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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Philippe Lucas, l'hyper-coach

Philostrate #Société et médias
LuttePlanche.jpg    Comme notre Saint Nicolas de l'Élysée, qui sillonne la planète avec sur le dos sa hotte pleine de contrats à signer, il est dans le monde du sport un homme qui ne tient plus en place.Philippe Lucas, l'entraîneur déchu de Laure Manaudou, brûle de changer d'air. Marre des odeurs de chlore et des nageurs qui vous jettent comme un vieux kleenex. Ras l'indéfrisable de la Fédération française de natation, des "tringles" qui rechignent à s'entraîner, des amourettes de jeunes filles en fleur, des déplacement en monospaces même pas équipés d'un lecteur CD valable pour lire son intégrale de Johnny…

    "Bling, Bling" Lucas veut troquer les bassins et les athlètes imberbes aux carrures d'albatros pour les pelouses de Ligue 1 et les footeux aux pattes poilues. Depuis le temps qu'il serine sur tous les toits que le ballon est pour lui ce que les courtines sont à Omar Sharif ! Son dada, sa passion ! Même qu'il nous fait désormais partager chaque dimanche sa science du jeu dans France 2 Foot, seule émission du PAF dans sa catégorie à faire fuir l'audience et donner au Jour du Seigneur des airs de prime time. C'est pourtant pas faute de voir notre lascar se dépenser, lui, le fan assumé du Paris Saint-Germain de frère Le Guen, ce qui par les temps qui courent est, convenons-en, un bel acte de foi.

    Dans le monde impitoyable du foot business, notre hyper-coach en marcel devra pourtant être rudement costaud pour ne pas finir en string. Côté look, de singulier dans le milieu de la natation, son goût pour les bagouzes, les gourmettes, les lunettes noires et le "ouakenwall" risquent de le faire passer pour le gentil cousin de province qui s'encanaille. Les joueurs de foot sont des épées dans l'art de la sape. Des santiags d'accord, mais achetées uniquement chez le seul designer tendance d'Austin, Texas, et avec du John Galliano sur le dos… Pour la Zik aussi, Philou doit s'attendre à une sévère mise à niveau. Le dernier fan revendiqué de Johnny Hallyday en activité dans le championnat s'appelait Tony Vairelles et il y a longtemps qu'il ne traîne plus sa coupe de rebelle de l'Artois - court devant, mais nuque filasse…- sur les terrains de France.

    Enfin, si notre sympathique rouleur de mécaniques s'attend à voir les footeux lui témoigner plus d'égards que ses anguilles chlorées, il va au-devant de grosses désillusions. S'il y a bien une chose que les pros du ballon rond ignorent, dans leur immense majorité, c'est la reconnaissance. Dans un milieu où l'égoïsme et la putasserie sont des  vertus cardinales, le staff technique et tout ce qui gravite autour arrivent très loin dans l'ordre des préoccupations des divas de la balle. À côté, la natation c'est le monde enchanté de Oui-Oui et ses amis. Philippe Lucas a beau y avoir longtemps joué avec succès l'ours mal léché, rien ne dit qu'il décroche un aussi beau rôle dans son prochain casting…

Descente aux enfers

Philostrate #Coup de coeur de Philostrate
Ski2-BDF.jpg    C'est sans doute ce qu'il convient d'appeler la loi des séries. Depuis que le cirque blanc du ski mondial a planté sa tente en Amérique du nord, les descendeurs tombent comme à Gravelotte. Sur la piste de Beaver Creek, le premier à laisser des plumes sur la neige fut le champion du monde Aksel Lund Svindal. Fracassé à la réception d'un saut de plus de soixante mètres, le Norvégien est HS pour la saison et plus si complications…

    À Aspen, ce sont les femmes qui ce week-end ont payé le prix fort. D'abord l'Autrichienne Alexandra Meissnitzer, puis la jeune Française Anne-Sophie Barthet. Fatalité ou pistes mal préparées ? N'étant pas un spécialiste, je ne me risquerai pas à trancher la question. Mais ces chutes à répétition rappellent combien le destin des descendeurs ne tient souvent qu'à une prise de carre ou une sortie de courbe hasardeuses.

    Les magazines sportifs ont beau chaque hiver nous ressortir leurs lots de "skieurs de l'extrême", adeptes des bosses, du hors piste et de tout ce qui glisse, pourvu que ça permette de porter un bonnet ridicule voire une plume dans le derrière, c'est dans la descente que réside encore et toujours la vraie audace. Il faut avoir été en haut d'une piste olympique, avoir tâté le vertige d'un mur de départ pour comprendre qu'il n'est pas nécessaire d'en rajouter. Dommage d'ailleurs que, malgré des progrès indéniables, les caméras rendent si mal les reliefs et les pourcentages hallucinants des pistes où les meilleurs jouent les funambules.

    Dans ces conditions, un départ n'est jamais anodin et le doute n'a pas sa place. Or, c'est précisément quand la chute intervient et qu'elle vient sournoisement saper les certitudes que se joue l'avenir du descendeur. Antoine Dénériaz, champion olympique en titre, qui a annoncé sa retraite cette semaine à 31 ans en est le parfait exemple. Sa descente aux enfers n'a suivi que de quelques semaines son sacre inattendu à Turin. Une terrible gamelle et toute la confiance héritée de la plus prestigieuse des médailles d'or volait en éclats. Il avait perdu son "mojo". Définitivement. Le ver était dans la pomme. L'esprit en vrac, après avoir connu les tourments d'un corps déglingué, "Tonio" passait la main, avouant humblement son incapacité à poursuivre plus loin sa carrière. Souhaitons à tous les crétins bondissants jouant les kamikazes médiatiques d'être capables d'en faire autant. Souhaitons surtout aux autres descendeurs tombés ces dernières semaines au champ d'honneur de pouvoir se relever en dépit du démon, qui désormais distille l'appréhension au creux de leur oreille…

Loeb, reflet dans l'huile de vidange

Philostrate #Société et médias
Pub-Alcyon2.jpg     Sébastien Loeb est quadruple champion du monde de rallye et tout le monde s'en fout. Si vous croyez que j'exagère, prenez la "une" de notre quotidien sportif national daté du mardi 4 décembre. Pour justifier d'accorder la première page  au plus grand pilote du moment, l'héritier de L'Auto,  dans un souci pédagogique louable, a tout de même dû lui faire partager la vedette avec Laure Manaudou, Tony Parker et Zizou, histoire de bien montrer que le virtuose du volant est de la trempe de ceux que le public adule.

    De la trempe des plus grands, son palmarès le prouve. N'empêche, tout le monde s'en tape… À part le garagiste de Trifoullis-sur-Bléno, le fan de tuning de La-Motte-sur-Lorette, l'otaku lobotomisé à force d'enchaîner les dérapages sur Playstation et ses sponsors, qui le font vivre et arrosent  la presse, ce qui n'est déjà pas si mal ! Pourquoi cette difficulté à susciter l'enthousiame au-delà du cercle graisseux des sniffeurs d'huile de vidange ? Sans doute, parce qu'en dépit de vaines tentatives de le "glamouriser", notre seigneur des pistes, une fois extrait de son baquet, a autant de charisme qu'une tête de delco.

    Surtout, parce que confusément le public sent que sous ses airs de gendre idéal et vrombissant Sébastien Loeb est en réalité un hors-la-loi en puissance. À l'heure où les climatologues prévoient une augmentation de la température moyenne sur la planète de 6°C d'ici 2010, où les ours polaires en sont réduits à s'enduire d'écran total pour regarder fondre la banquise et où les gaz à effet de serre font mauvais effet, les jours des sports mécaniques tels que nous les connaissons semblent comptés. Trop polluants, ils seront bientôt bannis, leurs pratiquants stigmatisés pour griller plus d'essence en une course que Marcel Dugenou pour partir en vacances à la Grande-Motte dans sa poubelle roulante…

    Alors, courage Sébastien, j't'assure, on est avec toi. Je suis certain que même contraint de piloter une voiture à pédales ou un bolide électrique bridé à 50 km/h tu seras encore le meilleur. Mais en attendant, si tu veux vraiment être le roi des médias, un conseil : fais toi choper tout de suite par la patrouille pour contrôle antidopage positif à l'éthanol ou à l'huile de colza. Avec un peu de chance, José Bové et Nicolas Hulot lanceront même une grande campagne de soutien en ta faveur…

Plumes en cage

Philostrate #Olympisme
PellosJournalistes1949.jpg     Les Jeux olympiques de Pékin ne sont pas encore ouverts que leurs organisateurs commencent à chinoiser. La liberté de la presse n'étant qu'une vue de l'esprit dans l'Empire du Milieu, ce sont les journalistes étrangers qui sont cette fois dans la ligne de mire des autorités.  Objectif  poursuivi : éviter que des individus "pouvant constituer un risque pour la sécurité" ou donner une mauvaise image du pays ne se glissent parmi les reporters accrédités pour couvrir les compétitions.

    Moyens mis en œuvre : constitution d'une base de données sur les journalistes étrangers et vérifications préalables, avec tests et enquêtes à la clé, sur les 10 000 dossiers d'accréditation attendus pour l'occasion. Que les passes-presse ne soient pas accordés à la légère tombe sous le sens en ces périodes de menace terroriste généralisée. Le problème en dictature, c'est que le métier même de plumitif suffit à rendre suspect celui qui l'exerce. Pour peu qu'il se mette en tête de critiquer ou d'exercer son libre arbitre, il peut même facilement revêtir le costume d'ennemi public N°1.

    Quelques conseils donc aux journalistes qui comptent se rendre à Pékin. Chers amis, je vous comprends. Vous êtes trop jeunes pour avoir couvert les belles retraites aux flambeaux des Jeux olympiques de Berlin en 1936, top des réjouissances sportives dictatoriales organisées jusqu'à présent. Vous ne pouvez décemment pas passer à côté d'un spectacle comme celui que promettent d'être ces Jeux à la chinoise, avec leurs cohortes d'enfants sur le pied de guerre comme aux plus belles heures des démocraties populaires du temps du Rideau de fer.

    Pour que votre dossier d'accréditation ne soit pas irrémédiablement rejeté, quelques précautions s'imposent. D'abord, faites-vous prendre en photo avec une paire d'œillères, afin de garantir à vos hôtes chinois que, si les compétitions sont réussies, vous ne chercherez surtout pas à mettre le nez dans les poubelles du régime communiste. Si vous voyez par inadvertance un opposant où l'un de vos confrères locaux tirés par les cheveux par un Garde rouge, ne relevez surtout pas, dites-vous que ça fait partie du show ! N'emmenez en aucun cas une photo de votre chat ou de votre chien dans votre portefeuille, cela pourrait passer pour une allusion sournoise aux habitudes alimentaires supposées des disciples de Fu Manchu. Enfin, bannissez définitivement les lettres T, I, B, E, T de votre prose, même dans le désordre, afin de ne pas gâcher sur un bête malentendu un si agréable séjour. La fête internationale du sport, même dans la plus grande dictature du monde, doit avant tout rester une fête. Sinon à quoi ça servirait que le CIO y se décarcasse ?
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Chorizo périmé ?

Philostrate #Tennis
Tilden-Miroir-1938.jpg    Pobré Rafa… Yé loui avait pourtant dit qu'à courir comme oune  cabrito sour la terre battou, il allait finir par sé touer la santé. Il a l'air fin mainténant notre taurillon fougueux avec ses sabots en compote. Pobrécito. C'est oune comble : à peine l'âge où lé toro fait lé beau dans l'arène, qu'il est déyà plou bon qu'à régarder passer lé trains en prénant son mal et sa dolor en patience.

    C'est ça lé sport modérn. Tout  va plou vite. Tou a encore dou lait dé ta mère sour lé bout dou nez et des cojones pas plou grosses qué dé noyaux dé cérises, que tou passes déyà des heures sour les courts dé tennis. Tou a à peine dou poil au mentone, qué tou soulèves dé la fonte comme ouné campeon dé force basque. Après, tou a oune bras comme Houlke lé titane verte, tou peux jouer plousse dé tournois qué dé yours dans l'année et tou té fais des cojones en platine - yé sais, encore lé cojones, jé soui oune macho…

    Évidemment, tou lé monde a dé l'admiraçion por toi. Lé poublic, qué comme dans l'arène y veut plousse dé spéctacle et sé fout dou reste. Lé yournalistes, qué disent qué té oune estraterrestre, qué té oune physico hors dou commun, qué té oune force dé la natoure. Les mêmes y diront qué té ouna mierda si, pour être encore plousse extraordinaire, tou va voir oune docteur qué lé pas conventionné et qui té donne oune pétite traitément médical qué té fé cracher lé fuego. Lé your où tou fait péter la fiole dou controle antidopage, là té plou oune campeon dou tou et tou a beau avoir donné à tou lé mundo cé qui voulait, té tou sol quand la guardia civil elle encercle l'hacienda.

    Pobre Rafa. Yé vé pas té péter lé moral, tou a déya assez dé mal avec té pieds ramollis comme dou chorizo avarié. Yespère qué tou va té réfaire oune santé sous lé soleil des Baléares et qué Toni, ton tonton, va té trouver oune bonne médécin et des zapateras sour coussin d'air pour qué, même bien cassé, tou pouisses jouer encore oun an ou deux. Yousqu'à vingt-cinq ans, si tou a dé la chance, por féter tes vingt ans dé tennis professionnel. Après, c'est les oreilles et la queue aux aficionados, en attendant qué tou soit remplacé par oune autre prodige au gros bras. Cé la doure loi dou sport…

P.S : Le grand champion Bill Tilden, immortalisé sur cette image en 1938, disputait encore le tournoi de Roland-Garros à 46 ans. À cet âge-là, Rafael Nadal fera des cures thermales à la Bourboule pour soigner ses douleurs et s'endormira, un plaid sur les épaules, en regardant deux "prodiges" de quinze ans jouer la finale des Internationaux de France 2032 sur un court central de 80 000 places. C'est beau l'avenir…

Le sous-marin Luis

Philostrate #Société et médias
Pub-Luss.jpg    Pourra t-on un jour parler du PSG sans que le nom de Luis Fernandez y soit automatiquement associé ? Sans qu'en période de crise l'ancien joueur et entraîneur parisien ne clame la main sur le cœur son attachement au club de la capitale, en tout bien tout honneur évidemment ? Non, du moins à en croire les médias, où l'ancien milieu de terrain de l'équipe de France bénéficie d'indéniables relais depuis sa fin de carrière et sa récente reconversion en chroniqueur façon café du commerce.

    Luis, c'est un bon client. Vous lui mettez un micro sous le nez, vous en avez pour vos deniers. À l'en croire, il aurait presque inventé le PSG. Rappelons tout de même quelques vérités que cet éternel chevalier blanc, roi de la faute d'accord et de la liaison "mal t'à propos", a un peu tendance à oublier. Certes, il est un enfant de l'ère Borelli, l'époque héroïque des premiers titres. Il y a longtemps incarné le joueur du PSG par excellence, adulé dans le Kop Boulogne, honni et craint en province pour son jeu rugueux et sa"caisse" phénoménale. Mais lorsque l'appel des biftons venu du Matra Racing se fit entendre, il n'eut aucun mal à troquer le maillot rouge et bleu pour la défroque ciel et blanche. À trahir en somme, pour aller bouffer dans la main de Lagardère père, comme le font aujourd'hui avec la docilité d'un troupeau de Charolais nos athlètes dans celle du fils…

    Attaché à Paris Luis ? Oui, mais à un Paris au sens large. Quand a ressurgi il y a quelques années le serpent de mer de l'autre grand club parisien que l'on attend toujours, Luis n'a t-il pas été l'un des premiers à grenouiller autour de ce fumeux projet, mort-né comme tous ceux qui l'ont précédé ? Passons au chapitre entraîneur, puisque coach Fernandez, Don Quichotte des causes perdues, aime bien se prévaloir de son bilan sur le banc parisien. Nous ne ferons pas l'injure de lui parler de son retour manqué en 2000. Comme Artur Jorge et tant d'autres avant lui, il avait simplement oublié que, Porte d'Auteuil plus qu'ailleurs, un technicien ne peut pas être et avoir été. Mais dans sa période glorieuse, celle qui culmine en mai 1996 avec la victoire en Coupe d'Europe des vainqueurs de coupes, Luis est loin d'avoir un bilan élogieux. Le championnat 1996 perdu on ne sait comment face à Auxerre après avoir enchaîné les victoires et compté un confortable matelas de points d'avance témoigne de l'incapacité de "coach Luis" de gérer un effectif autrement que dans l'urgence. L'arrivée de Noah  "l'ambianceur"  pour détendre l'atmosphère et remobiliser les troupes avant la finale de coupe d'Europe prouve aussi, en dépit des pressions extérieures, que tout n'était pas si rose entre lui et ses joueurs.

    Alors oui, Luis bénéficie toujours de vrais soutiens dans les tribunes du Parc des Princes. Mais à trop en user, même s'il s'en défend, il finira bien un jour par lasser. Qu'il se contente pour l'instant de jouer les grandes gueules, ce qu'il fait de mieux, sur les ondes de RMC, et qu'il arrête d'endosser le costume d'homme de l'ombre, encore plus large pour lui que ceux à la coupe douteuse qu'il adopta un temps pour s'imaginer en entraîneur à l'italienne. Il ne risquera pas ainsi de dilapider définitivement le capital de sympathie engrangé à l'époque où sa silhouette voûtée caractéristique faisait la loi sur les terrains.

Pas de pitié pour les gardiens

Philostrate #Football
Pub-DAIGNEY.jpg   
    Il ne fait pas bon être gardien de but international en ce moment. Samedi dernier, c'est Mickael Landreau, titulaire dans les cages de l'équipe de France contre le Maroc, qui commet une boulette. Mercredi, son remplaçant, Sébastien Frey, pourtant considéré comme l'un des meilleurs à son poste en championnat d'Italie, joue à son tour les passoires face à l'Ukraine, déboussolé par la lumière d'un projecteur comme un vulgaire papillon de nuit. Plus grave, lors du match décisif comptant pour la qualification au prochain Euro, le gardien anglais, Scott Carson, confond le ballon avec une savonnette, précipitant la piteuse élimination de son équipe nationale. Croule Britannia…

    Bon ou mauvais, verni ou malchanceux, le gardien de but est au foot moderne ce que le gladiateur est aux arènes antiques. Qu'il fasse un arrêt décisif, le public lève le pouce et le porte en triomphe, mais que dans la minute suivante il se troue irrémédiablement, il ne sera plus qu'un homme à terre, condamné quelle que soit la portée de ses exploits passés. En dépit de sa position sur le terrain, le gardien évolue sans filet. Un défenseur peut se planter lamentablement sur un tacle, un attaquant rater le cadre d'un but vide, leur erreur pourra toujours, au mieux, être rattrapée par un coéquipier, au pire leur valoir des bordées de sifflets. Mais sauf à avoir durablement les "pieds carrés", leur maladresse s'oubliera vite.

    Le gardien, lui, garde les stigmates de ses échecs sa carrière durant. Souvenez-vous l'éphémère passage de Letizi en équipe de France, victime d'un instant d'égarement, le tendre calin d'Arconada, qui envoie la balle au fond des filets de l'Espagne sur un coup franc de minime de Platini et ouvre le chemin de la victoire à la France en finale du championnat d'Europe des Nations 1984… Combien, pour avoir vu un ballon mal ricocher sur un poteau, rebondir dans leur dos ou vriller sur une motte, ont dû faire une croix sur leurs ambitions ? La cage de but, c'est le siège périlleux d'une équipe de football. Comme dans la légende arthurienne, celui qui y prend place n'a d'autre alternative que d'être grand et de mener ses compagnons jusqu'au Graal, ou de faillir et d'être pour toujours enseveli dans les profondeurs de la terre…

Vrais bœufs et faux dévots

Philostrate #Société et médias
Montpellier1928.jpg
    La belle ambiance samedi soir à Saint-Denis ! Un match amical France-Maroc en football c'est une fête. Un peu de fantasia chez ces ploucs de Gaulois, c'est tellement sympa. Et que je te siffle la Marseillaise à l'algérienne, le ministre des sports n'a rien entendu, on n'en attendait pas moins de lui… Et que je te hue les joueurs français, à l'exception notable des stars de confession musulmane, faut tout de même pas déconner… Là, les éditorialistes auraient dû avoir la plume titillée devant ces poussées de crétinisme communautaro-religieux. Mais n'oublions pas que nous sommes en France, pays où il est de bon ton de passer son temps à s'excuser de demander pardon et où les qualificatifs de raciste et de nostalgique du colonialisme ne sont jamais bien loin, dès lors que l'on renâcle à baisser son froc et fournir la vaseline pour se faire entuber.

    La bêtise, dans les tribunes des stade de foot, n'a rien d'un phénomène nouveau. Mais le prétexte religieux n'y avait jusqu'alors guère droit de cité. Un vent mauvais se lève et les joueurs, aux faits et gestes surmédiatisés, en sont en partie responsable. De ceux qui se signent à tout bout de champ à ceux qui invoquent Allah le Miséricordieux bien cadrés par les caméras avant le coup de sifflet de l'arbitre, il est devenu de bon ton ces dernières années pour les durs du mollet de porter sa foi en bandoulière. Au-delà de l'absurdité de mêler Dieu, quelque soit son nom, aux parties de jambes et de ballons, les stades n'ont rien à ma connaissance d'églises ou de mosquées. À moins que l'on ne décide d'installer un bénitier à la sortie des vestiaires et que l'on ne demande aux joueurs de laisser leurs crampons sur la ligne de touche avant de fouler la pelouse, ce qui n'a rien de commode, vous en conviendrez…

    Les journalistes ont aussi leur part de responsabilité dans l'affaire. Il n'est quasiment plus une interview d'un joueur revenant de blessure ou sortant d'une passe difficile sans que, si la personnalité du "client" le permet, il ne soit questionné sur sa foi, censée l'avoir guidé dans la vallée des ombres. La religion relevant à mon sens strictement de la sphère privée, il est tout autant hors de propos d'entraîner un champion sur ce terrain que sur celui de ses préférences sexuelles et ses positions de galipette favorites. Mais n'en demandons pas trop : s'interroger sur l'air du temps et sa responsabilité de ne pas y céder est un luxe que les journalistes à tout faire du XXIe siècle ne peuvent visiblement plus se permettre.

    Quoiqu'il en soit, signes de croix et prières en tous genres n'ont rien de plus à faire dans les stades que les signes extérieurs d'appartenance politique, du nazillon vert de gris au rouge trostko. En la matière, tout se vaut et ne sert aux troupeaux de bœufs qui en usent qu'à s'inventer une légitimité et à cultiver sur le dos du sport un sentiment d'appartenance frelaté. Les autorités, qui poussent des cris d'orfraie devant les hordes nationalistes, devraient prendre avec le même sérieux les portraits de Mao, du Che ou de Staline brandis à Livourne, les étoiles de David exhibées à Amsterdam et toute manifestation ostentatoire d'appartenance religieuse prenant prétexte d'une compétition pour s'exprimer. Faute de quoi, le combat contre la violence dans les stades ne mérite même pas d'être mené.

Insubmersible Laure

Philostrate #Natation
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    Laure Manaudou serait-elle en passe de devenir  l'Angélique du XXIe siècle ? Comme la célèbre Marquise des Anges incarnée par  Michèle Mercier au cinéma dans la fresque romanesque des années 1960, son jeune destin est déjà émaillé d'épisodes hauts en couleurs. Il y eut d'abord Laurette et le Rescator, avec dans le rôle du corsaire des bassins Philippe Lucas, baroudeur chloré amateur de joncaille au caractère tempétueux.

    Laure et l'Olympe, sorti en 2004,  consacrait leur collaboration sur fond de Parthénon et de mer Égée bleutée. L'or olympique à Athènes, la célébrité et la fin des années d'insouciance pour une gamine de 18 ans devenue d'un coup une star du sport mondial et l'une des personnalités favorites des Français. Trois ans et une flopée de records et de médailles plus tard, la rupture avec son intraitable mentor ouvrait un nouvel épisode de la saga : Laurette et le prince de Vérone. Dans le rôle du séducteur, Luca Marin. Dans celui du ténébreux cardinal essayant de tirer honteusement profit de l'idylle, Paolo Penso, pour quelques semaines d'entraînement rocambolesques en Italie, avant une évasion médiatique et le retour de la belle dans le giron familial.

    Nouveau coup de théâtre ce week-end. En battant à Berlin son propre record d'Europe du 200m (1'53"48), la championne d'Ambérieu signait un tonitruant come back. Vous avez aimé Indomptable Angélique en 1967 ? Vous aimerez Insubmersible Laure en 2007, dont l'héroïne, avec son air habituel de ne pas y toucher, cloue mine de rien le bec à tous ceux la croyant égarée quelque part au milieu de "ses amis, ses amours, ses emmerdes", comme l'aurait chanté Aznavour. Aux dernières nouvelles, un autre épisode de la saga serait déjà en pré-production, tournage prévu à l'été 2008. Laurette et la Cité interdite devrait emmener notre aventurière à Pékin en quête d'un nouveau butin, que tenteront de lui ravir de perfides naïades aux yeux bridés ou de menaçantes torpilles américaines. Succès en salle assuré…

Puerto si, Purto no

Philostrate #Dopage
Pub-Savage.jpg    On glissera sur la dernière passe d'armes entre Dick Pound, bientôt ex-président de l'Agence mondiale antidopage, et Jeff "Loser" Lamour, qui poussé à bout par le lobby "libéral anglo-saxon" a préféré se coucher dans la course à sa succession. La page de notre quotidien sportif national qui leur était consacrée ce jeudi ne valait en réalité que par une phrase. Celle où cette sympathique crapule de Dick, avocat en 1988 du sprinter supersonique "Benoïde" Johnson, assénait : "Ne me dites pas qu'il n'y a que des cyclistes dans l'affaire Puerto, comme le suggère le secrétaire d'État espagnol aux sports ! Cette affaire doit continuer. Les Espagnols doivent présenter toutes les informations en leur possession, et pas seulement celles qui concernent le cyclisme."

    La phrase ne contient en soi aucune révélation, mais a le mérite de refaire tinter la clochette, qui à force mettra bien la puce à l'oreille à la foule grégaire des seuls contempteurs du vélo. Rappelez-vous comment, aux premières heures de la nouvelle "plus grande affaire de dopage de l'histoire du cyclisme", des infos susceptibles d'impliquer des sportifs d'autres discilpines avaient agité les rédactions d'Espagne et de France. Il avait alors suffi que les plus prestigieux clubs de football de la Liga espagnole fassent les gros yeux pour que les journalistes s'en tiennent à une sage prudence, qu'ils n'ont plus depuis belle lurette lorsqu'il s'agit d'essuyer leurs gros sabots sur le vélo.

    Après, les autorités espagnoles ont fait le reste. Ou plutôt n'ont pas fait grand chose, rien surtout qui ne risque de faire sortir l'affaire Puerto du lazaret, fleurant bon la pharmacie, où les pestiférés du cyclisme expient les fautes de tous les sportifs dopés de la planète. Les tennismen et les footballeurs chargés, un fantasme, une rumeur ? Souhaitons-le pour tous ces sympathiques athlètes qui, on appréciera le privilège dans le peloton, peuvent encore faire circuler une vidéo gag sur de "vraies-fausses piquouzes" sans être inquiétés plus que cela, n'est-ce pas Monsieur Cannavaro ? Il est vrai qu'il y a des choses avec lesquelles on peut encore plaisanter dans le football - Zizou n'a pas de sang-froid, mais sait faire du sang frais, parole de Suisse ! -, qui peuvent valoir sans délai au plus discret des coursiers les foudres des inquisiteurs de la topette et une descente en règle des vampires dans son chalet alpin.

    Souhaitons donc que les exhortations et les effets de manche du baveux Richard Pound portent leurs fruits. Pour une divine surprise, ce serait une divine surprise, quand bien même le calendrier nous rapproche chaque jour un peu plus du temps béni où tout le monde croit au père Noël. À propos, une devinette en passant : qu'apportera le bonhomme en rouge à Jean-François Lamour, qui n'a pas attendu les fêtes pour que ses rêves sentent le sapin ? Un paquet de Kleenex, un ballon de baudruche et un coffret de Meccano, pour peaufiner au coin du feu son nouveau projet d'usine à gaz antidopage européenne. Non Jeff, t'es pas tout seul…

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