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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Un Ch'ti nommé Carpentier

Philostrate #Les lectures de Philostrate
Source : http://gallica.bnf.fr
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Dans Mon match avec la vie, autobiographie sortie en 1954 chez Flammarion, le boxeur Georges Carpentier, grand champion et figure du Paris des années folles, raconte son ascension, de son enfance lensoise à son amitié avec Maurice Chevalier en passant par ses réceptions à la cour d'Angleterre. Il y a tout juste un siècle, le gamin de Lens, alors âgé de 15 ans, fait ses premières armes sur les rings parisiens. Souvenirs…

    "Je n'étais pas venu à Paris pour m'amuser. Sans rêver de conquérir Paris, j'étais décidé de réussir dans mon métier et aussi, comme je le formulais un peu naïvement, à "m'élever" (…) Au cours de ces années 1909 et 1910, je livrai trente-quatre combats, quinze en 1909, dix-neuf en 1910. Résultats : trois défaites, dont une par KO, une par abandon, une aux points, quatre matches nuls, vingt-sept victoires, dont treize par KO, une sur abandon et treize aux points (…)

    L'homme contre qui je perdis par KO, au début de mars 1909, peu après mon installation à Paris, était un nommé Gloria. Le combat avait lieu à l'Elysée-Montmartre. A la fin du septième round, Gloria me toucha d'une droite très dure à l'estomac et j'allai à terre. Je m'étais bien remis pendant la minute de repos mais, m'estimant fatigué, Descamps (son manager) m'empêcha de reprendre le combat. Je knockoutai Gloria à mon tour un an plus tard à Lille.

    C'est le 22 décembre de cette année 1909 que je remportai mon premier titre de champion de France, poids légers, à l'issue d'un combat pendant lequel le nez de mon adversaire, Paul Til, ne cessa d'être en contact avec mon poing gauche. Un mois auparavant, après un match acharné, j'avais remporté une victoire aux points en quinze rounds sur Charles Ledoux, futur champion d'Europe des légers, qui était déjà considéré comme une terreur grâce à une série de foudroyants succès par KO.

    Charles Ledoux, aujourd'hui M. le maire de Pougues-les-Eaux, devait par la suite faire partie de l'écurie Descamps et devenir pour moi un ami. Il était dans mon coin, à New-Jersey, lorsque je rencontrai Dempsey…"
 
Extrait de Mon match avec la vie de Georges Carpentier, Flammarion, 1954, 281 pages.
Champion du monde et champion d'Europe, Georges Carpentier fut par la suite l'un des athlètes les plus populaires de sa génération. Admiré en France et en Angleterre, où il remporta plusieurs de ses victoires et fut reçu à plusieurs reprises par le Prince de Galles, il mourut en 1975, à l'âge de 81 ans.


 

Cadine/Rigoulot, duel de gros bras à Paname…

Jean-Claude Duce
Cadine/Rigoulot, duel de gros bras à Paname…
Cadine/Rigoulot, duel de gros bras à Paname…

Il était plus que temps de régler cette histoire une fois pour toutes… A l'automne 1925, la capitale ne parle que de l'épreuve de force qui va opposer au Cirque de Paris Ernest Cadine et Charles Rigoulot pour le titre officieux d'homme "le plus fort du monde". Il faut dire que les deux haltérophiles, que dix ans séparent, multiplient chacun de leur côté les prouesses depuis leurs débuts de tireurs de fonte. Cadine, l'aîné, s'est révélé en 1917, soulevant lors d'une permission 160 kilos en volé à droite. "Il fait cela avec le sourire, lit-on dans L'Athlège dans son édition de 1949, il conserve un air de dilettante". Trois ans plus tard, finie la rigolade : aux Jeux d'Anvers, bien que mi-lourd, l'Ernest remporte le titre olympique toutes catégories. Enorme retentissement. Rigoulot, son cadet, devient lui champion de Paris en 1923 et goûte aux lauriers de l'Olympe un an plus tard, en se couvrant d'or à son tour. Lors des Jeux, alors organisés à Paris, le Charlot écrabouille la concurrence en soulevant un total de 502 kilos 500 ! La performance est telle que Rigoulot a dès lors bien du mal à trouver des adversaires à sa mesure. Seul Cadine accepte de s'y coller. Le 6 octobre 1925, les deux lascars jouent donc des biscoteaux au Cirque de Paris. Ce n'est pas un bras de fer, mais de fonte que se livrent Charles et Ernest, le cadet, Rigoulot, soulevant après plusieurs heures de lutte huit kilos de plus que son aîné. Des observateurs estimant alors que "certains gestes n'auraient pas été réalisés très régulièrement", une revanche est organisée trois mois plus tard. Cette fois, Charles Rigoulot s'impose comme qui rigole, devenant pour ses contemporains sans l'ombre d'un doute "l'homme le plus fort du monde". Il le restera bien après la fin officielle de sa carrière d'haltérophile, se produisant dans des numéros de force au cirque et au music-hall, avant de devenir un lutteur professionnel redouté. Les puristes prétendent même que sa "ceinture avant" est devenue un classique du catch. C'est vous dire…

Images : Cadine en culotte noire, Rigoulot en culotte claire, source : http://gallica.bnf.fr/

Vélo et septième selle

Philostrate #Les lectures de Philostrate
Je m'disais aussi qu'elles avaient l'air bien guillerettes les grisettes ! Source : http://gallica.bnf.fr

Je m'disais aussi qu'elles avaient l'air bien guillerettes les grisettes ! Source : http://gallica.bnf.fr

    Déflorer le sujet d'un tel livre serait un comble. Disons simplement que cette réédition d'un texte de 1900 consacré par le très sérieux docteur O'Followell aux interactions entre Bicyclette et organes génitaux, nous parle d'un temps où l'aventure vélocipédique tenait encore en quelques lignes sur une page vierge. La "fée d'acier" traçait tout juste sa route dans le quotidien des Français. La question du développement de sa pratique et de son impact sur la santé publique, pour farfelue qu'elle puisse sembler aujourd'hui, se posait donc bel et bien.

    Dans la France du début du XXe siècle, les vertus prophylactiques de la pratique sportive sont reconnues. Les militaires  et les politiciens voient dans le sport un moyen de revigorer une jeunesse, dont la supposée molesse expliquerait en partie la défaite de 1870 face à la Prusse. Au moins la chair à canon chargée de reconquérir l'Alsace et la Lorraine sera t-elle ferme à la prochaine invasion de "l'ennemi héréditaire"… Mais une nation forte est une nation à la natalité soutenue et c'est là qu'avec la bicyclette le bât, ou plutôt la selle, blesse. À pédaler comme des forcenés, Françaises et Français ne risquent-ils pas d'altérer le fonctionnement de ces organes sur lesquels le pays compte pour redresser sa courbe démographique en berne ?

    Vu sous cet angle, les écrits du docteur O'Followell, redécouverts par Le Pas d'Oiseau, maison d'édition dénicheuse d'originales pépites, prend tout son sens. On sourit à l'écriture sautillante du praticien, qui s'efforce de battre en brèche certaines idées reçues et de dissiper les inquiétudes. Mais à l'heure où nous nous interrogeons sur les conséquences à long terme de l'utilisation du portable pour notre matière grise, il faut bien admettre que les questions de nos bisaïeuls sur l'impact de la pratique intensive de ce nouveau mode de locomotion sur leurs parties intimes avaient, c'est le cas de le dire, quelque fondement.

    Les conseils du brave docteur O'Followell exigent donc d'avoir le recul de l'historien, de tenter de se mettre dans la peau d'un praticien de la Belle Epoque confronté à un problème nouveau. La balade n'en est que plus savoureuses des "dangers et méfaits du corset" à l'action de la bicyclette sur l'appareil "génito-urinaire"… Sans oublier un parallèle édifiant avec le "syndrome de la machine à coudre", qui aurait mis en émoi des générations de grisettes, dont on laisse la surprise aux lecteurs de cet opuscule aussi rose que réjouissant. "Et si par hasard, comme l'écrit l'auteur, une promenade à bicyclette révèle à une cycliste novice une satisfaction génitale, il ne faut pas conclure que le bicyclette crèe des dépravées…"
 
Bicyclette et organes génitaux du docteur Ludovic O'Followell. Editions Le Pas d'Oiseau. 180 pages. 13 euros.
www.lepasdoiseau.com
Vélo et septième selle

Une étoile filante nommée Lomu

Jean-Claude Duce

Jonah Lomu, 40 ans, vient de nous quitter. Plus rapide que tous les autres sur un terrain, il rejoint bien trop tôt le panthéon du rugby. Comme une étoile filante sur le ciel noir de Nouvelle Zélande, il aura brûlé de mille feux pour s'éteindre en ce qui nous semble n'être qu'un clignement d'œil. Mais l'éclat de sa trajectoire fulgurante, brillera pour toujours dans l'histoire du rugby mondial…

Hourlier-Comès, le destin tragique des deux Léon…

Jean-Claude Duce
Dans l'ordre du diaporama : Léon Hourlier et Léon Comès sur piste, puis les deux ensemble pendant la guerre. Source : http://gallica.bnf.fr
Dans l'ordre du diaporama : Léon Hourlier et Léon Comès sur piste, puis les deux ensemble pendant la guerre. Source : http://gallica.bnf.fr
Dans l'ordre du diaporama : Léon Hourlier et Léon Comès sur piste, puis les deux ensemble pendant la guerre. Source : http://gallica.bnf.fr
Dans l'ordre du diaporama : Léon Hourlier et Léon Comès sur piste, puis les deux ensemble pendant la guerre. Source : http://gallica.bnf.fr

Dans l'ordre du diaporama : Léon Hourlier et Léon Comès sur piste, puis les deux ensemble pendant la guerre. Source : http://gallica.bnf.fr

Il y a un siècle tout juste, à l'automne 1915, disparaissaient deux champions cyclistes ayant écrit quelques-unes des plus belles pages des courses sur piste avant la Grande guerre. Les liens entre Léon Hourlier et Léon Comès dépassent la simple complicité sportive. Le premier a épousé la sœur du second, Alice, en 1907. Beaux-frères à la ville donc, puis sur la piste où Hourlier, fameux athlète, boxeur et lutteur de bon niveau avant d'opter pour la petite reine, entraîne Comès, jusqu'à signer tous les deux une victoire remarquée lors des Six Jours de Paris au Vel' D'Hiv' en 1914. Quand la guerre éclate, Hourlier, d'abord chauffeur, demande, comme un certain Georges Carpentier, à intégrer l'aviation où le rejoint son beau-frère, pilote lui aussi. Le 16 octobre 1915 en Champagne, les deux Léon doivent justement rendre visite au champion de boxe. Comès est aux commandes, l'avion décolle puis pique brutalement du nez et s'écrase. Les deux pistards meurent dans l'accident et Alice Comès perd le même jour un frère et un mari…

Ces Canadiens français fous de hockey…

Jean-Claude Duce

La passion des Canadiens pour le hockey ne date pas d'hier. En 1962, le magazine "Les Coulisses de l'exploit" invitait justement les téléspectateurs à partager à Montréal l'amour fou des "Canadiens français" pour ce sport. Admirez au passage la superbe façade de l'ancien Forum, théâtre des exploits de Maurice Richard et son frère Henri, Jean Béliveau et tant d'autres…

 

L'album vintage de la coupe du monde de rugby…

Jean-Claude Duce

A quoi aurait ressemblé le programme des quarts de finale de la coupe du monde de rugby 2015, si elle s'était déroulée au début du vingtième siècle ? En mettant face-à-face les images d'archives des nations engagées, voilà ce que cela aurait pu donner… A noter que la plupart des clichés ont été pris dans les années 1920 à Colombes ou au Parc des Princes, à l'exception de ceux de l'Australie et de l'Afrique du Sud, plus anciens (voir dates et origine des images dans les légendes).

Afrique du Sud (1913) / Pays de Galles (1920), images : gallica.bnf.frAfrique du Sud (1913) / Pays de Galles (1920), images : gallica.bnf.fr

Afrique du Sud (1913) / Pays de Galles (1920), images : gallica.bnf.fr

Nouvelle Zélande (1918) / France (1922), images : gallica.bnf.frNouvelle Zélande (1918) / France (1922), images : gallica.bnf.fr

Nouvelle Zélande (1918) / France (1922), images : gallica.bnf.fr

Irlande (1921) / Argentine (1927), images : gallica.bnf.fr et en.wikipedia.org/wiki/Argentina_national_rugby_union_teamIrlande (1921) / Argentine (1927), images : gallica.bnf.fr et en.wikipedia.org/wiki/Argentina_national_rugby_union_team

Irlande (1921) / Argentine (1927), images : gallica.bnf.fr et en.wikipedia.org/wiki/Argentina_national_rugby_union_team

Australie (1909) / Ecosse (1920), images : amalamaglia.it et gallica.bnf.frAustralie (1909) / Ecosse (1920), images : amalamaglia.it et gallica.bnf.fr

Australie (1909) / Ecosse (1920), images : amalamaglia.it et gallica.bnf.fr

Préparation physique pour rugbyman de 1914

Philostrate #Rugby

Messieurs les rugbymen, à l'heure d'entamer la coupe du monde, méditez ces quelques lignes ! Voici comment en 1914 dans Le football : rugby-américain-association Charles Gondouin concevait la préparation physique d'avant saison d'un sportman soucieux de briller sur les terrains avec un ballon ovale. Certaines recommandations, ainsi que certaines remarques un brin fatalistes de l'auteur, valent toujours…

"Au début de l'entraînement, il est ordinairement indispensable de s'alléger du poids d'une graisse inutile. Des courses exécutées, deux ou trois fois par semaine, à une allure très réduite, sur deux ou trois mille mètres, donneront toute satisfaction sur ce point à l'athlète qui revêtira, pour la circonstance, deux ou trois épais maillots de laine et qui fera suivre son travail d'une douche en pluie, dont la durée ne devra pas toutefois dépasser quinze secondes (…)

Quand donc le travail exécuté, ainsi que nous l'avons dit, sur des distances assez longues, aura convenablement allégé un joueur et lui aura en même temps donné du souffle et de l'endurance, il lui sera nécessaire de passer à un autre genre d'exercice qui, tout en le maintenant dans ces bonnes conditions, le fera progresser en vitesse. Pour cela, il devra s'exercer à couvrir très rapidement des petites distances. Il développera d'abord son allure sur des parcours de cent à deux cents mètres, puis il cherchera à se mettre en action le plus vite possible par des démarrages sur vingt ou trente mètres (…)

Ajoutons que la boxe anglaise, pratiquée plutôt comme exercice que comme sport, constitue un excellent entraînement pour le football rugby et qu'il ne faut, naturellement, jamais perdre une occasion que l'on a de s'exercer avec un ballon (…) La seule recommandation à faire au point de vue du régime à suivre par un joueur à l'entraînement est d'éviter absolument tout excès. Il est loin d'être indispensable que son existence ressemble à celle d'un chartreux, mais il est absolument nécessaire qu'il ne transige jamais avec les règles de la simple hygiène.

Nous nous doutons bien que ces prescriptions n'obtiendront qu'un succès relatif, et que, pour beaucoup de joueurs, tout entraînement consistera à s'abstenir par extraordinaire de noctambulisme la veille d'un match très important. Toutefois, nous gardons l'espoir que l'esprit sportif se développera bientôt, de telle sorte que la pratique d'un jeu comme le football rugby deviendra tout à fait incompatible avec les performances accomplies par ceux qui font ordinairement la fête".

Extrait de l'ouvrage Le football : rugby-américain-association, éditions Pierre-Lafitte et Cie, 1914.

Préparation physique pour rugbyman de 1914
Préparation physique pour rugbyman de 1914
Préparation physique pour rugbyman de 1914
Préparation physique pour rugbyman de 1914
Préparation physique pour rugbyman de 1914
Préparation physique pour rugbyman de 1914
Préparation physique pour rugbyman de 1914

Ladoumègue, champion adulé et brisé…

Jean-Claude Duce

Le 10 novembre 1935, entre 400 et 600 000 Parisiens se massent le long des rues de la capitale. Pas pour manifester ou assister à une compétition sportive officielle. Non. Pour acclamer un champion déchu par sa fédération, qui effectue là son baroud d'honneur. Le coureur à pied Jules Ladoumègue vient une dernière fois faire profiter ses admirateurs de son incroyable foulée, celle-là même qui lui permit d'établir six records du monde du demi-fond sur des distances de 1000 à 2000 m. Au début des années 1930, "Julot" est l'un des athlètes les plus populaires des années folles. Ce qui n'empêche pas en 1932 sa fédération de le radier à vie pour avoir, selon elle, enfreint les règles de l'amateurisme alors en vigueur, en exigeant des primes d'engagement dans certaines réunions à l'étranger. Les protestations du médaillé d'argent des Jeux Olympiques d'Amsterdam n'y feront rien : il se voit désormais privé de compétitions officielles, à commencer par les JO de 1932 à Los Angeles, dont il était l'un des grands favoris. "On m'a brisé les jambes !", lâche t-il quand tombe le verdict qui met fin à sa carrière d'athlète. Les jambes, peut-être, mais pas la popularité puisque, comme en témoignent ces deux vidéos d'archive, l'aura de Julot restera intact jusqu'à sa mort le 2 mars 1973, des suites d'un cancer à l'âge de 66 ans…

 

Anne Hidalgo, dans la Seine jusqu'au cou ?

Jean-Claude Duce

En 2024, Anne Hidalgo nous l'assure : si Paris organise les JO, les nageurs, dans le sillage du triathlon olympique, feront leur grand retour dans la Seine. Interdites à la baignade depuis 1923, les eaux du fleuve pourraient donc à nouveau s'agiter entre la passerelle de l'Avre et le pont de Suresnes, voire au pied même de la tour Eiffel en plein Paname. Après Jacques Chirac en son temps, la maire de Paris y va à son tour de sa promesse de lendemains qui baignent, là où le commun des mortels ne voit le plus souvent dans la Seine qu'une autoroute tout juste bonne à charrier rats, silures, microbes et autres reliefs flottants du quotidien de dix millions de Franciliens…

Polluée la Seine dites-vous ? Certainement moins qu'il y a un siècle, où l'on était guère regardant sur la qualité des eaux déjà sévèrement troublées par l'industrialisation, dont les rejets prennent alors bien souvent directement le chemin du fleuve. Cela n'empêche pas les sportifs en quête d'ébats aquatiques d'y plonger tête la première et sans combinaison s'il vous plaît ! En 1900, Sequana, déesse tutélaire du fleuve, a même droit aux honneurs de l'Olympe. Le 11 août à 11h30 à Asnières, les quarante-sept participants du concours de natation olympique y disputent une course de 1000 m, remportée par l'Anglais John Jarvis, sans même que l'on juge bon d'interrompre le trafic fluvial. Les traversées de Paris à la nage font alors partie du folklore estival et les quais sont même noirs de monde le 16 septembre 1905 pour voir huit concurrents relever le défi de 12 kilomètres qui leur est proposé par le quotidien L'Auto entre le pont National et le viaduc d'Auteuil. Vainqueur, le Parisien Paulus n'a rien d'un surhomme, mais, nous dit L'Illustration, est "un notable commerçant, âgé de quarante-quatre ans, père de quatre enfants, dont la célébrité relative commença aux bains Deligny en 1885…"


La vision d'Anne Hidalgo rêvant de voir barboter dans la Seine nos valeureux athlètes puis tous les Parisiens, ne tient donc pas à proprement parler de l'utopie. Des triathlètes l'ont déjà fait, à intervalle plus ou moins régulier. S'il vaut mieux éviter d'y de boire la tasse, les progrès de l'assainissement et les normes toujours plus draconiennes en matière de traitement et de rejet des eaux usées pourraient permettre aux membres de la caravane aquatique olympique de fendre à nouveau en 2024 une onde, dont la pureté n'aurait sans doute pas inquiété leurs arrière-grands-parents. Mais les rats dans tout ça me direz-vous ? De ce côté-là, aucune crainte. Les instances du sport international en comptent suffisamment dans leurs rangs pour que tout ce petit monde arrive à conclure une trêve durable bien au-delà de 2024.

Anne Hidalgo, dans la Seine jusqu'au cou ?
Anne Hidalgo, dans la Seine jusqu'au cou ?Anne Hidalgo, dans la Seine jusqu'au cou ?
Anne Hidalgo, dans la Seine jusqu'au cou ?

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