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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

#boxe

Cerdan, le bombardier foudroyé

Philostrate #Boxe
    La foudre qu'il avait dans les poings l'avait fait surnommer "Le bombardier marocain". Français né de l'autre côté de la Méditerranée, Marcel Cerdan reste l'un des plus fameux champions de l'histoire de la boxe. Le p'tit gars de Casa au sourire radieux, avec sa voix fluette et ses dents couronnées. Marcel, qui fit fondre jusqu'à la Môme Piaf. Le champion du monde, pressé de reconquérir sa ceinture face à La Motta. L'idole intouchable de la France d'après-guerre. Il est déjà tout cela, Cerdan, quand le Constellation qui l'emporte vers un nouveau combat aux Etat-Unis le fait définitivement entrer dans la légende à 33 ans en s'écrasant sur un pic des Açores le 28 octobre 1949.

Monshipour entre deux rings

Philostrate #Boxe
    Tout juste sorti du ring, voilà Mayar Monshipour lancé dans un nouveau combat. Le courageux boxeur poitevin, à peine digérées sa défaite face au Panaméen Anselmo Moreno et l'annonce de l'arrêt définitif de sa carrière sportive, doit cette fois jouer des poings au centre de l'arène politique. Son adversaire du jour : la succube du Poitou, Ségolène "Je m'voyais déjà…" Royal en personne ! Il en faut de la "bravitude" pour se coltiner la présidente de région sur ses terres, mais pour 75 000 euros, le petit pugiliste de Bam n'hésite pas à menacer des tribunaux la créatrice du concept de campagne présidentielle permanente…

    Objet du litige : une subvention, que la Région aurait promise au boxeur-promoteur pour son dernier combat, sous forme d'un contrat de partenariat. Problème : si le logo du conseil régional de Poitou-Charente figurait bien sur le short de Monshipour lors de sa dernière sortie entre les cordes, ni lui ni son assistant ne peuvent produire le document signé de cet engagement. D'un côté, le boxeur argue de sa bonne foi et se dit prêt à fournir les courriels échangés avec la collectivité pour faire valoir ses droits. De l'autre, l'instance régionale avance qu'une subvention de 50 000 euros a été votée par son assemblée en décembre dernier pour les quatre combats de Monshipour, mais qu'il n'a jamais été question d'une rallonge de 75 000 euros pour la réunion du 4 juillet dernier. Sur ce, le secrétaire départemental de l'UMP de la Vienne se fend d'un post sur son blog où, bien qu'avouant qu'il "… n'est pas en mesure de savoir qui dit vrai dans cette histoire", il en profite pour pourfendre "la dame aux caméras (…) capable de promettre tout et n'importe quoi"…

    Bref, tous les ingrédients d'un Chantemerle sur Vienne… Espérons que pour Monshipour, qui après le chapitre boxeur, puis boxeur-promoteur, s'apprête à écrire une nouvelle page de son existence, cette aventure servira de leçon. S'ils disent vrai, le champion du monde 2003 et son entourage ont fait preuve d'une naïveté et d'un amateurisme confondants. Engager des fonds sans document écrit et sur la seule foi de la parole donnée c'était bon du temps d'Audiard. Le milieu de la politique et le monde en général n'est pas peuplé que de bandits d'honneur, loin de là… Mais Monshipour et son staff ont peut-être aussi mal interprété un soutien renouvelé oralement, sans qu'aucune somme ne soit arrêtée formellement. Ce sont des choses qui arrivent, les paroles s'envolent, les écrits restent. Cela relève du malentendu, de plus ou moins bonne foi, au juge d'en décider, si juge il y a !

PS : Les plus observateurs auront reconnu sur cette caricature un autre boxeur au grand cœur, Marcel Cerdan, croqué par Pellos avant son combat revanche face à La Motta, que la tragédie aérienne des Açores lui interdit, hélas, de disputer. 

Les trois coups à Levallois

Philostrate #Boxe
  


    Une réunion de boxe réussie n'a rien à envier à une pièce de théâtre. Unité de lieu, unité de temps et d'action, intrigues, rebondissements, spectateurs tenus en haleine jusqu'au dénouement final… Samedi 17 mars à Levallois, le championnat du monde entre le Français Jean-Marc Mormeck et le Jamaïquain O'Neil Bell a permis aux amateurs de boxe français de renouer avec cette belle dramaturgie. Il y a bien longtemps en effet qu'une réunion n'avait suscité chez nous un tel enthousiasme. Entre les derniers rendez-vous plutôt légers des Acaries Brothers et les promesses bien difficiles à tenir du petit Brahim, les aficionados du noble art n'avaient pas eu grand chose d'excitant à se mettre sous la dent ces derniers mois.

    À Levallois samedi dernier, c'était l'ambiance des grands soirs. Devant l'entrée du bien nommé palais des sports Marcel-Cerdan, les places s'échangeaient au marché noir jusqu'à plus de 700 euros. Autour du ring, les journalistes se pressaient comme des citrons et grognaient pour les moins bien lotis, contraints de passer la soirée leur ordinateur portable sur les genoux. Dans les tribunes, la foule grondait comme aux plus beaux jours, chauffée par un championat d'Europe d'enfer, chahutant le ténor de banlieue venu massacrer les hymnes nationaux et sifflant  l'escadron de ring girls de premier choix recrutées pour l'occasion.

    Jouant volontiers les bateleurs, rôle qu'il endosse sans forcer sa nature, le maire de Levallois pouvait jubiler devant un parterre de personnalités digne d'une cérémonie des Césars. Jean-Paul Belmondo, Gérard Darmon, Bruno Putzulu, Charles Gérard, Thierry Frémont avaient tous leur place de ring réservée. Sans doute venu sur Paris pour assister à l'agonie d'un PSG qu'il a en son temps bien contribué à plomber, même Charles Biétry, désormais intermittent du journalisme, était là…

    Le déroulement de la pièce n'a pas déçu l'assistance, loin de là. Mormeck, au prix d'un combat courageux et intelligent, a su récupérer ses deux ceintures mondiales, perdues par inadvertance fin 2005 face au roublard O'Neill Bell. Mais à la remise des Molières récompensant chaque année les meilleurs acteurs de théâtre, le  Français aurait sans doute une nouvelle fois dû s'incliner face au Jamaïquain, comédien comme pas un. Mimant l'accès de faiblesse pour faire baisser la garde de son adversaire, se roulant sur le ring pour un anodin coup sous la ceinture, lui le spécialiste des coups bas, imitant la démarche parfois hésitante de son challenger, il mériterait largement de voir ses gants de boxe immortalisés  sur le trottoir d'Hollywood boulevard. Dans le rôle du sale type que l'on aime détester, sa prestation fut sans égale. Lui non plus n'est pas étranger à la réussite d'une soirée que le boss des sports de Canal, un sourire jusqu'aux oreilles, appréciait à sa juste valeur, dans la peau du producteur comblé et sûr de son fait. Les Acaries ont décidément du souci à se faire…

L'énigme Asloum

Philostrate #Boxe
    Dans le coin de Brahim Asloum samedi soir, Louis Acaries a d'abord commencé par : "Vas-y t'es un champion !". Au bout de deux rounds, le ton de l'entraîneur avait déjà changé : "Mais enfin, fais comme à la salle… Je veux voir l'œil du tigre !". Puis le combat s'est terminé sur ce constat du coach, un brin fataliste : "T'es encore trop tendre…" Et Omar Narvaez, l'adversaire du jour de Brahim Asloum, est reparti le plus tranquillement du monde en Argentine avec sa ceinture de champion WBO des mouche à la taille…

    Ce championnat du monde perdu est à l'image de la carrière du médaillé d'or olympique de Sydney depuis son passage chez les professionnels. Beaucoup de promesses avec la plupart du temps, au sortir du ring, une déception à la hauteur des attentes suscitées par un boxeur trop tôt médiatisé. Le plus agaçant pour qui suit ses combats, c'est que Brahim Asloum semble toujours en garder sous le pied, comme s'il s'efforçait constamment de gérer son effort plutôt que d'essayer de "bouffer son adversaire", tant physiquement que mentalement. Un champion du monde en titre peut s'offrir ce genre de luxe pour défendre une ceinture. Un challenger, aussi talentueux soit-il, ne peut pas espérer grand chose en adoptant ce genre d'attitude.

    Avant d'obtenir une troisième chance de partir à la conquête d'une couronne mondiale, Brahim Asloum doit donc se livrer à un sérieux examen de conscience. Son problème est-il d'ordre physique, ses qualités indéniables handicapées par un cruel manque de punch et de puissance ? A t-il été trop longtemps préservé par son entourage, au point à 28 ans de susciter des commentaires réservés d'ordinaire aux débutants et d'attendre six rounds pour "lâcher les chevaux", comme ce fut le cas samedi sur le ring du Cannet. Ou bien est-il inhibé mentalement au point de ne pouvoir exprimer pleinement son talent le jour J, ce qui est tout de même rédhibitoire pour un athlète aspirant, comme lui, à une destinée interntionale ? Il y a un monde entre les boxes amateur et professionnelle, Brahim Asloum n'est pas le premier à en faire l'expérience. "Brahim devrait boxer un peu plus pour lui et un peu moins pour les autres…", lâchait en guise de conseil l'Argentin Narvaez après le combat de samedi. En faire, en somme, un peu moins pour la galerie, pour aller chercher au plus profond de lui-même cette rage et ce sens du sacrifice, préalables pour espérer entrer un jour dans la légende d'une discipline, qui ne s'accommode guère des demi-mesures et des effets d'annonce…     
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