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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

#rugby

Préparation physique pour rugbyman de 1914

Philostrate #Rugby

Messieurs les rugbymen, à l'heure d'entamer la coupe du monde, méditez ces quelques lignes ! Voici comment en 1914 dans Le football : rugby-américain-association Charles Gondouin concevait la préparation physique d'avant saison d'un sportman soucieux de briller sur les terrains avec un ballon ovale. Certaines recommandations, ainsi que certaines remarques un brin fatalistes de l'auteur, valent toujours…

"Au début de l'entraînement, il est ordinairement indispensable de s'alléger du poids d'une graisse inutile. Des courses exécutées, deux ou trois fois par semaine, à une allure très réduite, sur deux ou trois mille mètres, donneront toute satisfaction sur ce point à l'athlète qui revêtira, pour la circonstance, deux ou trois épais maillots de laine et qui fera suivre son travail d'une douche en pluie, dont la durée ne devra pas toutefois dépasser quinze secondes (…)

Quand donc le travail exécuté, ainsi que nous l'avons dit, sur des distances assez longues, aura convenablement allégé un joueur et lui aura en même temps donné du souffle et de l'endurance, il lui sera nécessaire de passer à un autre genre d'exercice qui, tout en le maintenant dans ces bonnes conditions, le fera progresser en vitesse. Pour cela, il devra s'exercer à couvrir très rapidement des petites distances. Il développera d'abord son allure sur des parcours de cent à deux cents mètres, puis il cherchera à se mettre en action le plus vite possible par des démarrages sur vingt ou trente mètres (…)

Ajoutons que la boxe anglaise, pratiquée plutôt comme exercice que comme sport, constitue un excellent entraînement pour le football rugby et qu'il ne faut, naturellement, jamais perdre une occasion que l'on a de s'exercer avec un ballon (…) La seule recommandation à faire au point de vue du régime à suivre par un joueur à l'entraînement est d'éviter absolument tout excès. Il est loin d'être indispensable que son existence ressemble à celle d'un chartreux, mais il est absolument nécessaire qu'il ne transige jamais avec les règles de la simple hygiène.

Nous nous doutons bien que ces prescriptions n'obtiendront qu'un succès relatif, et que, pour beaucoup de joueurs, tout entraînement consistera à s'abstenir par extraordinaire de noctambulisme la veille d'un match très important. Toutefois, nous gardons l'espoir que l'esprit sportif se développera bientôt, de telle sorte que la pratique d'un jeu comme le football rugby deviendra tout à fait incompatible avec les performances accomplies par ceux qui font ordinairement la fête".

Extrait de l'ouvrage Le football : rugby-américain-association, éditions Pierre-Lafitte et Cie, 1914.

Préparation physique pour rugbyman de 1914
Préparation physique pour rugbyman de 1914
Préparation physique pour rugbyman de 1914
Préparation physique pour rugbyman de 1914
Préparation physique pour rugbyman de 1914
Préparation physique pour rugbyman de 1914
Préparation physique pour rugbyman de 1914

L'affront fait aux Spanghero

Philostrate #Rugby

Football-Rugby-Illustration.jpg

 

    Que le nom des Spanghero, grands dévoreurs de Rosbifs devant l'Eternel, soit sali par un sombre trafic de barbaque chevaline est proprement révoltant. Walter, habitué à faire bouffer de la vache enragée aux adversaires du XV de France sur les prairies de l'Ovalie des swinging sixties, mérite tout de même un peu plus de considération ! D'abord, parce que l'entreprise familiale, symbole de la reconversion réussie du chelemard 1968 et de sa fratrie aux grandes paluches, a fait sa réputation dans le cassoulet, pas dans l'équarissage de bourrins des Carpathes.

 

    Surtout, parce que ladite entreprise n'a plus aujourd'hui de Spanghero que le nom. Walter et ses frères l'ont vendue pour tenter de sauver les meubles, alors que leur viatique agro-alimentaire commençait à avoir du mou dans la saucisse. Spanghero, c'est une marque, comme Panzani, Luigi Lavazza, Mamie Nova, mais n'a plus rien à voir avec "Oualtère l'homme de fer", terreur des packs et des Blacks. Alors qu'il soit obligé de subir les remarques insidieuses et les regards courroucés, que son nom soit déchiqueté par la valetaille de la médiocratie hystérico-plumitive, bref qu'il se trouve pris bien malgré lui dans la tourmente de ce scandale de viande roumaine mal équarie, est terriblement injuste.

 

    Non Walter, t'es pas tout seul ! Puissent tes grosses paluches tordre le cou à la rumeur et à tous les auteurs de raccourcis faciles qui l'alimentent. Oublie ton nom, brave Oualtère, il ne t'appartient plus. Et compte tes vrais amis dans cette tempête médiatique, comme lorsque tu rameutais la troupe pour sonner la charge dans un Tournoi dont les Cinq Nations suffisaient alors à notre bonheur…

Boudjellal n'a pas eu chaud aux fesses

Philostrate #Rugby

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     On pensait le président du RC Toulon, Mourad Boudjellal, en délicatesse avec son fondement depuis la supposée "sodomie arbitrale", dont il assure avoir été victime le 8 janvier contre Clermont. Mais après sa comparution devant les "sages" de la Ligue nationale de rugby, qui n'avaient guère goûté sa saillie drôlatique, on se dit que, finalement, le trublion de la rade n'a pas eu si chaud aux fesses que cela. Certes, le voilà interdit pendant 130 jours par la commission de discipline de la LNR de poser son postérieur sur le banc de touche toulonnais. La punition a valeur de prescription médicale, le souci sans doute d'épargner son arrière-train endolori par l'assaut des hommes en noir en terre auvergnate il y a quinze jours… Le patron du RCT est aussi suspendu de vestiaire, une manière de le préserver jusqu'à la fin du printemps d'une éventuelle récidive du corps arbitral, qui peine souvent à contrôler ses ardeurs à mesure que s'approche le grand rut des phases finales du Top 14.

 

      Mais bon, comme souvent avec les sphères dirigeantes du rugby français, la montagne a accouché d'une souris. Professionnalisme ou pas, les gros pardessus sont prompts à ressortir des placards chez les caciques de l'ovale. Car la peine infligée à l'auteur de cette formule digne du "Pilou-Pilou" a de quoi faire sourire. Priver de banc de touche ou de vestiaire un président où sa présence n'est guère indispensable, est aussi efficace qu'un cautère sur une jambe de bois. Là où Chabal a dû manger sa barbe pendant 60 jours et jouer les arbitres amateurs pour avoir tiré à vue sur les zèbres dans sa biographie, tout comme Caliméro Berbiz, condamné pour avoir porté atteinte aux mystérieux "intérêts supérieurs du rugby" après s'être rendu coupable de crime de lèse-Berdos, Boudjellal peut tranquillement continuer à se crèmer le joufflu. C'est son outrance verbale qui lui est reprochée, mais le fond du problème autour des arbitres reste posé.

 

     Soit Boudjellal a tort sur toute la ligne et il fallait le sanctionner beaucoup plus durement. Soit il faut bien admettre que sa sulfureuse histoire de derrière n'est qu'un symptôme du mal qui ronge le rugby tout entier, à savoir une défiance de plus en plus prononcée à l'égard du corps arbitral. Dans les deux cas, le vrai-faux jugement de Salomon de Revol et consorts ne vaut pas tripette. Quant à Mourad le rebelle, s'il décidait à l'avenir de récidiver sur le mode lyrique d'inspiration dessous de la ceinture et d'être au rugby ce que Loulou Nicollin est au football, qu'il aille donc prendre des leçons auprès de son homologue héraultais. Car lui, assume le plus souvent ses conneries et les peines qui vont avec sans broncher - Ah ! cette "petite tarlouze" de Pedretti… -, alors que Boudjellal semble s'enfoncer toujours plus dans une paranoïa, qui fait déjà suffisamment de ravages dans le rugby français sans qu'il soit besoin d'en rajouter.

Clermont / Racing duel au pied des Puys…

Philostrate #Rugby

Ce soir, le championnat de rugby de Top 14 voit s'affronter pour une place en demi-finale le Racing Métro 92, champion de Pro D2 l'an dernier, et Clermont, finaliste malheureux des trois derniers championnats. Un duel âpre au pied des Puys, avec en ligne de mire le bouclier Arverne… pardon le bouclier de Brennus !

 

 

Chabal le bien velu

Philostrate #Rugby
Accidentroute.jpg    La saison est aux barbus. Après le ramoneur en houppelande qui passe en décembre dans les cheminées sans salir son habit rouge, c'est Sébastien Chabal et ses attributs pileux façon Raspoutine qui a ouvert en fanfare le mois de janvier. Chabal, le deuxième ligne du Racing Métro 92, sportif préféré des Français. Disons plutôt, champion dont l'image séduit le plus le grand public. L'ancien de Bourgoin avec ses bras musculeux qui descendent jusqu'aux genoux, ses mains façon Yéti parfois engourdies et ses charges furieuses à décimer les Kiwis plaît, c'est indéniable. C'est un joueur de rugby de Playstation : on défonce, on arrache, on fracasse, pas besoin d'être un expert du ballon ovale pour comprendre le mécanisme…

    Mais au-delà de ses qualités physiques, c'est son look qui fait sortir médiatiquement Chabal du lot. Le genre "homme des bois" dur au mal et taiseux. Un poil pithécanthrope, bouru avec la presse, gentil avec les enfants, mais nature avant tout. C'est du moins ce que dit Chabal, dans une interview accordée au supplément week-end de notre quotidien sportif national, tout en avouant à propos de son image, "être obligé d'y penser, de la travailler". Un aveu qui lui fait honneur et explique certains dérapages difficiles à comprendre lorsque, comme lui, on se revendique brut de décoffrage. Vous auriez imaginé, vous, Lino Ventura, une référence dans le genre "homme de la pampa, parfois rude mais toujours courtois", poser en talons aiguilles sur les culs de bus pour les besoins d'une publicité ? Non. D'ailleurs on imagine assez bien la façon dont serait sorti l'inconscient venu avec une telle proposition dans le repaire de Montretout à Saint-Cloud, où vivait celui qui reste vingt après sa mort l'un des acteurs les plus populaires auprès des Français !

    Chabal, c'est un gars simple et robuste, mais qui sait mettre son côté ours en veilleuse lorsqu'il s'agit justement d'exploiter ou de jouer avec son image de "gars simple et robuste". Il a la sincérité de son temps. Il n'en reste pas moins une bonne tête de gondole pour un rugby qui a la cote, avec ses champions certes professionnels, mais dont les émoluments leur interdisent encore, contrairement aux footballeurs, d'hésiter entre le diamant et le platine pour "customiser" les jantes de leurs voitures. Chabal, c'est encore le tuning de province, moumoute sur le volant et flammes bombées à la main sur les portières. Sa popularité doit en faire rêver plus d'un en ce début d'année sportive engourdie par le gel et la neige. A commencer par Raymond Domenech, "futur ex-entraîneur" de l'équipe de France de football, qui devrait sérieusement songer à se laisser pousser une barbe de Viking pour voir si, d'aventure, ce matelas de poils en bataille lui donne une chance de faire un bond dans l'estime des journalistes, de ses joueurs, des dirigeants du foot français et du dernier carré de supporters des Bleus…

K.O kiwi pour Bastareaud

Philostrate #Rugby
    On se doutait bien qu'il y avait une grosse anguille sous la roche de Wellington. Censé avoir été bastonné en pleine rue par des Kiwis irascibles, Mathieu Bastareaud, centre du XV de France, s'en était rentré au pays la pommette enflée en se gardant toutefois de porter plainte. Pour un gars contraint de quitter la Nouvelle-Zélande, ses coéquipiers et l'équipe nationale sur une agression supposée gratuite, cette volonté de ne pas faire de vagues laissait perplexe. Et pour cause. Tout penaud, le gros nounours du Stade Français n'a pas tardé à lâcher le morceau avouant, en fait d'embuscade, avoir flirté d'un peu trop près avec une table de nuit après une troisième mi-temps arrosée…

    Il convient de laisser aux paragons de vertu le choix de la peine à infliger au rugbyman menteur. Au nom de la sacro-sainte "exemplarité" du sportif de haut niveau, ils ne manque jamais dans ces cas-là de Saint-Just ou de Fouquier-Tinville pour demander que la bête meure et roulent les têtes. Dommage qu'il n'y ait plus de Kommandanturs, car leurs boîtes à lettres déborderaient de courriers tous plus imagés les uns que les autres sur les châtiments à réserver aux anges déchus du sport spectacle… Mais le vrai problème est ailleurs. Si "Caliméro" Bastareaud a menti une fois, que vaut aujourd'hui le nouveau récit qu'il nous sert pour expliquer son infortune ?

    Le doute plane, la rumeur enfle, c'est humain… Certains éditorialistes, sans doute bien informés, insinuaient ce matin que son visage tuméfié pourrait être le résultat d'un échange musclé avec l'un de ses coéquipiers de retour de bordée. Des bourrades un peu trop appuyées entre compagnons d'Ovalie, pour savoir laquelle des donzelles ramenées à l'aube finirait dans leur lit. Il n'y a pas là matière à fouetter même un footballeur anglais… Non, pour que Bastareaud ait préféré le mensonge à la vérité, sa mésaventure doit mêler le grotesque à l'inavouable. Voilà ma version, corroborée par divers témoignage dignes de foi, dont celui du beau-frère de l'oncle de la gardienne de l'ambassade du Monomotapa à Wellington. Le rugbyman imbibé ramène à l'hôtel une conquête néo-zélandaise, elle aussi passablement éméchée.

   Après avoir ouvert le lit, bien plié son maillot bleu de l'équipe de France et s'être lavé les dents trois minutes - consignes de la FFR, un international se doit d'avoir une hygiène buccale parfaite…-, le gaillard s'apprête à rejoindre sa belle d'un soir et enfile le maillot rose du Stade Français qui lui sert de pyjama. C'est là que tout part en brioche. Pensant avoir affaire à un pervers, ulcérée de voir son mâle compagnon transformé ainsi en grande Zoa, la diablesse le sèche d'un furieux coup de tatane en pleine tête. Rideau. Réveil honteux et passage par la case mensonge. Morale de l'histoire : la néo-zélandaise est soupe au lait et tient bien l'alcool. Sortis du stade Jean-Bouin, les maillots de Max Guazzini prêtent vraiment à confusion. Tout compte fait Mathieu, t'as eu raison de mentir…

Dur à "ovaler"

Philostrate #Rugby
    Comment peut-on plaider un jour pour la suppression de l'oreillette dans les pelotons au nom de l'éternel vélo et piétiner le lendemain l'une des traditions les plus sacrées de l'Ovalie ? Ce qui est bon pour le cyclisme, le respect des valeurs et de l'héritage sportif, ne le serait-il pas pour le rugby ? La question mérite d'être posée à "Gros Bill", shérif du corral sportif sur le PAF public. En poussant à la roue pour que le match France-Galles se dispute vendredi soir dernier sur France Télévision, Daniel Bilalian a en effet commis un sacrilège.

    Le Tournoi des Cinq Nations, même devenu Six avec l'adjonction récente d'un quinze italien al dente dans ce vieux plat mijoté en quintette depuis des décennies, ça se déguste l'après-midi, un point c'est tout. Et le samedi, de préférence. Ce n'est pas une histoire de vieille tambouille à papa. Juste le respect d'un public sans qui l'ovale perd toute sa saveur. Ce sont eux que la télévision, en imposant là aussi son diktat, méprise au risque de couper le rugby de ses racines. Ceux qui quittent leur Sud-Ouest natal le vendredi soir ou dans le premier train du samedi matin et saucissonnent en dégustant à l'avance leur escapade parisienne du week-end. Eux sans qui le rugby finira lui aussi par se dissoudre dans le "United colors of sport business" qui donne un goût de soda frelaté aux débats athlétiques sur gazon.

    Les Anglais, qui savent parfois se montrer intraitables, avaient refusé l'an dernier ce petit arrangement avec l'audimat. "No game on friday evening !", avaient-ils répondu lorsque la France avait proposé, déjà, de disputer sa rencontre à domicile contre Albion le vendredi soir. Les Gallois eux, qu'ils en rougissent de honte, ont cédé. Au grand désespoir de quelques-uns de leurs anciens internationaux et d'une partie de leur public, privé de traversée du Channel et d'escapade sur le continent. Pas de quoi être fiers. C'est une nouvelle brèche que la télévision vient d'ouvrir dans la tradition d'un sport, dont on croyait la cuirrasse bien plus épaisse.

    Peut-être un jour décrètera t-elle qu'un match à quinze doit se jouer en quart-temps, pour laisser plus de place au fast food publicitaire ? Peut-être verra t-on les grandes joutes du rugby international se transformer en pâles copies des "Folies Ziegfeld", disputées par de gros bébés aux maillots rose bonbon, avec pom-pom girls et  karaoké de variétoche à vomir en famille… La formule marche déjà dans notre championnat, pourquoi ne pas l'appliquer au Tournoi. Et tant pis si les provinciaux, pour cause de calendrier bouleversé, ne montent plus à Paris pour célébrer l'Ovalie le temps d'un week-end. Ça fera plus de place pour les bobos, les simili-parigots et les têtes de veaux…

Sus à l'Anglois !

Philostrate #Rugby
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    Les Anglais ont mis les wallabies dans leur poche. Les Français ont tondu les moutons noirs de Nouvelle-Zélande. Les choses sérieuses peuvent enfin commencer. Il flotte sur la  demi-finale de coupe du monde de rugby un doux parfum de Tournoi des Cinq Nations - pardon à nos amis Italiens… L'occasion pour certains d'entonner le couplet de l'ennemi héréditaire, de se replonger dans l'histoire de la Guerre de Cent ans et d'inviter sa Grâcieuse Majesté à se servir du traité d'Entente cordiale pour emballer ses puddings avariés. Là, je dis : "Halte !" N'oublions pas les bienfaits d'Albion. L'Anglois nous a souvent sauvé la mise. Quelques exemples, plus ou moins lointains, tirés des relations transmanche…

    En retenant prisonnier à Londres le roi Jean Le Bon en 1356, l'Angleterre a inspiré au dit souverain, libéré après remise d'une rançon, la création du franc, monnaie symbole de notre pays. Bon, elle a depuis été remplacée par l'euro, mais comment pourrions-nous, sans y faire constamment référence, grogner contre l'inflation et les trous de mite que la monnaie de Bruxelles est censée faire dans nos bas de laine ? Pas fou, le Roastbeef, lui, a préféré garder sa livre, mais pour combien de temps ? Mettons ça dans la balance et considérons qu'en cas de victoire tricolore samedi les Brits s'y mettent, cela évitera des ampoules aux technocrates européens commis d'office pour jongler avec cette patate chaude.

    En mettant un terme à l'épopée napoléonienne, Wellington, Nelson et consorts ont évité au flamboyant Bonaparte de disparaître complètement derrière l'ogre obèse bouffi d'orgueil qu'il serait sans doute devenu s'il était revenu au pouvoir. L'histoire aurait fini par une nouvelle Révolution, la famille avide de l'empereur traînée par la foule hors de Fontainebleau, Saint-Cloud ou la Malmaison. Le mythe en aurait pris un coup dans le bicorne et il y aurait sans doute aujourd'hui moins de bonapartistes nostalgiques. D'accord, ils auraient pu lui éviter Sainte-Hélène. Mais, By Jove, comment imaginer que le nouvel Alexandre craignait l'humidité et ne supportait pas le porridge à l'arsenic ?

    En coiffant Paris sur le poteau pour l'organisation des Jeux de 2012, Londres et la Grande-Bretagne ont évité au contribuable français de financer ad lib la grande kermesse olympique. Ils lui ont aussi épargné la bastonnade des vagues d'assaut publicitaires vantant l'idéal olympique avec la même subtilité qu'un gargotier malouin attendrissant l'ormeau au marteau. Ok, ils n'auraient pas dû ridiculiser Bertrand Delanoë et Jean-François Lamour. Quoique…

    Enfin, bénis soient nos voisins amateurs d'eau chaude pour avoir vendu à Canal+ les droits de leur Premier League, un championnat de football où les équipes entrent sur le terrain pour marquer des buts sans avoir peur d'en prendre. Pour le reste, samedi à Saint-Denis, à deux pas de la Basilique royale, que flotte l'étendard français et que le lys étouffe la rose ! Clouez leurs bouches pleines de dents, frictionnez leurs oreilles éléphantesques et faites leur passer le goût de la mauvaise bière et du gigot à la menthe ! Il sera toujours temps de reparler de l'amitié franco-anglaise après les débats. Montjoie ! Saint Denis ! Que trépasse si je faiblis !

   

Pression à froid

Philostrate #Rugby
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    U
n petit malin aurait placé une olive entre les fesses charnues et désormais exposées des rugbymen du XV de France vendredi soir, qu'il aurait obtenu sans peine plusieurs litres d'huile certifiée bio !
Tétanisés les Bleus, le trouillomètre à zéro,  tremblements d'indice 9 sur l'échelle de  la pétoche - qui comme tout le monde le sait en compte dix… Trop de pression, trop de dramatisation. À force de leur répéter qu'ils avaient le destin de la mère patrie entre leurs bonnes grosses paluches, les gaillards ont fini par le croire jusqu'à avoir les menottes aussi moites qu'une rosière au soir du bal des débutantes.

     Ah, la lettre de Guy Môquet lue dans les vestiaires avant la rencontre, la belle initiative ! Sont-ce les culottes courtes qui, par une vision pour le moins passéiste de la jeunesse, ont fait prendre à Bernard Laporte ses joueurs pour des collégiens ? Ou ce Sakozyste de terrain - Bernie a sympathisé avec Nico en jouant au foot…-, futur Secrétaire d'état au sport, s'est-il fourvoyé par excès de zèle ? La question reste ouverte mais le moindre coach de district vous le dira : lire à ses joueurs les dernières paroles d'un condamné à mort, aussi nobles soient-elles, ne semble pas le meilleur moyen de leur tremper le moral. À tel point que certains avaient déjà mouillé leur beau maillot tout neuf avant même de fouler le terrain, mais de larmes pas de sueur… Une overdose de pathos, qui a eu pour effet de faire endosser au XV deFrance face aux Pumas le rôle de Blandine plutôt que celui de lions rugissants, la crinière gonflée à l'orgueil national.

    Puisque la politique se mêle souvent de sport, rendons-lui la pareille. Cet épisode, ne poserait-il pas les limites du sarkozysme triomphant ? Le futur ex-sélectionneur du XV de France n'a fait en effet qu'appliquer à l'ovale les méthodes de management qu'impose son prochain patron, notre bondissant président, à ses ministres. Une pression de tous les instants, une incitation à montrer le plus souvent possible dans les médias que l'on "mouille le maillot". Bref, à se démener à coups de pompes au cul, quitte à se prendre parfois les pieds dans le tapis, à l'image de la pauvre Rama Yade rendant visite aux squatteurs d'Aubervilliers en instance d'expulsion. Sachant bien évidemment que l'Hermès Trismégiste de l'Élysée attend aux tournants ceux qui l'auront déçu au prochain remaniement ministériel…

    Mais une telle méthode libère t-elle réellement les énergies ? L'expérience du match d'ouverture de cette coupe du monde inclinerait plutôt à répondre par la négative. De toute façon, Bernard "Canicaf-Madrange" Laporte est sans doute plus familier de Guy Hoquet que de Guy Môquet, goût de la spéculation immobilière oblige. Bernie, un conseil tout de même avant la rencontre face à la Namibie : ne fais surtout pas lire à tes joueurs "Le Déserteur" de Boris Vian dans les vestiaires avant le match. Tu risquerais de te retrouver tout seul avec quinze maillots bleus sur les bras au moment du coup d'envoi. Avoue qu'à 75 euros pièce* ce serait ballot tout de même !

* Prix généralement constaté, pour le tarif sélectionneur comptez le double !

Métaphore guerrière

Philostrate #Rugby
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   Il y a des collisions qui font mal. Au sens propre, comme celle qui a fait voler en éclats la pommette et le nez du capitaine irlandais Brian O'Driscoll lors du lamentable match de préparation à la coupe du monde de rugby opposant mi-août le XV du Trèfle à Bayonne. Au sens figuré, lorsque dans les colonnes des journaux la rencontre entre publicité et articles fait des étincelles.

    Prenons l'exemple d'un célèbre équipementier sportif ayant pris pour symbole une virgule, de celles que l'on trouvait autrefois sur les murs des lieux d'aisances en mal de papier toilette. C'est bien connu, les publicitaires, à l'image des cons chers à Michel Audiard, "ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît". Eh bien ceux de la célèbre marque ont décidé de faire dans la finesse à l'occasion du Mondial de rugby. Non contents de transfomer avec leurs maillots bleu nuit taillé pour le Jeu à XIII les Français en All Blacks de deuxième zone, nos génies à catogans jouent de la métaphore guerrière dans leur campagne reprenant le "Aux armes citoyens" d'une Marseillaise ravalée au rang de slogan inepte.

    Passons sur le fait qu'un hymne national soit tronçonné et détourné à des fins purement mercantiles. Le sens du respect de l'histoire, d'un minimum de retenue et de nuance ne sont pas plus au programme des agences de pub qu'à celui des vendeurs de quincaillerie sportive. Dans ce monde-là monsieur, la dignité n'a pas sa place, on se renifle comme les chiens dans la rue pour découvrir le meilleur de l'autre dans la taille de son budget ou de son nouveau 4x4. Tout vaut tout, alors un hymne beuglé à longueur de temps sur les stades peut bien faire office de gimmick et Rouget de Lisle poser à poil dans le calendrier du Stade Français, pourvu que ça fasse vendre…

    Lorsque la pub en question, déclinée en pleine page dans les journaux, côtoie en rubrique sport des articles dénonçant la violence de certaines actions de jeu, le rapprochement devient soudain savoureux. En page 6 de notre grand quotidien sportif national du 18 août, vous pouviez ainsi voir côte à côté la tronche explosée du capitaine du XV d'Irlande et la déclicate publicité appelant à la mobilisation générale, demandant aux citoyens de prendre les armes pour soutenir Ibanez et sa bande à la gueule "pas tibulaire mais presque". Je sais bien que les symboles ne valent plus que par leur détournement, que les mots n'ont plus de sens, mais je reste partisan de la cohérence. Lorsqu'un président de fédération fait la grosse voix dans un article pour dénoncer l'agression d'un joueur sur un terrain et que, dans le même temps, il donne son aval à des campagnes publicitaires jouant de la métaphore guerrière et du nationalisme de circonstance, il y a de quoi s'interroger. L'homme est-il de mauvaise foi ou entre t-il, selon la classification d'Audiard susmentionnée, dans la catégorie de ceux qui, "lorsqu'ils seront sur orbite n'auront pas fini de tourner "? À vous de voir.

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