet. Un défenseur peut se planter lamentablement sur un tacle, un attaquant rater le cadre d'un but vide, leur erreur pourra toujours, au mieux, être rattrapée par un coéquipier, au pire leur valoir des bordées de sifflets. Mais sauf à avoir durablement les "pieds carrés", leur maladresse s'oubliera vite.

    Le gardien, lui, garde les stigmates de ses échecs sa carrière durant. Souvenez-vous l'éphémère passage de Letizi en équipe de France, victime d'un instant d'égarement, le tendre calin d'Arconada, qui envoie la balle au fond des filets de l'Espagne sur un coup franc de minime de Platini et ouvre le chemin de la victoire à la France en finale du championnat d'Europe des Nations 1984… Combien, pour avoir vu un ballon mal ricocher sur un poteau, rebondir dans leur dos ou vriller sur une motte, ont dû faire une croix sur leurs ambitions ? La cage de but, c'est le siège périlleux d'une équipe de football. Comme dans la légende arthurienne, celui qui y prend place n'a d'autre alternative que d'être grand et de mener ses compagnons jusqu'au Graal, ou de faillir et d'être pour toujours enseveli dans les profondeurs de la terre…

Vrais bœufs et faux dévots

Philostrate #Société et médias
Montpellier1928.jpg
    La belle ambiance samedi soir à Saint-Denis ! Un match amical France-Maroc en football c'est une fête. Un peu de fantasia chez ces ploucs de Gaulois, c'est tellement sympa. Et que je te siffle la Marseillaise à l'algérienne, le ministre des sports n'a rien entendu, on n'en attendait pas moins de lui… Et que je te hue les joueurs français, à l'exception notable des stars de confession musulmane, faut tout de même pas déconner… Là, les éditorialistes auraient dû avoir la plume titillée devant ces poussées de crétinisme communautaro-religieux. Mais n'oublions pas que nous sommes en France, pays où il est de bon ton de passer son temps à s'excuser de demander pardon et où les qualificatifs de raciste et de nostalgique du colonialisme ne sont jamais bien loin, dès lors que l'on renâcle à baisser son froc et fournir la vaseline pour se faire entuber.

    La bêtise, dans les tribunes des stade de foot, n'a rien d'un phénomène nouveau. Mais le prétexte religieux n'y avait jusqu'alors guère droit de cité. Un vent mauvais se lève et les joueurs, aux faits et gestes surmédiatisés, en sont en partie responsable. De ceux qui se signent à tout bout de champ à ceux qui invoquent Allah le Miséricordieux bien cadrés par les caméras avant le coup de sifflet de l'arbitre, il est devenu de bon ton ces dernières années pour les durs du mollet de porter sa foi en bandoulière. Au-delà de l'absurdité de mêler Dieu, quelque soit son nom, aux parties de jambes et de ballons, les stades n'ont rien à ma connaissance d'églises ou de mosquées. À moins que l'on ne décide d'installer un bénitier à la sortie des vestiaires et que l'on ne demande aux joueurs de laisser leurs crampons sur la ligne de touche avant de fouler la pelouse, ce qui n'a rien de commode, vous en conviendrez…

    Les journalistes ont aussi leur part de responsabilité dans l'affaire. Il n'est quasiment plus une interview d'un joueur revenant de blessure ou sortant d'une passe difficile sans que, si la personnalité du "client" le permet, il ne soit questionné sur sa foi, censée l'avoir guidé dans la vallée des ombres. La religion relevant à mon sens strictement de la sphère privée, il est tout autant hors de propos d'entraîner un champion sur ce terrain que sur celui de ses préférences sexuelles et ses positions de galipette favorites. Mais n'en demandons pas trop : s'interroger sur l'air du temps et sa responsabilité de ne pas y céder est un luxe que les journalistes à tout faire du XXIe siècle ne peuvent visiblement plus se permettre.

    Quoiqu'il en soit, signes de croix et prières en tous genres n'ont rien de plus à faire dans les stades que les signes extérieurs d'appartenance politique, du nazillon vert de gris au rouge trostko. En la matière, tout se vaut et ne sert aux troupeaux de bœufs qui en usent qu'à s'inventer une légitimité et à cultiver sur le dos du sport un sentiment d'appartenance frelaté. Les autorités, qui poussent des cris d'orfraie devant les hordes nationalistes, devraient prendre avec le même sérieux les portraits de Mao, du Che ou de Staline brandis à Livourne, les étoiles de David exhibées à Amsterdam et toute manifestation ostentatoire d'appartenance religieuse prenant prétexte d'une compétition pour s'exprimer. Faute de quoi, le combat contre la violence dans les stades ne mérite même pas d'être mené.

Insubmersible Laure

Philostrate #Natation
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    Laure Manaudou serait-elle en passe de devenir  l'Angélique du XXIe siècle ? Comme la célèbre Marquise des Anges incarnée par  Michèle Mercier au cinéma dans la fresque romanesque des années 1960, son jeune destin est déjà émaillé d'épisodes hauts en couleurs. Il y eut d'abord Laurette et le Rescator, avec dans le rôle du corsaire des bassins Philippe Lucas, baroudeur chloré amateur de joncaille au caractère tempétueux.

    Laure et l'Olympe, sorti en 2004,  consacrait leur collaboration sur fond de Parthénon et de mer Égée bleutée. L'or olympique à Athènes, la célébrité et la fin des années d'insouciance pour une gamine de 18 ans devenue d'un coup une star du sport mondial et l'une des personnalités favorites des Français. Trois ans et une flopée de records et de médailles plus tard, la rupture avec son intraitable mentor ouvrait un nouvel épisode de la saga : Laurette et le prince de Vérone. Dans le rôle du séducteur, Luca Marin. Dans celui du ténébreux cardinal essayant de tirer honteusement profit de l'idylle, Paolo Penso, pour quelques semaines d'entraînement rocambolesques en Italie, avant une évasion médiatique et le retour de la belle dans le giron familial.

    Nouveau coup de théâtre ce week-end. En battant à Berlin son propre record d'Europe du 200m (1'53"48), la championne d'Ambérieu signait un tonitruant come back. Vous avez aimé Indomptable Angélique en 1967 ? Vous aimerez Insubmersible Laure en 2007, dont l'héroïne, avec son air habituel de ne pas y toucher, cloue mine de rien le bec à tous ceux la croyant égarée quelque part au milieu de "ses amis, ses amours, ses emmerdes", comme l'aurait chanté Aznavour. Aux dernières nouvelles, un autre épisode de la saga serait déjà en pré-production, tournage prévu à l'été 2008. Laurette et la Cité interdite devrait emmener notre aventurière à Pékin en quête d'un nouveau butin, que tenteront de lui ravir de perfides naïades aux yeux bridés ou de menaçantes torpilles américaines. Succès en salle assuré…

Puerto si, Purto no

Philostrate #Dopage
Pub-Savage.jpg    On glissera sur la dernière passe d'armes entre Dick Pound, bientôt ex-président de l'Agence mondiale antidopage, et Jeff "Loser" Lamour, qui poussé à bout par le lobby "libéral anglo-saxon" a préféré se coucher dans la course à sa succession. La page de notre quotidien sportif national qui leur était consacrée ce jeudi ne valait en réalité que par une phrase. Celle où cette sympathique crapule de Dick, avocat en 1988 du sprinter supersonique "Benoïde" Johnson, assénait : "Ne me dites pas qu'il n'y a que des cyclistes dans l'affaire Puerto, comme le suggère le secrétaire d'État espagnol aux sports ! Cette affaire doit continuer. Les Espagnols doivent présenter toutes les informations en leur possession, et pas seulement celles qui concernent le cyclisme."

    La phrase ne contient en soi aucune révélation, mais a le mérite de refaire tinter la clochette, qui à force mettra bien la puce à l'oreille à la foule grégaire des seuls contempteurs du vélo. Rappelez-vous comment, aux premières heures de la nouvelle "plus grande affaire de dopage de l'histoire du cyclisme", des infos susceptibles d'impliquer des sportifs d'autres discilpines avaient agité les rédactions d'Espagne et de France. Il avait alors suffi que les plus prestigieux clubs de football de la Liga espagnole fassent les gros yeux pour que les journalistes s'en tiennent à une sage prudence, qu'ils n'ont plus depuis belle lurette lorsqu'il s'agit d'essuyer leurs gros sabots sur le vélo.

    Après, les autorités espagnoles ont fait le reste. Ou plutôt n'ont pas fait grand chose, rien surtout qui ne risque de faire sortir l'affaire Puerto du lazaret, fleurant bon la pharmacie, où les pestiférés du cyclisme expient les fautes de tous les sportifs dopés de la planète. Les tennismen et les footballeurs chargés, un fantasme, une rumeur ? Souhaitons-le pour tous ces sympathiques athlètes qui, on appréciera le privilège dans le peloton, peuvent encore faire circuler une vidéo gag sur de "vraies-fausses piquouzes" sans être inquiétés plus que cela, n'est-ce pas Monsieur Cannavaro ? Il est vrai qu'il y a des choses avec lesquelles on peut encore plaisanter dans le football - Zizou n'a pas de sang-froid, mais sait faire du sang frais, parole de Suisse ! -, qui peuvent valoir sans délai au plus discret des coursiers les foudres des inquisiteurs de la topette et une descente en règle des vampires dans son chalet alpin.

    Souhaitons donc que les exhortations et les effets de manche du baveux Richard Pound portent leurs fruits. Pour une divine surprise, ce serait une divine surprise, quand bien même le calendrier nous rapproche chaque jour un peu plus du temps béni où tout le monde croit au père Noël. À propos, une devinette en passant : qu'apportera le bonhomme en rouge à Jean-François Lamour, qui n'a pas attendu les fêtes pour que ses rêves sentent le sapin ? Un paquet de Kleenex, un ballon de baudruche et un coffret de Meccano, pour peaufiner au coin du feu son nouveau projet d'usine à gaz antidopage européenne. Non Jeff, t'es pas tout seul…

Lindros en compote

Philostrate #Sports de glace
VAGA-couleur1908High.jpg     Pour voir l'avenir du sport professionnel, il suffit souvent de glisser un regard par-dessus l'océan atlantique. Le sport business made in USA dans sa démesure et sa propension à griller les talents comme le cow-boy Marlboro les paquets de clopes reste encore et de loin la référence ultime. Prenez l'exemple d'Eric Lindros, 34 ans, ex-futur star de la Ligue Nationale de Hockey, qui vient d'annoncer sa retraite définitive des patinoires dans l'indifférence quasi générale.

    Voilà un gars, taillé comme un séquoïa - 1m93 pour 108 kg - qui semblait tout avoir pour collectionner les bagues offertes chaque saison aux vainqueurs de la Coupe Stanley, graal du hockey aux Etats-Unis et au Canada. Un gabarit hors du commun, qui doublé d'une habileté certaine à manier le palet semblait lui garantir une place au Hall of Fame avant même ses premiers coups de patin chez les pros. Un caractère de cochon, qui après le repêchage de 1991 lui avait fait refuser de jouer pour les Nordiques de Québec, trop "joual" à son goût d'Ontarien anglophone. L'anecdote lui valait de belles bordées de sifflets à chaque passage dans la Belle Province, mais le gaillard n'en était guère indisposé. Il avait son histoire, ne laissait personne indifférent, ce qui conjugué au talent garanti de nos jours à coup sûr la reconnaissance médiatique…

    Seulement voilà, notre colosse avait des pieds d'argile. Quand on arrive en roulant des épaules, aussi larges soient-elles, mieux vaut être bien protégé. Les requins-marteaux qui sillonnent l'océan impitoyable de la NHL pour réduire en bouilli les joueurs vedettes des équipes adverses ont eu tôt fait de prendre pour cible le gros bébé des Flyers de Philadelphie. D'ordinaire, un top player, ça se protège. Wayne Gretzky, génie de la rondelle au talent inversement proportionnel à la taille - 1m83 pour 84 kg, autant dire un nain de jardin…-, a su trouver tout au long de sa carrière de solides chiens de garde pour assurer ses arrières. Jari Kurri du temps des Oilers d'Edmonton. Le redouté Marti Mac Sorley chez les Kings de Los Angeles. Eric Lindros, fort de sa carrure imposante, n'a pas eu cette chance. En treize saisons de NHL, il a accumulé les commotions cérébrales et a raté plus de 300 matches au total, les méninges en compote ou les articulations en capilotade.

    En Amérique, dans la société comme dans le sport, seuls les plus forts survivent. Le gâchis de la carrière de Lindros, qui hormis une médaille d'or olympique avec l'équipe du Canada en 2002, présente un palmarès vierge de tout trophée en club, en témoigne. La Ligue nationale de hockey devrait en tirer des leçons pour mieux assurer à l'avenir la sécurité de ses joueurs sur la glace dans un sport de contact allant parfois bien au-delà du raisonnable. Le sport professionnel aussi, car quand tous les coups sont permis, quand intégrités physique et morale se sont évanouies, le spectacle n'est plus garanti. Et sans spectacle, pas de profits…

Soutien unanime

Philostrate #Tennis
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    La Fédération française de tennis, qui ne regarde pas à la dépense, s'est payée cette semaine une pleine page de pub dans nos quotidiens. Objectif : soutenir la marote du président Bîmes, à savoir l'extension du stade de Roland-Garros sans laquelle, à l'en croire, l'avenir du tournoi, pour ne pas dire de la patrie, serait menacé. Sans doute à court d'arguments pour défendre un projet contesté, la FFT a cette fois sorti la grosse artillerie, paraphant son encart de soutien des signatures de quelques uns des meilleurs joueurs de France et du monde, Federer et Nadal en tête. Ces derniers, assure ce serment du jeu de paume version 2007, se prononcent "en faveur de l'extension du stade Roland-Garros et espèrent le soutien des autorités publiques françaises", afin que le tournoi "soit organisé sur de nouvelles installations étendues Porte d'Auteuil"

    Difficile de ne pas être admiratif devant la spontanéité de ce soutien unanime. C'est vrai quoi, ce n'était pas gagné ! La perspective d'un nouveau stade, plus grand, plus moderne, mieux adapté pour pomper jusqu'au dernier centime dans les poches des passionnés de tennis, aurait pu faire hésiter plus d'un champion. Le risque pour la FFT de se voir opposer une fin de non-recevoir par nos ténors de la raquette était presque aussi grand que de voir les cheminots rejeter comme un seul homme un projet de "prime à la grève" doublant leur rémunération les jours de chaos ferroviaire, c'est dire !

    Le plus comique est sans doute de voir ces icônes du libéralisme sportif, hommes-sandwichs pour marques de luxe, en appeler aux autorités publiques françaises pour qu'elles consentent à faire pleuvoir les deniers de l'Etat sur cette opération, qu'il s'en est fallu d'un rien de voir qualifiée de cause nationale. Hé oui, nos amis millionnaires des courts, dont l'argent dort dans de cossues banques suisses ou sur d'exotiques comptes offshore, ont besoin de vos impôts à vous, qui avez la chance d'en payer et n'êtes pas contraints par les exigences de votre profession au rude exil monégasque ! Si vous voulez les voir jouer dans de bonnes conditions en payant à prix d'or vos billets non-remboursables même en cas de mousson, faudrait voir à y mettre un peu du vôtre…

    Si les champions ont signé ma brave dame, c'est que le projet doit tenir la route. Ils n'auraient pas fait ça à la légère, sans penser aux conséquences pour un bois de Boulogne qui, en dehors de la quinzaine de Roland-Garros, n'est guère plus qu'un grand jardin public où les Parisiens viennent s'ennuyer en famille. Ils n'auraient pas oublié de réfléchir aux conséquences de voir toujours plus de spectateurs se marcher toujours plus sur les pieds car, les sardines et les habitués des transports parisiens le savent, on agrandit toujours la boîte pour mieux tasser le chaland, pas pour lui permettre de prendre ses aises… Non, ils ont bien pensé à tout ça nos bûcherons des courts, ils connaissent bien le quartier, ils le traversent quinze jours par an pour aller de leurs palaces au Central. D'ailleurs, aux dernières nouvelles, ils auraient même conçu un plan très habile afin d'aider à financer les travaux d'extension :  proposer au président de la FFT de parier en ligne sur une victoire de Sébastien Grosjean aux prochains Internationaux de France en s'engageant dès maintenant par écrit à le laisser gagner toutes ses rencontres. Mais pas de blague hein, en abandonnant sur blessure, il faut que ce soit crédible tout de même !

P.S : Pour ceux qui auraient raté un épisode, le coût de l'extension de Roland-Garros est estimé à 120 millions d'euros. La FFT mettrait, certes, 80 millions de sa poche, mais attend de l'Etat et de la Ville de Paris qu'ils crachent aussi chacun 20 millions au bassinet. Une paille, surtout pour créer un grand boulevard piétonnier en plein milieu des serres d'Auteuil !

Pollution olympique

Philostrate #Olympisme
   
Squelette-Illustration.jpg    Quand Pékin souffre, les JO toussent. "Soufre" devrait-on plutôt écrire, en référence au SO2, ou dioxyde de soufre, recraché entre autres cochonneries dans l'atmosphère de la capitale chinoise par les  industries de la région. Si le régime communiste au pouvoir dans l'Empire du Milieu a bien assimilé la notion de développement, il ne conçoit en effet comme durable que sa mainmise sur les rouages d'un pays mené à la trique. L'environnement, il s'en fout comme d'une guigne, pourvu que la machine à produire des yuans tourne rond.

    D'ordinaire le citoyen de Beijing, la tête dans le smog, crache, se racle la gorge, les yeux des enfants rougissent, leurs poumons se flétrissent comme des éponges mitées sans que personne ne trouve rien à redire. Mais là, à quelques mois de voir le cirque olympique planter ses tentes sous le ciel laiteux de la Cité interdite, le CIO s'émeut. Que faire pour éviter que l'air pollué de la métropole chinoise ne vienne gripper les belles mécaniques de nos athlètes à la complexion si délicate  ? Comment se débrouiller pour que les records soient à la hauteur des attentes et que la fête soit réussie ?

    Pragmatiques et désireuses de plaire en tous points à leurs honorables visiteurs étrangers, les autorités chinoises envisagent, de concert avec le Comité international olympique, toutes sortes de solutions. Décentraliser en province certaines épreuves, notamment de fond, pour épargner aux marathoniens, marcheurs ou cyclistes souffle court, picotements de gorge et autres désagréments engendrés par l'air vicié respiré à longueur d'année par les Pékinois. Jamais à court d'idées radicales, le régime communiste envisage même d'arrêter purement et simplement l'activité de certains sites industriels pendant les semaines précédant les Jeux et les compétitions elles-mêmes. En d'autres termes, mettre sans autre forme de procès des pans entiers de la population au chômage technique, pour que la kermesse olympique batte son plein et que la fine fleur du sport mondial s'ébatte insouciante dans une atmosphère providentiellement épurée.

    C'est le principe de la double peine appliqué au petit peuple de Pékin. Les ouvriers peuvent bien le reste du temps s'empoisonner en paix pourvu qu'ils fassent l'impasse sur quelques semaines de salaire pour garantir au pays de ne pas perdre la face et aux gentils champions de ne pas tousser. C'est une conception comme une autre de la trêve olympique, qui voyait dans la Grèce antique les belligérants mettre l'arme au pied le temps des Jeux. Là, c'est aux travailleurs que l'on demande de se serrer la ceinture et d'oublier un peu l'outil de production, qui se trouve aussi hélas être leur gagne-pain. Ils n'auront que plus de temps pour regarder les épreuves à la télévision… Rangez les cadavres dans les placards, cachez la poussière sous les tapis, c'est le rêve olympique qui passe !
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Le pouce à Titi

Philostrate #Football
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   Thierry Henry a beau avoir changé de club, de femme et troqué la grisaille londonienne pour les Ramblas de Barcelone, il n'en a pas pour autant perdu ses habitudes en chemin. Certains esprits chagrins catalans diront qu'il a peut-être égaré son instinct de buteur dans la traversée de la Manche, laissons-les médire… Attachons-nous plutôt à disséquer un geste technique devenu l'une de ses marques de fabrique : le lever de pouce compulsif, tic qu'il partage désormais avec l'un de ses illustres coéquipiers barcelonais, Ronaldinho.

    Dans la gestuelle henryesque, le pouce levé revêt plusieurs significations. Un coup de tatane rageur d'un coéquipier dans les tribunes, un pouce levé l'encourage sur le registre "C'est pas grave bonhomme, tu feras mieux la prochaine fois !" Une passe millimètrée d'un partenaire vendangée, un lever de pouce de l'attaquant le plus prolifique de l'équipe de France fait office de plates excuses et de remerciement pour ce caviar bien mal exploité. Un tifo héroïque descendu des tribunes d'Highbury ou du Camp Nou, l'empereur Henry lève son pouce pour saluer ces encouragements si bien troussés…

    Bref, Titi sans son pouce, c'est un peu comme Caliméro sans sa coquille, un rugbyman du Stade Français habillé ou une officine de paris en ligne sans tennisman professionnel. A tel point qu'il est légitime de s'inquiéter du devenir de l'attaquant blaugrana si, qu'à Dieu ne plaise, il devait un jour s'abimer ce précieux appendice. Qu'adviendrait-il de lui en cas d'entorse, pis, de fracture du pouce ? Comment pourrait-il communiquer avec ses fans ou ses coéquipiers ? Comment faire comprendre au photographe chargé de mettre en boîte l'un de ses multiples contrats publicitaires que, décidément, cette prise de vue est vraiment trop cool ? Comment pourrait-il remercier son conseiller financier d'avoir vendu à temps ses action EADS ? Ronaldinho, le pouce en purée, pourrait toujours découvrir son sourire équin pour exprimer son contentement; Titi, lui, sans son doigt favori, serait fort démuni.

    Mais n'allons pas porter la scoumoune à notre sympathique buteur. Si, avec autant de probabilités que de voir Ben Laden et le mollah Omar foudroyés le même jour par deux météorites, le divin Titi condescendait à lire ces quelques lignes, je me permettrais juste de lui donner un conseil. Le jour où, à l'automne de ta vie de joueur, d'autres sirènes méditerranéennes t'attirent, que l'envie de voir le soleil se coucher sur le Pirée te conduit dans un club grec, je t'en prie Titi, laisse ton pouce au pays ! Sur les bords de la mer Égée, ton geste favori, exécuté de façon par trop vigoureuse, équivaut chez nous à un majeur tendu bien haut. Pas classe et sans doute pas la meilleure façon de finir une carrière en beauté…

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