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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

Avec qui voulez-vous lutter ?

Jean-Claude Duce

Les lutteurs de cirque et de foire étaient très en vogue avant la Grande guerre. Des colosses qui s'affrontaient entre eux, mais le plus souvent invitaient les spectateurs les plus courageux (ou inconscients…) à les défier. Premier à lever la main, premier servi ! Ces portraits, tirés des archives de la BNF, sont ceux des lutteurs du Nouveau Cirque à Paris, immortalisés en 1913. Je ne sais pas vous, mais moi je n'aurais pas eu envie de m'y frotter. Des portraits tout indiqués pour fêter les 177 ans de la photographie…

Source : http://gallica.bnf.fr
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Les cent ans du Bombardier marocain

Jean-Claude Duce

Marcel Cerdan aurait eu cent ans aujourd'hui. Petite galerie nostalgique en mémoire de celui qui reste aujourd'hui encore le champion le plus populaire de l'histoire de la boxe en France.

Il n'y a qu'une escrime, c'est le fleuret…

Philostrate #Les lectures de Philostrate

Quelle est la plus noble et la plus complète des disciplines de l'escrime ? L'auteur anonyme de cet article de la fin des années 1920 n'hésite pas à donner sa préférence. En mémoire de Christian d'Oriola, champion olympique en 1952 et 1956, "Mozart du fleuret" disparu lundi dernier à l'âge de 79 ans.

Images http://gallica.bnf.fr/
Images http://gallica.bnf.fr/

Images http://gallica.bnf.fr/


    "Tout tireur connaissant bien le fleuret sera toujours plus fort que celui qui ne sait que l'épée. Non, bien entendu, qu'il suffise d'être un remarquable fleurettiste pour n'avoir rien à craindre  en face d'une épée. Opposez sur le terrain à un fleurettiste un épéiste exclusif, celui-ci aura certainement l'avantage. Mais que le premier pratique seulement, pendant quelque temps, le maniement de l'épée, il se jouera sans peine de son adversaire.

    Un fait est resté présent à ma mémoire, qui m'en fournit la preuve. Au premier tournoi d'épée du Figaro, les tireurs de fleuret, attirés par la nouveauté de ce sport, et qui n'avaient aucune notion du tir à l'épée, firent piètre figure. Un an après, les tireurs à l'épée n'obtinrent que les plus modestes récompenses. Pourquoi ? Parce que l'escrime au fleuret est un sport plus complet que l'escrime à l'épée. Cette feinte, allongée, rapide, puissante, cette libre action des muscles, aidée par la volonté, cette mobilité continuelle de la lame, ce but si restreint, si difficile à atteindre, savez-vous ce qui en résulte ? La vigueur, la souplesse des membres, l'intelligence, le jugement, la vivacité de l'esprit.

    Dans l'escrime à l'épée, au contraire, que voyons-nous ? Les bras travailler un peu, les jambes pas du tout. Est-ce dans une fente que s'assouplissent les articulations ? Il n'y en a pas ou guère. Peut-on se livrer, même exceptionnellement, à un élan généreux ? Jamais ! On risquerait de s'embrocher sur la pointe de l'adversaire. Donc, exercice incomplet, où les muscles restent sans ressort, partant, sans vie. (…) Il n'y a donc qu'une escrime, c'est le fleuret. L'épée, très attrayante, je le reconnais, n'en est que le complément. La plus belle figure dont s'honore l'escrime française actuelle, j'ai nommé Lucien Gaudin, est une vivante démonstration de ce que j'avance…"
 
Extrait de Tout pour les sports, revue datée de décembre 1929, éditée dans le cadre du deuxième Salon international des sports. Auteur inconnu.

Belmondo, acteur et boxeur…

Jean-Claude Duce

Jean-Paul Belmondo, qui vient de fêter ses 83 ans, n'a jamais renié sa passion pour le noble art. Bien avant de devenir un spectateur fidèle des réunions de boxe parisiennes, notre Bébel national a été un pratiquant assidu, fréquentant notamment du temps de sa jeunesse l'antique salle de l'Avia Club d'Issy-les-Moulineaux. Devenu acteur, il aura l'occasion de mettre ses talents pugilistiques au service de Jean-Pierre Melville dans "L'Aîné des Ferchaux, comme le montre ce reportage de 1962, un "tournage du tournage" où Belmondo tombe les gants pour se livrer à chaud sur le ring…

 

Cadine/Rigoulot, duel de gros bras à Paname…

Jean-Claude Duce
Cadine/Rigoulot, duel de gros bras à Paname…
Cadine/Rigoulot, duel de gros bras à Paname…

Il était plus que temps de régler cette histoire une fois pour toutes… A l'automne 1925, la capitale ne parle que de l'épreuve de force qui va opposer au Cirque de Paris Ernest Cadine et Charles Rigoulot pour le titre officieux d'homme "le plus fort du monde". Il faut dire que les deux haltérophiles, que dix ans séparent, multiplient chacun de leur côté les prouesses depuis leurs débuts de tireurs de fonte. Cadine, l'aîné, s'est révélé en 1917, soulevant lors d'une permission 160 kilos en volé à droite. "Il fait cela avec le sourire, lit-on dans L'Athlège dans son édition de 1949, il conserve un air de dilettante". Trois ans plus tard, finie la rigolade : aux Jeux d'Anvers, bien que mi-lourd, l'Ernest remporte le titre olympique toutes catégories. Enorme retentissement. Rigoulot, son cadet, devient lui champion de Paris en 1923 et goûte aux lauriers de l'Olympe un an plus tard, en se couvrant d'or à son tour. Lors des Jeux, alors organisés à Paris, le Charlot écrabouille la concurrence en soulevant un total de 502 kilos 500 ! La performance est telle que Rigoulot a dès lors bien du mal à trouver des adversaires à sa mesure. Seul Cadine accepte de s'y coller. Le 6 octobre 1925, les deux lascars jouent donc des biscoteaux au Cirque de Paris. Ce n'est pas un bras de fer, mais de fonte que se livrent Charles et Ernest, le cadet, Rigoulot, soulevant après plusieurs heures de lutte huit kilos de plus que son aîné. Des observateurs estimant alors que "certains gestes n'auraient pas été réalisés très régulièrement", une revanche est organisée trois mois plus tard. Cette fois, Charles Rigoulot s'impose comme qui rigole, devenant pour ses contemporains sans l'ombre d'un doute "l'homme le plus fort du monde". Il le restera bien après la fin officielle de sa carrière d'haltérophile, se produisant dans des numéros de force au cirque et au music-hall, avant de devenir un lutteur professionnel redouté. Les puristes prétendent même que sa "ceinture avant" est devenue un classique du catch. C'est vous dire…

Images : Cadine en culotte noire, Rigoulot en culotte claire, source : http://gallica.bnf.fr/

Vélo et septième selle

Philostrate #Les lectures de Philostrate
Je m'disais aussi qu'elles avaient l'air bien guillerettes les grisettes ! Source : http://gallica.bnf.fr

Je m'disais aussi qu'elles avaient l'air bien guillerettes les grisettes ! Source : http://gallica.bnf.fr

    Déflorer le sujet d'un tel livre serait un comble. Disons simplement que cette réédition d'un texte de 1900 consacré par le très sérieux docteur O'Followell aux interactions entre Bicyclette et organes génitaux, nous parle d'un temps où l'aventure vélocipédique tenait encore en quelques lignes sur une page vierge. La "fée d'acier" traçait tout juste sa route dans le quotidien des Français. La question du développement de sa pratique et de son impact sur la santé publique, pour farfelue qu'elle puisse sembler aujourd'hui, se posait donc bel et bien.

    Dans la France du début du XXe siècle, les vertus prophylactiques de la pratique sportive sont reconnues. Les militaires  et les politiciens voient dans le sport un moyen de revigorer une jeunesse, dont la supposée molesse expliquerait en partie la défaite de 1870 face à la Prusse. Au moins la chair à canon chargée de reconquérir l'Alsace et la Lorraine sera t-elle ferme à la prochaine invasion de "l'ennemi héréditaire"… Mais une nation forte est une nation à la natalité soutenue et c'est là qu'avec la bicyclette le bât, ou plutôt la selle, blesse. À pédaler comme des forcenés, Françaises et Français ne risquent-ils pas d'altérer le fonctionnement de ces organes sur lesquels le pays compte pour redresser sa courbe démographique en berne ?

    Vu sous cet angle, les écrits du docteur O'Followell, redécouverts par Le Pas d'Oiseau, maison d'édition dénicheuse d'originales pépites, prend tout son sens. On sourit à l'écriture sautillante du praticien, qui s'efforce de battre en brèche certaines idées reçues et de dissiper les inquiétudes. Mais à l'heure où nous nous interrogeons sur les conséquences à long terme de l'utilisation du portable pour notre matière grise, il faut bien admettre que les questions de nos bisaïeuls sur l'impact de la pratique intensive de ce nouveau mode de locomotion sur leurs parties intimes avaient, c'est le cas de le dire, quelque fondement.

    Les conseils du brave docteur O'Followell exigent donc d'avoir le recul de l'historien, de tenter de se mettre dans la peau d'un praticien de la Belle Epoque confronté à un problème nouveau. La balade n'en est que plus savoureuses des "dangers et méfaits du corset" à l'action de la bicyclette sur l'appareil "génito-urinaire"… Sans oublier un parallèle édifiant avec le "syndrome de la machine à coudre", qui aurait mis en émoi des générations de grisettes, dont on laisse la surprise aux lecteurs de cet opuscule aussi rose que réjouissant. "Et si par hasard, comme l'écrit l'auteur, une promenade à bicyclette révèle à une cycliste novice une satisfaction génitale, il ne faut pas conclure que le bicyclette crèe des dépravées…"
 
Bicyclette et organes génitaux du docteur Ludovic O'Followell. Editions Le Pas d'Oiseau. 180 pages. 13 euros.
www.lepasdoiseau.com
Vélo et septième selle

Une étoile filante nommée Lomu

Jean-Claude Duce

Jonah Lomu, 40 ans, vient de nous quitter. Plus rapide que tous les autres sur un terrain, il rejoint bien trop tôt le panthéon du rugby. Comme une étoile filante sur le ciel noir de Nouvelle Zélande, il aura brûlé de mille feux pour s'éteindre en ce qui nous semble n'être qu'un clignement d'œil. Mais l'éclat de sa trajectoire fulgurante, brillera pour toujours dans l'histoire du rugby mondial…

Hourlier-Comès, le destin tragique des deux Léon…

Jean-Claude Duce
Dans l'ordre du diaporama : Léon Hourlier et Léon Comès sur piste, puis les deux ensemble pendant la guerre. Source : http://gallica.bnf.fr
Dans l'ordre du diaporama : Léon Hourlier et Léon Comès sur piste, puis les deux ensemble pendant la guerre. Source : http://gallica.bnf.fr
Dans l'ordre du diaporama : Léon Hourlier et Léon Comès sur piste, puis les deux ensemble pendant la guerre. Source : http://gallica.bnf.fr
Dans l'ordre du diaporama : Léon Hourlier et Léon Comès sur piste, puis les deux ensemble pendant la guerre. Source : http://gallica.bnf.fr

Dans l'ordre du diaporama : Léon Hourlier et Léon Comès sur piste, puis les deux ensemble pendant la guerre. Source : http://gallica.bnf.fr

Il y a un siècle tout juste, à l'automne 1915, disparaissaient deux champions cyclistes ayant écrit quelques-unes des plus belles pages des courses sur piste avant la Grande guerre. Les liens entre Léon Hourlier et Léon Comès dépassent la simple complicité sportive. Le premier a épousé la sœur du second, Alice, en 1907. Beaux-frères à la ville donc, puis sur la piste où Hourlier, fameux athlète, boxeur et lutteur de bon niveau avant d'opter pour la petite reine, entraîne Comès, jusqu'à signer tous les deux une victoire remarquée lors des Six Jours de Paris au Vel' D'Hiv' en 1914. Quand la guerre éclate, Hourlier, d'abord chauffeur, demande, comme un certain Georges Carpentier, à intégrer l'aviation où le rejoint son beau-frère, pilote lui aussi. Le 16 octobre 1915 en Champagne, les deux Léon doivent justement rendre visite au champion de boxe. Comès est aux commandes, l'avion décolle puis pique brutalement du nez et s'écrase. Les deux pistards meurent dans l'accident et Alice Comès perd le même jour un frère et un mari…

Ces Canadiens français fous de hockey…

Jean-Claude Duce

La passion des Canadiens pour le hockey ne date pas d'hier. En 1962, le magazine "Les Coulisses de l'exploit" invitait justement les téléspectateurs à partager à Montréal l'amour fou des "Canadiens français" pour ce sport. Admirez au passage la superbe façade de l'ancien Forum, théâtre des exploits de Maurice Richard et son frère Henri, Jean Béliveau et tant d'autres…

 

L'album vintage de la coupe du monde de rugby…

Jean-Claude Duce

A quoi aurait ressemblé le programme des quarts de finale de la coupe du monde de rugby 2015, si elle s'était déroulée au début du vingtième siècle ? En mettant face-à-face les images d'archives des nations engagées, voilà ce que cela aurait pu donner… A noter que la plupart des clichés ont été pris dans les années 1920 à Colombes ou au Parc des Princes, à l'exception de ceux de l'Australie et de l'Afrique du Sud, plus anciens (voir dates et origine des images dans les légendes).

Afrique du Sud (1913) / Pays de Galles (1920), images : gallica.bnf.frAfrique du Sud (1913) / Pays de Galles (1920), images : gallica.bnf.fr

Afrique du Sud (1913) / Pays de Galles (1920), images : gallica.bnf.fr

Nouvelle Zélande (1918) / France (1922), images : gallica.bnf.frNouvelle Zélande (1918) / France (1922), images : gallica.bnf.fr

Nouvelle Zélande (1918) / France (1922), images : gallica.bnf.fr

Irlande (1921) / Argentine (1927), images : gallica.bnf.fr et en.wikipedia.org/wiki/Argentina_national_rugby_union_teamIrlande (1921) / Argentine (1927), images : gallica.bnf.fr et en.wikipedia.org/wiki/Argentina_national_rugby_union_team

Irlande (1921) / Argentine (1927), images : gallica.bnf.fr et en.wikipedia.org/wiki/Argentina_national_rugby_union_team

Australie (1909) / Ecosse (1920), images : amalamaglia.it et gallica.bnf.frAustralie (1909) / Ecosse (1920), images : amalamaglia.it et gallica.bnf.fr

Australie (1909) / Ecosse (1920), images : amalamaglia.it et gallica.bnf.fr

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