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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

L'affront fait à Walko

Jean-Claude Duce

    Roger Walkowiak était le doyen des vainqueurs du Tour de France. C'était un petit homme discret et humble que rien ne prédisposait à la gloire médiatique. Il y a une quinzaine d'années, on le croisait encore fréquemment au départ du Critérium cycliste de Levallois, épreuve automnale parrainée par d'anciennes gloires de la petite reine. Mais là où Poulidor et Géminiani aimantaient les spectateurs en quête d'autographes, Walko, pourtant vainqueur lui du Tour de France, restait toujours un peu en retrait…

    En 1956, certains commentateurs avaient présenté "son" Tour comme une Grande Boucle "au rabais" et ces réserves sur sa victoire, aussi légères soient-elles, lui avaient laissé au cœur une amertume jamais tout à fait digérée. A fleur de peau, Walko devenu l'un des derniers témoins de son temps, en avait les larmes aux yeux rien que d'en parler. En champion, il aurait pourtant dû savoir que seuls comptent les palmarès, mais c'était plus fort que lui. Comme un affront fait collectivement au petit peuple du vélo, dont il fut sacré roi le temps d'un été. Aujourd'hui qu'il est entré au paradis des coureurs avec son maillot jaune sur le dos, il siège entre Bobet et Anquetil, figures tutélaires d'un âge d'or du cyclisme français auquel lui aussi appartient à jamais.

Quand Gachassin marquait des essais aux Anglais…

Jean-Claude Duce

    Avant d'être président de la Fédération française de tennis, Jean Gachassin a été un fameux joueur de rugby. 32 fois sélectionné en équipe de France entre 1961 et 1969, il a notamment fait partie du XV tricolore auteur pour la première fois de son histoire du Grand Chelem en 1968. Ce reportage vidéo, revient sur le France/Angleterre du Tournoi des V Nations de cette année-là. On y voit fugacement le fougueux Jeannot planter un essai aux Roastbeefs. On y retrouve surtout, au fil d'un montage un peu baroque, l'ambiance particulière des grands matchs à Colombes, où se jouaient alors les rencontres de rugby internationales…

 

Foot américain ou bondage ?

Philostrate #Les lectures de Philostrate
Foot américain ou bondage ?Foot américain ou bondage ?Foot américain ou bondage ?
La saison de football américain touche à sa fin avec le Superbowl début février. Comment cette discipline toujours exotique de ce côté-ci de l'Atlantique, était-elle perçue par le sportsman français du début du XXe siècle ? La réponse en texte et en image (non le jeune homme ci-dessus ne sort pas d'une séance SM, mais arbore les protections de la Belle Epoque…), avec cet extrait du livre Le Football, paru peu de temps avant la Grande Guerre.

     "Parler du football tel qu'on le joue de l'autre côté de l'Atlantique est parler d'une chose, pour nous autres Français, inconnue, car ce n'est pas l'unique match joué l'hiver dernier entre deux teams de l'escadre américaine qui peut nous renseigner beucoup à ce sujet. Il est vrai, d'autre part, que durant toutes ces dernières années les journaux nous apprenaient de temps en temps que tel match entre Yale et Harward ou entre Cornell et Princeton s'était terminé par des morts d'hommes et pas mal de membres cassés, ou bien que la police était intervenue pour mettre un frein à l'ardeur des joueurs en interrompant la partie.

    Nous avons même lu, il n'y a pas si longtemps, qu'une vive campagne avait été menée contre les brutalités du dit football. Mais tout ceci ne nous a pas appris grand'chose au sujet du football aux Etats-Unis. La seule chose sur laquelle nous nous sommes bien fixés c'est que, pour le jouer, on se capitonne soigneusement des pieds à la tête et qu'on se garantit le chef par tout un ensemble de protège-oreilles et de protège-nez inusités en Europe (notre gravure).

    Si l'on se rapporte aux auteurs anglais, le football américain est de beaucoup le cadet de l'association et du rugby, ses doyens. Il ne date pas de plus d'une cinquantaine d'années ce qui, pour un sport qui se respecte, est la petite enfance. Il ne faudrait pas en conclure que le football que l'on joue actuellement à Yale ou à Harward ressemble en quoi que ce soit au jeu de ballon qui se pratiquait dans les fermes le jour de Thanksgiving, après un plantureux déjeuner où le dindon traditionnel avait amené la joie.

    Ce jour-là, en sortant de table, on se rendait entre hommes dans la cour et on s'amusait follement à donner de grands coups de pied dans une vessie de cochon gonflée d'air. Plus tard, cette distraction simple ne suffisant plus, les joueurs se réunirent en équipes et commencèrent à pratiquer un dérivé sauvage de l'association, qui ne ressemblait du reste en rien au jeu qu'on pratiquait à cette époque en Angleterre."
 
Extrait du livre Le Football, rugby, américain, association par Charles Gondouin, arbitre officiel de l'Union des Sociétés Françaises des Sports Athlétiques, et Jordan, ancien capitaine du Stade Français. Préface de Louis Dedet, Vice-Président du Stade Français. Collection Sports-Bibliothèque.
Editions Pierre Lafitte et Cie. Huitième édition. 1914.

Central Park on ice

Jean-Claude Duce

    Dès son ouverture au public dans la seconde moitié du XIXe siècle, Central Park est un lieu prisé des New Yorkais. C'est particulièrement vrai en hiver, où la neige et la glace offrent une occasion rêvée de s'adonner aux loisirs de plein air. Très en vogue à l'époque, le patinage y est pratiqué avec assiduité. L'imagerie populaire s'empare du phénomène, illustrateurs et pionniers de la photographie immortalisant la foule des patineurs venus glisser au grand air entre deux tempêtes hivernales. Petit aperçu de leur production, avec ce diaporama d'images extraites des collections de la Bibliothèque publique de New York (NYPL). 

Images : https://www.nypl.org/
Images : https://www.nypl.org/
Images : https://www.nypl.org/
Images : https://www.nypl.org/
Images : https://www.nypl.org/
Images : https://www.nypl.org/
Images : https://www.nypl.org/
Images : https://www.nypl.org/

Images : https://www.nypl.org/

Au suivant !

Jean-Claude Duce

    Ce fameux gaillard, sorti des collections de Gallica, c'est Noël, un lutteur moelleux comme on les aimait au début du XXe siècle. Un nom prédestiné pour entrer "en douceur" dans la période de l'Avent. Sa spécialité à lui, ce ne sont pas les chocolats, mais plutôt les clés, les pralines voire les marrons. Gare à vous si vous le défiez, ou ça risque de sentir le sapin bien avant le 24 décembre ! Faute de gloire sur la sciure de la piste, vous pouvez toujours essayer d'engourdir la montre gousset du bourgeois en costard qui regarde à côté. Peut-être pas une bonne idée non plus… Dure la vie d'Apache !

Images : @GallicaBnF
Images : @GallicaBnF

Images : @GallicaBnF

Idéal sportif galvaudé

Philostrate #Les lectures de Philostrate

Articles et textes sont les reflets de leur époque, mais résonnent encore parfois dans l'actualité des décennies plus tard. En témoignent ces propos bien sentis sur "l'idéal sportif galvaudé", daté de 1929, alors que la polémique fait rage autour de l'amateurisme et du professionnalisme marron.

    "Ainsi, de plus en plus, l'idéal sportif est galvaudé par ceux-là mêmes qui devraient le maintenir ou le redresser. Sans vouloir tomber dans le travers des gens âgés qui prétendent toujours que "dans leur jeune temps c'était bien mieux", il sera permis de constater qu'il y a vingt ou trente ans, le sport présentait une toute autre allure. À cette époque bénie, où le pain coûtait quatre sous la livre et où l'on ne cherchait pas sans cesse à gagner de l'argent et à en faire suer dès que l'on remuait le petit doigt, le sport était pratiqué pour lui-même, pour les satisfactions profondes qu'il procurait.
Source : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69244943.r=sportif?rk=21459;2

Source : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b69244943.r=sportif?rk=21459;2

     Réaction d'une jeunesse trop claustrée à l'école, à l'atelier ou au bureau et qui trouvait dans l'exercice physique, dans les jeux sportifs, un remarquable moyen de se détendre, de se délasser (…) La joie de rencontrer des camarades, de lutter avec eux, de s'incorporer dans une équipe, de donner durant quelques heures sa juvénile ardeur, son activité, sa force, de se défendre avec acharnement, de succomber sans rancune, de triompher loyalement et sans forfanterie, de se créer de solides amitiés autour de l'anneau de cendrée ou sur le ground de gazon suffisaient amplement à l'ambition des sportifs de cette époque.

   Évolution des temps, lutte pour la vie. Besoin de gagner de l'argent avec le moins de mal possible. Hantise des affaires, des combinaisons. Tractations non dissimulées de clubs à athlètes, etc. Voilà tout ce qui n'existait pas hier et qui, maintenant, gangrène le sport. Voilà ce qui, peu a peu, a détruit l'idéal sportif."

 

Texte de Pierre Marie, paru dans l'édition de décembre 1929 de Tout pour les sports, à l'occasion du deuxième salon international des sports.

 

Avec qui voulez-vous lutter ?

Jean-Claude Duce

Les lutteurs de cirque et de foire étaient très en vogue avant la Grande guerre. Des colosses qui s'affrontaient entre eux, mais le plus souvent invitaient les spectateurs les plus courageux (ou inconscients…) à les défier. Premier à lever la main, premier servi ! Ces portraits, tirés des archives de la BNF, sont ceux des lutteurs du Nouveau Cirque à Paris, immortalisés en 1913. Je ne sais pas vous, mais moi je n'aurais pas eu envie de m'y frotter. Des portraits tout indiqués pour fêter les 177 ans de la photographie…

Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr
Source : http://gallica.bnf.fr

Source : http://gallica.bnf.fr

Les cent ans du Bombardier marocain

Jean-Claude Duce

Marcel Cerdan aurait eu cent ans aujourd'hui. Petite galerie nostalgique en mémoire de celui qui reste aujourd'hui encore le champion le plus populaire de l'histoire de la boxe en France.

Belmondo, acteur et boxeur…

Jean-Claude Duce

Jean-Paul Belmondo, qui vient de fêter ses 83 ans, n'a jamais renié sa passion pour le noble art. Bien avant de devenir un spectateur fidèle des réunions de boxe parisiennes, notre Bébel national a été un pratiquant assidu, fréquentant notamment du temps de sa jeunesse l'antique salle de l'Avia Club d'Issy-les-Moulineaux. Devenu acteur, il aura l'occasion de mettre ses talents pugilistiques au service de Jean-Pierre Melville dans "L'Aîné des Ferchaux, comme le montre ce reportage de 1962, un "tournage du tournage" où Belmondo tombe les gants pour se livrer à chaud sur le ring…

 

Vélo et septième selle

Philostrate #Les lectures de Philostrate
Je m'disais aussi qu'elles avaient l'air bien guillerettes les grisettes ! Source : http://gallica.bnf.fr

Je m'disais aussi qu'elles avaient l'air bien guillerettes les grisettes ! Source : http://gallica.bnf.fr

    Déflorer le sujet d'un tel livre serait un comble. Disons simplement que cette réédition d'un texte de 1900 consacré par le très sérieux docteur O'Followell aux interactions entre Bicyclette et organes génitaux, nous parle d'un temps où l'aventure vélocipédique tenait encore en quelques lignes sur une page vierge. La "fée d'acier" traçait tout juste sa route dans le quotidien des Français. La question du développement de sa pratique et de son impact sur la santé publique, pour farfelue qu'elle puisse sembler aujourd'hui, se posait donc bel et bien.

    Dans la France du début du XXe siècle, les vertus prophylactiques de la pratique sportive sont reconnues. Les militaires  et les politiciens voient dans le sport un moyen de revigorer une jeunesse, dont la supposée molesse expliquerait en partie la défaite de 1870 face à la Prusse. Au moins la chair à canon chargée de reconquérir l'Alsace et la Lorraine sera t-elle ferme à la prochaine invasion de "l'ennemi héréditaire"… Mais une nation forte est une nation à la natalité soutenue et c'est là qu'avec la bicyclette le bât, ou plutôt la selle, blesse. À pédaler comme des forcenés, Françaises et Français ne risquent-ils pas d'altérer le fonctionnement de ces organes sur lesquels le pays compte pour redresser sa courbe démographique en berne ?

    Vu sous cet angle, les écrits du docteur O'Followell, redécouverts par Le Pas d'Oiseau, maison d'édition dénicheuse d'originales pépites, prend tout son sens. On sourit à l'écriture sautillante du praticien, qui s'efforce de battre en brèche certaines idées reçues et de dissiper les inquiétudes. Mais à l'heure où nous nous interrogeons sur les conséquences à long terme de l'utilisation du portable pour notre matière grise, il faut bien admettre que les questions de nos bisaïeuls sur l'impact de la pratique intensive de ce nouveau mode de locomotion sur leurs parties intimes avaient, c'est le cas de le dire, quelque fondement.

    Les conseils du brave docteur O'Followell exigent donc d'avoir le recul de l'historien, de tenter de se mettre dans la peau d'un praticien de la Belle Epoque confronté à un problème nouveau. La balade n'en est que plus savoureuses des "dangers et méfaits du corset" à l'action de la bicyclette sur l'appareil "génito-urinaire"… Sans oublier un parallèle édifiant avec le "syndrome de la machine à coudre", qui aurait mis en émoi des générations de grisettes, dont on laisse la surprise aux lecteurs de cet opuscule aussi rose que réjouissant. "Et si par hasard, comme l'écrit l'auteur, une promenade à bicyclette révèle à une cycliste novice une satisfaction génitale, il ne faut pas conclure que le bicyclette crèe des dépravées…"
 
Bicyclette et organes génitaux du docteur Ludovic O'Followell. Editions Le Pas d'Oiseau. 180 pages. 13 euros.
www.lepasdoiseau.com
Vélo et septième selle

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