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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

#natation

Lucas de Saint-Germain

Philostrate #Natation
     C'est pas un beau nom de DJ ça ? Enfoncé Etienne de Crécy. Ringardisé Daft Punk. Déboulonnée la vague électro versaillaise tendance rebelles à mèches (Rive droite) ou dandys à crêtes (Rive gauche... à moins que ce ne soit l'inverse, il faudra demander à Denis Podalydès). En louant deux lignes d'eau à la piscine de Saint-Germain pour son embryon de team, Philippe Lucas s'est fait un nom à affoler les platines et faire tanguer les clubbers. Un comble pour un mec qui se veut rocker à gros muscles.

     Mais Philippe Lucas est-il un vrai rocker ou une grossière contrefaçon ? Côté pilosité frisant l'hirsutisme, rien à dire. Côté coupe de cheveux en revanche, plaquée et dégarnie devant, filasse et longue derrière, seuls les footballeurs allemands des années 1980 ou Michael Bolton, l'idole des mémères à bourrelets made in USA, ont pu lui servir de modèles. Comme référence rock, c'est limite larsen. Passons à l'amour des chaînes, bagouzes et joncaille en tout genre. Une tête de mort sur l'index ou une croix sur fond de poitraille moquetté, passe encore. Mais Lucas de Saint-Germain, tous muscles dehors, kiffe plutôt les dorures. Là, ça sent plus le rappeur en goguette que le Hell's Angel au cambouis. Nouvelle faute de goût.

     L'explication à ce décalage, tient sans doute à celui que notre pithécanthrope des bassins tient pour l'idole absolue, Johnny. Pas Johnny Weismuller, non. Johnny Hallyday, le Jojo que les bikers de province arborent sur leurs tee-shirts achetés en magasins d'usine, à Troyes, dans l'Aube. Johnny, à la croisée des  genres musicaux mais toujours avec une petite décennie de retard sur les tendances lourdes du "ouak'n'wol". Lucas de Saint-Germain connaît du rock ce qu'il en a vu de Melun, où les vapeurs de chlore ne vous emmènent guère plus loin que le brouet franco-belge de Philippe Smet et consorts. D'où, une identité musicale incertaine, cachée dans des roulements de caisse bien loin des grondements de Motörhead, des charges furieuses de Metallica ou même du cynisme destroy d'un Johnny Cash...

     Ce qui m'amène à me poser une question plus sportive : Lucas de Saint-Germain est-il un vrai entraîneur ? S'il y a tromperie sur l'image, dont notre bonhomme fait commerce sans scrupule, la fonction ne serait-elle pas à l'avenant ? Garde-chiourme, c'est incontestable. Contremaître donnant la cadence, chrono en main entre deux gourmettes bling-bling, c'est certain. Mais coach dans une perspective éducative, de gestion de l'effort, de plaisir partagé, le moral, les muscles et les articulations meurtries de nageuses comme Esther Baron, Alena Popchanka ou, la plus fameuse d'entre elles, Laure Manaudou, laissent planer le doute. "C'est dans le rock que l'homme livre sa vérité" disait Chuck Berry. Je ne suis pas loin de penser comme lui.

Manaudou et la "vraie vie"

Philostrate #Natation
    
    "Vingt-trois ans, c'est jeune pour arrêter."
Le journalisme peut-être, quoique, à lire les analyses de certains rubricards sportifs, on se dit que ça éviterait sans doute de gâcher du papier. La natation, certainement pas surtout lorsque, comme Laure Manaudou, on a bouffé chaque jour que Neptune fait depuis l'âge de quatorze ans du carrelage au kilomètre. Que l'on s'est levé à pas d'heure, pour troquer la douceur de sa couette contre le froid de l'aurore et les odeurs de chlore. Que l'on s'est déjà enfilé l'équivalent d'une journée de travail à l'heure où le plumitif moyen de notre quotidien sportif national en est encore à se demander devant la machine s'il va prendre un café allongé ou un court sucré…

    Alors oui, Laure Manaudou arrête sa carrière à 23 ans pour vivre "la vraie vie". Qui pourrait l'en blâmer, elle qui a tout gagné - sans doute trop vite - et collectionné les podiums et les records sur 200, 400 et 800 mètres ? Certes, elle gâche un peu ses adieux, avec cette sortie de ligne en queue de poisson amorcée en 2007 avec la fin des années Lucas, confirmée en 2008 aux JO de Pékin et entérinée en cette fin d'été 2009. Mais, n'en déplaise aux victimes de l'hystérie cumularde à l'américaine, qui l'auraient voulu insatiable dévoreuse de lauriers olympiques jusqu'en 2012, le vrai gâchis est ailleurs…

    Il réside avant tout dans un système qui autorise une gamine de quatorze ans à bazarder les études, avec l'assentiment de sa famille, pour devenir une machine de guerre aquatique. Oui, Laure est devenue une championne, l'une des plus grandes de l'histoire de la natation. Mais qui s'est alors soucié de son épanouissement ? Qui a tenté de lui faire comprendre qu'elle pouvait aussi tirer du plaisir à nager ? Stakhanoviste de l'école Lucas, comme sa copine Esther Baron, fraîchement retraitée elle aussi à vingt-et-un ans - un hasard ? -, la gamine timide et renfermée qu'elle était n'avait aucune chance de s'ouvrir sur le monde. De voir plus loin que le bout de ses claquettes et les murs aseptisés des centres nautiques. Ebahis devant cette naïade croqueuse de titres, sa fédération comme les journalistes témoins de ses exploits ne sont pas nombreux à s'être posé ces questions. C'est pourtant ce qui explique qu'aujourd'hui, à 23 ans, par-delà la célébrité et la reconnaissance sportive et médiatique, Laure reste à bien des égards une adolescente qui se cherche encore. Laissons-la faire des conneries et vivre sa vie, enfin. Et puisse son exemple faire réfléchir les parents et les éleveurs de bébés champions, qui continuent à parier avec légèreté sur l'avenir de leurs enfants prodiges.

Triple ban - de sardines… - pour Alain Bernard !

Philostrate #Natation

Philostrate tient à féliciter Alain Bernard pour son record du monde du 100m (46"94), établi jeudi 23 avril lors des championnats de France 2009 à Montpellier. Malgré le port de la combinaison prototype de son équipementier, on le reconnaît parfaitement, tout à sa joie, sur cette photo prise quelques secondes après son exploit.

Enthousiaste, le champion a effectué plusieurs cabrioles et remercié Flipper, son compagnon d'entraînement. "Du Sport ou du cochon" peut d'ailleurs vous révéler aujourd'hui en exclusivité la signature d'un nouveau contrat de partenariat entre le médaillé d'or olympique et une célèbre marque de sardines à l'huile.

Impressionné par sa seconde peau en polyuréthane, le directeur du Marineland d'Antibes lui aurait même déjà proposé un poste de meneuse de revue une fois sa carrière sportive terminée. Allez, triple ban - de sardines ou de maquereaux c'est selon… - pour la FINA, Alain et son équipementier malin !

He's got the "Jacked"

Philostrate #Natation
    "Si je jette la combinaison dans l'eau, elle ne va pas avancer toute seule !" Le nageur, Frédérick Bousquet, qui a récupéré mercredi matin lors des championnats de France à Montpellier son record national du 50m, a le sens de la répartie. Interrogé sur l'importance prise par sa combinaison "miracle" dans cette performance, la torpille d'Auburn a cloué le bec d'une pirouette aux journalistes, légitimement intrigués par cette seconde peau de polyuréthane qui semble donner des nageoires à ceux qui l'adoptent. Drôle, sa saillie aquatique l'est sans aucun doute. Mais sa réflexion va au-delà de la gaudriole.

    "Même en lui mettant des piqûres dans le cul, vous ne ferez jamais d'un âne un cheval de course !" , a t-on coutume de dire dans les pelotons cyclistes à propos du dopage. C'est vrai… Enfilez des pilules dans le cornet du premier venu, juchez-le sur un vélo et demandez-lui de grimper l'Alpe d'Huez en moins de quarante minutes et vous aurez toutes les chances de le voir finir, au mieux, dans le fossé, au pire, dans un costume en sapin. Aussi vrai que l'habit ne fait pas le moine, la "Jaked", nom de ce nouvel équipement aux vertus flottantes avérées, ne fera jamais un dauphin d'un fer à repasser ou d'une "tringle", pour reprendre la terminologie de Philippe Lucas version Guignols de l'Info

    Sauf qu'en l'espèce, on parle de champions, pas de pékins moyens flottants comme des canards laqués. Si, dans une compétition tout ce qu'il y a d'officielle, certains bénéficient d'un équipement tenant du prototype dont l'ensemble des engagés ne peut disposer, il y a inéquité. C'est une forme de dopage, technologique certes, mais du dopage tout de même. Ce sont les hésitations de la FINA qui ont mené à cet état de fait. Faut-il homologuer ou pas, à partir de quel gain en terme de flottabilité, etc ? Des tests sont en cours à l'Ecole polytechnique de Genève. La sagesse aurait voulu que, du moins jusqu'à ce que les experts se prononcent, le port des "combinaisons perlimpinpin" soit interdit dans les championnats et meetings nationaux et internationaux.

    Mais sur ce coup-là, les huiles de la natation mondiale, non solubles dans l'eau chlorée, ce sont laissées déborder. Ou peut-être ont-elles préféré, pour cristalliser l'attention des médias, voir les records valser à grand renfort de polymère, au risque de devoir ensuite réviser leurs bilans annuels ? Le résultat s'apparente à un joyeux foutoir où, finalement, les équipementiers et donc les intérêts économiques mènent la danse. Alors réjouis-toi Fred, "You've got the Jacked", pourrait-on dire pour paraphraser Bon Scott (High Voltage, Vers. 2, Chap.2, les fans d'AC/DC comprendront…) Mais méfie-toi tout de même. Dans un tel marigot, si elle ne nage pas toute seule, ta combinaison pourrait bien se mettre  un jour ou l'autre à marcher sur l'eau !

Insubmersible Laure

Philostrate #Natation
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    Laure Manaudou serait-elle en passe de devenir  l'Angélique du XXIe siècle ? Comme la célèbre Marquise des Anges incarnée par  Michèle Mercier au cinéma dans la fresque romanesque des années 1960, son jeune destin est déjà émaillé d'épisodes hauts en couleurs. Il y eut d'abord Laurette et le Rescator, avec dans le rôle du corsaire des bassins Philippe Lucas, baroudeur chloré amateur de joncaille au caractère tempétueux.

    Laure et l'Olympe, sorti en 2004,  consacrait leur collaboration sur fond de Parthénon et de mer Égée bleutée. L'or olympique à Athènes, la célébrité et la fin des années d'insouciance pour une gamine de 18 ans devenue d'un coup une star du sport mondial et l'une des personnalités favorites des Français. Trois ans et une flopée de records et de médailles plus tard, la rupture avec son intraitable mentor ouvrait un nouvel épisode de la saga : Laurette et le prince de Vérone. Dans le rôle du séducteur, Luca Marin. Dans celui du ténébreux cardinal essayant de tirer honteusement profit de l'idylle, Paolo Penso, pour quelques semaines d'entraînement rocambolesques en Italie, avant une évasion médiatique et le retour de la belle dans le giron familial.

    Nouveau coup de théâtre ce week-end. En battant à Berlin son propre record d'Europe du 200m (1'53"48), la championne d'Ambérieu signait un tonitruant come back. Vous avez aimé Indomptable Angélique en 1967 ? Vous aimerez Insubmersible Laure en 2007, dont l'héroïne, avec son air habituel de ne pas y toucher, cloue mine de rien le bec à tous ceux la croyant égarée quelque part au milieu de "ses amis, ses amours, ses emmerdes", comme l'aurait chanté Aznavour. Aux dernières nouvelles, un autre épisode de la saga serait déjà en pré-production, tournage prévu à l'été 2008. Laurette et la Cité interdite devrait emmener notre aventurière à Pékin en quête d'un nouveau butin, que tenteront de lui ravir de perfides naïades aux yeux bridés ou de menaçantes torpilles américaines. Succès en salle assuré…

Paris dans le grand bain ?

Philostrate #Natation

    La course perdue à l'organisation des JO de 2012 devrait au moins avoir pour les nageurs français une retombée positive. Celle de voir Paris se doter enfin d'un centre nautique digne de ce nom. Figurant à l'origine dans le dossier de candidature olympique de la capitale, la construction de cet équipement devrait, en dépit de le défaite essuyée face à Londres, être prochainement entériné par l'Etat, les collectivités locales de Seine-Saint-Denis et la Fédération française de natation, partenaires financiers dans cette opération.

    Il était temps. Paris faisait en effet figure de zone sinistrée en comparaison avec ses voisines européennes. Pour un pays disposant dans son équipe nationale d'une des meilleures nageuses mondiales, l'absence dans sa capitale d'une piscine olympique propre et fonctionnelle commençait à faire désordre. Désespérée par l'état du centre nautique Georges-Vallerey, la FINA avait même fini par renoncer à l'organisation de l'étape de coupe du monde qui s'y déroulait chaque année, c'est dire…

    Ce peu d'empressement des collectivités locales parisiennes et des instances sportives à faire avancer jusqu'alors ce dossier est d'ailleurs symptomatique de leur grande capacité à récupérer les médailles lorsque vient l'heure des bilans, mais, tel Ponce Pilate, à se laver les mains des conditions dans lesquelles les athlètes travaillent au quotidien pour les remporter. N'y avait-il pas jusqu'alors suffisamment de nageurs de haut niveau à Paris et dans ses environs pour espérer rentabiliser un tel équipement ? Les adeptes de la natation en Île-de-France étaient-ils à ce point gâtés et bien pourvus en bassins de 50m pour que leurs voix ne soient pas entendues ?

    Un exemple significatif parmi d'autres. La ville de Clichy dans les Hauts-de-Seine dispose depuis deux décennies d'un des meilleurs clubs de natation de France, où évoluent aujourd'hui des internationaux comme Alena Popchanka, David Maître ou Julien Sicot, dont les succès font les bonnes feuilles du journal municipal. Eh bien malgré ces résultats inscrits dans la durée, malgré la grande implication du club dans le développement local de nombreuses activités de loisirs aquatiques, ce joli monde ne dispose toujours pas d'un bassin de 50m pour s'entraîner et organiser des compétitions à domicile ! La municipalité a bien posé en grande pompe la première pierre d'un futur centre nautique il y a plusieurs années. Désormais enfouie et oubliée de tous, elle devrait dans les siècles à venir faire le bonheur des archéologues !

    À l'occasion des récents travaux de rénovation de la piscine municipale, la ville de Clichy n'a même pas jugé bon de doter sa section de haut niveau de ce bassin olympique qui lui fait tant défaut. Elle a en revanche profité de l'inauguration médiatisée de son "nouvel" équipement pour rendre hommage à l'ancien président du CS Clichy natation, disparu tragiquement cet été, et baptiser la piscine municipale de son nom. En oubliant un peu vite que celui-ci s'était battu jusqu'au bout pour que son club soit enfin doté de conditions d'entraînement décentes, ce qui est toujours loin d'être le cas. Il n'y a décidément pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. Sauf, bien sûr, lorsque résonnent sur le podium les premières mesures de la Marseillaise

Trop polis les nageurs ?

Philostrate #Natation
    Se promener au bord d'un bassin olympique, parmi des nageurs de haut niveau, est un réel plaisir. Difficile de trouver athlètes plus disponibles et ouverts, faisant honneur tant à leur statut de champion qu'à leur discipline. Même "Laurette" Manaudou, drainant dans son sillage des bancs de journalistes-rémoras, reste étonnament abordable au regard d'autres "stars" du "sport business". Par nature, le nageur est le plus souvent poli et discret.

    Trop peut-être… Car dans l'arène médiatique, il faut savoir jouer de la grosse caisse pour se faire entendre. L'émoi tout relatif suscité par la programmation matinale des finales olympiques de natation à Pékin en 2008 en est le parfait exemple. D'ordinaire, les nageurs disputent les séries le matin et les finales le soir. Problème : à cause du décalage horaire entre la Chine et les Etats-Unis, ce planning ne convenait pas à NBC, diffuseur des JO outre-Atlantique et principal bailleur de fonds, grâce aux droits télé, du Comité international olympique. Connu pour son pragmatisme dès lors qu'il s'agit de gros sous, le CIO n'a donc pas hésité à s'asseoir sur la tradition pour programmer les finales dès le matin, balayant les réserves polies de la Fédération internationale de natation et des quelques champions émus par la nouvelle. Les Américains pourront donc suivre en direct, bien calés dans leurs canapés, les aventures aquatiques de leurs beaux bébés élevés à la viande aux hormones et tout va pour le mieux sous le ciel olympique !

    À l'heure du sport spectacle, la politesse est, si ce n'est un vilain défaut, du moins une faiblesse qui peut coûter cher. Pas besoin d'aller jusqu'à la grande muraille d'ailleurs pour le constater. J'étais récemment sur le bord de la piscine Georges-Vallerey à Paris, seul stade nautique de la capitale dont la vétusté fait honneur au sport français. Ce jour-là, s'y déroulaient les championnats de France interclubs, naguère grande fête de la natation française, aujourd'hui saucissonnée en rencontres régionales mal ficelées privant de confrontations directes les ténors de la spécialité. Les épreuves du comité d'Ile-de-France, dominées à Paris par Clichy, venaient de se terminer. Mais le club banlieusard en était à attendre la fin des courses à Marseille, prévues une heure et demie plus tard, pour savoir si, oui ou non, après un ultime décompte de points, il pouvait arracher le titre national à son rival du Canet-en-Roussillon ! Outre l'équité sportive discutable de finales régionales "simultanées" organisées avec décalage horaire (sic), les amateurs présents ne pouvaient que regretter l'unité de temps et d'espace de l'ancienne formule, qui réunissait les meilleurs clubs de France chaque année dans une ville différente pour un week-end. La fédération nationale voudrait tordre le cou à cette épreuve qu'elle ne s'y prendrait pas autrement…

    Déçus, certains présidents de club, principaux cocus de l'histoire car contribuant à faire vivre au quotidien une bonne partie des nageurs de l'élite, juraient en ce dimanche de décembre qu'ils allaient protester officiellement auprès de leur fédération pour obtenir un retour en arrière. Mais leurs timides éclats de voix étaient comme une vaguelette à la surface d'un bassin olympique. Trop polis eux aussi ? Sans doute.
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