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Du sport ou du cochon
Le sport entre les lignes et en sépia…

#societe et medias

Découvrez "Le Sport à Papa"

Philostrate #Société et médias

Si vous aimez "Du Sport ou du Cochon", Philostrate vous invite à découvrir dès maintenant son nouveau blog, "Le Sport à Papa". Plus d'images, moins de texte mais toujours l'envie de partager la passion du sport à l'ancienne…

 

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Découvrir "Le Sport à Papa"

CFoot, CFini !

Philostrate #Société et médias

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      Disons le tout net. Pour croire en l'avenir de CFoot, il fallait être aussi désespéré que David Astorga, condamné à perpétuité par TF1 à user la pelouse en bord de touche. Pour l'ancien homme de terrain de la Une, passé sur la chaîne de la Ligue avec micro et manteau, la remise de peine aura été de courte durée. Mais tudieu ! Suis-je donc le seul à avoir pensé que dès le départ, avec ses neuf matches de Ligue 2 pour tout viatique, la chaîne de Frédéric "Pujol" Thiriez n'allait pas s'imposer dans le PAF en se frisant les moustaches !

 

      Avec pour concurrent Canal et ses canaux, charriant la Premier League, la Liga, la Ligue 1 et la Série A avec la fureur d'un fleuve en crue, ce n'était pas gagné. Ajoutez-y TF1, France Télévisions, Eurosport ou même MCS, diffuseur exclusif des championnats dont personne d'autre ne veut - Ecosse, Portugal, Pays-Bas…-, et la coupe est déjà pleine. Mais couronnez le tout avec la montée en puissance pour les saisons à venir d'Al Jazeera Sport, déboulant en France avec la puissance de feu d'un croiseur et des flingues de concours et vous aurez vite compris pourquoi CFoot se retrouve aujourd'hui dispersée aux quatre coins de Paris façon puzzle ! Alors oui, c'est triste, car ça va mettre encore des journalistes sur le carreau. Mais j'ai tout de même du mal à pleurer sur cette chaîne croupion créée par la Ligue de football professionnelle pour se faire mousser et aller chercher les derniers radis dans les poches d'improbables abonnés.

 

     CFoot en revendiquerait d'ailleurs 300 000, des abonnés… Mouais, je demande à voir. C'est vrai qu'en additionnant les Ultras de la Vallée du Cher à Tours, les habitués du Bar des Sports à Ailly-sur-Noye, les résidents de l'accueil de jour "Les Joyeux Crampons" à Noyers-Pont-Maugis, spécialisé dans la prise en charge des vieux footeux se bavant sur le short, et autres publics captifs, avec un peu d'imagination, on y arriverait presque. Sincèrement, on les plaint ceux qui attendaient avec impatience Sedan-Angers le 16 mars ou Guingamp-Tours le 20 avril, alors que CFoot n'a plus aucune perspective au-delà de la 23e Journée de Ligue 2 le 23 février, à part celle, peut-être, de voir augmenter un peu plus ses pertes. Elles seraient évaluées autour de 15 millions d'euros pour un an d'existence. Un trou qui équivaut à un gros tiers de Pastore, pas méchant, mais tout de même…

 

      On ne peut donc que souhaiter bon courage à tous ceux qui, n'ayant pas eu d'autre choix que de s'embarquer sur cette galère, vont devoir aller vendre leurs services ailleurs. Le regard de ces journalistes à la dérive se tournera sans doute vers le yacht de luxe Al Jazeera Sport, qui avant même de cingler vers la haute mer de l'audiovisuel, suscite tous les espoirs. Charles Biétry, capitaine de cet auguste navire, devrait donc voir les CV s'accumuler sur son bureau. En tant qu'inventeur du football - ou peu s'en faut…- et fossoyeur du PSG version Canal, "Le menhir" comme on le surnomme, rompu aux succès comme aux revers de fortune, n'aura alors aucun mal, s'il le désire, à compléter son équipage.

Avec l'émir express, c'est Noël tous les jours !

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    L'émir est impatient. Il ne sait plus comment dépenser ses pétrodollars. Marre des limousines. Marre des Airbus A380 tout équipés. Marre du marbre et des soieries de son palais. Alors le cheikh actionne sa parabole motorisée et tombe sur un match de football anglais. Maillots colorés sur fond vert. Chants du public et stade remplis, l'émir s'emballe. Il fait appeler son conseiller, Jaffar l'obséquieux. "Jaffar, y aurait-il par hasard du business à faire dans ce secteur ? Ça semble amusant ce passe-temps occidental…", s'enthousiasme t-il. "Certainement Majesté, les plus grandes fortunes du monde investissent dans le football, achètent une équipe, la font quoter en bourse…"

     "Par les sept piliers de la sagesse et les babouches du grand Lawrence ! Il m'en faut une et la meilleure ! Tiens Jaffar, achète-moi l'équipe d'Angleterre !" Un sourire poli se dessine sur le visage olivâtre de l'éminence grise. "Ô Maître, il est impossible d'acheter les équipes nationales, mais les clubs des villes, ça oui !". L'émir se gratte la barbe. "Alors je veux le plus grand club de Londres, la capitale !" Ams, tram, gram, bour et bour et bour sadam… Le cheikh hésite : Arsenal ? Pas à vendre. Chelsea, peut-être ? Déjà pris…

    "Mais Jaffar, seul le club d'un grande capitale serait digne de nous !" s'exclame avec impatience le seigneur du désert. "Il n'y a pas de club à vendre à Londres, mais à Paris, oui. Le championnat de France n'est pas la Premier League, mais quelle formidable coup de pub à l'échelle mondiale !" avance Jaffar. "Bien, je prends tout : le stade, les supporters, les joueurs, la tour Eiffel, tout ! Allez, quarante millions d'euros et on n'en parle plus", décide le cheik (de but) en blanc. "Attention, prévient Jaffar, un club, c'est comme une limousine, pour qu'elle avance, il faut lui mettre de l'essence dans le moteur et cette essence, ce sont les joueurs, il en faut tout le temps des nouveaux…"
    "Soit… voilà une petite centaine de millions d'euros pour les faux-frais, mais je ne veux que les meilleurs !" Jaffar s'incline : "Il sera fait selon votre volonté, Ô sage entre tous les sages". Jaffar s'apprête à se retirer, son maître le rappelle. "Une dernière chose, quand tu auras bouclé cette affaire à Paris, ramène-moi une de ces drôles de chemises brillantes que les joueurs portent sur le terrain…" Jaffar hoche la tête : "Un maillot, seigneur… Cela s'appelle un maillot et je pense même que le club vous en offrira un avec votre nom dans le dos…" Le cheikh bat des mains : "Allez Jaffar, vole mon fidèle conseiller, va acheter ce club parisien. Et ne traîne pas en route, j'ai hâte d'avoir mon beau maillot !" L'émir sourit. L'émir est heureux. Le Paris Saint-Germain appartient désormais au Qatar. Ainsi va la vie dans le monde merveilleux du football en 2011…

"Spartacus" avait-il un moteur au cul ?

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     La question peut sembler incongrue pour ce héros beau comme l'Antique. Vous l'aurez compris, il ne s'agit pas du vrai Spartacus, gladiateur rebelle pourfendant le patricien à coups de glaive. Ni de son double hollywoodien, Kirk Douglas, fossette au vent, dont certains comparses en cinémascope portaient à l'écran, délicieux anachronisme, des montres bracelets à leurs mâles poignets… Non, le "Spartacus" en question, surnommé ainsi pour sa robuste constitution et ses cuisses d'airain, n'est autre de Fabio Cancellara, vainqueur express du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix 2010, que certains corbeaux suspectent d'avoir équipé son vélo d'un moteur miniaturisé dissimulé dans le cadre.

 

     Les spécialistes de l'infiniment petit vous le diront : techniquement, la chose est possible. Après, savoir si oui ou non Fabio Imperator a usé de cet artifice dans les derniers kilomètres de ces deux classiques, parcourus à un rythme particulièrement échevelé, je serais bien incapable de le dire. La rumeur faisant désormais autant de ravages que la tricherie dans les pelotons professionnels, je préfère m'en tenir à une prudente réserve. Néanmoins, cet épisode digne des Pieds Nickelés, rappelle que dans le sport de haut niveau, les Géo Trouvetou à la petite semaine ont toujours eu droit de cité. A leur corps défendant parfois, comme ce brave Eugène Christophe, premier maillot jaune de l'histoire du Tour de France, dont la légende, doublée d'une sacrée guigne, voudrait qu'il ait presque toujours eu un cadre au feu…

 

      On peut sourire de l'anecdote, mais en cette période de coupe du monde de football et de défiance générale à l'égard de nos Bleus cramponnés, elle devrait plutôt faire réfléchir. Avoir à leurs côtés un "Q", l'inventeur so british des gadgets de James Bond, pourrait à bien des égards changer la vie de nos champions et de Raymond leur chaperon. De mini rétro-fusées dans les chaussures d'Anelka, pour l'empêcher de constamment décrocher, ce serait déjà un problème tactique de réglé. Des mollets doublés en duralumin pour Gallas éviteraient que l'infirmerie soit en rupture de stock d'antalgiques avant la fin du premier tour. Des prothèses de zygomatiques pour sourires automatiques rendraient peut-être le groupe plus sympathique. Et une belle paire de burnes en titane aiderait sans doute Gourcuff à s'imposer comme meneur de jeu, plutôt que de tomber dans le travers paternel des jérémiades et du "personne ne m'aime"… Ce serait la belle vie quoi, l'Uruguay, le Mexique et l'Afrique du Sud n'auraient qu'à bien se tenir ! Comme dirait Rama Yade, actuellement en tournée dans les hôtels Formule 1 pour trouver le prochain lieu de villégiature des Bleus (celui de la Motte-sur-Chichon tient la corde…) : "Ah ! quel bonheur d'avoir un mari bricoleur !" Que ceux qui ne comprennent pas cette chute la prennent comme l'une des réflexions les plus profondes de notre bouillonnante secrétaire d'Etat aux sports…

Un Dakar médiatiquement mort… en attendant mieux !

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Pubpneus.jpg    Si vous avez un chasseur parmi vos proches, il vous a sans doute déjà fait le coup. La campagne, dans la brume du matin. Les perles de rosée sur les bottes, le chien qui gambade et la nature qui s'éveille dans la fraîcheur du petit jour. Pour un peu, une larme d'émotion glisserait le long de la moustache de Tartarin pour s'écraser sur le treillis sous lequel bat le cœur du poète agreste. Une scène à figer sur de la toile de Jouy. Evidemment, si comme moi vous avez un soupçon d'esprit de contradiction, vous ne manquez pas de faire remarquer à l'émule de Michel Delpech, que ses élans contemplatifs seraient un chouîa plus convaincants s'il se décidait à laisser sa pétoire au ratelier.  Déclenchant irrémédiablement les beuglemlents outrés du viandard, vous invitant à aller débiter ailleurs vos fadaises écolo-bobo…

    Eh bien les rallye-raids, c'est tout pareil ! La caravane des graisseux et les ersatz d'Albert Londres qui lui emboîtent le pas sur les pistes poussiéreuses de Dakar, Santiago ou d'ailleurs, n'ont de cesse de vanter la beauté grandiose des paysages traversés par leur engeance pétaradante. Un motard en plan serré, ça reste un motard. Un motard en plan large sur une dune ou dans la pampa, ça devient épique ! Alors on use et on abuse de ces beaux panoramas. Sur France Info,  en 2009, on a pu même entendre au début du show ASO aux Amériques, un tonton Cristobal carburant au gasoil regretter que les animaux du cru s'enfuient trop vite au passage de sa pétrolette pour les immortaliser sur son appareil numérique !

    Pas con le lama, s'il pouvait encore leur cracher à la gueule à ces encasqués, mais ils vont trop vite ! Jamais il ne vient à l'esprit des ambassadeurs mécaniques de notre société énergivore, que ces écrins naturels où vomissent leurs pots d'échappement se portent bien mieux quand ils n'y sont pas ? Ne leur vient-il pas à l'esprit à tous ces émules holtziens aux yeux écarquillés par la coke ou par trop de grimaces télévisuelles qu'ils sont dans ces austères confins autant à leur place qu'un trait d'humour dans le discours d'un trotskyste ?

    Prenez le désert d'Atacama, traversé cette année encore par cette grotesque pantomime que l'on n'ose même plus nommer "Dakar". L'un des endroits les plus arides de la planète, où pas même une bactérie n'ose faire souche. Les astronomes, servis par la pureté d'un ciel où la nuit les étoiles vous enveloppent,  y viennent de l'autre bout de la planète pour vivre un instant de symbiose avec le cosmos. Pensez-vous vraiment qu'un endroit comme celui-ci se prête à ces citadines pestilences ? Contentons-nous de polluer nos villes avec notre barnum mécanique et épargnons les derniers grands espaces de notre vieille Terre. Le panache qu'y gagneront nos simili aventuriers ne sera pas pour une fois que de fumée.

    Le combat d'ailleurs, est peut-être en passe d'être gagné. L'édition 2010 du rallye-raid errant, fleuron d'ASO, s'est déroulé, puis terminé ce week-end, dans un anonymat quasi général. Y compris dans les colonnes de notre quotidien sportif national, où ce qui était naguère un événement couvert à grand renfort d'envoyés spéciaux, n'a pas occupé cette année plus d'une demi-page par édition. Si en plus la disparition de cette anachronique fantasia finissait par faire économiser du papier, la boucle - vertueuse - serait définitivement bouclée…

Ce Tigre n'était pas de bois…

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golf-l--illustration-1933.jpg     Stupeur dans les cercles feutrés de l'Amérique pudibonde ! Tiger Woods, le plus populaire des "Bounty" (noir dehors, blanc dedans), gendre idéal transcommunautés avant même l'avènement d'Obama, n'est pas qu'un passionné de greens à dix-huit trous. Son image d'époux fidèle et de père de famille modèle se flétrit chaque jour un peu plus à mesure que ses présumées maîtresses livrent aux rombières permanentées qui hantent les plateaux de télévision outre-Atlantique les détails de leurs aventures avec le "Tigre". Champion de golf au palmarès vertigineux, serial lover à la libido débridée… : les deux sont visiblement incompatibles au royaume enchanté des Etats-Unis d'Amérique.

     Sur les grands networks, les journalistes-comédiens qui mettent l'information en scène à longueur d'années peuvent bien se tordre le nez. En réalité, ils se délectent comme le pékin moyen de ces secrets d'alcôves aussi éventés que les parfums capiteux portés par l'armée de poufiasses, dont le quart d'heure de gloire télévisuelle valait bien un vigoureux coup de putt du virtuose de la petite balle blanche. Incomparable lorsqu'il s'agit de mettre un champion sur un piédestal et d'en faire, à coups de "feature stories", un modèle paré de toutes les vertus, l'Amérique l'est aussi lorsque sonne l'heure de brûler ses idoles. Vieux réflexe parpaillot dont la suite logique est la contrition publique sous forme de repentir multidiffusé à une heure de grande écoute. Ascension, chute, rédemption, renaissance, la boucle est bouclée. Comme une vielle catin trop fardée, l'Amérique fidèle à ses "valeurs" n'a alors plus qu'à beugler "Stars spangled banner" sa main boudinée posée sur sa poitrine flasque et la messe est dite…

   Alors, brave Tiger, toi qui n'as plus besoin de tes sponsors pour vivre et qui peut te payer des amours tarifées jusqu'à assèchement complet de tes bourses, fais-nous plaisir. Tu fais un beau faux-cul, c'est vrai, ta double vie craspouille n'est pas bien glorieuse, d'accord… Mais après tout, ce sont les autres qui ont voulu faire de toi une icône dont l'aura supposée s'étend au-delà des parcours de golf. Fais le dos rond et attend que l'ouragan médiatique se calme plutôt que d'aller larmoyer sur un plateau de télé en demandant la gueule frémissante à l'Amérique bien-pensante de te pardonner. Je t'assure, tu sortirais grandi en assumant tes erreurs et refusant de baisser ton froc devant cette nation de grands gamins qui, régulièrement, va prêcher aux quatre vents sa bonne parole l'arme au poing. Mais, pour cela, il faudrait que tu ne sois pas Américain et que tu disposes d'un aplomb tel qu'au pays du politiquement correct tu n'aurais bientôt plus ta place.

Les pépites sportives de l'été

Philostrate #Société et médias

Cet été, il ne fallait surtout pas rater…

     Roger Federer et ses jumelles.
Après quelques petits problèmes de réglage face à Tsonga à Montréal, l'heureux papa a réussi à faire le point à Cincinatti contre Djokovic pour reprendre sa marche en avant. Jumelles ou pas, Roger reste une machine de précision.

     La victoire écrasante de l'équipe de France de football aux Iles Féroé. Gignac 1, les macareux 0… Selon Raymond le stratège, l'essentiel n'était pas briller mais de prendre les trois points. De même qu'en phase finale de coupe du monde, si par bonheur la France se qualifie, l'essentiel ne sera pas de faire du football champagne mais de passer des tours. Dis, Tonton Domenech, quand est-ce que l'on peut espérer voir du jeu avec tes Bleus dépressifs, en fin de semaine contre la Roumanie ou mercredi en Serbie ? A moins que ce ne soit pour la semaine des quatre jeudis.

     Les championnats du monde d'athlétisme à Berlin, transformés en rassemblement rastafari.
De l'or et des records en pagaille pour le Jamaïquain Usain Bolt, le doublé 5000 et 10 000 mètres pour l'Ethiopien Kenenisa Bekele, Bob Marley et Haïlé Sélassié ont dû danser le reggae dans les douces volutes du paradis rasta !

     La classe de Nelson Monfort, toujours aux championnats du monde d'athlétisme… Entre un ménage chez Mickey et un tour de pistes à Intervilles, notre présentateur multicartes - oserais-je dire, journaliste ? - a trouvé le temps de faire un crochet par Berlin, pour animer la zone mixte. Classe, les vannes sur la consœur de la télévision japonaise, coupable de faire durer un peu trop les interviews à son goût. Il faut dire que devant le représentant médiatique d'un grand pays d'athlétisme comme la France (3 médailles, 21e nation des championnats du monde ex aequo avec Trinité- et-Tobago), la porte micro du Japon (2 médailles, 22e nation à Berlin), aurait été bien inspirée pour une fois de s'incliner…

     Le sursaut capillaire de Richard Gasquet. Après un blues légitime suite à son contrôle positif à la cocaïne, l'éternel espoir du tennis français a décidé de traquer la poudre blanche. Non, pas celle qui vous fait des narines en zinc, mais celle qui dévale sur les épaules des cuirs chevelus stressés. En devenant l'égérie d'une marque de shampoing antipelliculaire, notre Richie national espère sans doute que l'on arrête de lui chercher des poux dans la tête pour enfin retrouver son mojo. Au fait, tu vois souvent des tennismen avec des polos noirs, Richard ?

Bonne rentrée à tous !


Un "hooligan" nommé Nelson Montfort

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    Nom : Monfort. Prénom : Nelson. Faute d'être amiral dans la flotte de sa très gracieuse Majesté, le présentateur vedette de Roland-Garros sur France Télévision s'est mué récemment en forban des courts. Brûlant d'interviewer Rafaël Nadal, aussi rincé après sa défaite face à Söderling que les Espagnols de l'Invincible Armada, notre Tintin frisotté s'est imposé à l'écran un peu trop tôt pour le protocole. Colère de l'organisation du tournoi, rappel à l'ordre de Daniel Bilalian, le "Gros Bill" patron des sports sur le service public, recadrage de l'intéressé, mais sans débordement…

    Pas de quoi en faire tout un plat, quand bien même serait-il de gigot d'agneau à la menthe… D'autant que sur le stade de la porte d'Auteuil, Mister Nelson, c'est quelqu'un ! Souvent plus populaire que les joueurs, hélé par ses admirateurs du haut des tribunes au point de devoir parfois se cacher pour faire ses interviews sans perturber les matches en cours, le corsaire Monfort récolte tous les jours les fruits d'une gloire médiatique méritée. Une machine de guerre le bonhomme, l'archétype même du journaliste communiquant multicartes, aussi à l'aise sur un plateau de télévision que dans ces improbables rassemblements de vedettes dont le microcosme du PAF a le secret.

   Après des débuts à l'antenne, rendus possibles par sa parfaite maîtrise de l'anglais, qualité hélas fort peu répandue chez ses confrères, Nelson Monfort est même devenu une sorte de méridien de Greenwich du journalisme sportif, façon service public à l'ancienne. Un maître ès brosse à reluire, obséquieux en diable auprès des grands de ce monde et des champions qui trônent au sommet, au point de ridiculiser les plus gagas des groupies. Nelson, c'est la classe et l'accent so british garanti duffle coat et patate chaude dans la bouche. Même ses fautes de goût sont faites avec style : par exemple lorsqu'il fait une interview de Mickey en direct à Roland-Garros et que l'exaspérante souris en profite, comme il se doit, pour faire la promotion du parc attracte-cons de Marne-la-Vallée. Émus, les dangereux gauchistes du Syndicat national des journalistes ont beau en profiter pour l'éreinter, "Sir" Montfort - il ne l'est pas, mais au train où va la monarchie anglaise…- reste de marbre. Avant que l'un de ces excités de la déontologie ne soit capable de dire "Disneyland Resort" avec ce détachement tout britannique qui sied au gentleman, la terre battue du court central aura viré au vert pomme. C'est un combat perdu les gars, ou bien changez de média : on a les stars que l'on mérite !

Gasquet/Nadal, la guerre des poudres

Philostrate #Société et médias
    Depuis sa création, ou presque, le tennis se joue en rouge et blanc. Rouge, comme l'ocre de la terre battue, cette brique pilée que les Français ont vite adoptée pour échapper au gazon anglais. Blanc, comme la tenue réglementaire des élégants sportsmen pratiquant le tennis au temps de nos glorieux Mousquetaires. Ce week-end, ces deux couleurs ont fait un retour en force dans l'univers de la petite balle jaune, par le jeu des déclarations et frasques supposées de deux de ses champions.

    Le rouge s'est trouvé un ardent défenseur en la personne de Rafaël Nadal. Le rude Ibère, aussi discret en dehors des courts qu'impitoyable raquette en main, a poussé un coup de gueule retentissant contre les organisateurs trafiquants de poudre, prêts à sacrifier la couleur traditionnelle de la terre battue pour je ne sais quelle fantaisie chromatique. Le N°1 mondial s'est fait le défenseur de la tradition et c'est tant mieux, pour l'esprit du jeu comme pour les spectateurs. Il n'est qu'à se souvenir de quelques expériences ratées en Fed Cup ou à l'Open Gaz de France pour s'en convaincre. Jouer avec la couleur du court, qu'il s'agisse de revêtement synthétique ou de composés plus volatiles, peut en effet nuire gravement à la lecture des trajectoires de balles. Ceux qui ont encore la faiblesse - le courage ? - de s'intéresser, devant leur petit écran ou dans les gradins, aux joutes à deux millions de dollars des gladiateurs de l'ATP te remercient, Rafa !

    Poudre toujours, mais blanche cette fois, pour l'infortuné Richard Gasquet et son contrôle positif à la cocaïne. L'ex-rival de Nadal, chez les juniors s'entend, suit là sans le vouloir - la qualité de Français lui vaut dans la presse d'avoir au moins le bénéfice du doute…- la ligne sinueuse tracée par bien des tennismen depuis la fin des années 1970. Une forme de tradition là aussi : Mats Wilander, Martina Hingis et avant eux Vitas Gerulaitis, ont en leur temps payé leur tribut à la fée blanche des nuits friquées, où le ghota de la raquette fraie avec la Jet set. Notre Calimero biterrois n'a pas l'envergure des oiseaux nocturnes, façon "Ace, drug and rock'n roll" habitués à piquer du nez dans la schnouff. Ça au moins, personne n'en doute. Quoique, dans un moment d'égarement, l'éternel jeune espoir, las de se contenter de mauvais vin et d'ambiances de fin de féria, a pu vouloir accéder à une autre forme d'extase…

    Quoiqu'il en soit, rouge de honte ou blanc de rage, seul l'avenir nous dira comment le protégé du Team Lagardère sortira de ce pétrin. Sa mésaventure aura eu au moins un mérite : prouver qu'en dépit de sa propension à singer de plus en plus ouvertement la presse "pipole" dans sa nouvelle formule de magazine de fin de semaine, notre quotidien sportif national a encore des progrès à faire en la matière. En confondant le chanteur Sinclair et le DJ Bob Sinclar, dont Gasquet est allé apprécier la performance le soir de son erreur fatale à Miami, le maître-étalon de la sportitude a étalé sa méconnaissance de l'univers du nightclubbing. Un handicap pour un journal qui semble désireux de marcher sur les traces visqueuses de Voici, Closer et autres tabloïds charognards. Il n'aurait plus manqué que l'icono mette à côté de l'article une photo de  Roger Moore, alias Lord Brett Sinclair dans la série "Amicalement vôtre", pour que le bide soit complet…

God save sir Charlton !

Philostrate #Société et médias
    De passage à London en signe d'allégeance à Albion, Philostrate est parti fureter du côté de Covent Garden. Sur l'étal d'un vendeur de vieux papiers, ce numéro de Goal - autoproclamé "The world's greatest soccer weekly", toujous le sens de la mesure de nos frères ennemis anglois…- attendait de trouver preneur.

    Entre autres pépites, cette édition du 1er mai 1971 contenait un article, signé sir Bobby Charlton, sur le débat qui faisait alors rage outre-Manche autour de la professionnalisation des arbitres. Oubliez le contexte et vous constaterez, qu'il s'agisse de statut ou d'arbitrage vidéo, combien la condition des hommes en noir suscite toujours les mêmes interrogations et lignes de fracture dans le milieu du football. Extrait…

    "Je ne suis pas sûr, pour ma part, que des arbitres professionnels apporteront une réponse (aux récentes erreurs d'arbitrages constatées dans le championnat, NDP). Quel que soit leur statut, les arbitres resteront des êtres humains et seront par ce seul fait, toujours susceptibles de commettre des erreurs (…) Ceci dit, il n'y a pas à mon sens un si grave problème d'arbitrage dans ce pays. Il arrive aux arbitres de se tromper, mais aux joueurs aussi…

    Je crois que, dans un futur pas si lointain, les arbitres gagneront beaucoup d'argent en dirigeant des matches - peut-être autant que la majorité des joueurs. Mais je ne vois pas pourquoi aujourd'hui on devrait les suspecter de prendre des décisions qui pourraient favoriser la montée ou précipiter la descente de telle ou telle équipe…" On admire le sens de la mesure de sir Bobby. Un respect du sale boulot dévolu aux hommes en noir, que nous ferions bien de prendre à notre compte, alors même que les ralentis dont nous gavent les réalisateurs de football, ceux-là même sur lesquels les décisions d'arbitrage sont passées au crible, ne suffisent pas toujours à se faire un avis sur la réalité d'une faute, d'un but ou d'un pénalty !

    Bobby rappelle, en quelques lignes, que l'erreur est humaine et que, sauf à le confier à des Judge Dredd des surfaces, l'arbitrage n'échappe pas à cette règle. On peut bien professionnaliser, multiplier les assesseurs, les caméras ou même adopter l'arbitrage vidéo, l'humanité laissera toujours des maillons faibles dans la chaîne de décision. Il en va de même des joueurs et des dirigeants. Et c'est tant mieux.

    Car ne nous trompons pas de cible mes amis. Ce monde sans erreur dont les pseudo protecteurs de l'équité sportive rêvent aujourd'hui, conduit sur les terrains comme ailleurs au "1984" de George Orwell. Un univers où, à force de gommer les aspérités, de vouloir à tout prix réduire les risques (d'erreur ou de dopage, n'en déplaise au Big Brother de l'AMA…), le meilleur des mondes se construit sur l'autel de la déshumanisation. Les sportifs n'ont pas à enfiler le costume de modèles, taillés par les théoriciens de l'hydre olympique ou les publicitaires.

    Leur seule exemplarité réside dans leur humanité, qui les rend, comme nous tous, vulnérables, capables des plus grands exploits comme des pires bassesses, d'erreurs fatales ou de petits arrangements avec la morale. En guise de conclusion et pour rester dans l'ambiance swinging'London pattes d'eph' et rouflaquettes, Philostrate offre à tous les amoureux de sport anarchique cette photo du divin George Best. Seigneur et vagabond. Buteur et buveur. Génial et exaspérant. Prodigieux et inconséquent. Humain, assurément…

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